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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 11:00

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Roman autobiographique, Mon Amérique commence en Pologne ne se déroule ni aux Etats-Unis, ni en Pologne, mais à Paris, où la jeune Leslie, fille d'un employé de l'ambassade des Etats-Unis, vit son enfance, puis son adolescence. Années d'après-guerre, dans un cercle particulier, plutôt très privilégié. Plus qu'un récit, c'est une succession d'anecdotes, parfois de simples phrases, un peu comme une collection de coupures de presse, version journal personnel (pas vraiment intime). Faits, impressions, mais pas d'analyses ou de "projets" dans ces pages. J'aime moyennement cette première partie.

Et puis il y a d'autres pages, celles qui parlent de mai 68 (mais un peu avant quand même), une effervescence que Leslie Kaplan vit en tant qu'étudiante. Un bouillonnement d'idées, d'utopies; un bouleversement des ordres établis, des manières de vivre. Le propos est peu structuré, encore une fois, mais des passages me touchent, notamment ceux, déjà partagés avec une miss voyageuse:
circuler, plutôt qu'être à sa place
circuler partout
et les mots aussi circulaient
prenaient des drôles de sens
(...)

tout le monde pensait sans arrêt
tout le monde essayait de penser
c'était extraordinaire
et complètement normal

Une époque unique, sans nul doute. Des pages avec des fulgurances, avant une troisième partie, plus posée, où la narratrice raconte sa relation avec une amie et sa fille, cette dernière symbolisant déjà une nouvelle vision du monde.

Mon Amérique commence en Pologne se lit très vite, du fait de cette écriture très courte, très anecdotique, avec des répétitions (des paroles de chansons en anglais puis leur traduction en français). Comme je l'évoquais, il y a quelques lignes que j'ai trouvé très fortes. Hormis ces paragraphes, le côté "anecdotique" est d'ailleurs un choix qui ne m'a pas plu car on peine à savoir pourquoi ces souvenirs et pas d'autres. En fait je regrette - mais c'est personnel - l'absence de "finalité" au texte.



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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 20:37
Vendredi 5 février
Paris 20, MK2 Gambetta

A SERIOUS MAN
De J. et E. Coen (USA, 2009)

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Mon appréciation: 5/10

Leur Amérique commence en Pologne... ou en Europe de l'Est, il y a longtemps, où l'on parle yiddish, de Cracovie, Lviv... une version rurale quasi moyen-âgeuse de ces vies. Un prologue déstabilisant, qui donne d'emblée le thème: la malédiction, l'absurde.

Après cette introduction, l'action se situe dans le Mid West des années 1960. Larry, professeur de mathématiques, est bien intégré dans la communauté juive locale; son fils prépare sa bar mitsvah... Tout n'est pas parfait, mais c'est tout à fait l'histoire de Job, ce personnage biblique avec qui les Juifs ne peuvent s'empêcher de se comparer: au départ, une situation plutôt heureuse, et progressivement, une série de mauvaises nouvelles s'abat. Larry apprend que sa femme veut divorcer, pour vivre avec un prétentieux; en plus, c'est lui, Larry, qui doit déménager; à l'université, des lettres anonymes pourraient lui coûter la titularisation qu'on lui promettait depuis longtemps; un de ses élèves fait pression sur lui pour valider un examen et lui remet (ou pas ?) une enveloppe d'argent; sa fille passe plus de temps à se coiffer qu'à étudier; son fils se drogue; son frère, envahissant, est accro au jeu et se fait régulièrement raccompagner chez Larry par la police... N'en jetez plus !

"Tu devrais voir le rabbin", lui répète-t-on. Le premier rabbin, à peine sorti de l'adolescence, compare la vie à un emplacement de parking; le deuxième raconte une histoire de dentiste sans chute; le troisième ne reçoit pas car "il médite".

Télérama écrit "le plus émouvant (film) des frères Coen". On m'avait dit "on ne peut s'empêcher de rire". Hum. Ca n'a pas marché pour moi, je n'ai pas réussi à m'identifier à l'un ou l'autre des personnages, et puis certes l'autodérision typique de l'"humour juif" est bien présente mais fonctionne mal. J'ai été déçu, eu l'impression de "passer à côté". Ca arrive !

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 23:41
J'ai des goûts musicaux assez variés, mais heureusement quelques préférences, et j'arrive aussi à coller quelques étiquettes, certes subjectives, à ces styles que j'affectionne particulièrement; folk, pop, soul...

Joss Stone, c'est la blue-eyed soul, c'est plusieurs albums (j'en ai trois sur quatre) de bonheur... et ce soir c'est un concert à l'Olympia, qui est comme vous le savez une de mes salles préférées à Paris. Comme souvent, j'arrive à être à quelques mètres de la scène.

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En première partie, Jenny Lane et son groupe (ils sont huit), qui viennent des Pays-Bas (des grands blonds aux claviers ressemblent bien aux clichés); c'est plus du cri que du chant et la voix est loin d'être bien maîtrisée, mais il y a un bel enthousiasme pendant les 30 minutes du show.

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Ensuite, à nouveau 7 musiciens (bon 2 choristes, 2 guitaristes-bassistes, 1 sax -prodigieux-, 1 batteur, et 1 aux claviers) sur scène, cette fois-ci avec Joss Stone, pieds nus dans une surprenante/sensuelle combinaison/maillot de bain des années 1930. La voix ? Magnifique, virtuose. Les chants ? Tirés de ces quatre albums, plutôt punchys (m'ont manqué Less is more, et la bouleversante berceuse Sleep like a child). Le show ? On voit qu'il a été écrit (manque un peu d'improvisation/spontanéité), mais c'est efficace... car vraiment trop court (75 mn dont 10 mn pour obtenir un rappel) !

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:58
Mardi 2 février
Paris 19, MK2 Quai de Seine

EATRIP
Documentaire de Yuri Nomura (Japon, 2009)
dans le cadre des Mardis de Courrier International

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Voir les éditions précédentes: (2010): janvier - (2009): novembre - juin - mai - avril - février
Voir la page spéciale sur le site de Courrier International

Mon appréciation: 7/10

Pour une fois, pas de "grands méchants", de crimes contre l'humanité, de pollueurs assassins... Bienvenue dans le Larzac japonais (toute proportion gardée). Bien manger pour être en bonne santé, pour trouver le bonheur, tel semble être le credo d'un nombre croissant de Japonais. Revenir à des aliments sains et simples, ré-apprendre à préparer les plats et à partager des repas, ils sont plusieurs, artistes engagés ou anonymes, à fuir les villes et à regagner des campagnes où il fait tellement meilleur vivre... On les écoute, on les voit à l'oeuvre, à troquer des oeufs contre des graines, à prendre des cours de rituel du thé, à manipuler les aliments... ça met l'eau à la bouche.

Culture japonaise oblige, le film ne dénonce rien. Public français donc plutôt déjà sensible à la gastronomie et aux enjeux d'une alimentation naturelle et saine, le propos du documentaire manque de force. Les témoignages sont parfois un peu naïfs. Heureusement, la beauté des images et de cette Terre nourricière sont là.

On apprend pas mal de choses sur le Japon (ce souhait de "retour aux traditions" notamment des générations plus jeunes; la pêche à la baleine comme combat politique plus qu'une défense d'une culture, ces repas de Japonais à la sortie de leurs superettes...) grâce au journaliste de Courrier International qui assure la partie questions/réponses après le film.

En somme, une évasion pas désagréable sur le thème de l'alimentation au Japon...
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:30
Depuis le début de l'année, je passe beaucoup de temps à discuter avec mes proches et mes amis. Des questions que j'ai parfois effleuré, notamment ici et . Les échanges sont riches, je bénéficie de beaucoup d'écoute attentive. Je n'ai donc pas à me plaindre. Il est encore un peu tôt d'en dire plus sur mon blog...

Ces discussions, autour d'une boisson chaude (j'écume tous les St*rbucks de la capitale), d'un dîner, peuvent aussi avoir lieu en visitant une exposition (c'est toujours mieux qu'entre deux métros).

ora_6_cpnympheas2.jpgDimanche en début d'après-midi, le magnifique soleil d'hiver facilite le trajet jusqu'au jardin des Tuileries et le musée de l'Orangerie. J'étais déjà entré au "Jeu de Paume" (pour l'expo Avedon par exemple), mais pas dans son bâtiment jumeau, le Musée de l'Orangerie. La gratuité pour les moins de 26 ans nous concerne encore quelques jours, c'est donc le bon moment pour découvrir... d'abord les Nymphéas, de gigantesques panneaux courbes sur des thèmes aquatiques peints par Claude Monet, et remarquablement mis en valeur dans ce bâtiment.On s'extasie ces jours-ci sur les prouesses qui nous font "entrer" dans un film, mais Monet réussit déjà l'immersion: on se croit facilement à bord d'une embarcation sur un cours d'eau.

Deuxième temps de la visite, la collection Jean Walter et Paul Guillaume, permanente. Cézanne, Matisse, Picasso, Derain et d'autres aux noms moins familiers (au moins en ce qui me concerne) comme Utrillo, Soutine... Les oeuvres sont moins "spectaculaires" que les Nymphéas, mais méritent une visite. Autre avantage, la taille relativement "réduite" de la collection exposée permet de prendre le temps (à la différence de galeries plus grandes, frustrantes car épuisantes).

logograndEnfin, l'exposition temporaire "Enfants modèles" rassemble les tableaux que les peintres ont fait de leurs enfants/de leurs familles; des séances de pose traumatisantes pour les plus jeunes, des costumes qui prêtent à sourire, mais aussi souvent beaucoup de tendresse dans ces oeuvres. Les témoignages qui accompagnent les tableaux ébauchent une sociologie de ces enfants d'artistes (souvent connus); l'exposition n'est pas non plus très "marquante" mais l'art n'a pas à être nécessairement bouleversant ! (EDIT 13/02: critique TELERAMA de cette exposition)

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 23:41
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Impressionnant, le nombre de "monuments" de la littérature que je ne connais pas ! Les Aventures d'Alice au pays des merveilles, c'est un de ces livres qui servent de référence partout; exemple parmi des centaines d'autres, le "Lapin blanc" que Neo doit suivre dans Matrix... Je n'ai même pas vu le dessin animé de Disney, autant dire qu'à part "l'histoire d'une petite fille qui suit à un moment un Lapin blanc et qui grandit", je ne savais rien sur l'oeuvre de Lewis Caroll.

Cette histoire inspirée de celles que l'auteur racontait à ses filles est truffée de jeux de mots; le traducteur est embêté et s'explique en notes de bas de page (malheureusement reléguées en fin de livre, ce qui nuit beaucoup à la lisbilité); mais ces jeux de mots sont faits pour être entendus plus que lus, donc je ne suis pas sûr qu'une lecture en VO m'aurait fait plus apprécier cette facette du texte.

Sinon, c'est l'histoire d'Alice, une fillette de 7 ans, qui se promène en forêt. Elle croise un lapin (blanc, donc), qui parle et qui est en retard. Intriguée, elle le suit. Le terrier s'avère une sorte de toboggan et elle atterrit dans un monde bizarre, où elle croise nombre d'animaux, où elle grandit et réduit de taille en fonction de ce qu'elle mange... Univers un peu absurde, qu'elle explore en se confrontant avec difficultés aux créatures qui occupent les lieux.

Les Aventures d'Alice au pays des merveilles est donc d'abord l'histoire d'une enfant et de la découverte de l'étrangeté de l'Autre, quel qu'il soit. Un beau texte, dont je n'ai sûrement pas saisi toutes les richesses... mais il n'est jamais trop tard !



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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 23:56
Mardi 19 janvier
Paris 20, MK2 Gambetta

INVICTUS
De C. Eastwood (USA, 2009)

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Mon appréciation: 7/10

Mandela. Déjà, ça impressionne. C'est quasi-indépassable dans l'histoire récente.

Freeman, pressenti pour le rôle dès l'accession au pouvoir de Mandela, et qui a trouvé l'angle (grâce à un livre) qu'il fallait pour aborder le monument.

Eastwood, pro. Des ficelles énormes, et pourtant la gorge se noue, devant ce "vivre ensemble" qui se construit sur un écran et pour de vrai, il y a 15 ans, quand l'Afrique du Sud accueillait et remportait, contre toute attente, la Coupe du Monde de rugby. Une "identité nationale", une "nation", une "patrie" ? Je déteste ces termes. Simplement une communion de femmes et d'hommes qui surmontèrent leurs peurs et leurs haines respectives pour aller de l'avant. Eastwood est un familier de ces récits bourrés d'espérance.

On veut croire au triomphe de la réconciliation, de la "grandeur" (l'intraduisible greatness). Et on se sent petits, en tant qu'individu, en tant que groupe (je pense à la France, et même à l'Europe). Le fantasme de l'homme/femme providentiel/le ? Sans doute. Mais on a tellement envie de croire que c'est possible.


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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 14:37
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Il me semble que la première fois que j'ai lu Quatrevingt-treize, ce devait être pour une fiche de lecture en classe de troisième, ça fait donc un petit moment. Depuis, je me suis replongé plusieurs fois (6, 10 ?) dans ce roman historique d'un des monstres sacrés de la littérature française, avec à chaque fois autant de plaisir. Ca m'étonne d'ailleurs que je n'aie jamais recensé sur mon blog !

On sait que Victor Hugo, né en 1802, était fasciné par la Révolution française (ça se comprend), et surtout par Napoléon Bonaparte. C'est donc logique qu'il écrive sur les événements de 1793, quand la France a guillotiné Louis XVI, quand Robespierre, Danton et Marat incarnent le gouvernement, quand la Convention tient lieu de régime, quand "la Patrie est en danger", avec des combats sur de multiples fronts, quand la Vendée entre en guerre civile contre la République...

Ecrit en 1873, Quatrevingt-treize narre l'affrontement de trois hommes pris dans la tourmente de leur siècle. Le marquis de Lantenac, exilé outre-Manche, tente de regagner le continent où il doit prendre la tête du mouvement vendéen. Son neveu, Gauvain, est un ardent révolutionnaire et dirige le corps expéditionnaire chargé de mater la révolte. Le tuteur de Gauvain, Cimourdain, prêtre défroqué, est quant à lui dépêché par le Comité de salut public pour surveiller Gauvain et surtout l'exécution de la consigne "pas de quartier" (la Terreur dans toute son horreur, alors que Gauvain victorieux aime se montrer magnamine et préfère pardonner au nom de la République plutôt qu'éliminer).

La guerre fait rage, dans cette Vendée et cette Bretagne propices à la guérilla (Hugo peint admirablement ces forêts, ces bois, ces villages où une armée sans uniforme peut tenir en échec une armée professionnelle). Des civils sont pris dans les événements: une mère et ses trois enfants, un marin, un rebouteux... Plusieurs dizaines de pages décrivent aussi, avec une documentation impressionnante, ce monde si particulier qu'est le Paris de 1793 et ce théâtre qu'est la Convention; des pages souvent "survolées" car n'apportant pas à l'intrigue, mais que j'ai lu plus attentivement cette fois-ci, parce qu'elles permettent à Hugo d'explorer une expérience exceptionnelle.

Lyrique et typique du mouvement "romantique" en littérature, Quatrevingt-treize est donc à la fois un roman d'aventures, un documentaire sur une période de quelques mois étonnament moderne, une réflexion sur la nature humaine, le sens de la famille, le devoir, l'humanité... Ce n'est sûrement pas la dernière fois que j'ouvre ce livre !



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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 23:11
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L'histoire des pays dits d'Europe centrale et orientale m'intéresse beaucoup. L'histoire polonaise particulièrement, pour toute une série de raisons. Il y a quelques années, la visite de la synagogue et du mini-musée juif d'Oswiecim (la ville où fut ensuite implanté le camp d'Auschwitz-I) m'avait particulièrement marqué. En effet, plus que les visites des ghettos de Cracovie ou Varsovie, ce musée m'avait fait prendre conscience du caractère très "communautaire" de la vie des Juifs dans ces pays avant la Shoah. Très "communautaire" mérite une explication: avec leur religion, leur langue, leurs coutumes, leur organisation sociale, mais aussi leur habitudes notamment vestimentaires, les Juifs formaient un groupe extraordinairement distinct du reste de la population. Un cloisonnement qui favorise les discours où l'Autre est le parfait bouc émissaire pour tous vos problèmes... et donc une absence de sympathie entre Juifs et non-Juifs, entretenue par les deux camps. Un terreau fertile pour ce qui a suivi.

Cela dit, à quoi ressemblait la vie dans ces communautés juives européennes du début du vingtième siècle ? En parcourant les rayons de la librairie, ce livre a suscité ma curiosité... je verrais après que je ne demande pas moins qu'à un Prix Nobel de Littérature (après Hemingway et Le Clézio, je rattrape mon retard à ce rythme !) de me raconter son enfance ! Isaac Bashevis Singer*, nobélisé en 1978, est fils de rabbin. Rien d'exceptionnel, il constate plusieurs fois dans son livre qu'il y avait peut-être trop de rabbins dans des mini-communautés où l'argent manquait. Parmi les fonctions du rabbin, celle d'arbitrer les différends dans la communauté. L'autorité du père d'Isaac ne s'étend qu'à quelques numéros de la rue Krochmalna de Varsovie... Le jeune Isaac, curieux de nature, s'arrange toujours pour écouter les plaignants exposer leurs griefs, et son père leur proposer un arrangement. Une école de la vie, en somme, même si encore une fois le monde de l'enfant se limite à un petit quartier.

Il nous raconte les histoires de l'humanité: des couples qui se cherchent, qui s'aiment, qui se déchirent; des héritiers qui se disputent; des hommes et des femmes qui doutent ou qui souffrent. Il nous raconte aussi une région de l'Europe partagée entre trois empires (Russie, Autriche, Allemagne), où la couleur de l'uniforme change souvent sans que le quotidien n'évolue vraiment; une région qui a souffert des privations de la première Guerre mondiale (eh oui il n'y avait pas seulement du rationnement en France); une région où on pensait que cohabiter sans plus suffisait pour garantir paix et sécurité.

Les chapitres sont courts, et peuvent être lus indépendamment les uns des autres, comme des nouvelles, sauf les derniers (chronologiques), durant lesquelles une partie de la famille d'Isaac quitte Varsovie, à la fin de la première Guerre mondiale, pour rejoindre la "province", et où Isaac commencera son adolescence. Au tribunal de mon père nous fait entrer dans le quotidien d'une famille juive de Varsovie, avec des yeux d'enfants, avec aussi cette responsabilité de transmettre quelque chose que la barbarie a fait disparaître. Un témoignage de valeur.

*: Vous pensez à la marque de machine à coudre (et autres) ? Moi Singer m'évoque (mais on parle de la même famille) "LE" café de Kazimierz (l'ancien quartier juif de Cracovie): haut lieu de la vie étudiante cracovienne, avec ses machines à coudres sur les tables, son éclairage à la bougie, et les heures magiques de mon année Erasmus là-bas ! J'y retourne quand je peux (août 2005) ou pas (août 2008).



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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 00:22
Vendredi 8 janvier
Paris 20, MK2 Gambetta

BLISS
De D. Barrymore (USA, 2009)

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Mon appréciation: 7/10

Bliss, c'est un concentré de "formules" qui marchent roulent (en rollers):
- Bliss, l'héroïne, ado rebelle au look alternatif et aux parents très middle class, comme dans Juno
- l'interprète de l'héroïne, la rising star Ellen Page, comme dans Juno
- l'intemporalité des accessoires (et donc du film: cabines téléphoniques et ordinateurs d'il y a dix ans), comme dans Juno, et comme dans Boulevard de la mort (oui, Tarantino)
- le style "le glamour et l'action", comme dans Charlie's Angels
- Drew Barrymore pour incarner ce style, devant (comme dans Charlie's Angels) et derrière la caméra (euh... c'est son premier film en tant que réalisatrice)
- le style "les filles aiment l'adrénaline", là encore comme dans Charlie's Angels mais surtout comme dans Boulevard de la mort
- les interprètes casse-cou Zoe Bell et Eve, comme dans Boulevard de la mort
- le coach au look Kurt Russell (encore Boulevard de la mort) ou, plus franchouillard, mélangeant Philippe Lucas et Sébastien Chabal
- l'ironie (moins mordante mais quand même) envers les beauty pageants, comme dans Little Miss Sunshine

Il y a sûrement encore des dizaines d'emprunts, on ne pourra donc pas dire que Bliss déborde d'inventivité, mais les recettes marchent et c'est vraiment un film qui fait du bien.

Le pitch ? Bliss, ado rebelle (ne l'ai-je pas déjà mentionné ?!), accepte de participer aux concours de beauté pour faire plaisir à sa mère. Jusqu'au jour où elle découvre les Texas Rollers Derbies (oui, ça se passe entre un bled paumé du Texas et Austin): des équipes de femmes s'affrontent dans des courses de rollers agrémentées de bousculades. Par défi, elle assiste à un casting... et sera sélectionnée. Evidemment, sa notoriété soudaine lui donne un coup de pouce côté coeur, mais il faut cacher tout ça à ses parents...


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