J'irai dormir à Hollywood

Publié le 2 Décembre 2008

Lundi 1er décembre

Paris 13, MK2 Quai de Bibliothèque

 

J'IRAI DORMIR A HOLLYWOOD

D'A. de Maximy (F, 2008)

 

 

TELERAMA (critique) - (rencontre)

 

Mon appréciation: 7/10

 

D'abord, dans la bande-annonce, le nom "Ardisson" (même à la musique, et même si ce n'est pas l'homme en noir) m'avait donné des boutons. Mais bon, le concept avait l'air sympa, et les échos étaient positifs même si avec une petite réserve.

 

Donc, pour ceux qui ne connaissent pas. Antoine de Maximy réalise des documentaires en partant dans différents pays. Il veut rencontrer des "vrais gens", et pour cela part seul, avec un système de caméras qui lui permettent de filmer ce qu'il voit, de se filmer lui, etc. L'idée, arriver à dormir chez l'habitant autant que faire se peut, pour partager son mode de vie, ses habitudes, l'espace de quelques heures. Une vision inhabituelle des contrées visitées. Forcément un peu superficielle, car au plus proche du terrain et sans préparation.

 

Dans "J'irai dormir à Hollywood", notre aventurier mi Mac Gyver, mi Tintin, part de New York direction le Sud (Floride, Texas, Nevada) puis l'Est, pour rencontrer (et dormir) chez une star hollywoodienne, sans choix de star bien arrêtée, l'idée étant donc d'improviser sur place. On passe donc d'un couple de nonagénaires new-yorkais sportifs à une famille Amish de Pennsylvanie, de fêtards de la Nouvelle-Orléans à des Navajos des Rocheuses, sans oublier les Cajun, et globalement, les déclassés.

 

Avec Sabrina et Stefan, on a débriefé le film. Au bout d'une petite heure de discussion, on arrive (et le cheminement fut progressif) à se dire qu'Antoine de Maximy a bien fait de ne pas se disperser (on remarquait d'abord qu'aucune mention de la religion, et très peu de politique, avaient été gardées au montage, dans 1h30 ou plus de film de présentation sur les States, ce qui est assez surprenant). Il s'est finalement axé sur les "communautés" aux Etats-Unis. Un angle que l'on distingue mal dans le film (ça nuirait à la volonté -exagérée à mon goût car cela crée un vrai doute- de prouver qu'il était vraiment seul et en mission vraiment improvisée), mais qui est plutôt pertinent. Gros regrets également de ce traitement assez superficiel, un peu induit par le dispositif. De la discussion qui dégénère dans le bus sur le melting pot au fondamentaliste qui souhaite à la France un nouveau Charles Martel (oui, nous serions en guerre contre l'islam... un pote à de Villiers, apparemment), mais surtout cette famille Navajo à peine rencontrée mais avec des propos et des comportements qui mériteraient un vrai approfondissement...

Oui, cette famille où les aieux ne parlent pas anglais, où les jeunes veulent garder leur identité (vive la lampe à pétrole, on se moque de l'électricité) mais où tous souhaitent un peu plus de considération (cela va d'apporter un peu à manger à... une bibliothèque à proximité !)., où l'étranger est bien accueilli mais son véhicule sert de prétexte à un départ un peu précipité (mais était-ce le corbillard, ou la présence de l'étranger ?). Vraiment, c'est dommage que dans le montage (les rushes sont peut-être plus riches, du moins on l'espère), les profils si intéressants soient à peine effleurés.

 

Car le reste est assez convenu. Intéressant mais pas "inédit": les Amish sont assez fermés, la Nouvelle-Orléans se remet mal de Katrina (voir, dans le même genre et sur le même thème, les Blogtrotters), les stars sont difficiles à approcher, la pauvreté n'est jamais loin, mais les Américains ont une nature plus qu'optimistes... Franchement, rien de nouveau sous le soleil.

 

Bon, on a tous envie de retourner aux Etats-Unis, quand même.

 

 

Rédigé par davveld

Publié dans #Cinéma

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