Deux soeurs pour un roi

Publié le 5 Avril 2008

Samedi 5
Paris 19, MK2 Quai de Seine

DEUX SOEURS POUR UN ROI
De J. Chadwick (UK, 2008)

 


Mon appréciation: 7/10

Le vert flashy de la robe de Natalie Portman poursuit le brave Parisien qui circule dans les couloirs du métro de la capitale. Un brave Parisien qui ne peut s'empêcher de tiquer à la main qu'Eric Bana dépose nonchalamment sur la belle ! Mention spéciale dans ce film pour la richesse des costumes, bouffants à souhait, très colorés (enfin, en fonction des séquences, car le réalisateur alterne mathématiquement scènes aux couleurs vives et scènes aux couleurs sinistres et sombres), bref des costumes de films, un peu trop beaux pour qu'on y croie complètement. D'ailleurs les images sont aseptisées, avec le beau aux standards du 21ème siècle (des forêts bucoliques, des forteresses vraiment fortifiées, des personnages ayant tous des dentitions parfaites...).

La douceur de l'environnement et des traits des acteurs et actrices contraste violemment avec la dureté de l'époque. Relativement ignorant quand aux histoires compliquées des monarques européens jusqu'au 16ème-17ème siècle, je ne peux pas juger de la pertinence de l'angle retenu par le film (qui est lui-même inspiré d'un roman). Les deux soeurs Boleyn, belles à en damner plus d'un, se retrouvent à devoir séduire le roi Henry VIII déçu par l'incapacité de sa femme à lui donner un héritier mâle, et surtout par l'ambition de leur père et de leur oncle, prêts à tout pour obtenir des privilèges. L'aînée Anne était pressentie seule pour ce rôle de séductrice, et souhaite accomplir "pragmatiquement" sa mission, mais les circonstances font que Mary, sa soeur cadette, tombe amoureuse du roi, qui lui non plus n'est pas indifférent. Mary "la douce" ne résiste pas à Anne l'intrigante, qui, consciente du désir qu'elle inspire au roi, essaie de faire avancer ses pions. Mais elle est forcément perdante à ce jeu: comme maîtresse, elle est interchangeable. Seul son statut de potentielle procréatrice d'un dauphin compte, et c'est fragile, très fragile. Entre temps, il faut évincer la reine "officielle", et ne pas hésiter à provoquer la scission avec l'Eglise catholique.

A la fin du film, dans le traditionnel "que sont devenus les personnages", on évoque que la création de l'Eglise anglicane a changé la face de l'Angleterre. Pas seulement, aurais-je tendance à dire. Sans une Angleterre autonome du pouvoir du Vatican, le protestantisme en Europe aurait sûrement eu plus de mal à survivre. Et comme cette remise en cause du pouvoir du Saint-Siège n'est pas sans conséquence sur notre vie de tous les jours...

Pour en revenir au film, il est très "académique", aseptisé comme j'écrivais plus haut. Une "fiction de prestige" peut-être (l'expression revient dans les débats sur la télévision publique, notamment dans Télérama). Sûrement: la BBC y a participé. Il n'y a pas de "trouvailles", d'originalité. Mais c'est un beau divertissement, par moments poignant.

Rédigé par davveld

Publié dans #Cinéma

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P
Je suis tes conseils et à raison, vu que j'ai dernièrement été voir "à bord du Darjeeling limited", et que après un "prologue" assez étrange, j'ai fait comme le reste de la salle et me suis bien amusée! merci donc, pour tes avis!
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D
<br /> <br /> De rien... c'est aussi l'un des buts du blog, partager ses impressions (bonnes ou mauvaises) sur des films, des livres, tout ça quoi ! Content que le film t'ait plu, même si je ne l'ai pas "très<br /> fortement" recommandé (comme je disais, c'est une question d'univers, et je n'ai pas totalement adhéré).<br /> <br /> <br /> <br />