La traversée du Mozambique par temps calme, de Patrice Pluyette
Publié le 13 Novembre 2008

C'est grâce à Télérama que je me suis intéressé à ce roman, parce que l'austérité de sa couverture et son titre n'auraient probablement pas retenu mon attention dans cette caverne d'Ali Baba
qu'est ma librairie. Et ç'aurait été dommage, parce que ce livre est assez particulier.
J'ai été bercé/passionné pendant des années par les récits d'aventures style Jules Verne, à travers les océans et les continents, avec des personnages picaresques et quelques éléments d'une
(petite) part d'invraisemblable. Eh bien, cette "traversée du Mozambique par temps calme" utilise certain des codes de ces épopées, mais ne se prend pas complètement au sérieux, puisque l'auteur
intervient dans le texte s'il le juge nécessaire.
Exemple:
"Nos trois chercheurs d'or entrent en sautant la queue, Géo possède un passe prioritaire leur épargnant des heures d'ennui et à nous plusieurs pages de description d'une file d'attente - même
si trois heures de queue peuvent se résumer en une phrase." (chapitre 54)
Ou, après le départ d'un pigeon voyageur: "Trop tard: Hug-Gluq espérait lui demander le jour et l'heure de la prochaine levée pour répondre à son frère; ils risquent de perdre le contact à la
veille de moments importants pour tous les deux (Negook va faire fortune, se marier; Hug-Gluq disparaîtra dans une chute d'eau vertigineuse au chapitre 49 de ce livre, en réchappera indemne
et retrouvera la sortie de la jungle seul)." (chapitre 38)
La fantaisie se même aux aventures de l'expédition menée par le capitaine Belalcazar, à la recherche, vous l'aurez compris, d'un Eldorado en Amérique du Sud. Comme l'auteur, le lecteur s'amuse,
retrouvant ces moments d'enfance, avec comme saveur complémentaire, un humour qui renouvelle les rebondissements à une époque où on ne peut plus rêver de "grandes découvertes" sur notre
planète.
Pour en savoir plus:
L'auteur sur Wikipedia
Le livre sur Wikipedia
Le livre sur Télérama
Marre du site du Seuil, qui ne permet pas de mettre des liens (pas très commerçant, ça...)