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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:34

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J'ai dû chercher le temps de lire Nous étions les Mulvaney. Le livre est un peu gros pour le métro (600 pages), d'ailleurs les trajets ont été occupé par des révisions de vocabulaire d'hébreu. Et puis, au ski, le temps libre est occupé par un peu de repos, d'autant plus que les nuits ont été écourtées par les missions favories des animateurs: faire respecter le couvre-feu en veillant tard dans le couloir, et lever précoce pour réveiller l'ensemble des campeurs ! Bref, la lecture de ce roman de Joyce Carol Oates a duré, mais ce n'est pas grave.

 

Il s'agit de l'histoire de la famille Mulvaney, dans l'état de New York, pendant les années 1970 et 1980. Une famille qui vit dans une ferme, le père est patron d'une entreprise de toiture, la mère gère un stock d'antiquités dont elle n'arrive pas à se détacher. Quatre enfants: Mike Junior, Patrick, Marianne et Judd, ce dernier étant l'un des narrateurs. Et un drame, en 1976. Marianne rentre d'un bal qui s'est prolongé par une agression sexuelle, mais elle souffre en silence, se tait, finit par lâcher quelques bribes d'information mais sans incriminer son agresseur. A partir de cette tragédie, la famille va se décomposer. Chacun des membres de la famille Mulvaney réagit différemment, mais la spirale infernale semble bien entamée.

 

Avec son style toujours très neutre voire bienveillant envers ses personnages, Joyce Carol Oates met en scène des hommes et des femmes tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Elle dépeint une certaine société américaine, proche de nous. Le rang social est l'une des préoccupations. Des passages forts évoquent la place de la religion dans la constitution des personnalités. Mais c'est naturellement sur le thème universel de la famille, et particulièrement de la fratrie, que l'écrivain américain propose des pages bouleversantes. Qui rappellent la singularité de cette relation, ses difficultés, mais surtout ses beautés. Extrait:

 

"Etrange, se dit Patrick. Lui, Patrick Mulvaney, était le frère de cette jeune femme: toute leur vie consciente, ils avaient été frère-et-soeur, plus proches l'un de l'autre sur le plan génétique qu'ils ne l'étaient d'aucun de leurs parents. Il avait pourtant l'impression de ne pas connaître Marianne du tout. Il l'aimait mais la connaissait à peine. Ceux qui ont vécu ensemble dans l'atmosphère passionnée de la vie familiale se connaissent à peine. La vie y est trop immédiate, en gros plan. C'est le paradoxe. Le côté déroutant. Exactement le contraire de ce à quoi l'on s'attendrait. Car bien sûr on ne pense jamais à ces relations quand on les vit. Penser -réfléchir- suppose une dissociation, de la distance. La mémoire ne peut s'exercer qu'une fois éloignée de sa source." (pp 304-305).

 

Nous étions les Mulvaney ? Ca m'a beaucoup parlé !

 


 

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Published by davveld - dans Livres
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