La visite de la fanfare
Publié le 29 Décembre 2007
Samedi 29
Paris 19, MK2 Quai de Seine
LA VISITE DE LA FANFARE
De Eran Kolirin (France-Israël, 2007)
Mon appréciation: 16/20
Après hier, on reste sur les rives de la Méditerranée. Moins au nord, plus à l'est. Là où les trois monothéismes et d'autres se
disputent, interminablement. Pourtant, pas de "tchatche" assomante. Non, dans La visite de la fanfare, on cherche ses mots, on recourt aux signes ou à la musique pour
tenter d'établir un contact.
La visite de la fanfare, c'est l'histoire de la fanfare de la police d'Alexandrie (donc égyptienne), qui arrive en Israël pour se produire à l'occasion de l'ouverture
d'un centre culturel arabe. Mais pas de chance, nos musiciens se retrouvent perdus dans une ville presque morte au fin fond du désert. Le chef doit se résoudre à demander de l'aide dans des
tournures très ampoulées, alors que côté israélien, on ne fait pas mentir la tradition d'hospitalité orientale, et on s'arrange pour caser tout ce monde. Il y a le chef, très renfermé et coincé,
il y a le Don Juan, il y a la femme attirée par une aventure exotique, il y a des familles qui n'arrivent pas à sortir de leur quotidien, des jeunes qui s'ennuient...
Ca commence comme un film de Tati (à l'aéroport, la scène de la photo est géniale), et par moments, ça rappelle Intervention
divine, d'Elia Suleiman, par quelques touches d'absurde, mais aussi ces tentatives, souvent maladroites, de lancer des passerelles. Les barrières sont multiples, mais tous y
croient, il faut arriver à partager plus que du temps (pour paraphraser le slogan d'UGC, slogan que je déteste au passage).
La salle, très bon public, rit beaucoup; on s'amuse de ces tatonnements, de ces invitations incomprises (?), de cette scène - elle aussi géniale - quand le Don Juan égyptien apprend à un jeune
Israélien à approcher une fille qui n'attendait que ça. La fanfare ne fait pas beaucoup de bruit (quoique, la trompette au milieu de la nuit dans un appart', ça choque le Parisien que je suis)
mais les lignes bougent, timidement. Ce n'est qu'en accumulant des petits riens qu'on peut espérer aboutir à un avenir meilleur. Merci Eran Kolirin pour ce rappel pertinent !