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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 10:29

Je n'échappe pas à l'air du temps, et notamment aux séries télé ! Ces mois-ci, je regarde Girls, Newport Beach et Downton Abbey.

Girls, c'est LA série que Télérama (et d'autres, bien sûr), aime très très fort. La série des vingtenaires des années 2010, avec une crise bien bien installée qui rend l'emploi rare et encore plus rarement épanouissant. La série dans l'esprit de Judd Apatow, le réalisateur de nombreuses comédies américaines que j'aime beaucoup, d'ailleurs Apatow est dans l'équipe derrière la série; conséquence, c'est une série qui parle très librement, notamment de sexe. Qui parle et qui montre (je n'ose imaginer ce qu'en pensent des fondamentalistes). Hannah et ses amies sont très représentatives de cette tranche d'âge des adulescents dans nos pays occidentaux: entre indépendance et quête de repères, entre volonté de croire en quelques principes/rêves/idéaux et un réel qui ne manque aucune occasion d'exiger de rentrer dans des cases. Des cases dont la pertinence est pour le moins discutable, des cases qui seraient supportables s'il y avait de la place pour tout le monde. Mais non, le monde d'aujourd'hui se conçoit difficilement en collaboration, davantage en concurrence. Se construire dans un tel contexte, ça donne du "bizarre", et c'est le terme qui me vient le plus souvent à l'esprit en regardant les deux premières saisons de Girls. Du "bizarre" qui pourrait faire lâcher la série, tellement les situations et les personnages sont déroutants, complexes. Intérieurement, j'émets beaucoup de "WTF ?!"... Pourtant, sans qu'on sache trop comment, Girls est la série d'une génération tourmentée qui parvient à devenir attachante.

Newport Beach, série culte pour certains, c'est une autre époque, un autre style. Oh, la différence n'est pas grande, on n'est pas en 2011, juste en 2002. Pas dans les classes moyennes, mais chez les riches.
Donc pas grand-chose à voir avec Girls. En revanche, les points communs avec Gossip Girl sont innombrables: des adolescents (lycée) très riches, avec un garçon outsider, qui commence une histoire d'amour avec une blonde qui a certaines fragilités et une meilleure amie brune qui brille par sa superficialité (apparente, bien sûr), des mères qui ont des relations avec des lycéens, ou qui se séparent, un chef de clan intraitable ultra-riche mais pas forcément ultra-probe (qui est joué par le même (!) acteur, Alan Dale, Caleb Nichol dans Newport Beach et Bart Bass dans Gossip Girl), la bande-son est soignée (davantage dans Newport Beach d'ailleurs). Il y est question d'histoires de coeurs, de rangs sociaux, de soirées huppées, d'addictions, de relations familiales complexes, de projets financiers...
Quelques différences néanmoins. Newport Beach se situe dans à Orange County (d'où le titre américain de la série, the O.C.), les plages de Californie... Gossip Girl se passe dans l'Upper East Side new-yorkais (on s'encanaille jusqu'à Brooklyn), une poignée d'années plus tard (2007). Newport Beach présente des personnages parfois énervants de naïveté et d'inconscience, là où Gossip Girl peut effrayer par son cynisme complètement assumé. A l'issue de la première saison de Newport Beach, un constat: il manque un Chuck Bass...

Enfin, Downton Abbey, dont j'ai vu les trois saisons disponibles avec leurs téléfilms additionnels pour Noël. C'est ma série préférée, et de loin. Il y a tout. L'Histoire, les relations sociales dans une grande propriété britannique du vingtième siècle, de l'amour, des luttes d'influences, des drames, de la saga tolstoïenne avec des accents tchekhoviens (tiens, je n'ai que des références russes ?!)... Une réalisation absolument irréprochable, tant du point de vue des scénarii, des images, des dialogues, des paysages, bref le meilleur de ce que les Anglais savent faire, et ils sont vraiment excellents dans ce domaine. Un coup de coeur, complet.
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'histoire d'un grand domaine, de ceux qui définissent la noblesse, en Angleterre; avec sa famille (Lord Grantham, sa mère jouée par la toujours extraordinaire Maggie Smith, sa femme américaine, leurs trois filles en âge de se marier, d'autres membres de la famille) et toute leur domesticité et sa hiérarchie. L'originalité de la série est de suivre ces deux groupes de la même façon à travers le vingtième siècle. Cela va du cocasse (l'arrivée du téléphone et du grille-pain) au tragique (la Grande Guerre), en passant par un monde qui tremble sur ses fondements séculaires. Car - l'histoire est la même dans tous les pays (la France à une autre époque, la Russie...) avec une telle organisation sociale -, les nobles ont un rang à tenir, ils sont conscients de leur rôle économique d'employeur pour toute une région, mais n'ont aucune aptitude pour gérer leur domaine de façon à qu'il soit viable à défaut de rentable. Il faut le renflouer à coup de mariages où on troque titre contre liquidités. Mais, encore une fois, les temps changent. Les privilèges des uns sont remis en cause, beaucoup (certains domestiques, mais aussi les femmes) aspirent à plus de liberté ou à des chances d'évoluer. Downton Abbey montre tout cela, sans juger ni les uns ni les autres, avec finesse, brio, et humanité. A la fois une leçon d'histoire, un exemplier sociologique, dans des décors et des costumes somptueux, avec des dialogues ciselés et ne manquant pas d'humour. Vous l'aurez compris, un chef d'oeuvre !

Trois séries plus ou moins nouvelles (Girls, Newport Beach, Downton Abbey)
Trois séries plus ou moins nouvelles (Girls, Newport Beach, Downton Abbey)
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Published by davveld - dans TV et séries
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