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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 15:11
Ce doux pays, de Åke Edwardson

Le commissaire Winter est de retour après ses six mois sabbatiques en Espagne. Comme dans tant de métropoles de pays privilégiés, Göteborg compte aussi toute une population discrète, qui fonctionne un peu en vase clos, qui cherche à éviter le contact avec les autorités et les services publics, une population formée de gens venus de pays où leur vie était menacée, dans lesquels la confiance ne peut pas aller au-delà du cercle de la communauté. C'est cette population que l'équipe d'enquêteurs du commissaire devra approcher, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer dans une épicerie ouverte 24 heures sur 24, en périphérie de la ville, mais aussi dans un appartement des quartiers nord: plusieurs personnes ont été abattues ou tuées avec des moyens radicaux. Le problème, bien sûr, c'est que dans cet univers précarisé par l'exil, les identités sont multiples et les interlocuteurs fuyants, aux deux sens du terme. Autant dire qu'il faut beaucoup de temps avant de trouver une piste qui puisse vraiment être suivie !

Après une petite lassitude envers le style de l'auteur dans Chambre numéro dix, j'ai lu avec plaisir cette nouvelle enquête, qui aborde une question bien d'actualité, celle des difficultés pour des exilés à reconstruire des vies à l'étranger, loin de leurs racines, dans des cultures très différentes de celles de leurs origines. Rédigé en 2006, ce roman prend appui sur des évolutions géopolitiques majeures, dont nos sociétés occidentales n'ont probablement pas saisi la pleine mesure. Quant à l'intrigue, elle est assez efficace. Je vais donc continuer le cycle !

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 18:55
Source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Les%20enfants%20du%20capitaine%20Grant/

Source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Les%20enfants%20du%20capitaine%20Grant/

Lord Glenarvan est écossais. Il vient de se marier, et "essaie" son nouveau yacht, le Duncan. Un requin se laisse attraper, et son estomac libère une bouteille contenant trois parchemins, sur lesquels le même message semble avoir été écrit, en allemand, en anglais et en français. Mais l'eau a abîmé le texte, rédigé par un certain capitaine Grant et deux matelots, après le naufrage de leur navire, le Britannia, deux ans auparavant. La latitude est complète (37°11), mais la longitude manque pour savoir où partir à leur secours. Lord et Lady Glenarvan, leur équipage dirigé par John Mangles, mais également Mary et Robert, les deux enfants du capitaine Grant partent néanmoins à la recherche des naufragés. Un géographe français au savoir encyclopédique, Jacques Paganel, a aussi embarqué à bord du Duncan, qui fait d'abord route pour la Patagonie (le Chili et l'Argentine). Mais les recherches les conduisent à poursuivre le 37ème degré, jusqu'en Australie, et même au-delà. L'occasion d'une description des pays traversés, de leur faune, de leur flore, de leurs climats, de leurs habitants...

Comme ce n'est pas la première fois que je lis Les enfants du capitaine Grant (même si cela faisait un bon moment !), j'ai bien repéré les pistes laissées par l'auteur quant aux rebondissements à venir. Les voyageurs affrontent tour à tour des embûches naturelles et des adversaires humains, et les exposés de Paganel servent de prétextes à l'état des connaissances sur un sujet donné au moment de la rédaction du livre, en 1868.

Le caractère "daté" du roman est très sensible quand il s'agit de décrire les populations indigènes des pays traversés. C'est condescendant, colonialiste, raciste, insupportable aujourd'hui. Et pour une fois que chez Jules Verne, il y a des femmes comme personnages de premier plan (Lady Glenarvan, Mary Grant), j'aurais presque préféré qu'il s'abstienne tant leurs rôles sont... révélateurs de l'état d'esprit des hommes français au dix-neuvième siècle (et un peu au-delà, mais la généralisation est imprudente). La vision du monde comme le considérait Jules Verne pose vraiment problème dans Les enfants du capitaine Grant, même si l'auteur est un grand romancier...

Pour en savoir plus:

Gravures de l'édition originale (source: Source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Les%20enfants%20du%20capitaine%20Grant/)
Gravures de l'édition originale (source: Source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Les%20enfants%20du%20capitaine%20Grant/)
Gravures de l'édition originale (source: Source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Les%20enfants%20du%20capitaine%20Grant/)

Gravures de l'édition originale (source: Source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Les%20enfants%20du%20capitaine%20Grant/)

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 10:07
Exposition Aardman L'art qui prend forme, à Art Ludique - Le Musée

Ce samedi, nous sommes allés à Art ludique - Le musée, sur le quai d'Austerlitz, dans ce Paris de bâtiments modernes et froids. Objectif, l'exposition sur le studio Aardman, du nom d'un personnage créé par une petite équipe britannique dans les années 1970, qui connaîtra la célébrité avec Wallace et Gromit. Le studio expérimente une grande diversité de techniques, dont celle de stopmotion (illusion du mouvement à partir de prises de vues figées - par exemple avec des personnages en pâte à modeler), et décroche plusieurs contrats avec les différentes chaînes télé de la BBC. De notre côté de la Manche, beaucoup de leurs productions nous sont inconnues, mais en longs métrages on peut citer Chicken Run et Wallace et Gromit: Le mystère du lapin-garou, que j'avais été voir au cinéma, il y a une dizaine d'années, et, depuis le 1er avril dernier dans les salles, Shaun le mouton.

L'exposition est dense, avec de nombreux dessins, croquis, concept arts, projections d'extraits des productions du studio, et surtout les figurines et les superbes décors utilisés pour plusieurs de ces films (en particulier de Pirates ! Bons à rien et mauvais en tout). La richesse des détails et le mélange de réalisme et de loufoque des univers créés émerveillent. Le commentaire de l'audioguide et les textes affichés sont instructifs et savent ne pas noyer dans trop d'informations.

Deux regrets (et demi) quand même:

  • le prix (15,5€ en plein tarif),
  • l'absence de regard critique/analytique (l'exposition pourrait figurer dans le musée du studio - elle manque en fait d'avis extérieurs, qui n'ont pas besoin d'être négatifs, mais qui contribueraient à éveiller l'attention sur des points qui auraient pu échapper aux artistes eux-mêmes),
  • et l'affluence (demi-regret car un samedi en plein milieu d'après-midi est forcément un horaire de pointe !).
Photos extraites du site de l'exposition (http://artludique.com/aardman.html)
Photos extraites du site de l'exposition (http://artludique.com/aardman.html)
Photos extraites du site de l'exposition (http://artludique.com/aardman.html)

Photos extraites du site de l'exposition (http://artludique.com/aardman.html)

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 13:18
Berezina, de Sylvain Tesson

Après Éloge de l’énergie vagabonde (première et deuxième lecture) et Dans les forêts de Sibérie, nouveau voyage avec Sylvain Tesson. Cette fois-ci, il s’agit de suivre plus ou moins l’itinéraire de la Grande Armée de Napoléon pendant l’hiver 1812, donc deux cent ans auparavant, jour pour jour. Point de départ ? Moscou, point extrême d’avancée des troupes, mais aussi capitale incendiée par Alexandre 1er qui n’offrira donc aucun refuge aux soldats venus de si loin. Point d’arrivée ? Paris, et même les Invalides, où repose l’Empereur. Moyen de locomotion ? Trois « Ourals », des motos avec side-cars de conception soviétique, chevauchées par Sylvain Tesson, deux amis « de l’Ouest » et deux amis russes. Aux étapes, des récits de survivants de cette abominable campagne, où les morts se comptent par dizaines de milliers, où l’horreur des combats semble presque normale en comparaison avec les souffrances innommables que les soldats napoléoniens ont dû affronter, des souffrances résumées en deux mots: le froid et la faim. Alors que les Russes n’ont remporté aucune bataille, la stratégie de leur état-major, pourtant critiquée, décime une armée qui multipliait les victoires; mais ces stratèges commettent néanmoins des erreurs qui retardent l’anéantissement du projet impérial.

La Berezina, cette rivière traversée dans d’affreuses conditions, j’en avais vaguement entendu parler en fin de primaire, dans l’un des rares cours que j’ai eu sur l’épopée napoléonienne. Comme beaucoup, j’éprouve beaucoup de gêne au sujet de cette époque et de ce personnage. Nous bénéficions certes de plusieurs de ses réformes, mais sa recherche d’unité européenne par la guerre me semble avoir davantage contribué à opposer les peuples qu’à les rapprocher. Même s’il s’agissait de se défendre, étions-nous obligés d’envahir toute l’Europe ?

Dans cet amusant récit de voyage, qui évoque aussi l’Europe d’aujourd’hui, Tesson donne parfois l’impression de vouloir un peu réhabiliter l’empereur corse, une démarche qui peut évidemment contribuer à vendre le livre ! Mais ces tentatives sont en fait juste esquissées, et à mettre en miroir avec les témoignages sur le retour (très rapide) de Napoléon de Vilnius à Paris, où l’empereur se raconte et dévoile un ego et une perception déformée des réalités. Comme souvent, l’auteur égratigne certaines des caractéristiques de nos sociétés modernes (y compris un texte de Lionel Jospin, inattendu).
Une question demeure, d’une grande pertinence. Napoléon a su convaincre des masses de le suivre; le vingtième siècle a montré jusqu’où un chef pouvait entraîner des êtres dans sa folie; aujourd’hui, existe-t-il une cause (même abstraite, en attente d’incarnation) pour mobiliser des peuples entiers ? Ou l’idéal de la société de consommation a-t-il fait disparaître la possibilité de telles aventures collectives ?

Pour en savoir plus:

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 18:53
Indian Palace : Suite Royale

Samedi 4 avril, Gaumont Parnasse (Paris)

De John Madden (Grande-Bretagne États-Unis, 2015)

On avait beaucoup aimé Indian Palace (en VO The Best Marigold Hotel), de l'humour britannique sur le troisième âge, l'expatriation des cheveux blancs, l'exotisme indien. Et comme les occasions de rire ne sont pas trop nombreuses ces temps-ci, cette suite s'annonçait une bonne sortie. Et oui, on a ri, on a pris beaucoup de plaisir à retrouver certains acteurs (Judi Dench, Maggie Smith en particulier) qui semblent s'amuser.

Mais, comme presque toujours, la suite est quand même moins bien que l'original. Dans ce deuxième opus, l'ambitieux mais "insécure" Sonny, patron du Best Marigold Hotel, est sur le point d'épouser Sunnaina, sa promise, mais il a la tête ailleurs. Son hôtel pour le troisième âge a trouvé son rythme de croisière et les résidents s'y plaisent tellement qu'il affiche complet. Il faut donc s'agrandir, et obtenir des fonds pour acheter un autre édifice et le rénover. Comme le film s'est américanisé, la recherche de capitaux se fait aussi aux États-Unis (!), et aura pour conséquence l'envoi d'un émissaire américain à l'hôtel pour le tester. Guy (Richard Gere) est immédiatement identifié comme cet inspecteur par Sonny, qui multipliera les impairs, alors que ses résidents britanniques sont accaparés pour la plupart par leurs histoires de coeur ou de santé.

La comédie est gentille, les rebondissements très prévisibles, la psychologie des personnages manque vraiment d'épaisseur, on perçoit que certaines scènes sont plus "imposées" par la production qui "prédit" les attentes du public que par le scénario, bref, la malédiction de la suite a bien frappé. Indian Palace: Suite Royale reste une détente agréable, si on se garde de lui en demander plus !

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 14:13
Le triomphe de la cupidité, de Joseph E. Stiglitz

C'est extrêmement rare que je lise des essais d'économie. Au lycée puis à Sciences Po Lille, j'ai pourtant eu plusieurs cours dans cette discipline, qui, très souvent (mais pas toujours) me déconcertait par sa volonté d'influencer le monde réel tout en partant de postulats utopiques (la fameuse concurrence libre et parfaite, par exemple). Partir de théories déconnectées de la réalité pour corriger les défauts de nos systèmes économiques et sociaux, remplacer l'humain par des calculs mathématiques, c'est, étonnamment, assez peu convaincant quand on s'intéresse un tant soit peu à la chose publique.

En 2008, une crise financière est partie des États-Unis. Nous en payons encore les conséquences, même si bien entendu de multiples autres causes sont en jeu pour nos économies française et européenne. En 2010, Joseph E. Stiglitz, qui a exercé de très hautes responsabilités, auprès du président Clinton, puis à la Banque mondiale, prend à nouveau la plume (il avait publié auparavant plusieurs titres, dont La grande désillusion en 2002) pour analyser la crise aux États-Unis, ses causes, les mesures prises, et les mesures qu'il aurait fallu prendre, selon lui, pour une réforme profonde du système qui corrigerait ses dérives majeures.

J'avais acheté le livre probablement peu après sa sortie, et je n'avais jamais eu le courage de m'y attaquer. C'est chose faite, et même si certains raisonnements me sont passés au-dessus, la lecture a finalement été intéressante. Un peu datée (puisque 5 années sont passées) et très orientée sur les États-Unis, son analyse démonte les mécanismes pervers qui ont conduit à la crise des subprimes. En néo-keynésien, il montre bien que la dérégulation à outrance, en particulier dans les secteurs bancaires et financiers, n'a pas de sens dans la mesure où le sens moral que les agents sont supposés avoir entre en tension vive avec l'appât du gain et la cupidité. L'économiste explique comment les banques ont entretenu le mythe d'une croissance continue des prix de l'immobilier, auprès d'un public peu informé (et tenu aussi volontairement dans l'ignorance), qui s'est endetté au-delà de sa solvabilité. La titrisation, au lieu d'atténuer le risque lié à l'insolvabilité, a aggravé le problème. Le livre illustre cette redistribution des économies et des impôts des moins privilégiés au profit des bonus mirobolants et immoraux des responsables de la crise. Les postulats trompeurs des néoclassiques, de Friedman et l'école de Chicago ont nié les inégalités d'accès à l'information, les possibilités d'intervention de l'État pour sécuriser le bien-être du plus grand nombre (et non des plus riches), etc.

Stiglitz n'est pas un dangereux gauchiste, mais il rappelle que quand les élus politiques ont accepté de ne pas se mêler d'économie, les intérêts du plus grand nombre ne sont pas "magiquement" protégés par le marché. Il pointe les erreurs faites, qui ont notamment consisté en renflouer des entreprises fautives (qui ont redistribué les bénéfices aux actionnaires) sans protéger les citoyens et usagers de l'économie réelle. L'ancien responsable de la Banque mondiale aborde de nombreux autres problèmes que je ne vais pas reprendre mais l'une des idées majeures est d'appeler au courage de résister aux lobbys des financiers, en particulier quand ceux-ci sont responsables de tant de crises et de croissance des inégalités.

Pour paraphraser une citation bien connue, "la finance est une chose trop sérieuse pour la confier uniquement aux financiers". Aux élus politiques de faire preuve de courage, de sens de l'intérêt général. Et aux électeurs de les sanctionner, s'ils ne le font pas. Le rapport de forces dans une vraie démocratie finira forcément par imposer davantage de justice. D'ici là, à chacun d'essayer de limiter les dégâts !

Pour en savoir plus:

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 13:16

Lundi dernier, 30 mars, la sortie du deuxième album de Selah Sue coïncidait avec la date de son concert à Paris, à l'Olympia. Plusieurs extraits de cet album "Reason" avaient été diffusé, dans des cadres inhabituels pour des prises de son, puisqu'il s'agit de gares ou d'aéroports ! Ici, à la gare du Nord à Paris:

Nous arrivons pile à l'heure dans cette salle de concerts qui me manquera, dans quelques mois. La première partie commence juste, il s'agit de Gabriel Rios; un guitariste-chanteur, une violoncelliste, un contrebassiste, et quel voyage agréable dans des sonorités exotiques, cubaines et puertoricaines notamment ! J'ai beaucoup aimé, c'est génial quand les premières parties deviennent des coups de coeur.

Après une longue pause, qui ne suffira pas à que tous les retardataires arrivent (ce qui est pénible, une heure plus tard, surtout quand on est dans le fond du balcon et que chaque arrivée perturbe le spectacle), voici Selah Sue et ses musiciens. Quelle voix ! Le set alterne des titres des deux albums, ainsi que les rythmes entre ballades soul et tonalités plus électro et hip-hop. Un beau concert (pas celui du siècle mais quand même), bien sonorisé globalement, avec une générosité indéniable de la jeune Belge.

Mes photos, prises de très loin, ne rendent pas grand-chose. Mais je vais essayer d'en trouver d'autres spectateurs mieux placés !

Pour en savoir plus:

La première partie: Gabriel Rios

La première partie: Gabriel Rios

Selah Sue
Selah Sue
Selah Sue

Selah Sue

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 10:48
Voyages et aventures du capitaine Hatteras, de Jules Verne

Lecture intégrale des Voyages extraordinaires de Jules Verne, suite. Et première oeuvre lue sur mon nouveau jouet, qui se révèle bien confortable, en particulier dans les transports (moins volumineux et plus facile à manipuler qu'un livre papier) trop souvent bondés. En fait, j'avais déjà dû lire ce roman une fois, il y a longtemps, car quelques souvenirs me sont revenus. Après le survol de l'Afrique en ballon, c'est à une expédition maritime que Jules Verne convie son lecteur. Un navire particulièrement performant est assemblé dans le port de Liverpool, et un équipage recruté, pour une destination inconnue, par un capitaine mystérieux... Recevant des instructions par lettres, le second met le cap au Nord. Un jour, le capitaine (Hatteras donc) apparaît. Son objectif ? Atteindre le pôle Nord, et surtout, affirmer la supériorité britannique dans ce type d'expéditions, alors que les États-Unis ont été à l'origine des dernières découvertes dans la région polaire. Accompagnant l'expédition, le docteur Clawbonny, savant typique de Jules Verne, qui cumule néanmoins une érudition invraisemblable et un vrai sens des relations humaines, ce qui se révèlera utile. Car oui, mener une petite vingtaine d'hommes si loin, même en promettant des primes très généreuses, cela demande du courage, de l'équipement, mais aussi de réelles capacités de "management" dirait-on aujourd'hui.

Les voyages et aventures du capitaine Hatteras relatent donc l'exploration d'une région peu connue, et l'auteur, comme d'habitude, en profite pour faire le point sur les connaissances scientifiques sur le sujet au moment de la rédaction. C'est parfois un peu fastidieux. Mais heureusement, comme je l'écrivais, il y a dans ce roman tout une intrigue sur la gestion d'un groupe d'hommes dans un milieu hostile, parfois en huis-clos. Il y a aussi une critique assez ferme du nationalisme. Un roman finalement assez captivant !

Pour en savoir plus:

Illustrations/Gravures de l'édition originale (source: https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Illustrations_from_The_English_at_the_Noth_Pole_by_Riou_and_Montaut)
Illustrations/Gravures de l'édition originale (source: https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Illustrations_from_The_English_at_the_Noth_Pole_by_Riou_and_Montaut)
Illustrations/Gravures de l'édition originale (source: https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Illustrations_from_The_English_at_the_Noth_Pole_by_Riou_and_Montaut)

Illustrations/Gravures de l'édition originale (source: https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Illustrations_from_The_English_at_the_Noth_Pole_by_Riou_and_Montaut)

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:52
Chambre numéro 10, de Åke Edwardson

Deuxième lecture avant de passer aux trois enquêtes du commissaire de Göteborg Erik Winter que je n'ai pas encore lues. Et, comme la première fois, le constat que cet opus n'est décidément pas le meilleur de la série. Il faut dire que le héros semble faire une crise de la quarantaine un peu tardive, et qu'il se fait bien à l'idée de passer plusieurs mois de congés sabbatiques en Espagne avec son épouse et leurs deux jeunes filles. L'enquête sur la mort suspecte d'une femme dans une chambre d'hôtel piétine, tout en rappelant au commissaire une autre affaire, au début de sa carrière, non élucidée. Il faut dire que les victimes étaient entourées de familles ou de témoins taiseux, amnésiques, peu curieux... Difficile de trouver un fil auquel se consacrer, pour tenter de dénouer les nombreux mystères de ces existences.

L'auteur a voulu montrer clairement les hésitations du héros, ses états d'âme. C'est un peu lourd et littérairement assez pauvre. Traitée moins maladroitement, la question de savoir si l'on peut se détacher d'un tel drame, en confier la résolution à un autre, est pertinente, et dépasse bien entendu le cadre de la démarche policière. Autrement, j'espère que, comme son héros après une pause de quelques mois, l'auteur aura trouvé un nouveau souffle !

Pour en savoir plus :

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 21:07
Cinq semaines en ballon, de Jules Verne

Poursuite de la (re-)découverte (non préméditée mais maintenant c'est conscient !) des Voyages extraordinaires de Jules Verne, y compris des titres les plus connus que j'ai déjà lu plusieurs fois, comme Cinq semaines en ballon.

Années 1860, le continent africain reste essentiellement connu des Européens par ses côtes. À l'intérieur, les expéditions sont plus difficiles, à cause de risques naturels (des climats, une faune, des maladies auxquels les Occidentaux ne sont pas habitués) et "humains", quand les cultures qui se rencontrent ne parviennent pas à surmonter des peurs mutuelles, mais aussi, selon Jules Verne et ses contemporains, quand les "indigènes" ne sont que des sauvages... Pour mieux connaître le continent, au nom de la science, le professeur Ferguson, son ami et son domestique se proposent de le survoler d'est en ouest à bord d'un ingénieux ballon (une montgolfière). Ils évitent ainsi de nombreuses difficultés et peuvent relier les découvertes des précédentes expéditions. Le voyage ne se fera évidemment pas sans quelques aventures: un missionnaire supplicié, une eau trop rare dans le désert, un passager du ballon passé par-dessus bord...

Cinq semaines en ballon, c'est un condensé de l'histoire des explorations européennes du continent africain, des descriptions exotiques, mais des personnages sans ambivalence aucune, et bien sûr une vision du continent et de ses habitants extrêmement datée, une vision qui contribue à alimenter les fantasmes plutôt qu'à rencontrer l'autre et à chercher à le comprendre. Ce serait en fait un texte propice à des personnes s'initiant aux lectures post-coloniales... Concernant les personnages, notons à la décharge de l'auteur que c'est son premier roman (1863), et que quelques autres seront un peu plus intéressants à cet égard (le triptyque Vingt mille lieues sous les mers, Les enfants du Capitaine Grant, et L'île mystérieuse par exemple).

Pour en savoir plus:

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