L'Orchestre National de France interprète Webern, Mozart et Strauss
Publié le 12 Février 2009
Ce jeudi soir, je découvre le Théâtre du Châtelet. A la fois comme un théâtre historique (avec des dorures...) et comme une scène moderne, c'est pas mal. Je suis situé sur le côté de la corbeille
(le premier niveau au-dessus de l'orchestre), c'est plutôt sympa. Ce soir donc,
l'Orchestre national de France sera dirigé par le jeune chef d'origine lettone Andris Nelsons, particulièrement fougueux.
Anton Webern
Passacaille pour orchestre (opus 1) (1908)
Je n'ai pas aimé: pas de repères, ça fait un peu bouillie... D'ailleurs, l'article de présentation de cette oeuvre dans le programme est une aberration à la démocratisation/vulgarisation de la
musique classique, c'est, disons-le clairement, une bêtise. Extrait:
"L'aspect aphoristique, une des constantes weberniennes, connaît ici sa première manifestation. Du quasi niente au climax le plus paroxystique, les climats les plus extrêmes, loin de
constituer des piliers d'une architecture cyclopéenne comme chez Malher, sont littéralement compressés. Le propos, d'un romantisme exacerbé, jure avec une construction formelle d'un équilibre
quasi pédantesque et avec un contrepoint digne d'un fin connaisseur de polyphonie franco-flamande. Cette contradiction, au coeur d'une esthétique expressionniste, demeurera la marque de fabrique
du Webern sériel, à l'opposé d'un formalisme exclusif."
Les rédacteurs de tels textes sont bien des ennemis de la musique.
Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour trois pianos et orchestre K242 (1776)
Pas une oeuvre majeure de Mozart (selon Wikipedia, qui n'a pas d'article consacré à cette pièce, mais aussi selon moi). Bien sûr, c'est du Mozart, c'est-à-dire que tout coule, tout semble
naturel. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a trois pianos à queue tête-bêche sur la scène, ce qui occupe une place significative ! Des pianistes jeunes et très talentueux les utilisent
(Bertrand Chamayou, David Bismuth, Edna
Stern). Ce que j'ai préféré du concert...
Richard Strauss
Ein Heldenleben / Une vie de héros (1899)
Me suis fait avoir... Strauss, il y a les Johannes, bien
connus, mais aussi d'autres, certains n'ayant rien à voir avec les premiers. C'est le cas de Richard. L'enthousiasme du chef et la virtuosité (très appréciée) de Sarah Nemtanu au violon solo ne
suffisent pas à m'intéresser à ce poème symphonique, là encore qui semble n'avoir aucun thème, aucun motif, aucune direction (au sens d'un début et d'une fin). Bref, déçu.
Plus qu'un concert (début mai) cette saison dans cet abonnement Radio France... La musique réserve souvent des surprises; ce soir, elles n'étaient pas très bonnes.