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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 12:22

A l'époque de leur "notoriété", au début des années 2000, le phénomène des boys-bands était sur le point d'être remplacé par la vague des Star Academy et autres télé-crochet-réalités. Et puis le lycée était fini, encore plus le collège. Autant dire que côtoyer des amatrices du genre était plutôt rare. Mais voilà, les fans se réjouissent toujours des come-back, ce qui explique la joie de ma moitié quand, lors d'un précédent concert à l'Alhambra, nous avons pu voir l'affiche pour le passage de Blue ce lundi soir dans la même salle parisienne. Dans la file d'attente, puis dans la salle, sans surprise, il y a un peu beaucoup plus de femmes que d'hommes (je soupçonne que beaucoup des présents étaient de gentils accompagnateurs de leurs douces).

En première partie, un rappeur britannique, seul, avec plein trop d'effets acoustiques sur son micro (dommage, dommage, parce que sans être vraiment mon style, c'était pas mal et ç'aurait été mieux mis en valeur avec un style plus dépouillé).

Et le boys band fait son entrée. Très vite, la réflexion m'assaille: dans notre beau petit univers patriarcal, je ne suis pas vraiment embarrassé quand une chanteuse joue sur son physique (Joss Stone, me dit-on), alors que quand ce sont des hommes, je ne vois que ça. Les projections de testostérone de quatre gars de 30-35 ans avec le look de mes années lycées, sans compter les chorégraphies faites pour la télé, et les attitudes de beaufs séducteurs, ça fait bizarre.

Bon, je respecte le travail que représente la préparation d'un tel concert: chant et danse, ça n'est pas à ma portée, et ce, de beaucoup. Ils semblent bien s'amuser sur scène, et dans la fosse le public passe un bon moment. Il y a quelques notes pas tout à fait justes, gages de l'absence de play back (encore heureux !), mais l'ensemble divertit sans prendre la tête. Ce qui est le contrat... ;-)

Pour en savoir plus:

Blue à l'Alhambra
Blue à l'Alhambra
Blue à l'Alhambra
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 16:39

Milieu des années 1960, dans les Adirondacks, ce massif montagneux du nord-est des Etats-Unis, cadre de nombreux romans (par exemple La Réserve, de Russell Banks). Marit Kraeck, marginale vivant dans une cabane, abandonne dans la boue ses deux filles, Jewel et Jedina. La cadette, Jedina, est recueillie par la famille Skedd, qui se spécialise dans l'accueil temporaire d'orphelins. Ce n'est plus l'enfer, mais ce n'est pas non plus une enfance heureuse... Plus tard, un couple quaker, les Neukirchen, prend la jeune fille sous sa protection.

Année universitaire 2002-2003. M. R. Neukirchen, docteure en philosophie, est la première femme à présider une des grandes universités du pays. Une réussite semble-t-il. Mais sur le campus, certains professeurs conseillent l'administration Bush pour lancer l'invasion de l'Irak. M. R. est horrifiée par l'esprit belliciste de l'époque. Un soir, un étudiant néo-conservateur est victime d'une agression. Comment traiter l'incident ?

Soudainement, la présidente impeccable adopte un comportement étrange: elle prend des détours et manque des réunions importantes, elle semble fébrile, prend des décisions qui surprennent ses collègues... Son passé la harcèle, et elle manque de proches à qui se confier (elle a bien un amant, secret, lui aussi universitaire, mais la relation n'est pas satisfaisante). Les événements se bousculent.

L'héroïne de Joyce Carol Oates "perd pied"; nous la suivons durant ces quelques mois autour de la guerre "préventive", avec des retours dans son enfance et son adolescence. Des chapitres mettent mal à l'aise, leur lecture est parfois difficile à supporter, ce qui constitue à la fois une preuve du talent de la romancière et une limite du texte, que je ne recommanderais pas à tout le monde. L'écriture est efficace, les ressorts dramatiques sont parfaitement maîtrisés, et les sujets choisis avec finesse (la carrière d'une femme dans le monde universitaire américain; la façon de vivre avec un passé traumatisant...). C'est donc un "bon" Joyce Carol Oates, mais pas mon préféré.

Pour en savoir plus:

Mudwoman, de Joyce Carol Oates
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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 13:28

Un groupe de rock japonais (plus par la nationalité de ses membres que par les langues des chants et le style, très Occident/Etats-Unis compatible) pour conclure ce cycle de trois concerts en dix jours. Dimanche soir, c'est dans un Bataclan acquis à leur cause que les 4 rockers se sont donnés, à 200%. En 1h45, de très belles chansons (malgré... j'en parle plus bas), et un show impressionnant... Le bassiste commence torse nu et aura un passage en boxer, c'est rare que les concerts auxquels j'assiste en arrivent là. Quant au batteur, sa rage, sa frénésie en étaient presque inquiétantes ! Les fans du groupe ont été ravis, moi j'ai bien aimé mais comme d'habitude, le Bataclan gâche beaucoup de choses.

Pour en savoir plus: le groupe sur Wikipedia - Site officiel

Je ne voulais pas encore faire de Bataclan-bashing (après Asian Kung Fu Generation, Vincent Delerm, Cat Power), mais encore une fois, cette soi-disant salle de concert a fait preuve d'un exaspérant manque de respect envers les artistes. A part durant quelques titres, plus doux, avec moins de guitares, pendant lesquels la voix du chanteur était correcte, le son était catastrophique. On avait l'impression que le chanteur était dans une pièce éloignée, avec un coussin entre sa bouche et le micro: une voix assourdie (pas un problème de volume mais de clarté), c'est tellement dommage. J'ai de la peine pour les artistes qui se décarcassent pour proposer de la musique de qualité et dont le travail est ainsi gâché. Et manque de respect toujours pour le public, et les riverains. Car quand toutes les autres salles annoncent un concert à 19h30, elles ouvrent les portes au moins 30 mn avant (et pas à 19h30, ce qui fait rentrer à 20h15 quand on loin dans la file - pauvres riverains), et proposent une première partie. Le Bataclan a donc adopté le concept de la file dans la rue comme première partie. Ca n'a aucun sens et ça m'énerve...

One OK Rock au Bataclan
One OK Rock au Bataclan
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 19:56

Un nouvel album, une tournée passant par Paris: deux très belles surprises ces derniers mois de la part de Texas, l'un de mes groupes préférés, que j'ai longtemps pensé ne pas pouvoir apprécier en live (demeurait l'espoir de suive la carrière solo de Sharleen Spiteri). Grâce à ma moitié, la date parisienne (ce lundi 21 octobre) a vite été calée dans nos agendas. Aux abords du Zénith, on perçoit bien certaines caractéristiques de Texas: 25 ans de carrière, donc un public plus trentenaire-quadragénaire qu'ado, avec beaucoup de femmes aimant les femmes (c'en est même une sous-rubrique dans la page Wikipedia de la leader).

La première partie, c'est Girl Called Johnny, dans un style proche du groupe à l'affiche, mais de l'avis général, pas aussi bien. L'accueil ne déborde donc pas d'enthousiasme, sans que la chanteuse, son batteur et son bassiste n'aient démérité.

On aurait pu penser que la salle "tiédie" par la première partie, puis soumise aux stratagèmes commerciaux un peu exagérés du Zénith, ne s'embrase pas immédiatement quand Sharleen Spiteri et ses six acolytes entrent sur scène. On aurait pu. Mais il n'en est rien, tant il est vrai qu'un tel concert a pu être attendu. Entre chansons du dernier album (The Conversation) et reprises des précédents aux tubes entendus en boucle, la setlist est finement composée (vous pouvez la découvrir sur ce site). Sharleen Spiteri se donne à fond, avec une énergie impressionnante. Elle n'hésite pas à s'adresser au public en français, quelques échanges ont même lieu, c'est assez bluffant dans une salle comme le Zénith. L'ensemble du concert est excellent, on peut donc raisonnablement espérer que ce retour de Texas donnera encore de très beaux moments musicaux !

Par contre j'étais un peu loin pour prendre des photos valables... (d'autres ont fait un travail infiniment meilleur: par exemple ici)

Texas au Zénith
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 11:51

L'automne 2012 aura été l'exception de ces cinq dernières années: pas de concert d'Ane Brun à Paris ! Après le Café de la Danse en 2009, en 2010, puis le Trianon en 2011, c'est à l'Alhambra qu'Ane Brun se produit en ce 17 octobre 2013. Deux albums sont sortis cette année, l'un faisant la rétrospective de ses dix années de carrière, et un autre, il y a quelques jours, composé de "raretés": des titres peu entendus, des covers, des versions différentes de certaines de ses chansons...

Ce soir, la première partie pourrait être "jazzy", avec Tonbruket, un groupe jouant cinq morceaux pour l'occasion: claviers, batterie, contrebasse, guitare. Il y a de belles séquences, mais globalement je n'ai pas beaucoup apprécié, il y a une recherche de l'harmonie improbable, ça tient parfois du miaulement douloureux.

Tonbruket + un des batteurs habituels d'Ane Brun + la voix claire de Nina Kinert (déjà entendue avec Ane Brun) + un polyinstrumentiste, ça donne -heureusement- un set exceptionnel. Parce que tous sont talentueux et parce qu'Ane Brun a un don unique pour émerveiller, émouvoir, transporter, toucher à l'intime. Ce jeudi soir, la setlist est parfaite, composée essentiellement de ses hits:

Setlist Ane Brun - Songs Tour (Paris, Oct 17th)
The light from one
My lover will go
The puzzle
The treehouse song
Changing of the seasons
Lullaby for grown-ups
To let myself go
This voice
Oh love
Humming one of your songs
Worship
One
Do you remember
--
True colors
These days
Big in Japan
Don't leave
--
Undertow

Au fil des années, les arrangements évoluent, toujours aussi soignés; les musiciens font vraiment partager leur enthousiasme; quant à la scène, et c'était déjà le cas en 2011, les lumières contribuent très efficacement à l'atmosphère et au spectacle. Un régal. Une heure trente magique, donc, qui fait beaucoup de bien.

Ane Brun à l'Alhambra
Ane Brun à l'Alhambra
Ane Brun à l'Alhambra
Ane Brun à l'Alhambra
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 21:48

A chaque déménagement se pose la question des étagères. J'ai beaucoup de livres. Non pas juste pour les accumuler, mais pour les relire à l'occasion. Ces dernières semaines, trois relectures.

LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGT JOURS, de Jules Verne

Je m'aperçois que je ne l'ai pas encore recensé sur le blog; ca fait donc probablement longtemps que je n'avais pas relu ce classique parmi les classiques de Jules Verne ! Bien sûr je connais les différents épisodes et rebondissements suffisamment pour qu'il n'y ait plus aucun suspense, et du coup, comme il n'y a pas d'exploits scientifiques servant de trame narrative, ou d'immersion un peu détaillée quelque part (exceptions faites, peut-être, de l'histoire du chemin de fer en Inde, ou de celle de Salt Lake City et des Saints des Derniers Jours), l'intérêt du livre faiblit significativement. Jules Verne ne s'attarde pas non plus plus que nécessaire sur la psychologie de ses personnages (une histoire d'amour - c'est rare chez lui - mais avec un romantisme de frigidaire soviétique), du coup on est comme le héros, à lire des récits de correspondances "multi-modales" dirait-on aujourd'hui.

Aujourd'hui d'ailleurs, faire le tour du monde en quatre-vingt jours, en transports collectifs le plus souvent mais sans avion, ça peut être un beau défi... Alors que partir faire son tour du monde n'a jamais été autant à la mode, je m'étonne de ne pas avoir encore entendu parler d'un imitateur de Phileas Fogg... Avis aux aventuriers (un peu fortunés, quand même) ! Enfin l'intérêt de voyager sans rencontrer les autres habitants de notre village planétaire, ça ne présente toujours pas un immense intérêt...

LE CANTIQUE DE L'APOCALYPSE JOYEUSE, d'Arto Paasilinna

Un petit tour en Finlande, où, rappelez-vous, un vieux communiste, brûleur d'églises, demande à son fils, avant de mourir, de bâtir... une église ! La construction est rocambolesque, et offre de beaux dialogues de sourds entre la liberté (rien n'interdit d'ériger un tel édifice, n'est-ce-pas ?) et le conservatisme, le sérieux des institutions. Autour de l'église, qui tardera à être consacrée, une petite communauté se réunit; les valeurs des uns et des autres sont interprétées avec absurdité - c'est le talent de Paasilinna -, pour bien montrer finalement leur relativité. Mais quand le monde entier, hors de la communauté, se déchire et décline pour se rapprocher du Moyen Âge, les utopistes deviennent de plus en plus populaires.

Cette deuxième lecture a été aussi drôle que la première. Drôle, oui, mais de cet humour qui sert aussi à ne pas sombrer dans le désespoir face aux catastrophes qui semblent inéluctables.

UN CRI SI LOINTAIN, d'Åke Edwardson

Toujours le Nord, cette fois-ci Göteborg (Suède) et un peu le Danemark... Et Edwardson est comme Paasilinna concernant notre monde; très lucide, pas question de se bercer d'illusions. Chez Edwardson, on n'est pas dans la farce, mais dans le polar, noir de chez noir. Dans des agglomérations mises en ébullition par des canicules, où le "vivre ensemble" tient plus de l'expression que du vécu, le mal frappe. Dur. Révélant la solitude, extrême, terrifiante; révélant les peurs, multiples, ravageuses. Une policière plus bronzée que blonde est agressée. Une autre femme est découverte, près d'un lac, morte. Personne pour l'identifier. Elle a eu un enfant, mais où se trouve-t-il, cet enfant ? L'enquête du commissaire Erik Winter et de son équipe doit percer ces silences, étouffants. Le dénouement est très tardif (dans les vingt dernières pages des 500 du roman). Ne reste plus qu'à retrouver le sourire, et être capable, sans naïveté, de déceler en chaque personne que l'on croise dans nos métropoles, une parcelle d'humanité...

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Et maintenant, une nouveauté qui vient d'arriver chez les libraires: Mudwoman, de Joyce Carol Oates !

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 12:14

Samedi 5 octobre
Roxane, Versailles

BLUE JASMINE

De Woody Allen (USA, 2013)

Jeanette a changé son prénom en Jasmine. Fille adoptée, comme Ginger, elle a épousé un homme d'affaires qui lui permet d'appartenir à la haute société de New York. Mais son mari est aussi honnête qu'elle est curieuse de ses investissements et méthodes d'enrichissement. Son aveuglement concerne aussi la fidélité de son mari. Soudain, elle ne peut plus nier l'évidence. Leur fils non plus, qui claque la porte. Jasmine se retrouve seule, sans argent, sans travail... Elle se souvient alors qu'elle a une soeur, Ginger, à San Francisco. Bien sûr, Ginger ne choisit que des losers comme maris ou amants, mais bon, il faut bien un lieu pour recommencer sa vie. La côte ouest donc, fera bien l'affaire.

C'est ce deuxième départ que nous raconte Allen, avec son humour corrosif, et ses acteurs parfaits, très bien dirigés (Cate Blanchett extraordinaire), dans une Amérique toujours aussi aseptisée (c'est valable pour tous ses films, y compris en Europe). Comme souvent, une histoire de rang social, un confort auquel on veut accéder ou se maintenir, persuadé que le bonheur dépend de cela, quitte à mentir, à se mentir.

Un très bon Woody Allen ai-je trouvé, avec toutes ses marques de fabrique (de la police du générique à la bande-son jazz très soignée, en passant par le clin d'oeil aux Français, son meilleur public, et tout le reste), mais aussi un film suffisamment original pour ne pas lasser.

Blue Jasmine
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 18:58

Vendredi 13 septembre
UGC Montparnasse, Paris 6

LE MAJORDOME

De Lee Daniels (USA, 2013)

En un peu moins de 50 ans, les Etats-Unis sont passés de l'absence de droits pour les Noirs à l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche. Un demi-siècle vu en deux heures, ça donne l'impression que c'est allé vite. Oui, parce qu'il s'agit de faire évoluer les mentalités, et cela prend beaucoup de temps. Non, parce que pour les acteurs de cette lutte, les tabassages et autres vexations ont été longues, bien trop longues. Non, parce qu'il reste tellement à faire (pourquoi les Noirs sont-ils moins bien défendus et donc plus souvent condamnés à la prison ou à la peine de mort, par exemple ?). Le chemin parcouru est à la fois extraordinaire (le "Yes we can" de Barack Obama en novembre 2008 fait toujours autant frissonner et s'émerveiller de ce qui est possible outre-Atlantique et pas ailleurs), et appelle bien sûr à l'humilité.

La perspective, la focale du Majordome, c'est - à partir d'une histoire vraie - la vie de Cecil Gaines, dont le père est tué par un Blanc dans un champ de coton, qui débute dans l'hôtellerie, en gravit les échelons, et parvient à la Maison Blanche, où il officie comme majordome auprès de 7 ou 8 présidents différents ! Lui est pour la survie dans la discrétion (et même, dans une analyse attribuée à Martin Luther King, dans la subversion), là où son fils, légitimement impatient, milite pour les droits civiques et flirte même avec les Black Panthers de Malcolm X. Deux générations, deux stratégies, pour obtenir la dignité intrinsèque à chaque être humain. Dans le même temps, plusieurs administrations et Présidents, avec des sensibilités différentes, mais dépeints avec bienveillance.

Lee Daniels propose une relecture apaisée d'une période troublée. Il s'appuie sur un casting de rêve (notamment Forest Whitaker, et Oprah Winfrey, qui interprète très bien l'épouse de Cecil), sur un savoir-faire efficace, et sait rester mesuré dans ses effets (ce qui n'était pas gagné à mon avis). Le majordome est donc poignant, sait ne pas être simpliste, et se veut un bel hommage aux personnes s'étant investies pour l'égalité. Un encouragement aussi pour les luttes qui subsistent...

Le majordome
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 09:57

Une centaine de pages, pas plus, mais ce livre de la série "Guides to theology", rédigé par une professeur du Ripon College Cuddesdon, à Oxford, est extrêmement fourni et un point d'entrée précieux sur les recherches des théologien(ne)s féministes.

D'abord une présentation des enjeux, avec des questions évidemment de définitions, de champs d'études, etc.

Il y a aussi un survol à la fois impressionniste et très habile de l'histoire de la théologie et de la question des femmes et du féminisme (par exemple: que dire d'écrits rédigés par des femmes des premiers siècles, non retenus par le canon ? De quoi ont pu parler les quelques théologiennes femmes tant côté catholique qu'au moment de la Réforme ? En quoi une "Bible des femmes" a-t-elle été jugée nécessaire ? Toutes les théologiennes féministes ont-elles des revendications égalitaires ? Et connaissez-vous les courants post-chrétiens ?).

Natalie K. Watson dresse également une liste des thèmes abordés dans la littérature théologique féministe, confirmant bien l'intuition que, à l'instar des féminismes, il y a bien des théologies féministes, et pas une seule.

Enfin, et c'est un outil très précieux pour qui veut approfondir le sujet, il y a une longue bibliographie organisée par thèmes, et chaque référence est brièvement commentée.

C'est donc un livre d'introduction très dense (il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour identifier les différentes propositions d'un paragraphe) et très clair, et qui semble, pour un débutant comme moi, fournir une très bonne base de départ (même si, datant de 2003, il n'est pas à jour des toutes dernières recherches).

(Oui, vous risquez de lire plusieurs billets de théologies féministes sur ce blog dans les mois à venir).

Pour en savoir plus: site éditeur

(Guides to theology) Feminist theology, de Natalie K. Watson
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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 14:28

Mardi 27 août
Gaumont Parnasse, Paris 14

JEUNE ET JOLIE

Film de François Ozon (France, 2013)

Commenté abondamment lors du dernier festival de Cannes, le nouveau film de François Ozon propose de suivre Isabelle (dans la vraie vie), 17 ans, qui devient Léa sur un site Internet sur lequel elle entre en relations avec ses clients. Car oui, Isabelle se prostitue. Non pas par besoin d'argent (elle vit confortablement avec sa mère dans un bel appartement parisien, part en vacances, bref ne manque de rien), peut-être par penchant adolescent pour l'expérimentation, peut-être pour autre chose... L'un des aspects troublants de Jeune et jolie, justement, c'est le choix de ne pas chercher à expliquer ce qui pousse Isabelle à ces passes plus ou moins régulières. Trouble aussi avec le jeune frère d'Isabelle, également à l'âge où le corps et le sexe deviennent des sujets, un peu voyeur pas finalement pas plus que nous, les spectateurs (le trouble vient sûrement de cet effet de miroir). Trouble décidément, parce qu'on ne sait pas trop ce qui peut/doit être fait, notamment par les parents. Ozon excelle, de toutes façons, à réaliser des films où les regards sur les femmes sont - au mieux - ambivalents. Pas de naïveté, d'innocence, ni de franche hypocrisie ou de perversité assumée. Derrière le message du "difficile de juger" (avec une remise en cause profonde de l'importance du "pourquoi ?" dans notre façon de réagir) que le film pourrait véhiculer, demeure une question: où se situent les transgressions, de quel côté de la caméra, des écrans ?

Au passage, je reproche à Ozon de continuer à promouvoir les canons du "est belle qui est anorexique". Parce que Marine Vacth joue très bien, comme les autres acteurs, mais elle fait de la peine, avec ses os saillants (dans le film, "tous" la trouvent très belle...). C'est dommage et même assez néfaste.

Sinon pas grand'chose à commenter... Avis mitigé donc.

Jeune et jolie
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