On s'y fera, de Zoyâ Pirzâd
Publié le 20 Septembre 2009

Alors que l'été arrivait sur Paris, le Comptoir des Mots proposait une rencontre avec Zoyâ Pirzâd, romancière et nouvelliste
iranienne. Une rencontre découverte, et un bouche à oreille positif, et j'ai envie de lire un de ses ouvrages. Mon choix se porte sur On s'y fera, son premier roman
traduit en français (pour une fois, je garde les nouvelles pour plus tard !).
On y suit Arezou, héritière d'une agence immobilière à Téhéran. "Patronne", divorcée, elle redoute sa mère et ne sait comment résister aux caprices de son adolescente de fille, Ayeh. Sa meilleure
amie Shirine souhaiterait qu'elle ait un homme dans sa vie, en guise d' "aspirine". Justement, après avoir fait visiter une maison à un mystérieux Zardjou, elle reçoit de ce dernier des cadeaux,
des invitations... Que veut-il ? Que veut-elle ? Que pensera son entourage ? Nous sommes en Iran, avec une police des moeurs moquée mais présente, et des conventions bien ancrées. Pourtant, et je
ne sais pas quelle est la part de "romanciation", mais les téléphones portables pullulent, Ayeh tient un blog... Des éléments de modernité qu'un discours médiatique occulte souvent (c'est
marrant, entre la "préhistoire" des barbus, et la "révolution Twitter", pas de demi-mesure, pas de nuance qui permette d'apprécier la vie quotidienne des classes moyennes...).
Le roman est plein de vie (rires, colères, doutes, pleurs), très "féminin" (et assumé tel quel), avec des changements de sujets incessants dans les discussions retranscrites (il faut parfois
s'accrocher pour suivre le fil des interruptions et reprises). C'est un livre frais, léger, nécessaire.
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