Le Canapé Rouge, de Michèle Lesbre
Publié le 14 Septembre 2007

D'abord, le livre. Le mot "Transsibérien" et les 3 étoiles de Télérama ont été le déclic. Il y a des mots, comme ça. Donc achat à
la librairie, et quelques jours après, je reçois les news de la librairie: l'auteure, parisienne, viendra parler de son livre ce vendredi 14 septembre. Je m'arrange donc pour le finir avant. Il
s'agit d'une femme qui prend le Transsibérien, pour essayer de retrouver un homme qu'elle a aimé, quand elle était plus jeune, quand les idéologies avaient encore un sens, quand... Je ne suis pas
déçu, l'image que je me fais de ces voyages en train dans des immensités est confirmée: on découvre des paysages, des compagnons de route, mais on se découvre aussi. Ici, la narratrice repense à
des textes littéraires qu'elle lit dans le train, mais aussi à sa voisine, une vieille femme dans un canapé rouge, autour de destins de femmes (Olympe de Gouges, Marion du Faouët, Milena Jesenska) hors du commun, de
réflexion sur les passions passées, qu'elles soient humaines ou politiques...
Michèle Lesbre et Sabine Wiespeser (son éditrice) sont donc ce soir au Comptoir des mots. Beaucoup d'amies des deux, beaucoup de voisins (elle n'habite pas très loin), beaucoup de femmes. Un peu
de vodka et de caviar pour commencer (vous avais-je déjà dit que j'étais fan de ma librairie ?), et puis les premières pages, par l'auteur. Cette fin du premier chapitre:
Je savais que le véritable voyage se fait au retour, quand il inonde les jours d'après au point de donner cette sensation prolongée d'égarement d'un temps à un autre, d'un espace à un autre. Les images se superposent, secrète alchimie, profondeur de champ où nos ombres semblent plus vraies que nous-mêmes. Là est la vérité du voyage. Le plus difficile, alors, est d'avoir à se lever sans nulle part où aller, mais j'ignorais qu'à mon retour cette épreuve me serait épargnée et que je me rendrais plusieurs jours de suite à un rendez-vous sur un quai de Seine.
C'est beau non ? La discussion aborde ces femmes extraordinaires évoquées plus haut (j'en apprends plus sur Marion du Faouët, une Robin des bois dans la Bretagne pré-révolutionnaire), sur ces voyages et leurs retours (partir
vers un Est infini, en quête de réponses sur ses origines, et finalement trouver ce qu'on cherche à son retour, mais qu'on n'aurait sans doute pas pu trouver sans ces milliers de kilomètres), sur
les autres ouvrages de Micèle Lesbre (que je n'ai pas lu).
Et puis, ces enfants des libraires, à qui chacun conseille des titres. Vivre dans les livres. Après le Transsibérien, un autre rêve.