Une semaine en Forêt Noire (version texte)
Publié le 16 Août 2007
Je ne serais pas le premier (ni probablement le dernier) à proposer un "compte-rendu" de
quelques jours de vacances en version "série d'anecdotes non chronologiques et non exhaustives". Les photos suivront.
"Nous partîmes à trois (ou quatre, c'est selon si on compte la voiture, surnommée Merveille (une habitude familiale que
de surnommer les véhicules))....". Oui, les citations (Corneille, bien sûr, mais aussi Edmond Rostand, ou encore, dans un autre style, les dialogues de films comme La vache et le prisonnier, Le Père Noël est une ordure,
etc.) ont constitué une part de nos conversations. Part "importante", "significative" ? Ce serait exagéré. Mais une part suffisamment importante pour qu'on en parle !
Il y eut la pluie. Les nuages. Le brouillard. Les deux premiers jours, en fait. Le Guide Vert Michelin parlait de panoramas qui valaient à eux seuls le déplacement.
Vous savez quoi ? Un avion au-dessus d'une masse nuageuse, quelle que soit la région qu'il survole, ça donne le même résultat. Evidemment, c'est à ce moment que Merveille (la voiture, si vous
suivez), pourtant révisée 72 heures auparavant, choisit d'éteindre son feu avant gauche. Heureusement, on n'était pas en plein week-end, on a pu y voir clair rapidement.
Il y eut les auberges de jeunesse. La première, à Forbach (saviez-vous qu'il existe aussi en Allemagne une localité
du nom de Forbach ?), perdue au milieu de la montagne (et des nuages), très pension de famille, avec son jeu de société
franco-allemand. La seconde, à Freudenstadt, avec une "Foot
Academy" (en gros, des dizaines de gamins faisant un stage de football pour intégrer une équipe), notre utilisation haletante de matériel de ping-pong (table, raquettes et balles, ne manquaient
qu'un minimum de sérieux; l'aubergiste nous avait prêté le matériel, sans caution, se fondant sur notre bonne mine; heureusement qu'il ne nous a pas vu "jouer" !), l'aubergiste (puisqu'on en
parle) et son minestrone inoubliable, ses projets de vacances... en France ! La troisième et dernière, à Freiburg, l'usine, avec plus de 400 lits, son parking archi-comble, des réceptionnistes à nous faire pêter les plombs (en particulier un c..
qui effectue son service civil, qui se fait ch... et qui est aussi aimable qu'un frigo), les petits déjeuners avec, à la table d'à côté, une petite fille qui ne quitte pas son diadème et qui
gagnera son surnom de "princesse", et, comme aux autres, un café "pas bon"...
Il y eut la signalisation allemande. Incompréhensible après une semaine. Toutes les routes à 50 km à la ronde du Hohenzollern s'appellent Hohenzollern Strasse (ce qui est embêtant pour trouver LA bonne route). Certaines routes ne sont pas
numérotées. Seuls les virages extrêmement dangereux sont signalés sur les routes de montagne (en France, on en annonce dix fois plus, c'est mieux). Même sur les chemins de randonnées, à un point
X, le lieu Y est indiqué à deux distances différentes. Plus loin, en suivant la direction de Y, les deux distances ont... augmenté ! Un peu comme si, entre Lille et Paris, sur l'A1 en direction
du sud, on vous indiquait Paris à 200 km, et, 30 km plus loin, à 220 km. C'est déconcertant. Si, si. Toujours sur la signalisation, c'est au dernier carrefour qu'il n'y a aucun panneau, aucun
passant. Et que les trois Français s'empressent de prendre ce qui s'avérera être la mauvaise direction. Le gouvernement du Bade Wurtemberg (vu
qu'il n'existe apparemment pas de ministre sur le sujet, ce qui explique peut-être cela) recevra probablement une lettre de doléances de notre part, vu que la seule fois où nous avons pris le
train (échaudés après une journée de marche où nous n'avions pas réussi à joindre ne serait-ce qu'un des deux lacs que nous nous étions donné pour objectif), les horaires théoriques et réels
étaient tout sauf concordants. Bref, on aurait voulu nous perdre qu'on ne s'y serait pas pris autrement. (Mais on a gagné, ah ah !)
Il y eut, enfin, les magnifiques paysages (quand le soleil a chassé les nuages, à partir de vendredi soir), les villes et villages: le casino de Baden-Baden et une visite où nous étions très très très (très !) encouragés à jouer, le château des Hohenzollern (la visite était aussi intéressante
qu'un cours de droit administratif), le cloître d'Alpirsbach (je suis fasciné par les cloîtres, j'y reviendrais un de ces jours), les
colombages de Schiltach, les attrapes-touristes de Triberg et de Gutach, les sources officieuses du Danube, le Titisee et sa zone piétonne interdite au stationnement (ach...), les lacs introuvables du Schluchsee et d'Altglashütten, Freiburg et son quartier
universitaire qui m'a rappelé d'excellents souvenirs de mon année Erasmus à Cracovie...