Les petits garçons naissent aussi des étoiles, d'Emmanuel B. Dongala
Publié le 3 Août 2008
Je lis rarement des auteurs francophones africains (ça commence à changer). Mais je ne suis pas déçu quand je le fais. Dans un
"petit" pays proche du Congo, Michel, plutôt appelé Matapari, crée l'événement dès sa naissance. Il faut dire que ses deux "aînés" sont nés deux jours avant lui, et qu'il n'y avait jamais eu de
triplés dans tout le pays, donc on ne pensait pas qu'il devait encore naître. Du coup, il est tout de suite "spécial". Curieux, lucide, faux candide, il s'intéresse au monde qui l'entoure; son
grand-père et son père sont des militants du savoir sous toutes ses formes.
Et le monde qui l'entoure est en effet fascinant, entre un régime politique de type communiste, les comportements opportunistes (son oncle Boula Boula notamment), avec, en toile de fond, le
décalage entre discours et faits. Des dirigeants à ses proches, Matapari découvre donc "ingénument" la relativité des vérités et l'importance de la liberté de penser (et de la liberté en
général).
Très bien écrit, bourré d'humour, ce roman (qui a obtenu le prix RFI - Témoin du monde en 1998) confirme bien que les Africains ne sont pas dupes de leurs dirigeants. Les personnages y sont
assoiffés de pouvoir, pour certains, de savoir, pour d'autres. "Enfermés dans le passé", croit un des guignols qui conseille notre président à nous. Quelle erreur...