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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 21:11

En période de révisions puis de partiels (début et mi-mai), je n'ai ni le courage ni le temps pour entamer des livres avec "que du texte" dedans. Heureusement, j'avais aussi des bandes dessinées dans ma pile de "livres à lire".

 

Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

 

aya4-5.png

 

Je vous avais parlé des deux premiers tomes ici et du troisième là. J'ai repris la série au début, parce que c'est un peu comme un bon feuilleton, tout est "à suivre". Ce qui m'a permis de relire aussi le tome 4 et de découvrir le cinquième opus (le sixième est paru l'automne dernier, ça va vite !).

 

Bien sûr, on ne peut s'empêcher de penser à la situation de quasi-guerre civile qui a prévalu entre l'élection et l'investiture d'Alassane Ouattara à la présidence ivoirienne pendant l'hiver. En se demandant ce que les "Ivoiriens ordinaires" tels qu'ils nous sont dépeints et rendus extrêmement attachants par les créateurs d'Aya ont pu vivre.

 

Hormis la politique, le quotidien continue à être abordé avec une forte impression de réalisme. Dans les tomes 4 et 5, Aya, à l'université, doit repousser son prof de mathématiques, qui a un comportement digne d'un lynchage aux Etats-Unis; Innocent, le coiffeur gay vit le choc culturel entre Abidjan et Paris; Moussa, le fils-à-papa continue à échapper à ses parents; la "religion" s'avère un gagne-pain tout à fait ordinaire; et bien sûr, hommes et femmes se cherchent, parfois se trouvent, parfois se séparent...

 

Tendresse, lucidité et optimisme continuent d'habiter les pages d'Aya de Yopougon. Et comme une bonne série télé, on a bien envie de connaître la suite des aventures de nos personnages. Le pari est toujours gagnant.

 

Pour en savoir plus:


 

Les années douces
roman d'Hiromi Kawakami mis en images par Jiro Taniguchi

 

anneesdouces.png

 

Changement de continent, changement d'univers. Nous voilà au Japon. Une jeune femme retrouve un peu par hasard un de ses anciens professeurs; ils mangent dans le même restaurant-cantine. Elle est célibataire, la trentaine, on sait assez peu d'elle. Lui a passé l'âge de la retraite depuis plusieurs années. Veuf, il continue à arpenter les rues avec son cartable. Tous deux se retrouvent donc, sans se concerter. Dans ce restaurant, dans la rue, puis de façon préméditée pour des excursions, que ce soit pour aller à la cueillette aux champignons, passer un week-end sur une île, etc. Une relation plus qu'amicale se noue au fil des rencontres retranscrites dans Les années douces et des autres rencontres qui se laissent deviner.

 

On manque de superlatifs pour exprimer ce que l'on ressent à la lecture des Années douces. On manque aussi de mots, car cet apprivoisement tout en finesse s'apparente à de l'insaisissable qui vole, telle une plume, ou une bulle de savon. Clairement poétique, très sensible, d'une infinie subtilité et d'une grande délicatesse, d'une retenue complète et en même temps d'une remarquable expressivité seraient quelques-unes des expressions que l'on pourrait utiliser... Il y avait de plus, pour la personne qui m'a prêté Les années douces et pour moi, une série de clins d'oeil qui renforcent l'indescriptible et l'insaisissable exprimés plus haut...

 

Un chef d'oeuvre, sans aucun doute, à découvrir, à savourer, à partager.

 

Pour en savoir plus:

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Published by davveld - dans Livres
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