Slumdog millionaire
Publié le 18 Janvier 2009
Dimanche 18 janvier
Paris 19, MK2 Quai de Loire
SLUMDOG MILLIONAIRE
De Danny Boyle (UK, 2009)
Mon appréciation: 7/10
Deuxième tentative pour le voir, cette fois-ci c'est la bonne, mais la salle est quand même pleine à craquer à la dernière séance de la journée (d'habitude pas la plus fréquentée); il y a aussi
eu des applaudissements à la fin. Slumdog millionaire devrait donc, selon ces observations certes limitées mais pas anodines, bien marcher...
Le film en lui-même est loin d'être un chef d'oeuvre. Des images nerveuses, une réalisation pas mauvaise mais sans aucune originalité...
La force du film, c'est son scénario. Le scénario, c'est l'adaptation du roman
Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint millionnaire, de Vikas Swarup, que j'avais
lu il y a deux ans sans imaginer qu'une adaptation devait déjà être en chantier. Le livre est bien meilleur (plus complexe, plus riche en péripéties, en personnages, en nuances),
naturellement.
Mais si l'histoire est bien, en particulier au cinéma, c'est parce qu'elle repose sur plusieurs éléments: un anti-héros qui incarne la revanche des méprisés (un ado musulman des bidonvilles de
Mumbai), un exotisme à la fois sympa (Taj Mahal, Bollywood, etc.) et dur (les mendiants indiens, la violence), mais surtout sur Qui veut gagner des millions ?, LE
dispositif de "mise à disposition de cerveaux disponibles" qui s'est répandu dans le monde entier. Un concept d'une grande perversité, d'une grande dangerosité, car d'une efficacité redoutable,
voire imparable, avec des impacts massivement négatifs. Le cocktail est simple, émotion, chance, identification au joueur, musique tonitruante... Le pire de la télé, en somme. Et forcément, bien
mieux en film qu'en livre, car dans une salle de cinéma, on ne peut s'empêcher de tomber dans la combine. La réussite de l'adaptation, je me répète, est vraiment de pouvoir exploiter à fond le
dispositif ultime de dramaturgie qu'est Qui veut gagner des millions.
Que dire d'autre ? Oui, toujours dans ces ressorts classiques des émissions d'abêtissement général, on mélange tout et n'importe quoi, de Bollywood à Orphée et Eurydice (oui, le même opéra). On recourt également à des actrices d'une beauté à en perdre le souffle, ici Freida Pinto.
Alors, je donne 7/10 au film tout en critiquant le principal ressort du scénario. Oui, parce que ne pas etre dupe ne signifie pas nécessairement ne pas entrer dans le jeu le temps du film !