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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:49
Voile de pierre, de Åke Edwardson - 2

Le commissaire de Göteborg Erik Winter et son équipe (Halders, Djanali, Bergenhem, Ringmar...) sont attachants, même s'ils côtoient souvent différentes facettes du Mal qui rôde dans nos sociétés modernes. Du coup, j'avance bien dans la relecture de cette série policière, même si je viens de découvrir qu'en français, on a traduit cet opus avant celui qui le précède dans l'ordre de parution originale (pour faire simple, Le ciel se trouve sur terre, que je n'ai pas encore lu car il est sorti en 10/18 après Voile de pierre, précède en fait Voile de pierre...). Or, comme chaque titre propose, en plus des énigmes policières, une évolution des situations (privées) des personnages, cela va être un peu bizarre. Drôle de choix donc des éditeurs.

Dans Voile de pierre, comme je l'expliquais dans ma première recension, il est question de gens qui fuient: la police, le passé... Et sans des enquêteurs un peu tenaces, pour différentes raisons (un ancien flirt, ou la question sensible des violences conjugales), ces disparitions passeraient inaperçues. La communauté des gens de la mer, avec ses règles et ses frontières spécifiques, garderait bien ses secrets. Mais les personnages de Åke Edwardson, comme je l'ai dit, sont têtus. Et n'ont pas peur (au contraire) de passer de la Suède à l'Ecosse pour démêler ce qui s'apparente à un "cold case". Comme d'habitude, une bande-son est suggérée, à partir de ce qu'écoute ou découvre le commissaire Winter (essentiellement du jazz et les classiques du rock). Plus spécifique à ce roman, un parallèle (pas forcément convaincant) est établi avec Macbeth; et l'innommable est tenu davantage à distance que d'habitude. De fait, Voile de pierre est à mes yeux un peu moins sombre et d'autant plus plaisant.

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 21:51
Ouragan, de Laurent Gaudé

L'actualité des derniers mois rappelle que malgré le chemin accompli en une cinquantaine d'années, il y a des Américains plus égaux que d'autres. #BlackLivesMatter n'est pas encore un acquis, mais toujours une revendication, un slogan de lutte pour que les Noirs américains ne soient pas des citoyens de seconde zone, ni de la chair à renflouer les caisses des polices municipales, ni de la chair à recevoir les balles de policiers dépassés par leur rôle, ni de la chair qui ne mérite pas la justice.

En 2005 déjà et encore, l'ouragan Katrina dévastait la Louisiane et en particulier la Nouvelle-Orléans, évacuée par tous ses habitants. Tous ? Non, pas tous. Restaient quelques marginaux, quelques Noirs bien sûr.

Laurent Gaudé nous propose dans son roman de suivre une poignée de personnages qui se trouvaient à la Nouvelle-Orléans. Une mère seule avec son fils, qui attend le retour d'un homme parti six ans plus tôt; une très vieille dame à la fierté et à la dignité exacerbées par le souvenir de la ségrégation; un pasteur exalté mais fragile et dangereux; des détenus laissés enfermés alors que l'eau monte... Les éléments se déchaînent et bouleversent la vie de ces personnages.

Court, haletant, passant d'un personnage à l'autre très rapidement, le texte n'est pas exempt d'une dénonciation des injustices que j'évoquais. Un parti-pris que je ne critique pas, mais j'ai trouvé que Laurent Gaudé en faisait trop dans le pathos, au point de créer un malaise pour de mauvaises raisons. Dommage car Laurent Gaudé m'avait habitué à davantage de subtilité et de mesure (j'avais adoré les deux romans que j'ai lu de lui)...

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 09:50
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson

Arto Paasilinna (d'ailleurs cité par Jonas Jonasson) n'a pas le monopole des farces scandinaves, et c'est une très bonne nouvelle ! Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire a connu un grand succès en librairie, ce qui a entraîné son adaptation au cinéma (que je n'ai pas vue). Succès mérité à mon avis, tant l'histoire est loufoque et bien menée.

Allan Karlsson, quasi-centenaire suédois, est depuis peu en maison de retraite, où une soeur sévère l'empêche de boire un coup comme il le souhaite. Alors pas question de devoir subir les festivités prévues pour son anniversaire. Allan passe par la fenêtre et s'enfuit. Il ne sait pas trop pour où, mais qu'importe. A la gare routière, il se retrouve presque malgré lui à récupérer une valise assez convoitée... Il poursuit son périple et fait la connaissance d'autres isolés. Pendant ce temps, la police mais aussi le gang Never Again se lancent à sa poursuite. C'est sans compter que dans son siècle d'existence, l'ancien artificier a su se tirer de situations très improbables, et a pu gagner des faveurs auprès de quelques puissants, dont Truman, Staline, Mao... Bien sûr, l'alternance des points de vue (entre les fuyards, les poursuivants, et des morceaux de la biographie du héros) contribue au rythme du roman, mais l'auteur ne se contente pas de cette méthode pour captiver et créer de l'absurde.

Un très bon moment de détente !

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 22:07
Oblomov, d'Ivan Gontcharov

J'ai aperçu le livre, j'en ai lu la quatrième de couverture... et je me suis dépêché d'aller l'acheter ! Un classique russe dont je n'avais pas entendu parler (il semble qu'il manquait d'une bonne traduction française), qui traite de thèmes intemporels quand il s'agit de la Russie (un certain fatalisme, des propriétaires mauvais gestionnaires, etc.), et plus particulièrement d'une attitude qui ressemble un peu (mais pas complètement) à la procrastination moderne, ça m'a donné envie.

C'est un livre du dix-neuvième siècle, avec ses longues descriptions, non pas tant de paysages, de lieux, ou de structures techniques ou institutionnelles, mais plutôt d'états d'âmes. La préface propose une comparaison pour ces passages: "larges fleuves qui se prélassent paresseusement dans leurs lits confortables". Car il est question, dans ces presque 700 pages, d'Oblomov, âgé d'une trentaine d'année, qui vit à Saint-Pétersbourg avec son domestique des rentes (déclinantes) de son village rural dans lequel il ne revient jamais. Oh, parfois il y pense, bien sûr, mais c'est déjà trop d'agitation... Alors, entreprendre le voyage... Car oui, Oblomov se complaît dans une certaine paresse. Se lever est déjà un événement, sortir de chez lui relève donc de l'exploit. Des connaissances viennent le visiter, plus ou moins bien intentionnées.

Le livre est découpé en quatre parties. La première (un bon tiers du texte quand même) nous fait suivre Oblomov de son réveil (son lever sera plus tardif) jusqu'à la nuit clôturant une de ses journées ordinaires. A partir de la deuxième, Oblomov n'a plus le choix, il doit réagir face à des perturbations de son quotidien. Un déménagement, des rencontres, le chant de la jeune Olga, mais aussi les escroqueries de quelques proches entrent en conflit avec son penchant naturel.

Pour moi, difficile de m'identifier au héros tellement sa façon de remettre tout au lendemain est source évidente de complications (je suis un peu plus proche de Stolz, l'ami allemand d'Oblomov). Mais, entre naturalisme et romantisme, ce portrait d'une certaine Russie du milieu du dix-neuvième siècle a réussi à me captiver, notamment quand le rythme des événements s'accélère un peu. C'est une lecture qui porte, qui ouvre des horizons, oui, l'image du "large fleuve" est décidément appropriée !

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 17:54
Je voudrais que cela ne finisse jamais, de Åke Edwardson - 2

Suite de la relecture (dans l'ordre, mais avec des interruptions) de la série policière suédoise avec le commissaire Erik Winter. Chez Åke Edwardson, les conditions météorologiques constituent un paramètre majeur de l'atmosphère... Dans cet épisode, il fait chaud, très chaud même, à Göteborg. Un crime cinq ans auparavant, non élucidé, refait surface quand une agression d'une jeune femme dans un parc est commise, avec un mode opératoire trop ressemblant pour être ignoré. Mais l'enquête piétine, entre secrets dissimulés car peu reluisants, et secrets dissimulés car appartenant au registre de l'horrible, presque de l'innommable. Un des subordonnés du commissaire, en période de deuil, est à la fois particulièrement clairvoyant, et intrépide au point de prendre des risques qui accroît l'urgence de la résolution. Les histoires de famille, y compris dans la police, permettent au roman d'être tour à tour chaleureux et glaçant... ni naïf, ni complètement cynique.

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 10:15
Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison, d'Arto Paasilinna

Le héros, Jalmari Jyllänketo, travaille pour la police secrète de Finlande. Vous vous attendez à une enquête, peut-être en lien avec le terrorisme ? Non, le problème semble bien plus exotique. Pensez, une ferme, ancien kolkhoze de l'ère soviétique, s'est reconvertie dans l'agriculture biologique et ses cultures de champignons connaissent une prospérité impressionnante ; certes, les propriétaires utilisent judicieusement une ancienne mine de fer pour leurs récoltes, mais l'Etang aux Rennes (le nom du domaine) n'est-il que cela ? "Déguisé" en contrôleur de l'agriculture biologique, Jalmari découvre la ferme et ses principaux acteurs. Mais d'autres restent cachés. En fait, le recrutement des employés est très original, clairement illégal, et très trouble sur le plan moral.

Beaucoup moins drôle que d'autres opus de l'auteur finlandais, quoiqu'avec une bonne dose d'absurde et donc quelque part de loufoque, Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison pose différentes approches de la justice, en partant du postulat que les notions de loi et de morale sont éminemment relatives. Je n'adhère personnellement pas du tout à cette façon de donner du crédit à une option qui prend acte de la perte de confiance envers des institutions et cherche à s'y substituer.

Bien sûr, il s'agit d'un roman dans lequel l'auteur reste distant, mais il aborde un sujet lourd de conséquences et occasion de malaise, que la légèreté des rebondissements et du ton ne peut pas effacer. Au final, un ressenti ambigu.

Autres romans du même auteur déjà recensés sur ce blog :

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 15:27
Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson

C'est amusant: j'avais beaucoup aimé l'Eloge de l'énergie vagabonde, du même Sylvain Tesson, au point de le recenser deux fois sur ce blog (en 2007 et en 2008), et pourtant je n'avais jamais été jusqu'à lire d'autres ouvrages de l'auteur. Et, comme pour le premier livre, c'est par la recommandation d'une connaissance que j'ai commencé Dans les forêts de Sibérie, qui a reçu le Prix Médicis Essai en 2011.

Sibérie, Baïkal, ermite... Des mots-clés qui me font penser également aux romans de Christian Garcin. Mais ici, pas de roman, plutôt le journal d'une expérience personnelle, celle de vivre six mois dans une cabane de quelques mètres carrés sur une rive du lac Baïkal, à plusieurs heures de marche (dans la neige pendant plusieurs mois) du plus proche voisin... Une expérience de solitude volontaire, de rusticité et de simplicité puisque le confort est rudimentaire. Il faut couper son bois, pêcher son poisson sous la glace, savoir accueillir le visiteur de passage (du thé toujours, de la vodka presque toujours), prendre garde aux ours dont c'est le territoire, savoir contempler la nature et des paysages peu mobiles, surmonter les mauvaises nouvelles... Sylvain Tesson a appris à compter sur deux chiens qui lui ont été prêtés, et a meublé ces longues journées de nombreuses lectures en retard (cette idée me plaît).

J'ai beaucoup aimé Dans les forêts de Sibérie, comme d'ailleurs Eloge de l'énergie vagabonde, pour le regard que pose l'auteur sur le monde, et pour son talent pour la formule (probablement encore davantage aiguisé par l'expérience !). Il propose une éthique de la sobriété, entre détachement qui ferait penser au bouddhisme, et exigence d'une responsabilité écologique ; une réflexion citoyenne pour des alternatives à la consommation et à la modernité. Un concentré de sagesse et de poésie.

"Le Romain bâtissait pour mille ans. Pour le Russe, il s'agit de passer l'hiver. Rapportée à la violence des tempêtes, la cabane est une boite d'allumettes. Fille de la forêt, destinée à la pourriture: les rondins de ses murs étaient les troncs de la clairière. Elle retournera à l'humus quand son propriétaire l'abandonnera. Elle offre dans sa simplicité une protection parfaite contre le froid saisonnier. Elle n'enlaidit pas le sous-bois qui l'abrite. Avec la yourte et l'igloo, elle se dresse sur le podium des plus belles réponses humaines à l'adversité du milieu." (12 février)

"Je voulais régler un vieux contentieux avec le temps. J'avais trouvé dans la marche à pied matière à le ralentir. L'alchimie du voyage épaississait les secondes. Celles passées sur la route filaient moins vite que les autres. La frénésie s'empara de moi, il me fallait des horizons nouveaux." (17 février)

"La glace est le marqueur du temps. Le printemps donnera bientôt le coup de grâce. L'eau a infiltré la couche, y a creusé d'infimes sillons verticaux. La glace est rongée par les vers. Il faut guetter le jour où elle se désagrègera en gressins de cristaux. La surface vérolée n'offre plus la belle surface obsidienne, dure comme le métal. La nacre croustille." (6 mai)

Mais aussi, en vrac:

"Les livres sont des icônes" (14 février)

"La contemplation, c'est le mot que les gens malins donnent à la paresse pour la justifier aux yeux des sourcilleux qui veillent à ce que 'chacun trouve sa place dans la société active'." (24 juin)

"'Moins on parle et plus on vivra vieux', dit Youri. Je ne sais pas pourquoi mais je pense soudain à Jean-François Copé. Lui dire qu'il est en danger." (2 mars)

"Qu'est-ce que la société ? Le nom donné à ce faisceau de courants extérieurs qui pèsent sur le gouvernail de notre barque pour nous empêcher de la mener où bon nous semble." (4 juillet)

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 21:44

Dans un "avertissement" qui ouvre le livre, Joël Schmidt affirme qu'il est conscient que le genre de l'uchronie n'est pas des plus familiers de la culture française. Certes. Mais je pense qu'il y a différentes façons de rédiger dans un esprit "uchronique"; celle adoptée pour La Saint-Barthélemy n'aura pas lieu ne m'a pas du tout convaincu.

A l'origine, cette année 1561 durant laquelle Catherine de Médicis, qui exerce la régence, tente de faire naître une certaine coexistence pacifique et respectueuse entre protestants et catholiques. En "vrai", le colloque de Poissy échouera. Sous la plume de Joël Schmidt, la régente met tout son talent politique et son autorité pour que les deux camps cessent de se battre. Du coup, la monarchie passe au protestantisme, et une bonne partie de la noblesse puis de la France aussi. Les rôles sont renversés. La situation diplomatique du royaume est très différente, car les alliances sont redistribuées sur des fondements confessionnels. L'économie nationale connaît des fortunes diverses...

Le potentiel est intéressant, pourtant je n'ai pas aimé le livre:

  • d'abord parce qu'il se focalise trop sur la dimension confessionnelle pour relire l'Histoire; celle-ci a son importance mais je pense qu'elle est exagérée ici;
  • deuxième raison "historique": en gardant les "dates-clés" de l'histoire de France, Joël Schmidt semble au contraire affirmer qu'un changement de confession d'Henri III n'aurait pas empêché Ravaillac, la Fronde, etc. et donc que Napoléon (par exemple) était inéluctable. Or propose-t-il une uchronie ou un survol (certes érudit) de l'histoire de la France moderne en se concentrant sur l'appartenance confessionnelle des élites ? En gardant la trame des dates charnières, le livre devient davantage un catalogue des protestants influents de ces temps-là, auxquels on a adjoint quelques figures (Richelieu, Louis XVI...), qu'une histoire vraiment alternative.
  • enfin, mon dernier reproche se résume à une attente littéraire déçue, qui découle de ce qui précède. Là où j'attendais un roman historique alternatif, se concentrant sur des personnages fictifs ayant des liens avec des personnages historiques dont on se serait permis de changer la confession, pour partir dans un univers historique original, je me suis retrouvé avec ce condensé d'histoire confessionnelle des élites françaises jusqu'en 1905 (il aurait fallu s'arrêter bien plus tôt pour le roman que je pensais lire).

Malentendu sur le projet du livre ou déception partagée ? Si vous l'avez lu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

La Saint-Barthélemy n'aura pas lieu, de Joël Schmidt
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 20:44

Côte de Floride. Les promoteurs immobiliers exploitent le littoral en bâtissant des logements pour riches retraités. Soleil, argent... Les apparences sont belles... Mais la société compte aussi ses exclus. Des moins favorisés, bien sûr. Mais aussi des personnes condamnées pour des délits et des crimes sexuels et qui, après la prison, vivent avec des bracelets électroniques, avec des contraintes quasi-impossibles à respecter (ne pas quitter l'Etat... et ne pas approcher à moins de 800 mètres de lieux fréquentés par des enfants). Ils sont relégués loin de tout, par exemple sous un viaduc autoroutier. En période électorale, les "sans droits" (considérés comme incurables ou irrécupérables) sont tabassés tranquillement par la police sous les regards des journalistes. Parmi ces exclus, le Kid, 22 ans, accompagné d'Iggy, son iguane, s'adapte plus ou moins à ce quotidien de survie, où même les anciens puissants perdent toute influence. Mais un sociologue, "le Professeur", s'intéresse à leur sort et plus particulièrement à celui du Kid. Cherche-t-il sincèrement à comprendre ce qui se joue avant d'aboutir sous le viaduc ? Ou a-t-il un autre projet ? Au fait, le Kid est-il condamné à survivre ainsi, ou des améliorations sont-elles possibles ?

Voilà pour l'intrigue. Comme toujours, Russell Banks a une écriture très efficace, qui ne juge pas ses personnages mais soulève d'importantes questions de société. Il ose affronter directement, sans l'édulcorer dans les descriptions, un sujet ultra-sensible. C'est donc à la fois un roman captivant, très bien construit, et un geste, fort, d'interrogation du réel.

Pour en savoir plus:

Lointain souvenir de la peau, de Russell Banks
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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:34

Sans l'avoir prémédité, il semble que je me trouve dans une période de relecture de grands classiques de ma jeunesse, et même de grands classiques tout court, quand il s'agit des oeuvres de Jules Verne ! En fait, je venais de revoir sur Netflix le film produit par les studios Disney il y a "quelques" décennies (Wikipedia), et les raccourcis scénaristiques de l'adaptation m'ont donné envie de relire l'original, à la fois plus complexe et plus ennuyeux (les nombreux passages de classifications de la flore et surtout de la faune sous-marine ont un intérêt un peu trop confidentiel !).

Peu de suspense pour moi dans ce nouveau parcours du texte, bien sûr, mais toujours de l'admiration pour le souci documentaire de l'auteur, sa créativité... Si par hasard vous ne savez pas ce dont parle Vingt mille lieues sous les mers, il s'agit des aventures d'un scientifique français (le professeur Aronnax), de son domestique (Conseil) et d'un harponneur canadien (Ned Land), dans les années 1860. Partis à la chasse d'un "monstre" non-identifié qui causerait des avaries à certains navires, les trois héros se trouvent embarqués malgré eux dans un engin sous-marin (le Nautilus), conduit par le mystérieux capitaine Nemo et son équipage...

Dans Vingt mille lieues sous les mers, il est aussi question de révolte face à l'injustice et à l'oppression, de conscience personnelle, de responsabilité envers la nature et les autres... Il est question de progrès technique et scientifique qui ne s'accompagne pas nécessairement d'un processus de "civilisation" des relations entre êtres humains. Une thématique qui n'a pas perdu de son actualité. C'est une des magies de la littérature, d'être capable de faire surgir une telle pointe dans une oeuvre de quasi-science-fiction près de 150 ans plus tard. J'aime !

Vingt mille lieues sous les mers
Vingt mille lieues sous les mers
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