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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 20:02
Vice-versa

VICE-VERSA, film américain de Pete Docter (2015)

Pour notre première sortie annonéenne, direction Les Nacelles, le cinéma local, pour le dernier Disney-Pixar, qui explore la fabrique émotionnelle de Riley, jeune préado du Minnesota qui déménage à San Francisco. La maison paraît peu accueillante, les meubles sont en vadrouille avec le camion du côté du Texas, le père de Riley est stressé par son travail; tout ne se passe pas au mieux dans le nouvel établissement scolaire ni dans l'équipe de hockey sur glace... Tout cela n'est pas facile à vivre ! Dans le "quartier cérébral", cinq émotions, sous forme d'allégories humaines, essaient de gérer les réactions et le bien-être de l'adolescente. Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût prennent tour à tour le contrôle, jusqu'à ce que Joie et Tristesse se perdent hors de ce centre de commande. Les trois autres essaient de faire face, avec un panel de réactions bien moins diversifié bien sûr; pendant que Joie et Tristesse partent du côté de l'inconscient, de l'imaginaire, des "oubliettes" de la mémoire.

Bonne idée de scénario, avec un dosage finalement adapté de "simplicité" et de finesse; comme souvent dans l'animation du vingt-et-unième siècle, et comme toujours chez Pixar, les images sont superbes et le rythme vitaminé. On évite même les chansons Disney, ce qui est heureux ! Un bon film de détente.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 17:36
Titanic en ciné-concert

Il y a un peu plus d'une semaine (vendredi 26 juin), dernière sortie sur Paris avant le déménagement. Nous avions repéré plusieurs mois auparavant que le Palais des Congrès proposait la projection de Titanic en ciné-concert, avec donc un orchestre symphonique, une maîtrise et des solistes pour interpréter la bande-originale. C'est le film-culte de ma douce, et moi je ne l'avais jamais vu sur grand écran, donc on en a profité.

Dans les quelques mots d'introduction, on a appris le décès de James Horner, compositeur de la musique du film, quelques jours auparavant. Il paraît qu'il avait envisagé de venir assister à une des soirées parisiennes du ciné-concert, mais est parti juste avant. Petite minute de silence...

Puis le film commence, il n'a pas pris une ride, et le dispositif qui mettait en valeur la musique a encore renforcé son rôle avec les images de James Cameron. Bien sûr, avec un (interminable) entracte juste avant l'iceberg, cela produit un drôle d'effet, mais vue la longueur du film, la pause était nécessaire, y compris pour les interprètes ! Les jeunes enfants de la maîtrise et les solistes, comme l'orchestre, étaient très bons, il y avait quelques nuances avec la bande originale enregistrée, juste comme il fallait pour nous rappeler que cela fait plusieurs dizaines de musiciens à diriger pour un tel résultat. Si la salle était nettement moins remplie que ce que prévoyaient les organisateurs, puisque nous avons pu avancer d'une bonne vingtaine de rangées, c'était pour les présents une belle réussite.

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 21:02
Presque mort, de Åke Edwardson

Avant-dernier opus de cette série policière, toujours à Göteborg avec le commissaire Erik Winter et son équipe, une équipe dont les vies de couple semblent encore bien fragiles...

Comme d'habitude, l'intrigue commence par des questions. Une voiture abandonnée sur un pont, avec un impact de balle à l'intérieur. Son propriétaire ne semble pas très concerné. Un écrivain en quête de silence pour rédiger quelque chose sur une disparition du passé se retrouve avec un voisin bruyant et peut-être hargneux... Mais les balles ne rencontrent pas que des fauteuils de voiture ou des murs. La disparition passée, du temps de l'adolescence du commissaire, pourrait être une piste. En attendant de rassembler les pièces du puzzle, l'orientation sexuelle de certains personnages suscite des non-dits et des tensions qui augmentent la confusion et ne vont pas apaiser les migraines du héros. Ces migraines, thème récurrent depuis deux romans, annoncent-elles quelque chose pour la dixième enquête ?

Presque mort laissait une belle place au suspense, à la souffrance des protagonistes, fatigués, à la limite de la résignation, sans pouvoir renoncer à leurs habitudes. Une lassitude qui pourrait aussi être celle de l'auteur, me semble-t-il; j'ai par ailleurs trouvé le dénouement compliqué. J'espère que le dernier de la série sera un peu meilleur, sinon j'aurais quelques regrets qu'Åke Edwardson soit allé si loin, les premières enquêtes étant meilleures à mon goût.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 14:07
La Tête Haute

Mercredi 10 juin, Cinéma Jacques Prévert (Aulnay-sous-Bois)

LA TÊTE HAUTE

D'Emmannuelle Bercot (France, 2015)

Dunkerque. Dans le bureau de la juge pour enfants (Catherine Deneuve, excellente), Malony (Rod Paradot, prodigieux), 6 ans, fait l'objet d'une protection juridique: sa mère (Sara Forestier, surprenante) a beaucoup de choses à régler et, le moins que l'on puisse dire, elle ne dispose pas d'autant de maturité qu'on en attend d'une mère de deux enfants. Comme beaucoup, finalement, Malony ne démarre pas dans la vie avec beaucoup d'atouts ou de modèles. Heureusement, tous n'ont pas autant de difficultés que lui. On le suit, de ses 15 à ses 18 ans environ, "testant" un peu toutes les possibilités mises en place pour les jeunes sans repères. Les éducateurs s'épuisent, dans des confrontations passant souvent par la violence physique; et il y a toutes ces structures: centre éducatif renforcé, centre éducatif fermé, prison... Comment faire pour susciter une prise de conscience et aider Malony à trouver un projet qui lui plaise, soit réalisable, bref, lui permette de construire quelque chose ? Pour qu'il ait "envie de devenir quelqu'un de bien", quel chemin ! Et de l'envie à la réalité, quel chemin l'attend encore !

Le film est assez dur, tant il est vrai qu'il faut du temps (et de l'énergie, et tant d'autres choses encore) pour qu'un semblant de confiance se noue. Mais il est lucide, sans misérabilisme, et sans bons sentiments naïfs. C'est un drame social émouvant, prenant, interpellant, sur un sujet complexe. Une belle réussite.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:08
Gravures originales de Jules Férat (source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Une%20ville%20flottante/)
Gravures originales de Jules Férat (source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Une%20ville%20flottante/)

Gravures originales de Jules Férat (source: http://jv.gilead.org.il/rpaul/Une%20ville%20flottante/)

C'est un court roman qui ne fait pas partie des plus célèbres de Jules Verne, et il est vrai que c'est loin d'être le meilleur. Il commence un peu comme le Titanic, un navire démesuré qui traverse l'Atlantique, avec l'illusion de dominer les éléments. Mais le progrès technique est-il uniquement positif ? Des ouvriers et des matelots trouvent la mort dans des travaux et des manoeuvres: sacrifices nécessaires ou témoins de l'aveuglement des industriels ?

Sur ce navire, l'auteur, qui a effectué lui-même le voyage avec son frère, nous fait suivre un groupe de passagers. Le narrateur retrouve à bord un ami rentrant des Indes, visiblement désespéré. La femme qu'il aimait a dû en épouser un autre... Mais le narrateur et d'autres constatent que cet autre est lui aussi à bord du Great Eastern ! Ils veulent éviter une rencontre, qui tournerait en confrontation. Mais le steamer, malgré ses dimensions et ses machines, n'est pas très rapide et le temps est long...

Jules Verne aborde ici le sujet des communications transatlantiques, dépeint le microcosme composé des passagers d'un paquebot, et propose un peu de tourisme jusqu'aux chutes du Niagara. Son intrigue est très simple, son dénouement franchement maladroit. Il faut parfois des textes moins bons pour mieux apprécier les autres !

Pour en savoir plus :

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 20:07
Les croyants non-pratiquants, de Félix Moser

Dans les Églises chrétiennes occidentales, et plus particulièrement dans une majorité des paroisses protestantes de tradition luthéro-réformée en France et en Suisse, la rupture de la transmission religieuse s'est manifestée, à partir des années 70 (pour faire simple), par le développement des "croyants non pratiquants", c'est-à-dire de personnes revendiquant leur attachement à un système de foi, mais sans que cet attachement ne se traduise par une pratique au sens traditionnel du terme. Souvent, ces "croyants non pratiquants", ou "distancés", comme ce professeur de théologie pratique suisse les appelle, s'adressent aux paroisses et aux pasteurs à l'occasion de quelques actes importants, comme le baptême après une naissance, une bénédiction après un mariage civil, ou un service d'obsèques. Ces demandes sont parfois difficiles à entendre pour les croyants pratiquants, engagés, pour qui la foi se nourrit d'une certaine forme de pratique. De leur côté, les "distancés" ne comprennent pas ces réticences; après tout, le christianisme prône un accueil aussi inconditionnel que possible de chacun !

C'est en effet parce qu'il y a des difficultés de compréhension entre ces deux "groupes" de croyants que Félix Moser a travaillé, dans le cadre de sa thèse de doctorat, il y a bientôt 25 ans, sur ces "distancés", ou, plus précisément, sur leurs représentations, et celles que les engagés projettent sur eux. L'étude porte particulièrement sur les discours des uns et des autres; à l'aide d'outils techniques de linguistique, le chercheur analyse les stéréotypes des uns et des autres, en essayant de ne pas porter de jugement de valeur. La démarche est nécessaire. Après cet examen (qui passe donc par de la linguistique, du biblique, et de la théologie plus systématique), l'auteur pose quelques jalons à l'attention des personnes engagées (je ne pense pas que l'ouvrage ait été pensé pour être lu par ces fameux "croyants non pratiquants" !) pour mieux accompagner celles et ceux qui se présentent en demande.

Vous l'aurez compris, c'est donc un ouvrage universitaire, un peu exigeant si on ne baigne pas complètement dans le bain ! De plus, la réflexion perd de sa pertinence au fil des années: les "croyants non pratiquants" sont issus de générations qui avancent aussi en âge (dont les effectifs diminuent), et leurs enfants, eux, n'ont plus d'attachement aucun envers ces communautés (et leur proportion va croissant). On ne peut pas imaginer mener le même dialogue avec des distancés (les anglais parlent de 'de-churched') qu'avec des personnes n'ayant jamais suivi d'enseignement religieux ou pratiqué (les 'un-churched'), or ces derniers, s'ils ne possèdent pas les "codes", constituent des richesses de fraîcheur pour les communautés. Les stéréotypes à dépasser ne sont pas les mêmes, mais le faire est encore plus important, puisqu'il s'agit de trouver une juste place pour chacun qui frappe à la porte.

Pour en savoir plus:

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 20:50
Fortune de France, En nos vertes années, et Paris ma bonne ville, de Robert Merle
Fortune de France, En nos vertes années, et Paris ma bonne ville, de Robert MerleFortune de France, En nos vertes années, et Paris ma bonne ville, de Robert Merle

Énième relecture (mais ça faisait un moment, 8 ans à en croire le blog) de ce début de la saga Fortune de France de Robert Merle (comptant 6 tomes pour le premier héros, Pierre de Siorac, puis 7 pour son fils). Ce qui est amusant, c'est qu'à chaque fois je me souviens avec émotion la "découverte" de ces tomes au CDI du dernier lycée que j'ai fréquenté (en 2001, donc).

Courte présentation, pour celles et ceux qui ne connaissent pas. Il s'agit de l'histoire de Pierre de Siorac, un cadet d'un noble périgordin, huguenot, au seizième siècle, c'est-à-dire pendant les guerres de religion et dans les périodes d'accalmie de ces conflits.
Le premier tome parle de son enfance près de Sarlat, de la loyauté et de la discrétion des huguenots.
Le second traite du début des études de Pierre à Montpellier, en médecine. C'est un adolescent coureur de jupons, assez impulsif, avec un fort esprit de compassion et de curiosité, ce qui n'est pas toujours sans risques. Après avoir assisté à la Michelade à Nîmes (massacre de catholiques par des protestants), il croise Angelina de Montcalm, qu'il rêvera d'épouser, malgré leur différence de confession.
Dans le troisième roman, le héros et ses proches passent un peu de temps en Périgord, mais un duel injuste le contraint à partir quérir une grâce royale à Paris, où "règne" Charles IX, mais aussi Catherine de Médicis, la famille de Guise, le futur Henri III... C'est la période du mariage de Margot avec Henri de Navarre (le futur Henri IV) et, peu après, la Saint Barthélémy.

Fortune de France a connu un très grand succès, d'abord pour le talent romanesque de Robert Merle, mais aussi pour sa reconstitution de l'époque, très sérieuse en termes historiques, et également par sa re-création d'une langue entre français d'époque modernisé, vocabulaire de la langue d'oc, citations en latin, italien, etc. C'est un univers particulier qui est déployé par l'auteur, et la lecture est un très beau voyage dans le temps.

Bien sûr, à force de les relire, je perds le plaisir de découvrir l'intrigue et les rebondissements, et la deuxième partie de la saga (en particulier avec le fils de Pierre de Siorac en héros) montre un très net essoufflement de l'écrivain, qui abandonne aussi trop la "province" au profit d'une histoire centralisée dans les capitales, autour des lieux du pouvoir. Mais cette relecture est quand même loin d'être fastidieuse, et je continuerais à recommander cette saga à celles et ceux qui sont intéressés par cette période de l'histoire de France (et un peu au-delà).

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 19:38
This changes everything - Capitalism vs the climate, de Naomi Klein

J'avais déjà entendu parler de Naomi Klein et de son célèbre No Logo, ouvrage dont j'ai dû me dire plusieurs fois qu'il serait intéressant de parcourir. Je n'avais en revanche pas connaissance de son livre La stratégie du choc. La couverture médiatique de Tout peut changer (en version française - j'ai lu la version originale), paru il y a quelques semaines, ne m'a pas échappé. Devant les commentaires qui vantaient les capacités de Naomi Klein à donner de la cohérence à des séries de phénomènes apparemment isolés, mais participant en fait à des logiques globales, je me suis décidé à commencer This changes everything.

Et la lecture a été captivante. Éprouvante aussi, car la journaliste canadienne dresse un état des lieux qui montre le temps perdu depuis l'émergence de la question environnementale. C'est bien simple, le courage qui a manqué depuis les années 1970s, et les erreurs (presque criminelles) du néolibéralisme anglo-saxon des années 1980s (qui a malheureusement influencé des instances internationales et de très nombreux pays ensuite), ce courage manquant et ces erreurs ont considérablement compliqué la résolution des problèmes liés aux effets des activités humaines sur le climat et sur l'habitabilité de notre planète à court terme (quelques décennies, c'est très court).

La lecture montre également comment, en prônant une attitude de partenariat avec les pollueurs, certaines organisations pro-environnement sont entrés dans un schéma pour lequel je ne trouve pas de qualificatifs: il s'agirait de contrer les effets de la technique par toujours plus de technique, de ne prendre aucune distance avec l'illusion que l'humain peut contrôler la nature, d'exploiter toujours plus la terre (pour l'énergie par exemple) en dépit de tous les risques supposés et dégâts avérés que cela suppose. Le problème n'est rien moins que civilisationnel, puisqu'un certain nombre de "solutions" proposées par de gros pollueurs auront deux effets certains: aggraver la situation à court terme, et remplir les poches des entreprises les plus destructrices de notre environnement.

L'exposé fait l'effet d'une pluie de coups de massue. Comme l'explique Naomi Klein, une mentalité capitaliste, "extractrice" des ressources naturelles, ne peut pas offrir de vraie solution à l'urgence qui guette. Déjà, les objectifs de limitation des émissions de gaz à effets de serre montrent leurs limites et ne suffiront pas. Il convient donc de changer de perspective, et de nombreuses initiatives, disséminées dans de nombreux pays, sont autant d'exemples de ce qui nous permettra de vivre correctement, ensemble sur cette planète. En Allemagne, des régions se sont réappropriées les questions énergétiques, et, comme un rapport qui a "retardé" par le gouvernement en France le montre, il serait possible de sortir du nucléaire et des énergies fossiles d'ici 2050. Au Canada et aux États-Unis, l'opposition au pipeline Keystone XL est fondamentale pour ne pas encourager davantage l'extraction dangereuse d'une énergie elle aussi susceptible de provoquer des catastrophes. Le gaz de schiste et la fracturation hydraulique, interdits en France, ne sont pas "peut-être à risque", mais déjà néfastes dans les pays où on y a recours.

Les mouvements citoyens commencent à se fédérer, et ces réseaux en développement peuvent surmonter les défauts de nos démocraties (où les dirigeants, dans une grande majorité, sont lâches ou soumis aux grandes industries polluantes), pour inverser des tendances lourdes qui nous font courir à une certaine apocalypse. Outre des gestes de tous les jours, en effet, qui sont nécessaires, il est indispensable de dire aux pollueurs qu'ils nous assassinent, et que nous résistons.

Vous l'aurez compris, le livre est tour à tour déprimant et motivant, révoltant et stimulant; les faits sont précis, les analyses et la mise en cohérence particulièrement pertinentes et éclairantes. Naomi Klein veille bien à ne pas entrer dans une théorie du complot; elle met à jour des logiques implicites de nos mentalités, des structures d'incitation perverses, des présupposés civilisationnels problématiques dans leurs conséquences effectives. Entre faits et analyse, This changes everything change le regard, radicalement, et c'est nécessaire.

À lire d'urgence, même (surtout) si vous pensez que le capitalisme, le culte de la croissance et de l'accumulation de richesses (toujours pour une petite minorité, quand même), ne sont pas si "responsables" du changement climatique et de catastrophes déjà advenues, et qu'il suffirait de les adapter à la marge pour ne pas compromettre la vie sur Terre de nos enfants.

Pour en savoir plus:

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 17:02

Un an et demi après le concert au Zénith, consacré essentiellement à l'album The Conversation, revoilà Sharleen Spiteri et l'ensemble de Texas pour une soirée très différente. D'abord par son cadre; "concert intimiste" était-il annoncé, et c'est vrai que les 1500 places des Folies-Bergères (que je découvrais) donnent une bien plus grande impression de proximité avec la scène que le Zénith, même si j'étais placé dans les derniers rangs. Ensuite par son thème, le 25ème anniversaire du groupe; du coup, deux parties d'une heure chacune, avec d'abord des titres des débuts et des tous premiers albums, puis avec l'ajout de cuivres (super !), un parcours accéléré des tubes du groupe (Everyday now, I don't want a lover, Black eyed boy, Summerson, In our lifetime, The Conversation...).

Si la première partie était bien mais sans plus, la deuxième était vraiment géniale. Sharleen a été assez bavarde pour accompagner les différents titres, parfois avec un traducteur, parfois sans (et là, parfois on comprend tout, parfois l'accent écossais fait perdre quelques mots ou phrases); quelques anecdotes des influences croisées avec Serge Gainsbourg, des bisous de Jane Birkin, un artiste en retard, etc. Hier soir, il y avait visiblement de la joie à partager ces 25 années de carrière. Un très bon concert, dans un format vraiment très agréable !

En revanche, les photos à l'iPh*ne 4, à distance, avec les éclairages d'une salle de concert, ça ne donne pas grand'chose.
En revanche, les photos à l'iPh*ne 4, à distance, avec les éclairages d'une salle de concert, ça ne donne pas grand'chose.

En revanche, les photos à l'iPh*ne 4, à distance, avec les éclairages d'une salle de concert, ça ne donne pas grand'chose.

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 18:17
Taxi Téhéran

Vendredi 1er mai, Cameo (Nancy)

TAXI TÉHÉRAN

De Jafar Panahi (Iran, 2015)

Plusieurs films et livres m'ont fait découvrir, ces dernières années, la vitalité des cultures iraniennes, et c'est un vrai bonheur de pouvoir aller au-delà du traitement médiatique qui se concentre sur les élections, la répression, les négociations (sur le nucléaire en particulier) et les influences exercées par le régime iranien à l'extérieur de ses frontières. L'environnement politique est néanmoins incontournable. Ici, c'est un cinéaste interdit d'exercice, Jafar Panahi, qui brave cette même interdiction pour proposer un film assez court (1h20), entre fiction et téléréalité puisque le dispositif pourrait y correspondre. Soit le réalisateur-acteur principal, réalisateur reconverti en chauffeur de taxi dans les rues de Téhéran; sur le tableau de bord de son véhicule, une caméra qui filme alternativement l'intérieur de l'habitacle, son chauffeur et ses passagers, et les extérieurs immédiats du taxi. Prennent place un homme aux idées de justice bien arrêtées, une institutrice courageuse, un couple en pleine crise de panique car le mari vient d'avoir un accident de la route, un vendeur de films de contrebande, deux femmes avec un bocal et des poissons rouges, la nièce du héros (au caractère très trempé !), une avocate... On parle itinéraires (le "chauffeur" de taxi ne connaît pas vraiment la ville !), politique donc, délinquance, cinéma.

C'est tour à tour oppressant (le couple qui se lamente et hurle), cocasse (les femmes aux poissons, le vendeur de DVD, la nièce), grave (l'avocate, un ancien voisin du héros). C'est un tableau un peu impressionniste de la population d'une capitale où la vie est complexe, peut-être un peu plus qu'ailleurs. Où certaines libertés sont tellement encadrées qu'elles virent à l'absurde; le film dénonce notamment les règles qui définissent en quoi un film est "diffusable" ou non.

J'ai bien aimé le dispositif utilisé dans Taxi Téhéran, un film bien pensé et conçu, très bien joué (la nièce est remarquable), un film, vous l'aurez compris, courageux.

Bande annonce VOSTF

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