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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 22:15

Dans le précédent épisode, le marié, les demoiselles d'honneur et les invités étaient partis pour l'appartement des parents de Kasia...

Arrivée donc en bas de l'immeuble, il paraît qu'Hervé et la famille proche doivent monter au onzième... Il s'agit d'y recueillir la bénédiction des parents de la mariée, et de partir pour l'église. Pendant que les choses se déroulent au onzième, photo shooting en bas du paté d'immeubles, certains très colorés, d'autres moins. On s'étonne que des Fiat Polski soient sortis de leur emplacement de parking et "tunées" en plein milieu du parcours... mais quand le couple arrive, la tradition est aussi expliquée. Il est d'usage que les voisins (y compris les enfants sur la photo) fassent obstacle aux mariés... La limousine est donc arrêtée par deux Polski (le contraste est génial), malencontreusement en panne. Mais une bouteille de vin (français) pour chacun des apprentis mécaniciens, et la panne est réparée... Le barrage routier version polonaise est des plus sympathiques.



(Photo 4: Christine Bouhours)


Le cortège parcoure quelques dizaines de mètres pour atteindre l'église Saint-Joseph d'Oswieczim, une église moderne, pas trop chargée (ce que j'apprécie), avec des formes arrondies en bois d'un bel effet. Il s'agirait d'une église oecuménique, ce qui est probable vu la discrétion de la statue mariale. Nous prenons place, l'église est un peu grande pour l'affluence (mais nous sommes en semaine, la veille d'un long week-end: les gens travaillent encore), et la messe débute presque en avance. Tout en polonais, de facture ultra-classique, sans imagination débordante (que ce soit la Marche nuptiale ou le texte biblique), efficace. On nous avait prévenus qu'il n'y avait pas de feuille de déroulement pour les chants, les Polonais les connaissant par coeur. Eh bien les Polonais ont été décevants ! Les cantiques étaient tristounets.

(Photo 2: Sébastien Bei)


Sortie de la messe. Nous avions prémédité, grâce au petit guide préparé par le couple pour les invités français, le lancer de "groszys" et autres "cents" (en lieu et place de riz). A l'aéroport de Beauvais d'ailleurs, nous avions réclamé la monnaie de nos cafés en pièces det 1 et 2 cents (à l'étonnement de la caissière, qui a apprécié le geste, et qu'on a aussi informé, il n'y a jamais de mauvaise occasion d'apprendre). Normalement, celui des mariés qui en ramasse le plus tiendra les cordons de la bourse... mais notre couple n'est pas joueur et fait panier commun. Entre groszys polonais, cents d'euros, de dollars US et même canadiens, et je ne sais quelles autres monnaies, ils vont s'amuser à faire les comptes ! ;)


Après la messe, tout le monde se dirige vers la Salle des mariages de Bujakow, où la fête va avoir lieu. C'est évidemment la partie la plus intéressante, et c'est donc tout naturellement que je vais vous faire patienter (sachez quand même que la localité de Bujakow est extrêmement réputée sur Facebook depuis quelques jours).

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 22:23

La veille...

Tout a commencé à la Porte Maillot, où, sans se connaître, plusieurs des invités français se retrouvent... L'habit ne fait pas le moine, mais le look fait le journaliste ! Direction Beauvais pour prendre l'avion. Vol sans histoire et quand on se pose à Katowice, l'efficacité de l'organisation est déjà bien perceptible.

Arrivée à l'hôtel Relax, où sont hébergés la trentaine de Français invités. Le temps de se poser, et de profiter de la terrasse (et de reprendre conscience du prix ridicule de la pinte de Zywiec, l'une de mes bières préférées), et voici que le couple nous propose de goûter un gâteau silésien (dont le nom m'échappe...). Quelques explications sur le déroulement du lendemain suivent, histoire qu'on ne jette pas nos flûtes de champagne alors que seuls les mariés doivent le faire, par exemple.


Le beau temps (qui ne persistera pas tout le long du séjour) encourage à l'organisation (pour le coup un peu improvisée) d'une mini-soirée d'enterrement de vie de jeune garçon. Déguisement, affolement d'une vache, inquiétude des habitants de la bourgade (vous pensez, une bande de jeunes étrangers qui déambulent bruyamment à la tombée de la nuit), et nous voici sur le Rynek (la place centrale dans les villes polonaises). Nous créons l'événement, les quelques midinettes polonaises qui avaient décidé de traîner sur place plutôt que de regarder la télé n'ont pas été déçues, puisqu'elles ont été invitées à pousser la chansonette (en fait Hervé a dû chanter la Marseillaise, elles l'hymne polonais, et ensuite on a chanté de concert et en bilinguisme Frère Jacques, en brandissant des drapeaux).


Mais tout cela nous fait arriver trop tard (23h dans les villages, c'est normal) pour se faire servir à la pizzeria. Direction un autre bar où nous attendent d'immondes zapiekanki (bez ketchupu, prosze) mais de bonnes bières (ça fera un litre en une soirée, comme si de rien n'était... c'est ça la Pologne !). Retour tranquille à l'hôtel... Il faut prendre des forces !

Le début du premier jour...

13h, tout le monde doit être prêt dans la cour de l'hôtel. Les demoiselles d'honneur doivent venir chercher le marié, pour l'accompagner chez les parents de Kasia. La limousine a un peu de mal à manoeuvrer avec la voiture des musiciens en chemises presqu'hawaïennes... mais tout arrive ! Après les salutations d'usage, tout le monde embarque. Hervé dans la limousine avec témoins et demoiselles d'honneur, et nous dans un bus qui nous accompagnera pendant deux jours. L'occasion de profiter d'un autoradio à la programmation très vintage, et de faire des photos de mafioso...




Prochain épisode: Chez les parents de Kasia et à l'église

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 22:56


Il m'a été prêté quand j'étais à New York, à Brooklyn exactement. Oui, il y a un petit moment donc. Mais j'avais peu accroché aux premières pages et l'avais laissé de côté quelques semaines. Quand j'ai commencé à être un peu familier avec les personnages, c'est allé tout seul !

Ce livre, couronné du Prix Pulitzer (ce n'est pas n'importe quoi) retrace l'épopée d'une petite dizaine de personnages fondamentaux pour l'histoire des Etats-Unis. Franklin, Washington, Adams, Jefferson, Madison, Hamilton, Burr... Ils ont participé aux combats contre l'Angleterre, à la Déclaration d'Indépendance, à la Constitution des Etats-Unis, aux premières élections présidentielles, etc. Une poignée d'hommes, qui se connaissaient par coeur, qui avaient noués de profondes amitiés ou au contraire des inimitiés féroces, qui partageaient la conscience d'écrire l'Histoire mais sans toujours tomber d'accord sur le scénario...

L'auteur mélange habilement les styles, entre descriptions s'apparentant à des romans et explications et thèses historiques étayées par l'importante documentation de l'époque. Car quand je disais que ces pionniers avaient conscience de leur importance historique, c'est aussi parce qu'ils ont beaucoup écrit (des articles, des lettres, des livres) pour exprimer leurs points de vue, et ne se sont pas caché du caractère public de ces documents. Faire marcher une démocratie, une république, c'était absolument inédit à cette échelle. C'était aussi une telle gageure qu'ils ont fait ce qu'il nous semble de graves compromis, mais qui étaient selon eux indispensables à l'existence même des Etats-Unis. J'ai ainsi découvert avec étonnement que dès les années 1790, la question de l'esclavage était présente, mais que tous étaient persuadés qu'elle ne manquerait pas de faire éclater les Etats-Unis. Il a donc été convenu de ne pas en parler. Cela aura tenu 70 ans. Incroyable de penser que de telles tensions, déjà à l'oeuvre en 1790, aient pu ne pas dégénérer plus tôt ! A travers un focus sur sept moments historiques précis, on en apprend énormément (surtout pour un novice comme moi sur l'histoire moderne états-unienne). A mettre entre toutes les mains donc.

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 20:47

Par où commencer ? Par deux qualificatifs, imparfaits pour tout dire, mais qui donnent une tonalité: génial, et énorme !

Comme annoncé dans mon dernier billet, je viens de passer quelques jours en Pologne pour le mariage de Kasia et d'Hervé. Mariage religieux pour être précis, la cérémonie civile ayant eu lieu en France il y a quelques semaines. Le mariage a été célébré à la polonaise, avec les traditions silésiennes. En plus de beaucoup s'amuser, la trentaine de Français présents en a profité pour apprendre plein d'us et coutumes. De quoi rédiger plusieurs billets.

Ce soir, quelques teasers:

La photo: Kasia et Hervé viennent de recevoir la bénédiction des parents de Kasia, et s'apprêtent à partir pour l'église.

Le quizz (jouez via les commentaires, et réponses dans la semaine)
1. Combien de bouteilles de vodka ont été prévues (il s'agit de vodka Pan Tadeusz - 0,5l) ?
a) 110
b) 122
c) 134
2. Combien de plats dinatoires ont été servis après le premier repas, le premier jour ?
a) 0
b) 2
c) 4
3. Une de ces affirmations est fausse. Laquelle ?
a) Les Polonais ont mieux résisté à l'alcool que les Français.
b) J'ai encore des courbatures aux mollets d'avoir trop dansé.
c) Un nouveau couple franco-polonais s'est formé.
4. Combien de temps le bus a-t-il pris pour parcourir les 77 km entre Kety (où était situé l'hôtel des invités) et Krakow ?
a) 50 mn
b) 1h40
c) 2h

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 18:11


Cela faisait plusieurs mois que les affiches annonçant l'exposition jouaient leur rôle à la perfection. Le projet d'aller visiter l'exposition a souvent été empêché par les horaires un peu serrés (10h-18h) en semaine, mais après tout il y a aussi le week-end... C'est la dernière exposition que je voulais absolument voir à Paris cet été (il y avait celle-ci, et aussi celle-là).

Un peu dans la même veine d'ailleurs que Richard Avedon, ce Kiraz. Ses images ont contribué à façonner l'image du Paris glamour, du Paris capitale de la mode, du Paris à la fois jeune et intemporel. La centaine d'oeuvres exposées au Musée Carnavalet (à qui Kiraz a donné 25 oeuvres - à l'occasion de / suscitant ? - l'événement) s'étalent, comme pour Richard Avedon, des années 50 aux années 2000. Mais pour rompre le parallèle avec le photographe américain, ici il n'y a que de la fraîcheur, de la légèreté, de l'insouciance. Les gouaches sont magnifiques, les petites légendes sont des bijoux. Mariages, amants, shopping, soldes, petites infractions au code de la route, les situations sont évoquées avec une précision impressionnante, avec des mots qui font mouche.

Dominique Isserman, photographe, cité dans l'exposition et son catalogue, commente:
"Kiraz n'est ni le frère, ni le fiancé, ni le mari, ni le père, ni l'oncle, ni le grand-père des charmantes créatures qui ne lui auraient certes pas refusé ces rôles.
Il en est le créateur absolu, l'inventeur.
On en doute parfois, on est certain de les avoir rencontrées, de les avoir vues assises dans nos voitures, couchées sur nos lits, de les avoir entendues derrière la porte de la salle de bains. Eh bien non, il faut se rendre à l'évidence, Kiraz a tout inventé. Il a inventé ce métissage explosif: corps d'Afrique, buste d'Italie, regard de l'Est, cheveux du Nord, esprit de Paris. (...)
Puis on a assisté à un phénomène saisissant: les Parisiennes ont commencé à ressembler à celles des dessins de Kiraz."

C'est vrai... :)


Pour en savoir plus:
- L'exposition au Musée Carnavalet
- Kiraz (Site officiel)

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 22:10


C'est l'une des expositions-phares de la Ville Lumière cet été. Il y a d'ailleurs affluence au Jeu de Paume ce mardi en début de soirée, avant la nocturne. Avec Aurélie, nous voilà dans une exposition heureusement plus accessible que la précédente, et nettement mieux conçue (de simples contrastes noir et blanc, pour des photos en noir et blanc; un accrochage thématique et chronologique, bien agencé; des explications claires ni trop denses ni trop allusives...). Le sujet, aussi, est plus facile. Des photos, uniquement, et rien que des portraits. De célébrités et d'anonymes, d'Europe et des Etats-Unis, des soixante dernières années.

Des mannequins "dynamiques" et vraiment originales dans le Paris de l'après-guerre aux mineurs de charbon étatsuniens des années 80, des 69 "personnalités qui font le monde" de 1976 (dont George Bush père, et aussi Donald Rumsfeld), aux SDF du sud des Etats-Unis, sans oublier Björk, Marguerite Duras, Buster Keaton, Charles Chaplin,  Groucho Marx, Andy Warhol, John Ford et j'en oublie des dizaines, tous passent devant l'objectif acéré de Richard Avedon. Un regard très épuré (un fond blanc la plupart du temps, pour se concentrer sur les portraits), un regard aussi très pénétrant, car les photos sont certes des surfaces, mais elles ont aussi une vraie profondeur. Elles disent beaucoup. Elles disent l'humanité, dans toute sa fragilité (émouvante série sur le père cancéreux du photographe), dans ses gloires là aussi toujours tragiques (Marylin Monroe). Elles disent aussi l'individualité, l'intimité (ces gueules de mineurs, ces tronches d'artistes... oui, chacun est unique, et chacun a une histoire que l'on a envie d'écouter).

Très belle expo, avec sa contrepartie: beaucoup de monde...

Pour en savoir plus:
- le site du Jeu de Paume, sur l'exposition;
- l'article de Télérama;
- Richard Avedon sur Wikipedia

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 21:07

Pas de page Wikipedia sur l'auteur - Site éditeur


Je lis rarement des auteurs francophones africains (ça commence à changer). Mais je ne suis pas déçu quand je le fais. Dans un "petit" pays proche du Congo, Michel, plutôt appelé Matapari, crée l'événement dès sa naissance. Il faut dire que ses deux "aînés" sont nés deux jours avant lui, et qu'il n'y avait jamais eu de triplés dans tout le pays, donc on ne pensait pas qu'il devait encore naître. Du coup, il est tout de suite "spécial". Curieux, lucide, faux candide, il s'intéresse au monde qui l'entoure; son grand-père et son père sont des militants du savoir sous toutes ses formes.
Et le monde qui l'entoure est en effet fascinant, entre un régime politique de type communiste, les comportements opportunistes (son oncle Boula Boula notamment), avec, en toile de fond, le décalage entre discours et faits. Des dirigeants à ses proches, Matapari découvre donc "ingénument" la relativité des vérités et l'importance de la liberté de penser (et de la liberté en général).

Très bien écrit, bourré d'humour, ce roman (qui a obtenu le prix RFI - Témoin du monde en 1998) confirme bien que les Africains ne sont pas dupes de leurs dirigeants. Les personnages y sont assoiffés de pouvoir, pour certains, de savoir, pour d'autres. "Enfermés dans le passé", croit un des guignols qui conseille notre président à nous. Quelle erreur...

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 21:07


Jeudi soir, alors que l'orage s'apprête à éclater au-dessus de Paris, je retrouve Aurélie et Antoine pour visiter l'exposition sur les villes chinoises, abondamment annoncée dans le métro parisien, ayant fait l'objet d'un récent article dans Télérama (qui m'a motivé), et installée à la Cité de l'architecture et du patrimoine, au Palais de Chaillot. On hésite d'abord à prendre un ticket pour voir les autres expositions (en arrivant vers 18h15 pour une ouverture en nocturne jusque 21h, la question semblait pertinente), mais heureusement on n'en a rien fait.

En effet, l'exposition est très riche si on prend un peu le temps de tout regarder. Très longue aussi, de nombreux moyens métrages (au moins trois ou quatre de 20 mn environ) sont visionnables sur le parcours. Nous n'en verrons que des extraits pour arriver à finir (à peu près, au pas de course sur les dernières salles) la visite avant d'être enfermés. Cela ne nous empêche pas de faire des remarques dignes de pré-ados sur des répliques assez hallucinantes. Exemples:
Deux anciens camarades de classe se retrouvent:
    Elle: "Cela fait dix ans que nous avons eu notre diplôme."
    Lui "Tu es mon fantasme sexuel absolu"

Dans un autre film, le patron d'une vendeuse d'appartements drague son employée en l'invitant dans son nouvel appartement sous le prétexte de faire de la décoration:
    Elle "Mais je ne suis pas spécialiste en décoration"
    Lui "Plus la jeune femme est belle, meilleur est son goût"

L'exposition est aussi assez mal conçue (même très mal): certaines photos sont absolument inaccessibles car soit au ras du sol, soit à 2,5 m de hauteur; de nombreuses légendes sont imprimées sur des supports reflétant les spots, ce qui les rend illisibles. Or pour une telle exposition, qui ne joue pas sur les impressions comme le musée du Quai Branly, et avec une thématique si peu familière, le support pédagogique est essentiel... Dommage.

Au final, je sors encore plus déboussolé, et même plutôt préoccupé sur le monde du vingt-et-unième siècle avec le rouleau compresseur chinois. Les villes, les barrages, tout m'y semble incontrôlable, et surtout, échappant à toute clé de compréhension à ma disposition. Quelle place pour l'individu ? Mais surtout, comment faire pour que le développement de l'empire ne dévaste pas la planète ? Moi qui pensais apprendre quelque chose, avec le principe que la connaissance fait reculer la peur, me voilà bien embêté.

Allez, j'ai quand même beaucoup aimé le petit film à bord du téléphérique dans une agglomération de 32 millions d'habitants (Chongqing) en pleine montagne. Je n'y monterais pas (je me méfie des cabines suspendues dans le vide, au-dessus de gratte-ciels, sur des centaines de mètres de câbles, surtout si c'est chinois), mais les images font très science-fiction et sont vraiment sympas.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 22:50

Dimanche 27
Paris 20, MK2 Gambetta

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE
De R. Bezançon (F, 2008)




Mon appréciation: 7/10

Une histoire de famille, des années 80 aux années 2000; du départ du premier fils à l'émancipation post-crise d'adolescence de la dernière, en passant par d'inévitables rites initiatiques, quelques décès, des coups de gueule et des réconciliations. Pas besoin de beaucoup d'imagination, le scénario repose sur une identification rapide et forte aux personnages. Le grand-père, à la peau dure mais pas impénétrable; le père, chauffeur de taxi incapable d'arrêter de fumer; la mère, qui reprend des études pour rester jeune; l'aîné, qui devient chirurgien esthétique; le cadet, qui cherche sa voie et sera la passerelle entre les générations (entre oenologie, air guitar et fantômeries); et la benjamine, ado typique à la recherche des limites. Des personnages très attachants, avec leurs rêves et leurs bassesses.

Les acteurs sont très bons et contribuent au caractère attachant des personnages. La réalisation est efficace sans être brillante (des ficelles un peu grosses au début, avec le gag lourd de la poutre trop basse par exemple). On sent des inspirations klapischiennes (le générique de début ressemble beaucoup à celui de L'auberge espagnole). Pas forcément très créatif donc. La musique (Sinclair, Daho) est à la limite du démago (un peu envahissante, elle couvre probablement des faiblesses de la réalisation, qui sont ici noyées dans du quasi-mélo).

C'est le second film de Rémi Bezançon que je vois (le premier, c'était Ma vie en l'air). Il réalise des films sympas, idéaux pour des soirées DVD. Pas encore de chef d'oeuvre, mais ça peut encore venir.

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 23:04


Je continue sur les recueils de nouvelles. Mais là, changement de registre par rapport à Russell Banks. Woody Allen, par ailleurs l'un de mes réalisateurs préférés, dont je ne manque plus aucun film, a plusieurs cordes à son arc (il est clarinettiste, et donc aussi écrivain).

Nous ne sommes pas dans des familles aux pères défaillants, dans le New Hampshire, mais plutôt dans la communauté juive de New York. On ne trouve pas de réalisme, mais plutôt du fantaisiste, voire du complètement absurde. Un autre regard sur les Etats-Unis, qui pointe d'autres travers de la société (la première nouvelle décrit le désespoir et la déchéance d'une famille qui n'a pas réussi à faire entrer son rejeton dans une maternelle prestigieuse; d'autres décrivent les déboires de naïfs qui sont prêts à s'humilier dans des sectes, ou à se ruiner pour des artistes obscurs, tout cela bien entendu au juteux bénéfice d'habiles escrocs).

L'humour est souvent efficace, mais comme il y a aussi beaucoup de name-dropping, on est parfois perdu dans les références dont on ne dispose pas...

Pour l'instant, je préfère quand même les films de Woody Allen à ses nouvelles déjantées, pistes de scénarii qu'il faudrait bien trier avant d'en faire des films !

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