12h08 à l'est de Bucarest
Publié le 14 Janvier 2007
Dimanche 14 janvier
Paris 19, MK2 Quai de Seine
12H08 A L'EST DE BUCAREST
De Corneliu Porumboiu (Roumanie, 2006)
Mon appréciation: 16/20
Couleurs ternes voire glauques, rues défoncées (pas du tout glamour, ce qui explique le désintérêt des Roumains pour le film, à en croire Télérama), le film n'a pas vocation à attirer les foules
dans ce nouvel Etat membre de l'Union européenne. La première moitié, avec ces tonalités sombres et son scénario lent, est un peu longue. Mais une fois l'émission "préparée", le tournage commence
et on se régale !
"Nous manifestions avant que Ceaucescu ne fuit" martelle un professeur aviné. "Faux !" rétorquent les
téléespectateurs. Le présentateur, qui se demandait comment la petite ville avait vécu la "révolution du 22 décembre 1989" se transforme en inspecteur tenace, cherchant la vérité sur un événement
apparemment plus télévisé que militant. Déjà, les invités prévus à l'origine lui ont fait faux bond. Alors il a dû se rabattre sur deux enseignants de la ville.
En Roumanie comme dans le reste de l'Europe post-soviétique, les périodes troublées suivant la chute du régime n'étaient pas propices au travail de mémoire et à la "décomposition" des biographies
annoncées par chacun. Le faire maintenant, avec une sacrée dose d'humour, c'est le pari -réussi- de ce film. Le mot de la fin, c'est celui de l'autre invité de l'émission, l'instituteur retraité
qui a vu passé toute la ville sur les bancs de sa classe: "on fait les révolutions que l'on peut, chacun à sa manière".