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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 16:40

Vendredi 31 janvier, Paris

LE VENT SE LEVE

De Hayao Miyazaki (Japon, 2013)

Miyazaki cite Paul Valery pour le titre du dernier film qu'il réalise, mais il n'est pas le seul cinéaste a y avoir pensé (Ken Loach, il y a quelques années). Le vent se lève, pour le maître japonais, c'est une invitation à essayer de vivre, malgré les séismes dévastateurs au Japon dans l'entre-deux-guerres, malgré la maladie, malgré la militarisation forcenée adossée à un climat belliciste. Jiro, le héros, myope, ne sera pas pilote d'avion... mais ingénieur aéronautique. Alors que le savoir-faire allemand dans le domaine impressionne, les industriels japonais, en lien avec leurs forces armées, cherchent à rattraper leur retard dans la conception et la production d'avions, à usage prioritairement militaires. Notre ingénieur n'est pas guerrier et ne manifeste pas d'enthousiasme démesuré dans l'industrie mortifère en question, mais sa conscience ne semble pas plus particulièrement bouleversée par l'usage qui est attendu de ses avions.

Héros ambigü donc, et même si on n'attend pas de Miyazaki une dissertation philosophico-morale, on reste un peu sur sa faim sur le sujet. Déception également en terme d'intrigue, de rythme, et même - c'est un comble - de fantastique (les rêves de Jiro sont bien ternes par rapport à ce qu'on aurait pu attendre du créateur des studios Ghibli). L'intrigue ? Elle manque. Le rythme ? Il est lent (ce qui n'est pas en soi un problème), mais il y a de vraies longueurs. Musicalement, il y a des reprises et adaptations de "tubes" du classique, sans coup de coeur (rien à voir avec Princesse Mononoké par exemple).

Bien sûr, et heureusement, le trait et les couleurs de Miyazaki restent superbes, empreints de poésie et d'amour de la nature. Mais ils ne suffisent pas à faire un chef d'oeuvre. Dommage, on aurait bien aimé que le dernier Miyazaki soit au moins à la hauteur des précédents...

Affiche française du film

Affiche française du film

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:35

J'ai dû le lire il y a une quinzaine d'années. C'est amusant, je me rappelle l'avoir emprunté à l'ancienne bibliothèque municipale d'Alès... Et, fin 2013, le souvenir est donc revenu, avec l'envie, aussi, de relire ce roman de science-fiction.

Vous connaissez la comète de Halley, qui visite assez régulièrement notre système solaire ? Elle est passée en 1986 (pour son histoire, lisez sa page Wikipedia). Elle est annoncée pour 2061. Gregory Benford et David Brin ont imaginé que lors de son prochain passage, des vaisseaux seront envoyées vers elle, pour la transformer à son tour en vaisseau spatial et s'entraîner aux voyages et à la "colonisation" de nouveaux espaces. Le récit commence après l'arrivée des vaisseaux (un sur quatre n'est pas arrivé à destination); il faut aménager la comète pour y vivre (et y "hiberner" dans des châsses qui permettent de faire tourner l'équipage en "quart" de plusieurs années) et y bâtir des instruments capables de faire évoluer sa trajectoire. Mais comme dans tous les voyages, on ne laisse pas de côté les problèmes de son point de départ. Sur la comète, les humains "sans modification génétique" et les autres, puis d'autres groupes aux distinctions politiques et religieuses, coexistent de moins en moins bien. Il faut dire que tous ne semblent pas égaux face à des agressions imprévues. Il semblerait en effet que des organismes issus de la comète réagissent à la présence humaine, qui se trouve atteinte de maladies inconnues (et donc sans remède immédiat). La situation devient critique...

Nous suivons trois personnages: Saul, scientifique juif collaborateur d'un pionnier de la modification de certaines caractéristiques humaines; Virginia, informaticienne, issue de telles modifications; et Carl, astronaute "ortho" (c'est-à-dire sans modifications). Un triangle amoureux est aussi en jeu, pertinent pour l'intrigue. D'autres personnages gravitent autour: Lani, amoureuse de Carl; Ould-Harrad, rebelle puis leader religieux; Cruz, le capitaine charismatique; JonVon, l'ordinateur de Virginia...

Au coeur de la comète est un grand titre de science-fiction: bon suspense, avec un équilibre judicieux entre données scientifiques, psychologiques, politiques, sociologiques, déployant un univers riche (sans trop): aucun regret de l'avoir relu !

Pour en savoir plus:

Au coeur de la comète, de Gregory Benford et David Brin
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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 15:34

Samedi 4 janvier 2014
Gaumont Parnasse, Paris 14

LE LOUP DE WALL STREET

De Martin Scorsese (USA, 2013)

Avant de s'embarquer, il y a une légère appréhension. Un film de trois heures sur les excès du petit monde de la finance spéculative d'il y a trente ans (mais ça pourrait être aujourd'hui), avec Scorsese qui n'a peur de rien (je pense notamment à Gangs of New York, très violent) pour rappeler que le récit épique de la "réussite" s'est écrit - et s'écrit toujours - avec le sang des plus faibles, bref, un tel film, avec une telle longueur, ça peut être indigeste ou même franchement insupportable.

Il y a l'obscénité prévue, assumée. L'appât sans limite pour l'argent, en écrasant les autres; les addictions (dont les dangers pour la santé sont un peu minorées) avec en particulier la drogue; le sexe là aussi sans autre attrait que la consommation de la chair...
Mais il y a de l'humour aussi, tellement c'est énorme. Scorsese fait le bon choix. Sans moralisme apparent, sans angélisme non plus, il tourne en dérision ces gens devenus complètement fous.
Le "maître" a aussi réussi son coup avec un casting d'acteurs au jeu exceptionnel, DiCaprio et Hill en tête (notons Dujardin en banquier suisse). Rien à redire sur la réalisation, parfaitement maîtrisée. L'appréhension du début n'avait pas lieu d'être.
Demeure un questionnement. Non pas comment on a pu en arriver à de tels niveaux de folie, y compris systémique. Mais comment faire pour casser cette illusion que l'argent ferait le bonheur, que ce que nous consommons mesurerait ce que nous valons ? Comment faire pour (se) convaincre que la sobriété et le partage sont probablement les clés d'un épanouissement réel, et du plus grand nombre ?

Pour ceux qui veulent un avant-goût du scénario, sachez qu'il s'agit de l'histoire d'un jeune trader qui commence à travailler pour une banque d'affaires. Celle-ci fera faillite le jour de sa prise de fonction (après un stage qui lui aura appris quelques ficelles quand même)... Il faut alors se reconvertir, faire de la spéculation sur des valeurs même pas cotées en bourse. Mais les talents de bonimenteur de notre héros lui permettent rapidement de gagner suffisamment pour se mettre à son compte, avec quelques amis, tout cela avec quelques infidélités à la loi. L'équipe, aux pratiques de vente très agressives, fait fortune, et dépense son argent en substances illicites, prostituées, compétitions de lancer de nains... Mais un jour, la COB (gendarme de Wall Street) et le FBI s'intéressent de plus près à ces jeunes prodiges de la finance.

Affiche officielle

Affiche officielle

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:44

Jeudi 26 décembre
Paris 6, UGC Montparnasse

LA REINE DES NEIGES

De Chris Buck et Jennifere Lee (USA, 2013)

Le "Disney de Noël", apprécié en 2D et en VO (je préfère ça à la 3D en version française !). Inspiré (vaguement) d'un conte d'Andersen, La Reine des Neiges commence par une très belle scène de producteurs de glaçons, accompagné d'une chanson qui annonce le film "musical". Deux soeurs, princesses, Elsa et Anna, grandissent dans le château royal. L'aînée dispose d'un pouvoir, celui de transformer en glace ce qui l'entoure. C'est amusant pour jouer "comme à la montagne" dans le palais, ça l'est moins quand elle manque de tuer sa soeur Anna. Ses parents choisissent de l'enfermer dans le palais, pour éviter les accidents. Mais il faut bien sortir un jour de cet enfermement... Et Elsa ne sait toujours pas maîtriser son pouvoir. Elle fuit, alors que le royaume est plongé dans un hiver glacial et surtout durable. Pendant qu'un prince assure la régence, Anna part chercher sa soeur, aidée d'un jeune spécialiste des glaces, Kristoff, de son rêne, Sven, et d'un hilarant bonhomme de neige, Olaf.

Peu de surprises dans cette figure imposée Disney: ambiances et chants sucrés, graphismes soignés (mais sans choc visuel non plus, il faut espérer davantage de créativité pour la suite, maintenant que les possibilités informatiques ont bien "lissé" le dessin), scénario bien dosé mais là encore sans plus, personnages assez simples...

On est dans le divertissement tout public, sans aspérité, qui se regarde comme on mange un bonbon: avec plaisir, tant qu'il n'y a pas d'abus !

Affiche du film

Affiche du film

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 12:05

Samedi 21 décembre
Paris 14, Gaumont Parnasse

MANDELA - LONG WALK TO FREEDOM

De Justin Chadwik (Grande-Bretagne, 2013)

Un film sur Mandela ? J'avais déjà vu Good Bye Bafana (à partir d'un des geôliers de Robben Island), et Invictus (sur la Coupe du monde de rugby après l'abolition de l'apartheid et l'accession de Mandela à la présidence sud-africaine). Justin Chadwick a lui la "chance" de voir son film sortir en pleine actualité commémorative du grand homme. La salle était pleine...

Ce film retrace la vie de Mandela (Idris Elba, bon choix) de son enfance à son élection comme premier président noir d'Afrique du Sud. On le suit dans ses premiers engagements, attaché à l'idée de justice. Son premier mariage, puis le second, avec Winnie (interprétée par Naomie Harris, extraordinaire). Le basculement de l'ANC dans les attentats violents. La condamnation, qui se voulait intelligente ("pas de martyre"), à la prison à perpétuité. La vie à Robben Island (avec des débuts très durs, et peu à peu un respect entre prisonniers et gardiens), pendant que la lutte se poursuit à l'extérieur. Les négociations, controversées, entre l'icône Mandela et un pouvoir blanc paniqué. Les années de violence (1988-1994 environ), quand le pays sombre presque dans une guerre civile, et les appels (tardifs...) au calme de Nelson Mandela, qui arrive alors à un point de rupture avec Winnie, en faveur de la lutte violente.

Mandela - Long Walk to Freedom m'a permis de mieux prendre conscience de la violence inouïe de la fin de l'apartheid (on passe un peu vite dessus, en général), des souffrances auxquelles la famille de Mandela a été confrontée, et de l'arbitrage long et difficile entre lutte violente et combat pacifique. En revanche, je regrette l'absence totale (sauf une apparition éclair de Mgr Desmond Tutu) de mention de l'idéal, puis de la commission, "Vérité et Réconciliation", à mon avis une des clés de l'option pacifique... Question réalisation, l'ensemble est très bon, même si Chadwick en fait trop à mon goût dans le mélo, avec une bande-son exagérée et des images un peu trop travaillées pour être vraies.

Affiche officielle France

Affiche officielle France

Bande-annonce VOSTF

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 10:41

Dimanche 15 décembre
Les Sept Parnassiens, Paris 14

THE LUNCHBOX

De Ritesh Batra (Inde, 2013)

Difficile de parler de Bombay, une ville d'une complexité à la fois inextricable et fascinante. L'un des sujets d'étonnement, c'est ce système hallucinant d'acheminement des "boites-repas", du domicile (où l'épouse la garnit) au lieu de travail (où le conjoint la consomme), jusqu'au domicile, avant la fin de la journée de bureau. Je me rappelle que dans le cadre de Lille 3000 (sous-titré en 2006 Bombaysers de Lille), le phénomène avait été présenté. Dans le film, on nous dit que ce système a aussi été étudié par des scientifiques de Harvard. Infiniment plus efficace que les Postes des pays occidentaux (la Poste française ayant depuis longtemps atteint son pic d'efficience et déclinant continuellement), Bombay parvient à acheminer, aller et retour en moins d'une journée, plusieurs millions de boites, de porte à porte. Sans erreur.

Il faut l'imagination du cinéaste pour glisser un grain de sable dans le mécanisme. Car dans The Lunchbox, sans qu'on sache pourquoi d'ailleurs, la boite préparée par Ila, qui redouble d'efforts et d'innovations gastronomiques pour raviver la flamme chez son mari, cette boite donc est livrée à un employé comptable veuf (nourri d'habitude par un restaurant médiocre), poussé vers la sortie par sa hiérarchie. La boite repart vide, mais quand le mari d'Ila rentre, elle comprend que la livraison n'a pas été effectuée correctement... Néanmoins flattée par le bon goût du comptable, la belle Ila, conseillée par sa voisine, glisse un mot dans la boite. Une correspondance se met alors en place, entre anonymes. Une correspondance polie, qui devient vite existentielle. Le comptable finit par choisir de supporter le jeune qui doit le remplacer; quant à la jeune épouse, elle cherche une façon d'être un peu plus heureuse.

Comédie sentimentale indienne, mais au style plus occidental que la mièvrerie bollywoodienne, The Lunchbox se révèle touchant, tendre, dosant avec subtilité le démonstratif et le suggestif. La pirouette finale est à cet égard un contrepoint brillant avec la conclusion du Casse-tête chinois: sachant que le film indien est qualifié de "feel good movie", le réalisateur semble vouloir dire que l'incertain peut aussi être une source du bonheur... Une réussite poétique.

Affiche

Affiche

Bande annonce VOSTF

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 16:26

Cette année, je participe à un (passionnant) Atelier méthodologique d'exégèse, au Theologicum de l'Institut catholique de Paris. L'exercice cette semaine consistait à lire l'ouvrage de Mario Liverani (paru en 2003, traduit en 2008) et à en faire une recension pour une revue scientifique. Je vous épargnerais le texte écrit pour l'occasion...

L'auteur est un historien italien, qui ne s'inscrit pas dans une démarche de foi (il paraît même que son militantisme communiste le positionnerait radicalement comme non-chrétien...). A la différence de nombreux historiens avant lui, il prend en compte les acquis de la recherche (archéologique, épigraphique, biblique dans une certaine mesure) sur l'histoire d'Israël. Puisque l'Ancien Testament n'a pas été rédigé avec une perspective "historique" au sens de la science humaine d'aujourd'hui, puisqu'il est issu de milieux de productions variés et aux options théologiques parfois opposées, Liverani prend la Bible comme source documentaire parmi d'autres. Et il écrit une Histoire du peuple d'Israël du 14ème au 4ème siècles avant notre ère sans reprendre la chronologie des récits de l'Ancien Testament. Le titre français de l'ouvrage se veut plus provocateur que le titre original ("Au-delà de la Bible" insiste moins sur la notion d'invention). Pour le chrétien donc, la lecture peut perturber. Mais encore une fois, il convient de distinguer l'histoire en tant que discipline scientifique, de la confession de foi et de la réflexion théologique.

Ce "manuel" est très fluide, avec une structuration pédagogique. Il a l'avantage de proposer une reconstruction de l'histoire d'Israël, reconstruction utile quand les sciences historiques ont bouleversé les leçons de catéchisme. Néanmoins, tous regrettent que Liverani ne distingue pas suffisamment dans son texte ce qui fait consensus d'un côté, de ses propres conclusions, parfois plus discutables, d'un autre côté. Il ne développe pas non plus suffisamment la diversité théologique des différentes composantes de l'Ancien Testament présentées dans la deuxième partie de son ouvrage. Qui, vous l'aurez compris, s'adresse à des étudiants un peu initiés et correspond pour ce lectorat à rien de moins qu'un travail pionnier et donc de référence.

Pour en savoir plus:

La Bible et l'invention de l'histoire - Histoire ancienne d'Israël, de Mario Liverani
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:41

Vendredi 6 décembre
Paris 14, Gaumont Parnasse

CASSE-TÊTE CHINOIS

De C. Klapisch (France, 2013)

Une suite de suite, ça peut faire craindre le pire. Heureusement, si, de nos jours, le cinéma innove de moins en moins souvent, il sait quand même se renouveler suffisamment pour être intéressant et pertinent.

Après L'auberge espagnole (les études en Erasmus, l'adulescence insouciante), puis Les poupées russes (l'entrée dans la vie active, la recherche d'une relative stabilité), nous retrouvons Xavier et une partie de sa bande au seuil de la quarantaine. A peine plus "installés", puisque les couples ne stabilisent pas tant que ça, puisque le travail est plus que jamais nomade pour une partie de la génération dépeinte par Klapisch, puisque les conventions et le "qu'en dira-t-on" semblent complètement impuissantes à l'heure des choix. Donc Xavier, toujours écrivain, emménage à New York pour se rapprocher de ses enfants, depuis que Wendy l'a quitté pour un Américain au physique de rugbyman. Et, comme dans les autres films de la série, les questions de logement, de dépaysement, du "tous étrangers dans un même lieu" servent de ressort comique. Le New York du Casse-tête est celui, surtout, de Chinatown, mais pas seulement. Klapisch utilise les clichés sur Big Apple, mais sait aussi les contourner.

Utiliser intelligemment le "personnage" New York, réemployer quelques bonnes recettes de la désormais-trilogie, mobiliser une bande-son rythmée et de qualité, effleurer des questions et des évolutions sociales très contemporaines (avec quelques facilités néanmoins, comme le personnage de la baby-sitter catho coincée), faire semblant de prendre ses distances avec la mièvrerie des happy ends, c'est la recette efficace du Casse-tête chinois pour une comédie plus réussie que prévue.

Avec donc de discrets bémols, car on va un peu vite en semblant dire: "tous ces choix de vie, finalement, n'ont que peu de conséquences, ne suscitent pas de déchirements" (hum...) et "ah, si on écoutait davantage les enfants !" Certes, on se complique peut-être parfois la vie avec nos raisonnements d'adultes, mais l'insouciance ne saurait devenir la valeur ultime...

Affiche officielle

Affiche officielle

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:11

Relectures, suite. Retour dans l'univers créé par Åke Edwardson autour du commissaire suédois Erik Winter, dont c'est la troisième enquête. Et comme je l'expliquais dans ma première recension, Ombre et soleil joue sur les frontières symboliques: celle séparant sphères privée et professionnelle en ce qui concerne la vie des policiers, et celle séparant le vingtième du vingt-et-unième siècle, le deuxième du troisième millénaire.

Le roman prend son temps avant que l'horreur n'apparaisse et ne le transforme en thriller. On voyage entre la Suède et les communautés suédoises expatriées, soleil oblige, en Espagne. Le père du commissaire est mourant. Winter, lui, est victime d'un pickpocket et prend des risques, pour son couple. Or sa compagne, Angela, emménage chez lui à Göteborg et s'apprête à donner naissance à son enfant. Jusque là, du banal. Mais un couple est retrouvé, assassiné, affreusement mutilé, et l'enquête peine à trouver des semblants de pistes. En cause, des moeurs libérées, mais des tabous sociaux forts, qui rendent difficile l'identification de certaines habitudes des victimes. La police doit aussi plonger dans une musique troublante, le death metal et ses accointances satanistes.

Dans Ombre et soleil, Åke Edwardson sonde les mécanismes d'une société désorientée; où les questions de morale ne trouvent plus les réponses (certes imparfaites, mais existantes) des décennies passées. Police, famille, et hommes et femmes de foi (oui, c'est l'une des spécificités intéressantes d'Edwardson, cette pasteure luthérienne comme personnage secondaire) sont malmenés. C'est sombre, sans illusion, d'un réalisme heureusement tempéré par l'absence totale de voyeurisme. Probablement un des meilleurs titres de cette série d'enquêtes.

Pour en savoir plus:

Ombre et soleil, de Åke Edwardson - 2
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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 14:43

Ca faisait quelques semaines que je me disais "Ca fait longtemps que je n'ai pas lu un roman avec le commissaire Maigret... Ca me manque". Alors un passage en bibliothèque plus tard, me voici avec un volume d'une des intégrales de Georges Simenon. Et je retrouve le plaisir de ces textes très épurés, qui se lisent en moins de deux heures, où quelques indications météorologiques et l'évocation d'une boisson alcoolisée donnent le ton d'un roman. Au passage, Maigret boit beaucoup, beaucoup. Et quelques passages témoignent d'une homophobie ordinaire dans les années 50.

  • Un Noël de Maigret

Ca a la longueur d'une nouvelle, il n'y a pas de mort, et Maigret est à Paris mais ne va pas Quai des Orfèvres (il reste même chez lui); c'est donc une enquête pas comme les autres. A l'origine, une voisine du couple Maigret, qui pousse une autre voisine à venir demander l'aide du commissaire, pour une histoire un peu farfelue. Soit une nièce, alitée, qui prétend qu'un homme est entré dans sa chambre de nuit, déguisé en Père Noël, essayant de soulever des lattes du parquet. Qui est-il, et que pouvait-il chercher ?

  • Maigret au Picratt's

Plongeon dans l'univers de Pigalle, les boites et le monde de la nuit en général. Une strip-teaseuse (le mot n'est pas employé, peut-être ne s'était-il pas encore imposé dans la langue "française"), fatiguée et ivre, vient déclarer à la police qu'elle a entendu deux hommes projeter de tuer une comtesse. La jeune femme disparaît, et après quelques temps, une comtesse déchue, droguée, est retrouvée morte. Où la police fait preuve de plus d'empathie envers le monde de la nuit qu'envers les drogués et les gays. Et où l'inspecteur Lognon, dit "le malgracieux", se fait encore avoir, ce qui contribue à son syndrome de persécution.

  • Maigret en meublé

Cette fois-ci, c'est l'un des adjoints du commissaire, l'inspecteur Janvier, qui, alors qu'il surveillait une rue pour une enquête de routine, se voit atteindre d'une balle. Qui a tiré ? Etait-il, lui, une cible, ou était-il au mauvais endroit, au mauvais moment ? Sa femme absente, Maigret s'installe dans le meublé au coeur de l'enquête. La patronne cherche à le séduire, à le taquiner, considère tout le monde adorable, et ne prend rien au sérieux. Mais sa chambre révèlera des surprises. Pour autant, la clé est ailleurs. Et Maigret se retrouve à devoir malmener des gens fragiles, mais peut-être pas complètement francs avec lui.

  • Maigret et la Grande Perche

Une ancienne "cliente" du commissaire a épousé un des meilleurs cambrioleurs de Paris, l'un des meilleurs mais aussi l'un des plus malchanceux, car il n'arrive jamais à faire le coup qui lui permettrait de vivre tranquille. Là, il vient de s'enfuir, et son épouse, la Grande Perche, vient trouver le commissaire. En effet, lors de sa dernière tentative, le cambrioleur s'est trouvé face-à-face avec... un cadavre ! Le cambrioleur ne tient pas à passer pour un assassin, et à finir guillotiné (oui, dans les années 50, la peine de mort est bien possible). L'enquête s'oriente rapidement vers l'hôtel particulier d'un dentiste, à Neuilly. Et un bras de fer redoutable s'engagera entre ses occupants et Maigret...

  • Maigret, Lognon et les gangsters

Encore une épouse qui s'adresse à Maigret, cette fois-ci, c'est celle de l'inspecteur Lognon. Le tenace mais malchanceux policier se trouvait de nuit sur une place où une voiture a jeté sur le pavé et sous ses yeux un homme blessé. Le temps qu'il appelle les secours, une autre voiture a récupéré le corps ! A vouloir en savoir plus, Lognon prend des coups. Il faut dire que les criminels semblent venir d'outre-Atlantique. Et chacun de mettre en garde le commissaire: "Renoncez, vous n'y arriverez pas, ce sont des professionnels, eux, même le FBI n'arrive pas à les faire condamner". Vexé, défié, Maigret prend des risques. Il y a de nombreuses fusillades (pour un Maigret, s'entend), et il s'en faut de peu pour que les gangsters n'agissent en France comme sur un territoire sans forces de l'ordre.

Entre cette enquête, assez spectaculaire, et la précédente, toute en psychologie, on se régale: Simenon manie aussi bien les deux styles !

Pour en savoir plus:

Cinq enquêtes de Maigret, de Georges Simenon
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