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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 00:26

Découverte de la Cigale. Je suis même étonné de ne pas y avoir mis les pieds avant, parce que certains des artistes que j'apprécie s'y sont produit. Un peu moins "haut niveau" que l'Olympia, mais la dimension humaine y est tout aussi agréable. Comme la fatigue s'accumule, je suis heureux de trouver une place assise, certes dans le fond, mais pile dans en face de la scène.

 

En première partie, un Ecossais (ça me rappelle des vacances !) barbu, je comprends seulement à la sortie de la salle son nom de scène: The Pictish Trail (MySpace - Site officiel). Deux chansons à la guitare, pas mal, dans le style balades un peu folk. Mais notre luron a des ambitions avec sa boite à sons, et ne manque pas d'esprit d'autodérision (avec des titres de 30 secondes, difficilement supportables, un peu dans le style des vidéos qui ont "pourri" mon mur F*cebook la veille à l'occasion de mon anniversaire). The Pictish Trail a plus d'humour que de talent pour la musique... La salle est d'ailleurs mitigée, à peine tiédie par sa prestation.

 

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KT Tunstall (Wikipedia - MySpace - Site officiel), vous connaissez sûrement par ce titre, repris par une publicité pour un fournisseur d'accès à Internet il y a quelques années. La jeune britannique a trois albums à son actif, trois albums que j'écoute volontiers. Ce soir, je fais la part des choses. Ce n'est pas sa voix que j'aime, c'est plus crié que chanté, assez rauque. Ce ne sont pas non plus les paroles, sans grande originalité ni poésie. C'est plutôt l'énergie communiquée.Celle, un peu, d'une grande adolescente (elle n'en a déjà plus l'âge), débordante de vitalité, avec un côté un peu bravache.

KT Tunstall, c'est de la musique qui m'aide à me lever le matin, qui me donne la pêche dans le métro, qui fait office de caféine le soir. Des vitamines sur de grosses ficelles. Pourquoi pas, après tout.

 

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Ce soir, elle pioche dans ses trois albums, accompagné de quatre musiciens (un aux claviers, deux aux guitares/basses et un à la batterie). En live, certains titres sont très revisités; j'aime particulièrement Other side of the world (du 1er album), Saving my face (du second), et Uummannaq Song (du troisième, sorti à l'automne dernier). Evidemment, la salle explose avec Black horse and a cherry tree, et le final Suddenly I See.  KT Tunstall est francophone (c'est sympa). Le show est efficace, sans fioritures;  dire qu'il est "formaté" serait méchant, mais pas très loin de la réalité. Ce qu'il me faut, de temps en temps ;)

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 22:48

Sans le faire exprès, ce billet présente d'intéressants parallèles avec celui de septembre 2008. Il est vrai que mes passages à Lille sans activité pour l'association des Anciens sont (trop) rares. Néanmoins, quand je viens, comme ce samedi, j'ai la chance de bénéficier, que ce soit en septembre ou en mars, de rayons de soleil qui transforment la ville.

 

Comme tout Nordiste, le soleil doux (oui, 16°, ce n'est pas non plus écrasant) me donne des envies d'air. Pour ça, le Jardin des plantes est tout indiqué. Et puis, 10 ans après, reprendre le chemin du lycée Faidherbe (terminale + un mois de prépa en septembre 2001) - le Jardin est juste à côté du lycée -, a un petit goût de pélerinage pas désagréable. Au Jardin des plantes, quelques mères avec enfants, quelques jeunes couples, mais aucune foule. Quiétude, évasion... Les serres sont ouvertes, j'en profite pour changer de climat quelques minutes.

 

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Il est temps de regagner le centre. A pied, souvenir de manifestations, mais aussi l'occasion de prendre le temps, tellement rare à Paris ! Je déjeune avec Cyril, ancien du master suivi à Lille 2 en 2005-2006; gratins de pâtes et soupe au Toblerone... Qui devient quoi, études de théologie, cantonales en guise de conversation.

 

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Avec Lenka et Julien, que je connais par l'association des Anciens de Sciences Po, pause près de République, sur les bancs pris d'assaut par les promeneurs. Défile un cortège, pour le droit au logement. Passent de nombreux groupes de trois scouts chacun, vendant je ne sais plus quoi pour récolter des fonds contre la leucémie. Là encore, nous parlons religion, mais aussi un peu prison, avant de sprinter vers l'office du tourisme; comme il n'y avait plus de place pour la visite guidée du Vieux Lille à pied, nous nous étions rabattus sur le city-tour en mini-bus. C'est marrant de faire le tour des musts touristiques... et on apprend quelques infos, quand même. Je découvre l'existence du Palais Rameau, ou de l'église Sainte-Marie-Madeleine, désacralisée et servant de lieu d'exposition. Je ne savais pas non plus que Victor Hugo et Alexandre Dumas faisaient partie des officiels du voyage inaugural de la ligne Paris-Lille au milieu du dix-neuvième siècle, et qu'Hector Berlioz avait dirigé la partie musicale des festivités. La circulation de samedi après-midi ralentit le mini-bus, du coup c'est un peu longuet, mais... Nous parlons livres dans la Vieille Bourse. Lenka est, comme moi, en train de lire Don Quichotte !

 

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Samedi soir, la Cloche, sur la Grand'Place. Une Kriek. Un retour dans le passé. L'un de mes premiers contacts Nordistes était Jean, aux Assises jeunesse de l'Eglise réformée de France à Lyon en 2000; nous nous étions recroisés à deux-trois reprises, la dernière étant ma première braderie lilloise en septembre 2001. Grâce à F*cebook, nous avions renoué contact. Lui aussi "apprenti" théologien (il n'en est qu'à la thèse de doctorat...), nous n'avons pas manqué non plus de sujets de discussion. Impressions sur les études, travaux sur des sujets comme les communautés inclusives ou découverte d'églises atypiques dans les Flandres...

 

Enfin, nouveaux retours à la Vieille Bourse et en septembre 2001 (le mois de prépa à Faidherbe puis encore la magie du réseau social), pour retrouver Marie. Petite balade dans le Vieux Lille pour se mettre en appétit. La nuit tombée, les nuages reprennent leurs droits, et le début d'une averse nous fait rapidement fuir vers le sud, plus précisément un restaurant corse. I Muvrini en bande son, cadre cosy, filet de rouget - aubergines pour moi, assiette de charcuterie des montagnes corses pour elle... Des saveurs évocatrices ! Ne parle-t-on pas de Lille de beauté ? ;-)

 

Mais comme toute tradition doit être respectée, le dernier train pour Paris ne s'attrape qu'au prix d'un sprint entre le Vieux Lille et Lille Europe... Prochain voyage ? Ce sera avec la Carte Escapades, car oui, le temps passe !

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 00:30

Samedi 5 mars 2011

Paris 20, MK2 Gambetta

 

BLACK SWAN

De D. Aronofsky (USA, 2010)

 

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TELERAMA

 

Mon appréciation: 6/10

 

La musique de Tchaïkovsky. L'histoire du Lac des Cygnes. Natalie Portman, Mila Kunis (dont le charmant minois avait été aperçu dans Sans Sarah rien ne va notamment), et notre Vincent Cassel national qui fait plus qu'approcher les plus belles femmes du monde... mais encore et surtout Natalie Portman, assurément dans l'un des rôles les plus marquants de sa carrière, passée et à venir. Un ensemble de talents donc pour porter le film, avec la caméra virevoltante du réalisateur.

 

Mais Black Swan m'a fréquemment fait détourner le regard; d'autres spectateurs sur ma rangée se raidissaient aussi visiblement pendant certaines séquences. Parce que le film m'a fait mal, très mal. Déjà que je ne comprends pas la danse et les souffrances infligées pour ce prétexte à des corps humains... Là, j'ai été traumatisé. La violence, physique, psychologique et symbolique, m'a submergé, écrasé (oui, c'est un thriller, sur ce point très réussi). Je supporte toujours très mal les images de corps mutilés. Dans un film de guerre, quelques scènes de torture m'importunent mais, attendues, je fais avec. Dans Black Swan, au nom de l'art et de la beauté, les écrins que sont les corps et les esprits de ces femmes dansant le ballet sont tordus, déchirés, quelque part violés et profanés. Cela m'est insoutenable... Ma (forte) réaction (avec dimension lacrymale) est peut-être également dûe à cette recherche éperdue de la perfection que je comprends tant, cette place impossible à donner au "laisser-aller" au risque de tomber dans la barbarie ou la tragédie, et sûrement à une émotivité un peu plus exacerbée que d'habitude...

 

J'ai essayé de rendre justice au film, plein de qualités... mais je reste sur cette impression de douleur terrible, et je ne suis pas sûr que les images de Black Swan ne vont pas me poursuivre les prochaines nuits...  

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 23:52

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Je n'ai pas fini de découvrir les merveilles qui naissent sous la plume de Christian Garcin. Aux bords du lac Baïkal est sorti il y a quelques jours (le dépôt légal est du mois de mars prochain !), à l'Ecole des loisirs, un éditeur jeunesse. Car il s'agit ici d'un ensemble assez étonnant, sur le registre du conte. Où quelques scènes quotidiennes de la vie animale autour du lac Baïkal sont décrites, dans ce qui pourrait être une série de mini-nouvelles, par les protagonistes, qui vont de la marmotte au phoque, en passant par l'essaim de mouettes, le tigre, ou Geirg Dordjé, un homme un peu chaman qui perçoit les échanges entre ces différentes espèces animales. Chaque personnage ou ensemble de personnage est croqué avec ses traits de caractère, ses préoccupations (y compris linguistiques), ses étonnements...

 

Le style est enlevé, la langue exigeante (dans le bon sens du terme: il y a des pépites derrière les noms des personnages et des clins d'oeil entre les récits du livre mais aussi avec d'autres ouvrages), le texte déborde de poésie. Cela me fait un peu penser à Luis Sepulveda (et en particulier L'histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler). Un livre jeunesse ? Peut-être, mais pas seulement. Les niveaux de lecture d'Aux bords du lac Baïkal sont bien plus riches et s'adressent aussi très bien à tous ceux qui sont capables de s'émerveiller en observant/contemplant un microcosme, tout en laissant vagabonder leur imagination. Je me reconnais bien dans ce portrait... Et je ne suis sûrement pas le seul ! Alors, à vos librairies !

 


 

Pour en savoir plus:

Déjà lus de Christian Garcin:

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 00:26

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Le travail à la paroisse et les cours ont repris en début de semaine... et j'avais un peu oublié ce que représente un "atterrissage" après-camp, les jours qui suivent des moments très intenses avec un groupe donné. La transition n'est pas nécessairement facile.

 

Alors, bilan de cette semaine à Saint-Véran ?

En ski, j'ai appris, difficilement, à descendre des pistes vertes sans chute. Il a fallu toute la patience de Jean-Paul et de Chantal, plus quelques stratagèmes (l'emploi de mini-skis plutôt que de skis, l'abandon des bâtons) pour parvenir à ce résultat... Mais je n'en ai pas été dégoûté (pourtant, j'en ai mangé, de la neige !), et je pense qu'à l'occasion je pourrais même y prendre vraiment plaisir.

Côté animation, les debriefings de fin de camp sont très encourageants; j'ai su trouver la bonne position face à nos vingt jeunes âgés de 14 à 17 ans... Un art délicat, jamais acquis définitivement... mais j'ai bénéficié de conditions idéales (que ce soit avant le départ, mais aussi la composition du groupe). Je me suis découvert une patience plus grande que je ne croyais, certes avec ses limites, mais quand même !

Hormis le ski (et les raquettes le dernier jour, un moment épique), le groupe a profité des veillées pour écouter L'homme qui voulait être heureux (voilà pourquoi je l'avais lu !) et préparer des candidatures au projet ZeBible, à partir de la parabole de la mauvaise herbe. Deux films et une chanson doivent être finalisés ces prochains jours pour clore les participations à ce concours.

 

Ce fut donc une semaine très riche, riche en émerveillements, en découvertes, en surprises, parfois en incompréhensions, en somme une semaine extraordinaire où j'ai bien changé d'air, durant laquelle j'ai appris énormément et me suis beaucoup amusé. Une réussite donc !

 

Quelques photos supplémentaires ici.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:39

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Il est rare que l'on nous recommande des romans dans le cadre d'un cours universitaire. Fin janvier, dans le cadre de la journée d'études avec Pierre Bühler sur Kierkegaard, la fin d'après-midi avait permis d'évoquer plusieurs titres de fiction reprenant les thèmes du philosophe danois du dix-neuvième siècle. Parmi ceux-ci, Ce qui est perdu, de Vincent Delecroix.

 

Le héros se trouve dans la même situation de Soren Kierkegaard (et que tant d'autres); la femme qu'il aime l'a quitté. Espérant la reconquérir, il s'adresse à elle à travers un livre qu'il essaie de rédiger, une biographie de Soren Kierkegaard. Il y a tout un enchevêtrement, parfois laborieux, de narrations dans Ce qui est perdu. Les interlocuteurs du narrateur varient: parfois, c'est donc la femme qui motive son acte d'écriture, mais ce sont aussi les autres clients du salon de coiffure où il se rend et raconte son histoire (à force de se rendre chez le coiffeur, ce dernier n'a bientôt plus rien à couper), ou d'Abel, le coiffeur. Notre héros narre aussi son "job alimentaire", qui consiste à conduire des touristes danois sur les différents sites de la capitale.

 

Le style est assez particulier, avec ces imbrications de récits dans les récits, de mises en abyme perpétuelles. Ce n'est malheureusement pas complètement réussi, et je suis du même avis qu'une autre étudiante de l'IPT qui a aussi lu Ce qui est perdu, la chute est décevante. Donc un exercice de style pas inintéressant... mais pas concluant.

 

Restent des extraits qui m'ont bien plu, pour différentes raisons. Clins d'oeil à certains de mes lecteurs !

 

Page 16:

Les gens qui nous parlent d'eux sont comme les gens qui racontent leurs rêves: ils sont ennuyeux à la mesure de l'intimité qu'ils dévoilent. Les seuls moments où ils deviennent intéressants sont ceux où, involontairement, ils nous donnent un matériau utilisable à d'autres fins: un enseignement, une anecdote à replacer dans une conversation, une sentence générale, peut-être une tournure de phrase qui, même, pourrait nous servir à nous décrire nous-mêmes la prochaine fois que nous nous mettrons, à notre tour, à parler de nous.

 

Pages 21-22:

Et d'ailleurs, quelle plus belle preuve de cette vocation que mon obsession de la lecture ? C'est que je passais tout mon temps à lire, c'est vrai. Mais ils n'ont malheureusement jamais décelé la raison exacte de cet engouement. Si j'ai tant lu (c'est vrai, j'ai beaucoup lu), si d'ailleurs je continue à lire autant, dans la mesure où le vin veut bien m'en laisser le loisir, c'est que cela me fournit un prétexte pour ne rien faire d'autre et remettre le reste à plus tard. Tu te souviens comme je pouvais rester des heures entières allongé sur le canapé ou même trempant dans mon bain, à lire des livres que, le plus souvent, je n'ai jamais finis - par simple paresse, par simple ennui de devoir m'atteler à un travail effectif ou aux activités que la vie quotidienne réclamait de moi. Ma boulimie de lecture n'est qu'une ramification supplémentaire de cette indéfectible lâcheté que j'ai devant le réel, une autorisation que je me suis donnée à vie d'ajourner la vie et les efforts qu'elle réclame.

 

Page 88:

Tu ne comprenais pas, je m'en souviens, pourquoi j'étais si sensible à ce critère de politesse. Mais dans cette infranchissable solitude où nous sommes tous enfermés, quel autre lien que la politesse, qui rend cette solitude plus vivable ? L'amour est une forme extrême de politesse.

 

Page 119:

Nous approchions de la tour Eiffel (...) et M. Moller s'est arrêté. Savez-vous ce qui s'est passé ici, le 4 février 1912 ? J'ai compris, lui ai-je dit en souriant, que ce n'est pas moi le guide dans cette histoire. Il a souri à son tour, a fait une pause, puis a repris: le 4 février 1912, un jeune Autrichien du nom de Reichlett, tailleur de son état, s'est jeté dans le vide depuis la plate-forme de la tour, pour essayer un parachute de son invention. Ce fait est connu, parce que, notamment, le saut a été pris en photo. Et ça n'a pas marché ? Quoi donc, les photographies ? Si, plutôt bien, compte tenu des techniques de l'époque. Non, le parachute ? Non, le parachute, ça n'a pas marché. Il s'est écrasé au sol. J'ai haussé les épaules: le contraire aurait été étonnant. Ce n'est pas cela qui est intéressant, a répondu M. Moller, si d'ailleurs l'anecdote a quelque chose d'intéressant. Ce qui est intéressant, si je puis dire, c'est qu'il est mort avant de toucher le sol. D'après l'autopsie pratiquée sur le cadavre du tailleur Reichlett, il est mort de frayeur. M. Moller s'est tu et, cette fois, s'est tourné résolument vers moi pour me fixer de ses grands yeux clairs. Ce qu'il faut éviter, m'a-t-il dit au bout d'un moment, quand on saute dans le vide comme vous, ou quand on vous y précipite, c'est de mourir de peur avant de toucher le sol.

 

Page 148:

De nos jours en effet, à qui viendrait l'idée de perdre un instant à cette pensée grotesque: que c'est un art d'être un bon lecteur ?

 

 


 

 

Pour en savoir plus:

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:34

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J'ai dû chercher le temps de lire Nous étions les Mulvaney. Le livre est un peu gros pour le métro (600 pages), d'ailleurs les trajets ont été occupé par des révisions de vocabulaire d'hébreu. Et puis, au ski, le temps libre est occupé par un peu de repos, d'autant plus que les nuits ont été écourtées par les missions favories des animateurs: faire respecter le couvre-feu en veillant tard dans le couloir, et lever précoce pour réveiller l'ensemble des campeurs ! Bref, la lecture de ce roman de Joyce Carol Oates a duré, mais ce n'est pas grave.

 

Il s'agit de l'histoire de la famille Mulvaney, dans l'état de New York, pendant les années 1970 et 1980. Une famille qui vit dans une ferme, le père est patron d'une entreprise de toiture, la mère gère un stock d'antiquités dont elle n'arrive pas à se détacher. Quatre enfants: Mike Junior, Patrick, Marianne et Judd, ce dernier étant l'un des narrateurs. Et un drame, en 1976. Marianne rentre d'un bal qui s'est prolongé par une agression sexuelle, mais elle souffre en silence, se tait, finit par lâcher quelques bribes d'information mais sans incriminer son agresseur. A partir de cette tragédie, la famille va se décomposer. Chacun des membres de la famille Mulvaney réagit différemment, mais la spirale infernale semble bien entamée.

 

Avec son style toujours très neutre voire bienveillant envers ses personnages, Joyce Carol Oates met en scène des hommes et des femmes tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Elle dépeint une certaine société américaine, proche de nous. Le rang social est l'une des préoccupations. Des passages forts évoquent la place de la religion dans la constitution des personnalités. Mais c'est naturellement sur le thème universel de la famille, et particulièrement de la fratrie, que l'écrivain américain propose des pages bouleversantes. Qui rappellent la singularité de cette relation, ses difficultés, mais surtout ses beautés. Extrait:

 

"Etrange, se dit Patrick. Lui, Patrick Mulvaney, était le frère de cette jeune femme: toute leur vie consciente, ils avaient été frère-et-soeur, plus proches l'un de l'autre sur le plan génétique qu'ils ne l'étaient d'aucun de leurs parents. Il avait pourtant l'impression de ne pas connaître Marianne du tout. Il l'aimait mais la connaissait à peine. Ceux qui ont vécu ensemble dans l'atmosphère passionnée de la vie familiale se connaissent à peine. La vie y est trop immédiate, en gros plan. C'est le paradoxe. Le côté déroutant. Exactement le contraire de ce à quoi l'on s'attendrait. Car bien sûr on ne pense jamais à ces relations quand on les vit. Penser -réfléchir- suppose une dissociation, de la distance. La mémoire ne peut s'exercer qu'une fois éloignée de sa source." (pp 304-305).

 

Nous étions les Mulvaney ? Ca m'a beaucoup parlé !

 


 

Pour en savoir plus:

J'ai déjà lu, du même auteur:

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 21:52

Cet automne, l'un des pasteurs de la paroisse pour laquelle je travaille m'a proposé de rejoindre l'équipe d'animateurs pour le camp de ski destiné aux 14-18 ans des paroisses du secteur. Mes yeux ont brillé, même si je ne suis jamais monté sur des skis. Il se fait fort de m'apprendre !

 

Du coup, départ dans la nuit de samedi à dimanche prochain, pour huit jours, avec 20 jeunes, direction Saint-Véran, dans les Alpes, plus haut village d'Europe, et apparemment connu pour cette caractéristique. La station est très familiale, ce qui sera sûrement très appréciable.

 

En tant que secrétaire de la paroisse, le dossier m'occupe depuis déjà de longs mois: j'ai eu à gérer les réservations de train (depuis août, en vain...), les inscriptions, la collecte des documents nécessaires... une vision administrative !

 

Ca va changer. Je vais me mettre dans la peau d'un clown sur les pistes (forcément, grand débutant... mais je n'ai pas d'amour-propre à cet égard), d'un animateur (là aussi une première, qui m'intimide un peu)... Je vais sûrement apprendre des milliers de choses. Je me réjouis de ces chances, de ces bénédictions même, qui me sont offertes !

 

Ci-dessous, le flyer avec une photo du camp 2010.

 

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Je vous ferais naturellement part de mes découvertes et autres aventures !

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 23:01

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Je vais être bref, parce que le livre n'est pas très long (moins de 150 pages), mais surtout parce que sa lecture a constitué une expérience unique, éblouissante, difficile donc à rendre avec des mots.

 

Eugenio Tramonti, le héros du Vol du pigeon voyageur, est toujours journaliste dans un quotidien marseillais. Ici, il reçoit la visite d'une petite femme amatrice de gris lui expliquant avoir été en contact avec son père, pourtant mort longtemps avant. Eugenio raconte cette rencontre à sa compagne, et se confie aussi à son rédacteur en chef, ce qui est inhabituel. Ce dernier prévoit de l'envoyer à New York pour rencontrer trois personnes et rédiger quelques papiers sur l'après 11-Septembre (oui, c'est bien de la fiction, ces quotidiens régionaux qui peuvent envoyer leurs journalistes à New York avec de telles missions). Eugenio finit par accepter car la femme lui avait aussi confié une mission, celle de rencontrer un bébé, justement à New York. Dans l'avion, comme dans le premier opus, son voisin cherche à discuter...

 

Les "coïncidences", les "hasards" improbables sont innombrables dans ces pages. Des passerelles avec le Vol du pigeon voyageur, donc, mais aussi le résultat de la très forte puissance évocatrice des mots de Christian Garcin (un exemple parmi tant d'autres: tout à coup, Göteborg surgit... je venais d'achever la lecture d'un polar se déroulant dans cette même ville !). Des coïncidences qui font - littéralement - jubiler.

A mentionner aussi cette réflexion autour du récit, de la transmission orale, de l'écriture.

Ou encore ces mises en abyme où l'on s'étonne d'avoir laissé place à l'imprévu, d'avoir eu confiance au point de laisser surgir la possibilité d'un voyage et d'un cheminement exceptionnels.

Cela m'a beaucoup parlé. Un coup de coeur, assurément !

 


Pour en savoir plus:
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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 23:36

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J'avais laissé le commissaire Erik Winter après une de ses enquêtes en septembre; mais Åke Edwardson lui avait encore concocté quelques énigmes à résoudre. Chambre numéro 10 a été publié en 2005 et se déroule en ce début de millénaire (le changement de millénaire avait d'ailleurs servi de support à l'un des précédents romans); l'enquêteur de Göteborg a maintenant deux enfants, commence à ressentir le besoin de changer d'air - ou plutôt de passer quelques mois en Espagne pour échapper à l'hiver suédois, revit l'une de ses premières enquêtes, dans les années 1980... mais on est loin des Experts et autres limiers télévisuels: certes, les légistes ont un rôle à jouer, mais guère plus que pour le commissaire Maigret chez Simenon ! Les "concessions" à l'ère technologique restent peu nombreuses dans le polar edwardsonien ; il y a les téléphones portables, la vidéo-surveillance... Demeure le fondamental, c'est-à-dire ces hommes et ces femmes cabossés, riches en secrets, contradictions et doutes, ces sociétés occidentales traversées de fragilités multiples.

 

Dans Chambre numéro 10, un apparent suicide par pendaison est rapidement requalifié en meurtre. La victime avait une main peinte en blanche. Comme souvent chez Edwardson, c'est la solitude des urbains qui frappe. Des parents muets, pas d'amis qui se manifestent, de connaissances à interroger. Mais la chambre d'hôtel où a eu lieu le meurtre rappelle à Erik Winter l'une de ses premières affaires donc, qui n'avait pas été élucidée. Il y a bien des pièces, mais appartiennent-elles au même puzzle ? La recomposition sera marquée par le doute, alors que le temps passe avant le début du congé de longue durée demandé par le commissaire pour passer quelques mois avec ses proches, sous le soleil hispanique. Difficile de faire émerger des secrets si bien enfouis...

 

Bon, ce n'est pas le meilleur de la série, mais on prend plaisir à suivre l'équipe d'enquêteurs qu'on commence à bien connaître. Deux interrogations transparaissent. Premièrement, le crime semble plus violent, plus insupportable qu'avant, mais c'est la banalité de la vie hors du crime qui est de plus en plus dure. Deuxièmement, malgré ce sentiment de dégradation, de dégénérescence pour parler comme le prof de philo, l'être humain est animé d'une force, d'un espoir qui le fait survivre, voire se tenir debout. Des thèmes pour lesquels Edwardson n'a aucun mérite, mais ses polars les déclinent, ce qui les fait sonner justes, d'où ma fidélité à la série !

 


 

Pour en savoir plus:

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