La Cerisaie, d'Anton Tchekhov, au Théâtre National de la Colline
Publié le 19 Avril 2009
Tout est parti d'un court billet sur son blog:

Un tel enthousiasme, ça éveille l'intérêt. Surtout quand on habite à quatre minutes à pied du Théâtre National de la Colline, et ce depuis trois ans, sans y être jamais entré. L'occasion fait le
larron, comme on dit.
Il n'y avait pas beaucoup de choix dans les dates encore non complètes, mais ce n'est pas grave, car j'ai trouvé mon bonheur avec la représentation de ce dimanche après-midi.
Qui plus est, le tarif est super sympa pour les moins de 30 ans, à 13 euros, poujr du spectacle vivant (20 comédiens sans compter toutes les équipes derrière), c'est donné.
Derniers arguments donnant un a priori positif: le nom de l'auteur (que je n'ai jamais lu mais dont j'ai entendu parler en bien); et puis les 3 étoiles accordées par Télérama.

Après de tels préliminaires, il est temps de passer à la représentation. Je ne partage pas complètement l'avis de Kevin. Il faut dire que j'ai eu un peu de mal à me retrouver dans les
personnages, et pas seulement pendant le premier acte.
C'est l'histoire d'une fratrie aristocrate de la Russie du début du vingtième siècle, avant les Révolutions. Un frère et une soeur, les enfants, les domestiques, les voisins... A l'époque, c'est
comme l'Ancien Régime: la noblesse vit au-dessus de ses moyens, et est criblée de dettes. La demeure ancestrale, La Cerisaie, doit être vendue. La soeur doit aller vivre à Paris (déjà la mobilité
européenne comme une évidence), le frère va devoir accepter un emploi. Un descendant d'un serf de la famille déborde d'idées pour éviter la vente: pourquoi ne pas transformer la propriété en
lotissement de datchas pour les estivants (déjà la spéculation, un peu comme la Costa Del Sol et le pitch de Let's make money, actuellement en salles) ? Ou comment des classes sociales se "croisent" dans l'ascenseur (un vieil étudiant marxisant est également présent)...
Tchekhov raconte ce changement d'ère; celui où le titre ne suffit plus pour conserver son rang, celui où le calcul financier écrase sur son passage les traditions, les histoires, les souvenirs,
les hommes. L'insouciance de façade (voir la fête pendant que la propriété est mise en vente) ne parvient pas à cacher ce vingtième siècle qui commence, avec ces révolutions qui malmènent, certes
des archaïsmes, mais avant tout des individus. Pour un monde meilleur ?
En sortant, à mi-chemin entre le théâtre et chez moi, je me suis empressé de commander le livre à ma librairie, pour saisir ce que je n'ai pas compris pendant la pièce. Mais, comme tous avant moi, je ne peux que saluer la mise en scène, géniale, les acteurs, excellents,
les décors, magnifiques... Oui, vraiment un spectacle d'une excellente qualité, qui donne envie de retourner au théâtre !
En savoir plus:
Tchekhov sur Wikipedia
La Cerisaie sur Wikipedia
Site du Théâtre National de la Colline