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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:54
L'amour de la marche, de Philippe Lutz

Entre anecdotes, informations et réflexions, ce petit livre de Philippe Lutz nous parle de ce loisir si simple qu'est la marche, et ses différentes déclinaisons aux connotations variées (randonnée, trek, etc.). À la suite de son père, l'auteur a commencé à pratiquer la marche dans les montagnes, des Vosges aux îles méditerranéennes, et au-delà puisque ses pieds ont aussi parcouru le Cameroun ou le Japon. Derrière la quête d'une nature "authentique", ou le défi sportif, ou encore la recherche de rencontres aux détours d'un itinéraire ou aux étapes, Philippe Lutz interroge nos pratiques, nos attentes, nos contradictions modernes aussi.

Le texte est très agréablement rédigé, illustré de photos noir et blanc de Bernard Plossu, et l'éditeur a conçu un bel objet.

"Je n'ai jamais aussi bien compris cette nécessité qu'il [son père] avait de marcher que tout récemment, en visionnant un film culte de la fin des années 1950, La vache et le prisonnier. [...] Fernandel, c'est évident, était mon père. D'abord les deux hommes se ressemblaient énormément, avec leur stature élancée et leur grande bouche chevaline. Mais surtout, Fernandel incarnait à mes yeux l'épopée de mon père, qui avait déserté l'armée allemande où il avait été incorporé de force, et qui dans sa cavale avait traversé une partie de Prusse Orientale. [...] Plus tard, revenu de la guerre très affaibli, et atteint d'un début de tuberculose, mon père avait fait deux ans de cure de long séjour au Plateau d'Assy, dans les Alpes. [...] Mon père, lui, s'échappait discrètement de sa chambre, avec la complicité tacite du toubib qui suivait son dossier. Il partait respirer le grand air et se faire de longues balades qu'il devait souvent terminer au pas de course, afin de ne pas être porté disparu au moment du dîner... [...] Pas sûr que la marche représente pour moi "la vie" de façon aussi impérative que pour mon père. Mais souvent je chemine en pensant à lui et à ces années douloureuses, où marcher n'était pas pour lui un luxe de citadin mais le moyen de rester en vie."

Chapitre "La clé des champs", p51-54

"La balade aujourd'hui se veut instructive, pas question de bêtement marcher, il faut marcher malin ! Les coupables de ces fausses bonnes idées sont globalement toujours les mêmes: instituteurs en mal d'expérience pédagogique, élus en mal de projet, associations en mal de visibilité.
On n'apprend rien, bien sûr, sur ces sentiers, qu'on ne sache déjà: que les vignes portent des raisins de cépages différents, de saveurs différentes, aux grains de couleurs différentes, plus ou moins gros, avec lesquels on fait... du vin...
Les adultes venus se promener pour échapper aux enseignes publicitaires des entrées de ville ne s'y attardent pas. Les gosses détestent spontanément, car tout cela les renvoie à l'école d'où ils viennent à peine de s'échapper. Les touristes n'y comprennent rien, car ces panneaux ne s'adressent jamais à eux dans leur langue. Les photographes les maudissent car ils polluent le paysage. Bref, personne n'y croit, mais le mal ne cesse pourtant de s'étendre, les panneaux d'envahir les chemins.
Tout cela ne serait pas bien grave si, d'année en année, ces aménagements inutiles ne grignotaient les espaces naturels. Plus un chemin qui ne soit commenté, plus un espace qui échappe à l'explication."

Chapitre "Sentiers thématiques", page 108

"Sur une longue marche, impossible de se berner, de se raconter des histoires. On ne peut que s'en raconter une, la sienne. Au départ, pendant les cent premiers kilomètres, on se demande ce que l'on a fait de sa vie. Puis ce que l'on est en train de faire ici. Puis à l'approche de l'arrivée, on se demande ce que l'on fera. C'est inéluctable, inévitable, incontournable: la marche donne à penser. On a beau marcher à côté d'un autre, rien n'y fait, on n'échappe pas à soi. Et comme on est bien dans son corps, à force de l'entraîner, on finit aussi par être bien dans sa tête. C'est aussi simple que ça."

Chapitre "Au long cours", page 187

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 10:52
Photos Alexandre Galliez (http://7doigts.com/fr/spectacles/24-cuisine-confessions)
Photos Alexandre Galliez (http://7doigts.com/fr/spectacles/24-cuisine-confessions)Photos Alexandre Galliez (http://7doigts.com/fr/spectacles/24-cuisine-confessions)
Photos Alexandre Galliez (http://7doigts.com/fr/spectacles/24-cuisine-confessions)Photos Alexandre Galliez (http://7doigts.com/fr/spectacles/24-cuisine-confessions)

Photos Alexandre Galliez (http://7doigts.com/fr/spectacles/24-cuisine-confessions)

On peut en faire, des choses, dans une cuisine. Préparer à manger, bien sûr, manger aussi, parler, partager des moments heureux ou plus tristes, draguer, rire... mais y installer un cirque, c'est plus inhabituel.

C'est l'excellente idée de la compagnie Les sept doigts de la main, avec le spectacle Cuisine et confessions, une coproduction franco-canadienne, qui a des saveurs d'auberge espagnole et donc de cirque. Un mélange très original entre numéros de cirque dans un décor de cuisine, théâtre et performance interactive puisque le public est invité à casser des oeufs d'une seule main, à faire connaissance autour de quelques olives, à minuter la cuisson d'un gâteau, puis à goûter omelettes, pâtes et gâteaux confectionnés sur scène, pendant le temps du spectacle. Les artistes jonglent, bondissent, se contorsionnent, jouent avec un mât chinois... Et ils se confient, tant il est universel et vrai que la cuisine est le premier lieu où l'on se raconte et où l'humanité se retrouve. Un espace convivial où se joue tellement d'essentiel...

Cuisine et confessions est donc un spectacle complet, impressionnant et touchant, parfois grave, très souvent drôle. Une occasion de sortie originale, qui émerveille.

(Pour la voir dans les prochaines semaines, soyez bretons. Ou russes.)

Bande-annonce du spectacle

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 10:14
Le Retournement, de Vladimir Volkoff

La France du Général de Gaulle. Ambiance Guerre Froide. Espions et autres agents de renseignement américains, soviétiques et français se croisent, se parlent, se mentent… Côté français, le lieutenant Volsky est placé sur les pas d’un mystérieux membre du personne diplomatique de l’ambassade soviétique, le scientifique Popov. Il semblerait que les services américains veuillent en faire un agent double. Mais les Français leur grilleraient bien la politesse… et ce dans un contexte de guerre des services et de chaînes hiérarchiques emmêlées. L’opération Couleuvrine naît, en plaçant près de Popov une séduisante actrice d’origine russe. Mais rapidement, Igor Popov déjoue les prévisions des services français…

Volsky, le narrateur, a des prétentions littéraires, et ce dans un style qui n’est pas celui de nos années 2010; il faut quelques instants pour entrer dans le récit, avant de se laisser emporter par la plume de Vladimir Volkoff. Une fois ce petit effort effectué, Le Retournement se lit avec beaucoup de plaisir. Le Père Noël a touché juste ! C’est bien sûr un roman d’espionnage et ce sans trop de gadgets (la modestie de la France d’après-guerre), mais avec une dimension littéraire inattendue pour le genre, et même avec de saisissantes scènes dans une Église orthodoxe, des passages aussi longs qu’une liturgie de cette tradition chrétienne. L’aspect religieux, surprenant donc dans le genre du roman d’espionnage, est particulièrement bien documenté et contribue à mes yeux à la qualité du livre !

Pour en savoir plus :

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:49
Voile de pierre, de Åke Edwardson - 2

Le commissaire de Göteborg Erik Winter et son équipe (Halders, Djanali, Bergenhem, Ringmar...) sont attachants, même s'ils côtoient souvent différentes facettes du Mal qui rôde dans nos sociétés modernes. Du coup, j'avance bien dans la relecture de cette série policière, même si je viens de découvrir qu'en français, on a traduit cet opus avant celui qui le précède dans l'ordre de parution originale (pour faire simple, Le ciel se trouve sur terre, que je n'ai pas encore lu car il est sorti en 10/18 après Voile de pierre, précède en fait Voile de pierre...). Or, comme chaque titre propose, en plus des énigmes policières, une évolution des situations (privées) des personnages, cela va être un peu bizarre. Drôle de choix donc des éditeurs.

Dans Voile de pierre, comme je l'expliquais dans ma première recension, il est question de gens qui fuient: la police, le passé... Et sans des enquêteurs un peu tenaces, pour différentes raisons (un ancien flirt, ou la question sensible des violences conjugales), ces disparitions passeraient inaperçues. La communauté des gens de la mer, avec ses règles et ses frontières spécifiques, garderait bien ses secrets. Mais les personnages de Åke Edwardson, comme je l'ai dit, sont têtus. Et n'ont pas peur (au contraire) de passer de la Suède à l'Ecosse pour démêler ce qui s'apparente à un "cold case". Comme d'habitude, une bande-son est suggérée, à partir de ce qu'écoute ou découvre le commissaire Winter (essentiellement du jazz et les classiques du rock). Plus spécifique à ce roman, un parallèle (pas forcément convaincant) est établi avec Macbeth; et l'innommable est tenu davantage à distance que d'habitude. De fait, Voile de pierre est à mes yeux un peu moins sombre et d'autant plus plaisant.

Pour en savoir plus :

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 20:31
Affiche du film

Affiche du film

Samedi 13 décembre, Cinéma Jacques Prévert (Aulnay-sous-Bois)

RESPIRE

De Mélanie Laurent (France, 2014)

J'ai lu récemment que Mélanie Laurent avait rêvé d'être réalisatrice, même si elle a d'abord été actrice (parfois géniale, parfois nettement moins) et chanteuse (il vaudrait mieux l'oublier). Elle est déjà passé une fois derrière la caméra (Les Adoptés, un film que je n'ai pas vu), et il y a quelques mois a lancé une campagne de financement participatif pour le documentaire qu'elle co-réalise pour COP21, le sommet mondial sur le réchauffement climatique qui se tiendra à Paris fin 2015 - un documentaire attendu !

Respire est une fiction inspiré d'un livre éponyme. Arrivée après la rentrée dans un lycée, en classe de terminale, Sarah semble très à l'aise et suscite beaucoup d'intérêt. Charlie (Charlène), moins extravertie, se réjouit de l'amitié qui naît entre elles. Une amitié de fusions et de tensions, car Sarah n'a pas beaucoup de tabous. Ah si, un tabou, soudain, ou plutôt un secret... Et la relation se trouve alors sur une nouvelle ligne de crête, où dangers et souffrances fortes guettent d'un côté, alors que de l'autre ce ne sont que les aléas d'une amitié adolescente.

Les choix de Mélanie Laurent ne m'ont pas toujours convaincu: la caméra à l'épaule, les séquences brèves - un peu impressionnistes -, n'étaient pas vraiment justifiés. Parfois, quelques dialogues manquent de naturel. Et puis il y a quelques images magnifiques (quoiqu'un peu cliché), quelques morceaux musicaux bien choisis, et, à partir du deuxième tiers, alors que le drame se noue, l'ensemble prend suffisamment forme pour qu'on soit moins gêné. Comme d'autres critiques le signalent, l'interprétation est réussie. Respire, oui, car après un tel film, oppressant, troublant, cela fait du bien d'inspirer largement l'air hivernal.

Bande annonce

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 21:51
Ouragan, de Laurent Gaudé

L'actualité des derniers mois rappelle que malgré le chemin accompli en une cinquantaine d'années, il y a des Américains plus égaux que d'autres. #BlackLivesMatter n'est pas encore un acquis, mais toujours une revendication, un slogan de lutte pour que les Noirs américains ne soient pas des citoyens de seconde zone, ni de la chair à renflouer les caisses des polices municipales, ni de la chair à recevoir les balles de policiers dépassés par leur rôle, ni de la chair qui ne mérite pas la justice.

En 2005 déjà et encore, l'ouragan Katrina dévastait la Louisiane et en particulier la Nouvelle-Orléans, évacuée par tous ses habitants. Tous ? Non, pas tous. Restaient quelques marginaux, quelques Noirs bien sûr.

Laurent Gaudé nous propose dans son roman de suivre une poignée de personnages qui se trouvaient à la Nouvelle-Orléans. Une mère seule avec son fils, qui attend le retour d'un homme parti six ans plus tôt; une très vieille dame à la fierté et à la dignité exacerbées par le souvenir de la ségrégation; un pasteur exalté mais fragile et dangereux; des détenus laissés enfermés alors que l'eau monte... Les éléments se déchaînent et bouleversent la vie de ces personnages.

Court, haletant, passant d'un personnage à l'autre très rapidement, le texte n'est pas exempt d'une dénonciation des injustices que j'évoquais. Un parti-pris que je ne critique pas, mais j'ai trouvé que Laurent Gaudé en faisait trop dans le pathos, au point de créer un malaise pour de mauvaises raisons. Dommage car Laurent Gaudé m'avait habitué à davantage de subtilité et de mesure (j'avais adoré les deux romans que j'ai lu de lui)...

Pour en savoir plus :

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 09:50
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson

Arto Paasilinna (d'ailleurs cité par Jonas Jonasson) n'a pas le monopole des farces scandinaves, et c'est une très bonne nouvelle ! Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire a connu un grand succès en librairie, ce qui a entraîné son adaptation au cinéma (que je n'ai pas vue). Succès mérité à mon avis, tant l'histoire est loufoque et bien menée.

Allan Karlsson, quasi-centenaire suédois, est depuis peu en maison de retraite, où une soeur sévère l'empêche de boire un coup comme il le souhaite. Alors pas question de devoir subir les festivités prévues pour son anniversaire. Allan passe par la fenêtre et s'enfuit. Il ne sait pas trop pour où, mais qu'importe. A la gare routière, il se retrouve presque malgré lui à récupérer une valise assez convoitée... Il poursuit son périple et fait la connaissance d'autres isolés. Pendant ce temps, la police mais aussi le gang Never Again se lancent à sa poursuite. C'est sans compter que dans son siècle d'existence, l'ancien artificier a su se tirer de situations très improbables, et a pu gagner des faveurs auprès de quelques puissants, dont Truman, Staline, Mao... Bien sûr, l'alternance des points de vue (entre les fuyards, les poursuivants, et des morceaux de la biographie du héros) contribue au rythme du roman, mais l'auteur ne se contente pas de cette méthode pour captiver et créer de l'absurde.

Un très bon moment de détente !

Pour en savoir plus:

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 12:13
One OK Rock (et invités) au Zénith

Deuxième concert de One OK Rock auquel j'assiste (le premier c'était au Bataclan en octobre 2013). Enfin hier soir, ce n'était pas que One OK Rock, mais plutôt un mini-festival de groupes de rock de trois "grandes îles". En première première partie, Mallory Knox Band, d'Angleterre, pendant 30 minutes. En deuxième (!) (oui, ça doit rattraper l'absence de première partie en 2013), un groupe australien, Tonight Alive, pour un set de 45 minutes. Et enfin, une heure (à peine plus) des rockeurs japonais qu'affectionne ma moitié.

La sonorisation était moins calamiteuse qu'au Bataclan (en même temps, pire, c'est difficile), mais bien trop puissante (très vraisemblablement bien au-delà des normes légales, et la vente de bouchons auditifs devrait d'ailleurs être considérée comme un aveu et non comme de la prévention). Et puis les grosses caisses suramplifiées, ça me fatigue (bon, ok, je me fais vieux) mais ça donne vite une impression de bouillie quand on y ajoute d'autres guitares et d'autres basses tout autant suramplifiées. A la différence du Bataclan quand même, les voix étaient plus nettes, plus claires. Un luxe qui n'a pas suffi pour m'aider à apprécier les chanteurs de Mallory Knox Band. Heureusement un peu plus la chanteuse de Tonight Alive et le chanteur de One OK Rock.

Au final, une confirmation: je ne suis pas un grand amateur de rock (quand il est compris comme ensemble voix+guitare(s)+basse(s)+percussions)... Tous les groupes ont fait preuve de l'énergie qu'on attend, un peu plus de variété dans les instruments et dans le style des chansons ne m'aurait pas déplu.

Pour en savoir plus sur les groupes :

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 22:07
Oblomov, d'Ivan Gontcharov

J'ai aperçu le livre, j'en ai lu la quatrième de couverture... et je me suis dépêché d'aller l'acheter ! Un classique russe dont je n'avais pas entendu parler (il semble qu'il manquait d'une bonne traduction française), qui traite de thèmes intemporels quand il s'agit de la Russie (un certain fatalisme, des propriétaires mauvais gestionnaires, etc.), et plus particulièrement d'une attitude qui ressemble un peu (mais pas complètement) à la procrastination moderne, ça m'a donné envie.

C'est un livre du dix-neuvième siècle, avec ses longues descriptions, non pas tant de paysages, de lieux, ou de structures techniques ou institutionnelles, mais plutôt d'états d'âmes. La préface propose une comparaison pour ces passages: "larges fleuves qui se prélassent paresseusement dans leurs lits confortables". Car il est question, dans ces presque 700 pages, d'Oblomov, âgé d'une trentaine d'année, qui vit à Saint-Pétersbourg avec son domestique des rentes (déclinantes) de son village rural dans lequel il ne revient jamais. Oh, parfois il y pense, bien sûr, mais c'est déjà trop d'agitation... Alors, entreprendre le voyage... Car oui, Oblomov se complaît dans une certaine paresse. Se lever est déjà un événement, sortir de chez lui relève donc de l'exploit. Des connaissances viennent le visiter, plus ou moins bien intentionnées.

Le livre est découpé en quatre parties. La première (un bon tiers du texte quand même) nous fait suivre Oblomov de son réveil (son lever sera plus tardif) jusqu'à la nuit clôturant une de ses journées ordinaires. A partir de la deuxième, Oblomov n'a plus le choix, il doit réagir face à des perturbations de son quotidien. Un déménagement, des rencontres, le chant de la jeune Olga, mais aussi les escroqueries de quelques proches entrent en conflit avec son penchant naturel.

Pour moi, difficile de m'identifier au héros tellement sa façon de remettre tout au lendemain est source évidente de complications (je suis un peu plus proche de Stolz, l'ami allemand d'Oblomov). Mais, entre naturalisme et romantisme, ce portrait d'une certaine Russie du milieu du dix-neuvième siècle a réussi à me captiver, notamment quand le rythme des événements s'accélère un peu. C'est une lecture qui porte, qui ouvre des horizons, oui, l'image du "large fleuve" est décidément appropriée !

Pour en savoir plus :

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 16:55

Vendredi 21 novembre, Cinéma Jacques Prévert (Aulnay-sous-Bois)

MAGIC IN THE MOONLIGHT

De Woody Allen (Etats-Unis, 2014)

Magic in the moonlight

Woody Allen aime les magiciens dans ses films. Avec Le sortilège du scorpion de jade, il y a déjà quelques années, je devenais fan du réalisateur, qui fera aussi apparaître un magicien dans Scoop (que j'avais aimé, sans plus), et dans Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (qui m'avait beaucoup déçu).

Après Blue Jasmine (l'automne dernier) qui se déroulait aux Etats-Unis, nous voici de retour en Europe, et plus particulièrement sur la côte d'Azur, dans les années 1920. Stanley Crawford, alias Wei Ling Soo, un célèbre illusionniste, est appelé à la rescousse par un ami et collègue pour démasquer une jeune femme, qui se dit medium, et utilise son "don" pour approcher de riches familles. L'illusionniste, persuadé qu'il n'y a rien au-delà de la réalité telle que la raison et la science peuvent l'appréhender, pense déjouer facilement les stratagèmes de la troublante Sophie. Cette dernière est sur le point d'épouser un jeune homme richissime et assez consternant... Evidemment, ce ne sera pas si simple. Stanley Crawford, par ailleurs très imbu de lui-même, va devoir réinterroger la place du pessimisme et celle de la raison dans sa vie.

Léger, le film comprend quelques dialogues particulièrement savoureux car confondants d'ironie. Le scénario est plutôt bien mené, pas très surprenant (ou capillotracté) ni complètement prévisible. Comme d'habitude avec Woody Allen, et avec son casting, les acteurs sont très bons. L'ensemble donne une comédie agréable... à condition bien sûr d'aimer ce style !

Bande annonce VOSTF

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