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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:35

J'ai dû le lire il y a une quinzaine d'années. C'est amusant, je me rappelle l'avoir emprunté à l'ancienne bibliothèque municipale d'Alès... Et, fin 2013, le souvenir est donc revenu, avec l'envie, aussi, de relire ce roman de science-fiction.

Vous connaissez la comète de Halley, qui visite assez régulièrement notre système solaire ? Elle est passée en 1986 (pour son histoire, lisez sa page Wikipedia). Elle est annoncée pour 2061. Gregory Benford et David Brin ont imaginé que lors de son prochain passage, des vaisseaux seront envoyées vers elle, pour la transformer à son tour en vaisseau spatial et s'entraîner aux voyages et à la "colonisation" de nouveaux espaces. Le récit commence après l'arrivée des vaisseaux (un sur quatre n'est pas arrivé à destination); il faut aménager la comète pour y vivre (et y "hiberner" dans des châsses qui permettent de faire tourner l'équipage en "quart" de plusieurs années) et y bâtir des instruments capables de faire évoluer sa trajectoire. Mais comme dans tous les voyages, on ne laisse pas de côté les problèmes de son point de départ. Sur la comète, les humains "sans modification génétique" et les autres, puis d'autres groupes aux distinctions politiques et religieuses, coexistent de moins en moins bien. Il faut dire que tous ne semblent pas égaux face à des agressions imprévues. Il semblerait en effet que des organismes issus de la comète réagissent à la présence humaine, qui se trouve atteinte de maladies inconnues (et donc sans remède immédiat). La situation devient critique...

Nous suivons trois personnages: Saul, scientifique juif collaborateur d'un pionnier de la modification de certaines caractéristiques humaines; Virginia, informaticienne, issue de telles modifications; et Carl, astronaute "ortho" (c'est-à-dire sans modifications). Un triangle amoureux est aussi en jeu, pertinent pour l'intrigue. D'autres personnages gravitent autour: Lani, amoureuse de Carl; Ould-Harrad, rebelle puis leader religieux; Cruz, le capitaine charismatique; JonVon, l'ordinateur de Virginia...

Au coeur de la comète est un grand titre de science-fiction: bon suspense, avec un équilibre judicieux entre données scientifiques, psychologiques, politiques, sociologiques, déployant un univers riche (sans trop): aucun regret de l'avoir relu !

Pour en savoir plus:

Au coeur de la comète, de Gregory Benford et David Brin
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 16:26

Cette année, je participe à un (passionnant) Atelier méthodologique d'exégèse, au Theologicum de l'Institut catholique de Paris. L'exercice cette semaine consistait à lire l'ouvrage de Mario Liverani (paru en 2003, traduit en 2008) et à en faire une recension pour une revue scientifique. Je vous épargnerais le texte écrit pour l'occasion...

L'auteur est un historien italien, qui ne s'inscrit pas dans une démarche de foi (il paraît même que son militantisme communiste le positionnerait radicalement comme non-chrétien...). A la différence de nombreux historiens avant lui, il prend en compte les acquis de la recherche (archéologique, épigraphique, biblique dans une certaine mesure) sur l'histoire d'Israël. Puisque l'Ancien Testament n'a pas été rédigé avec une perspective "historique" au sens de la science humaine d'aujourd'hui, puisqu'il est issu de milieux de productions variés et aux options théologiques parfois opposées, Liverani prend la Bible comme source documentaire parmi d'autres. Et il écrit une Histoire du peuple d'Israël du 14ème au 4ème siècles avant notre ère sans reprendre la chronologie des récits de l'Ancien Testament. Le titre français de l'ouvrage se veut plus provocateur que le titre original ("Au-delà de la Bible" insiste moins sur la notion d'invention). Pour le chrétien donc, la lecture peut perturber. Mais encore une fois, il convient de distinguer l'histoire en tant que discipline scientifique, de la confession de foi et de la réflexion théologique.

Ce "manuel" est très fluide, avec une structuration pédagogique. Il a l'avantage de proposer une reconstruction de l'histoire d'Israël, reconstruction utile quand les sciences historiques ont bouleversé les leçons de catéchisme. Néanmoins, tous regrettent que Liverani ne distingue pas suffisamment dans son texte ce qui fait consensus d'un côté, de ses propres conclusions, parfois plus discutables, d'un autre côté. Il ne développe pas non plus suffisamment la diversité théologique des différentes composantes de l'Ancien Testament présentées dans la deuxième partie de son ouvrage. Qui, vous l'aurez compris, s'adresse à des étudiants un peu initiés et correspond pour ce lectorat à rien de moins qu'un travail pionnier et donc de référence.

Pour en savoir plus:

La Bible et l'invention de l'histoire - Histoire ancienne d'Israël, de Mario Liverani
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:11

Relectures, suite. Retour dans l'univers créé par Åke Edwardson autour du commissaire suédois Erik Winter, dont c'est la troisième enquête. Et comme je l'expliquais dans ma première recension, Ombre et soleil joue sur les frontières symboliques: celle séparant sphères privée et professionnelle en ce qui concerne la vie des policiers, et celle séparant le vingtième du vingt-et-unième siècle, le deuxième du troisième millénaire.

Le roman prend son temps avant que l'horreur n'apparaisse et ne le transforme en thriller. On voyage entre la Suède et les communautés suédoises expatriées, soleil oblige, en Espagne. Le père du commissaire est mourant. Winter, lui, est victime d'un pickpocket et prend des risques, pour son couple. Or sa compagne, Angela, emménage chez lui à Göteborg et s'apprête à donner naissance à son enfant. Jusque là, du banal. Mais un couple est retrouvé, assassiné, affreusement mutilé, et l'enquête peine à trouver des semblants de pistes. En cause, des moeurs libérées, mais des tabous sociaux forts, qui rendent difficile l'identification de certaines habitudes des victimes. La police doit aussi plonger dans une musique troublante, le death metal et ses accointances satanistes.

Dans Ombre et soleil, Åke Edwardson sonde les mécanismes d'une société désorientée; où les questions de morale ne trouvent plus les réponses (certes imparfaites, mais existantes) des décennies passées. Police, famille, et hommes et femmes de foi (oui, c'est l'une des spécificités intéressantes d'Edwardson, cette pasteure luthérienne comme personnage secondaire) sont malmenés. C'est sombre, sans illusion, d'un réalisme heureusement tempéré par l'absence totale de voyeurisme. Probablement un des meilleurs titres de cette série d'enquêtes.

Pour en savoir plus:

Ombre et soleil, de Åke Edwardson - 2
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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 14:43

Ca faisait quelques semaines que je me disais "Ca fait longtemps que je n'ai pas lu un roman avec le commissaire Maigret... Ca me manque". Alors un passage en bibliothèque plus tard, me voici avec un volume d'une des intégrales de Georges Simenon. Et je retrouve le plaisir de ces textes très épurés, qui se lisent en moins de deux heures, où quelques indications météorologiques et l'évocation d'une boisson alcoolisée donnent le ton d'un roman. Au passage, Maigret boit beaucoup, beaucoup. Et quelques passages témoignent d'une homophobie ordinaire dans les années 50.

  • Un Noël de Maigret

Ca a la longueur d'une nouvelle, il n'y a pas de mort, et Maigret est à Paris mais ne va pas Quai des Orfèvres (il reste même chez lui); c'est donc une enquête pas comme les autres. A l'origine, une voisine du couple Maigret, qui pousse une autre voisine à venir demander l'aide du commissaire, pour une histoire un peu farfelue. Soit une nièce, alitée, qui prétend qu'un homme est entré dans sa chambre de nuit, déguisé en Père Noël, essayant de soulever des lattes du parquet. Qui est-il, et que pouvait-il chercher ?

  • Maigret au Picratt's

Plongeon dans l'univers de Pigalle, les boites et le monde de la nuit en général. Une strip-teaseuse (le mot n'est pas employé, peut-être ne s'était-il pas encore imposé dans la langue "française"), fatiguée et ivre, vient déclarer à la police qu'elle a entendu deux hommes projeter de tuer une comtesse. La jeune femme disparaît, et après quelques temps, une comtesse déchue, droguée, est retrouvée morte. Où la police fait preuve de plus d'empathie envers le monde de la nuit qu'envers les drogués et les gays. Et où l'inspecteur Lognon, dit "le malgracieux", se fait encore avoir, ce qui contribue à son syndrome de persécution.

  • Maigret en meublé

Cette fois-ci, c'est l'un des adjoints du commissaire, l'inspecteur Janvier, qui, alors qu'il surveillait une rue pour une enquête de routine, se voit atteindre d'une balle. Qui a tiré ? Etait-il, lui, une cible, ou était-il au mauvais endroit, au mauvais moment ? Sa femme absente, Maigret s'installe dans le meublé au coeur de l'enquête. La patronne cherche à le séduire, à le taquiner, considère tout le monde adorable, et ne prend rien au sérieux. Mais sa chambre révèlera des surprises. Pour autant, la clé est ailleurs. Et Maigret se retrouve à devoir malmener des gens fragiles, mais peut-être pas complètement francs avec lui.

  • Maigret et la Grande Perche

Une ancienne "cliente" du commissaire a épousé un des meilleurs cambrioleurs de Paris, l'un des meilleurs mais aussi l'un des plus malchanceux, car il n'arrive jamais à faire le coup qui lui permettrait de vivre tranquille. Là, il vient de s'enfuir, et son épouse, la Grande Perche, vient trouver le commissaire. En effet, lors de sa dernière tentative, le cambrioleur s'est trouvé face-à-face avec... un cadavre ! Le cambrioleur ne tient pas à passer pour un assassin, et à finir guillotiné (oui, dans les années 50, la peine de mort est bien possible). L'enquête s'oriente rapidement vers l'hôtel particulier d'un dentiste, à Neuilly. Et un bras de fer redoutable s'engagera entre ses occupants et Maigret...

  • Maigret, Lognon et les gangsters

Encore une épouse qui s'adresse à Maigret, cette fois-ci, c'est celle de l'inspecteur Lognon. Le tenace mais malchanceux policier se trouvait de nuit sur une place où une voiture a jeté sur le pavé et sous ses yeux un homme blessé. Le temps qu'il appelle les secours, une autre voiture a récupéré le corps ! A vouloir en savoir plus, Lognon prend des coups. Il faut dire que les criminels semblent venir d'outre-Atlantique. Et chacun de mettre en garde le commissaire: "Renoncez, vous n'y arriverez pas, ce sont des professionnels, eux, même le FBI n'arrive pas à les faire condamner". Vexé, défié, Maigret prend des risques. Il y a de nombreuses fusillades (pour un Maigret, s'entend), et il s'en faut de peu pour que les gangsters n'agissent en France comme sur un territoire sans forces de l'ordre.

Entre cette enquête, assez spectaculaire, et la précédente, toute en psychologie, on se régale: Simenon manie aussi bien les deux styles !

Pour en savoir plus:

Cinq enquêtes de Maigret, de Georges Simenon
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 16:39

Milieu des années 1960, dans les Adirondacks, ce massif montagneux du nord-est des Etats-Unis, cadre de nombreux romans (par exemple La Réserve, de Russell Banks). Marit Kraeck, marginale vivant dans une cabane, abandonne dans la boue ses deux filles, Jewel et Jedina. La cadette, Jedina, est recueillie par la famille Skedd, qui se spécialise dans l'accueil temporaire d'orphelins. Ce n'est plus l'enfer, mais ce n'est pas non plus une enfance heureuse... Plus tard, un couple quaker, les Neukirchen, prend la jeune fille sous sa protection.

Année universitaire 2002-2003. M. R. Neukirchen, docteure en philosophie, est la première femme à présider une des grandes universités du pays. Une réussite semble-t-il. Mais sur le campus, certains professeurs conseillent l'administration Bush pour lancer l'invasion de l'Irak. M. R. est horrifiée par l'esprit belliciste de l'époque. Un soir, un étudiant néo-conservateur est victime d'une agression. Comment traiter l'incident ?

Soudainement, la présidente impeccable adopte un comportement étrange: elle prend des détours et manque des réunions importantes, elle semble fébrile, prend des décisions qui surprennent ses collègues... Son passé la harcèle, et elle manque de proches à qui se confier (elle a bien un amant, secret, lui aussi universitaire, mais la relation n'est pas satisfaisante). Les événements se bousculent.

L'héroïne de Joyce Carol Oates "perd pied"; nous la suivons durant ces quelques mois autour de la guerre "préventive", avec des retours dans son enfance et son adolescence. Des chapitres mettent mal à l'aise, leur lecture est parfois difficile à supporter, ce qui constitue à la fois une preuve du talent de la romancière et une limite du texte, que je ne recommanderais pas à tout le monde. L'écriture est efficace, les ressorts dramatiques sont parfaitement maîtrisés, et les sujets choisis avec finesse (la carrière d'une femme dans le monde universitaire américain; la façon de vivre avec un passé traumatisant...). C'est donc un "bon" Joyce Carol Oates, mais pas mon préféré.

Pour en savoir plus:

Mudwoman, de Joyce Carol Oates
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 21:48

A chaque déménagement se pose la question des étagères. J'ai beaucoup de livres. Non pas juste pour les accumuler, mais pour les relire à l'occasion. Ces dernières semaines, trois relectures.

LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGT JOURS, de Jules Verne

Je m'aperçois que je ne l'ai pas encore recensé sur le blog; ca fait donc probablement longtemps que je n'avais pas relu ce classique parmi les classiques de Jules Verne ! Bien sûr je connais les différents épisodes et rebondissements suffisamment pour qu'il n'y ait plus aucun suspense, et du coup, comme il n'y a pas d'exploits scientifiques servant de trame narrative, ou d'immersion un peu détaillée quelque part (exceptions faites, peut-être, de l'histoire du chemin de fer en Inde, ou de celle de Salt Lake City et des Saints des Derniers Jours), l'intérêt du livre faiblit significativement. Jules Verne ne s'attarde pas non plus plus que nécessaire sur la psychologie de ses personnages (une histoire d'amour - c'est rare chez lui - mais avec un romantisme de frigidaire soviétique), du coup on est comme le héros, à lire des récits de correspondances "multi-modales" dirait-on aujourd'hui.

Aujourd'hui d'ailleurs, faire le tour du monde en quatre-vingt jours, en transports collectifs le plus souvent mais sans avion, ça peut être un beau défi... Alors que partir faire son tour du monde n'a jamais été autant à la mode, je m'étonne de ne pas avoir encore entendu parler d'un imitateur de Phileas Fogg... Avis aux aventuriers (un peu fortunés, quand même) ! Enfin l'intérêt de voyager sans rencontrer les autres habitants de notre village planétaire, ça ne présente toujours pas un immense intérêt...

LE CANTIQUE DE L'APOCALYPSE JOYEUSE, d'Arto Paasilinna

Un petit tour en Finlande, où, rappelez-vous, un vieux communiste, brûleur d'églises, demande à son fils, avant de mourir, de bâtir... une église ! La construction est rocambolesque, et offre de beaux dialogues de sourds entre la liberté (rien n'interdit d'ériger un tel édifice, n'est-ce-pas ?) et le conservatisme, le sérieux des institutions. Autour de l'église, qui tardera à être consacrée, une petite communauté se réunit; les valeurs des uns et des autres sont interprétées avec absurdité - c'est le talent de Paasilinna -, pour bien montrer finalement leur relativité. Mais quand le monde entier, hors de la communauté, se déchire et décline pour se rapprocher du Moyen Âge, les utopistes deviennent de plus en plus populaires.

Cette deuxième lecture a été aussi drôle que la première. Drôle, oui, mais de cet humour qui sert aussi à ne pas sombrer dans le désespoir face aux catastrophes qui semblent inéluctables.

UN CRI SI LOINTAIN, d'Åke Edwardson

Toujours le Nord, cette fois-ci Göteborg (Suède) et un peu le Danemark... Et Edwardson est comme Paasilinna concernant notre monde; très lucide, pas question de se bercer d'illusions. Chez Edwardson, on n'est pas dans la farce, mais dans le polar, noir de chez noir. Dans des agglomérations mises en ébullition par des canicules, où le "vivre ensemble" tient plus de l'expression que du vécu, le mal frappe. Dur. Révélant la solitude, extrême, terrifiante; révélant les peurs, multiples, ravageuses. Une policière plus bronzée que blonde est agressée. Une autre femme est découverte, près d'un lac, morte. Personne pour l'identifier. Elle a eu un enfant, mais où se trouve-t-il, cet enfant ? L'enquête du commissaire Erik Winter et de son équipe doit percer ces silences, étouffants. Le dénouement est très tardif (dans les vingt dernières pages des 500 du roman). Ne reste plus qu'à retrouver le sourire, et être capable, sans naïveté, de déceler en chaque personne que l'on croise dans nos métropoles, une parcelle d'humanité...

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Et maintenant, une nouveauté qui vient d'arriver chez les libraires: Mudwoman, de Joyce Carol Oates !

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 09:57

Une centaine de pages, pas plus, mais ce livre de la série "Guides to theology", rédigé par une professeur du Ripon College Cuddesdon, à Oxford, est extrêmement fourni et un point d'entrée précieux sur les recherches des théologien(ne)s féministes.

D'abord une présentation des enjeux, avec des questions évidemment de définitions, de champs d'études, etc.

Il y a aussi un survol à la fois impressionniste et très habile de l'histoire de la théologie et de la question des femmes et du féminisme (par exemple: que dire d'écrits rédigés par des femmes des premiers siècles, non retenus par le canon ? De quoi ont pu parler les quelques théologiennes femmes tant côté catholique qu'au moment de la Réforme ? En quoi une "Bible des femmes" a-t-elle été jugée nécessaire ? Toutes les théologiennes féministes ont-elles des revendications égalitaires ? Et connaissez-vous les courants post-chrétiens ?).

Natalie K. Watson dresse également une liste des thèmes abordés dans la littérature théologique féministe, confirmant bien l'intuition que, à l'instar des féminismes, il y a bien des théologies féministes, et pas une seule.

Enfin, et c'est un outil très précieux pour qui veut approfondir le sujet, il y a une longue bibliographie organisée par thèmes, et chaque référence est brièvement commentée.

C'est donc un livre d'introduction très dense (il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour identifier les différentes propositions d'un paragraphe) et très clair, et qui semble, pour un débutant comme moi, fournir une très bonne base de départ (même si, datant de 2003, il n'est pas à jour des toutes dernières recherches).

(Oui, vous risquez de lire plusieurs billets de théologies féministes sur ce blog dans les mois à venir).

Pour en savoir plus: site éditeur

(Guides to theology) Feminist theology, de Natalie K. Watson
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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 13:48

A peine fini les Trois Mousquetaires, je me suis plongé dans leur suite, Vingt ans après, qui, comme l'indique le titre, se déroule deux décennies plus tard. Louis XIII est mort, le cardinal de Richelieu aussi. Louis XIV est encore trop jeune pour diriger le royaume, c'est donc la régence d'Anne d'Autriche et d'un autre cardinal, Mazarin. Dumas insiste lourdement sur la mesquinerie de ce dernier. La situation est troublée: l'aristocratie et la bourgeoisie manifestent leurs colères (pour différentes raisons), et comme souvent, Paris s'insurge: c'est la Fronde (voir Wikipedia pour en savoir plus). De l'autre côté de la Manche, plus qu'une révolte, c'est une Révolution, et le roi est menacé par Cromwell.

On retrouve néanmoins d'Artagnan, désespéré de monter en grade, oublié par la monarchie malgré les services rendus. Au service du roi, côté mazarin, il est invité à retrouver ses amis, perdus de vus depuis des années. Les retrouvailles se font, mais nos quatre héros, maintenant bien mûrs quoique toujours débordants de bravoure et d'ingéniosité, sont divisés. Entre temps, les domestiques ont aussi évolué. Et l'ennemie vaincue à la fin du premier roman n'a pas (encore) été vengée. A travers les rues de Paris, les routes du royaume de France, les mers, ce sont encore des chapitres au rythme haletant qui se lisent sans qu'on se rende compte. Plus sombre, mais aussi plus profond en ce qui concerne les caractères des personnages, Vingt ans après prolonge efficacement le premier récit. La trame est proche, mais Dumas change ce qu'il faut pour que la suite ne soit pas beaucoup plus faible que l'original.

Pour en savoir plus:

Vingt ans après, d'Alexandre Dumas
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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 16:54

Sur l'image, la couverture de l'édition que j'avais acheté, je m'en souviens encore, lors d'une foire aux livres (ou approchant), à Tours, en début de collège. L'un des premiers livres neufs que je m'achetais avec mon argent. Depuis, impossible de compter le nombre de fois que je l'ai lu, relu... Une fois de plus en juillet dernier donc. Et une admiration qui ne s'épuise pas pour le talent romanesque de l'auteur (plus ou moins aidé, d'accord): les pages se tournent à toute vitesse. C'est une merveille de rythme. Enième relecture donc, mais alors que j'ai eu, il y a quelques années, un peu de regret avec le rôle que Dumas attribue au cardinal de Richelieu (le "méchant"), j'ai découvert que c'était heureusement plus nuancé que cela. Certes, c'est l'adversaire de d'Artagnan et de la reine Anne d'Autriche, mais Dumas n'oublie pas de rappeler sa finesse et surtout son sens de l'Etat.

Si certains ne connaissent pas l'histoire des Trois Mousquetaires (on ne sait jamais)... C'est au début du dix-septième siècle, sous le règne de Louis XIII, épaulé par le cardinal de Richelieu. Un cadet du Béarn, d'Artagnan, à peine sorti de ce qu'on appelle aujourd'hui l'adolescence, arrive à Paris pour entrer chez les mousquetaires du roi, sous les ordres du capitaine de Tréville. Mais il se fait voler sa lettre de recommandation, puis dès sa première matinée dans la capitale, se fait convoquer pour trois duels successifs ! Son courage, son audace, son culot, lui permettent de surmonter plusieurs difficultés. Il cherche à faire fortune, se lie d'amitié avec Athos, Porthos et Aramis, a des histoires de coeur... Il accomplit des missions pour la reine, participe au siège de la Rochelle... Pour le reste, à vous de lire !

Pour en savoir plus:

Les Trois Mousquetaires, d'Alexandre Dumas
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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 20:58

La préparation d'un camp est l'occasion de lire (si, si), et en l'occurrence je crois bien que c'est la première fois que je lisais Robinson Crusoé, classique parmi les classiques. Comme beaucoup probablement, je connaissais l'histoire sans avoir lu le roman de Daniel Defoe. Mais avec un camp pour des enfants au mois d'août qui a pour thème "Les Robinsons", il était nécessaire (dans mon esprit) de combler cette lacune !

Alors, pas de bouleversement, c'est bien l'histoire d'un rescapé d'un naufrage, seul sur une île, qui apprend à survivre et y parvient pas mal. Mais quelques surprises. D'abord sur la longueur de ce qui précède l'arrivée sur l'île (pour faire simple, la soif d'aventures du héros, britannique, et ses péripéties sur les mers et en Amérique du Sud avant le naufrage). Ensuite sur l'apparition somme toute tardive de Vendredi, premier "compatriote" de Robinson. Encore sur la longueur de certains passages introspectifs, certes durant lesquels les mois et les années passent, mais avec des répétitions un peu superflues et qui affaiblissent le récit. Autre surprise, la place de la foi dans le texte, qui mériterait une étude un peu sérieuse même si Defoe voit probablement très juste dans cette foi et cette piété très circonstancielles...

A la réflexion, en revanche, je n'aurais pas dû être surpris par certains thèmes et accents du roman, qui expliquent/sont probablement une des causes du fait qu'on le connaisse sans le lire; car Robinson Crusoé a les conceptions "raciales" de l'époque de son auteur, et n'hésiterait pas à se faire esclavagiste. Des passages datés, qui nécessitent d'accompagner le jeune lecteur, sans aucun doute.

Du coup, c'est sans hésitation que ma préférence pour le "roman de survie en île déserte" se porte sur "L'île mystérieuse", de Jules Verne...

Pour en savoir plus:

Robinson Crusoé, de Daniel Defoe
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