New York - 12- Des églises et du soleil
Publié le 5 Mai 2008
Dimanche. Le jour idéal pour aller se promener du côté de Harlem (à quelques rues au nord des auberges de jeunesse). Vers 10h, c'est extrêmement calme. Bordé de magasins, encore fermés, mais à
13h, c'est un marché dans la rue, sur le trottoir, et les magasins ont ouvert. Un petit air de Barbès, bien sûr à l'américaine avec les rues larges, les fast-foods tant états-uniens qu'africains,
etc.
A 11h, à la United House of Prayer for All People, une église parmi la vingtaine recommandée par le Guide du Routard pour assister à un culte
avec gospel, ma première impression a été très décevante. Une cinquantaine de personnes, dont au moins 30 touristes avec plusieurs Routards en main... le genre de regroupement que je déteste le
plus ! Le culte, qui s'apparente plus à un spectacle vue l'assistance, commence très doucement. Un Let it shine entonné par un des fidèles. Petit à petit, l'église se remplit. Vers
12h30, avant que des "touristes" ne commencent à partir, nous devions être au moins 250, dont plus de la moitié de touristes (on apprend qu'il y a des groupes d'Italiens, d'Espagnols et de
Français). Une invitation à l'offrande rencontre un succès que j'admire: j'imagine (je peux me tromper) que nombre de ces touristes donnaient pour la première fois à l'offrande ! Un petit miracle
;)
Bien sûr, l'orchestre est arrivé, petit à petit (11h n'est apparemment qu'une heure indicative), ainsi que la chorale. Les chants durent souvent très longtemps, des impros de trombone n'en
finissent pas (alors qu'elles auraient pu...)... Le rythme est différent de ce que je suis habitué, et festif.
Le message porte sur Lamentations 3, il me semble, et appelle à la patience (Tiens !). Mais aucun support écrit (c'est pareil pour les chants, ce qui fait qu'à l'exception du refrain de Praise Him, que je
connais, on ne peut que taper dans les mains, ce qui est un peu dommage...), ni de Bible, donc il faut essayer de suivre malgré une énonciation pas très articulée et une sono avec pas mal
d'écho...
En fait, le malaise de départ (le fait d'être plus "touriste" que "croyant") ne s'est jamais vraiment dissipé. L'absence de repères habituels (ordre du culte, texte biblique, sermon avec des
"repères" lui aussi) n'a pas arrangé les choses. Mais bon, j'aurais vécu une façon différente de pratiquer, et il faut de la diversité !
Dans le milieu de l'après-midi, je reviens de Harlem et passe à Central Park. Soleil radieux, la foule est dehors. Moi aussi. Je bouquine un peu dans la partie nord du parc.
A 17h, à la First Baptist Church, à quelques rues des auberges, mais cette fois-ci au sud, toujours sur l'axe Broadway, c'est la Redeemer Presbyterian
Church qui célèbre un de ses cultes dominicaux (certains en version "classique" d'autres en version "jazz"; c'est à cette dernière que j'assiste). Le prédicateur de ce culte, Timothy Keller, m'avait été recommandé par Pierre-Sovann. Le temple, de forme ronde,
est plein. Ca doit faire 300 ou 400 personnes. Pour la plupart, des jeunes, Caucasiens et Asiatiques. Là, on a un "bulletin" (l'ordre du culte avec les chants, le texte biblique, les annonces des
activités de la semaine, l'annuaire des responsables de l'église... bref, quelque chose que j'avais déjà eu à Chicago, Daleville et Philadelphie, et qu'on a, en version abrégée, en France). Et
je retrouve donc mes repères (au fait, s'il y avait des touristes, ils étaient extrêmement minoritaires, et je ne me sentais plus au spectacle). Concernant les chants, la version "jazz" signifie
en fait qu'il s'agit d'un répertoire 19ème-20ème siècles (le "classique" devant inclure des psaumes des 16ème-17ème siècles) avec un orchestre de jazz (piano, saxo, guitare, basse, batterie). Ils
sont néanmoins un peu compliqués rythmiquement, mais il y a une très bonne conductrice des chants, donc ça se passe bien.
La prédication porte sur 1 Corinthiens 11 (18:34) et le "repas du Seigneur" (ou Sainte Cène,
ou Eucharistie, ou Communion...). En substance, Tim Keller explique que le "repas du Seigneur" est un moment de connections, à cinq niveaux: du passé au présent (le dernier repas de Jésus, c'est
le soir de la Pâque juive); de l'individu à Dieu; de l'individu au groupe; des croyances aux pratiques; et du présent vers le futur. C'est intéressant... et tout de suite mis en pratique, vu que
ce soir, il y a Sainte Cène (la première de cinq cultes auxquels j'aurais assisté aux Etats-Unis).
Juste après, on chante la version américaine d'un de mes cantiques préférés (Torrent d'amour... un "vieux" pour eux, vu qu'il a été composé en 1890 !)
J'hésitais un peu avant d'y aller, "deux cultes dans la même journée, c'est beaucoup quand même". Mais non. Le second m'ayant bien plus apporté que le premier...
Pour rentrer à l'AJ... pas de métro, Broadway étant occupée, apparemment, par des brocantes, et le métro fermé dans ce coin. Tant pis, je remonte de la 79ème à la 103ème rue à pied (j'aurais donc
fait plus des trois quarts de Broadway entre le n°1 et la 110ème). Il fait beau, les gens sont détendus, j'ai entendu des messages
forts... Le bonheur, quoi !