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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 22:57

Dimanche 18 décembre

Paris 3, MK2 Beaubourg

 

METROPOLIS

De Fritz Lang (Allemagne, 1926, version restaurée 2011)

 

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Journée "Metropolis" ce dimanche. Un film dont j'avais pu entendre le titre, sans plus, et dont je découvre à la fois les qualités, les imitations et références ultérieures, et l'histoire tourmentée de cette version, à priori inédite et "intégrale" au sens de très proche de celle qui devait être diffusée en 1926 et 1927 avant que les distributeurs, les censeurs et autres intervenants dans la longue chaîne de l'industrie du cinéma écrivent "leur" Metropolis.

 

Tournant dans l'histoire du cinéma, Metropolis est un projet démesuré, à l'image de cette ville du troisième millénaire, à la fois New York, Babylone/Babel (les références bibliques et religieuses sont explicites et se comptent par dizaine), où vivent en haut les nantis, avec stades, jardins, etc., et en bas les ouvriers, réduits à de simples mécanismes de gigantesques machines. En bas, la révolte gronde, même si Maria, une prophétesse, prêche la venue d'un "Médiateur", qui réunirait le cerveau et les mains de ce monstrueux organisme qu'est la ville. En haut, Feder, le fils du dirigeant de la ville, vit dans l'insouciance jusqu'à ce qu'il prenne conscience que tout ne fonctionne pas par magie. Federsen, le dirigeant, est acoquiné avec un savant qui, naturellement, est à la fois génial et fou.

 

Le film est muet, ce qui laisse place à une oeuvre musicale à la fois magistrale et un peu envahissante et répétitive (les personnages, les lieux, ont leur thème musical spécifique, mais il y a des limites), ce qui donne aussi certaines longueurs (oui 2h30) et un jeu expressif à outrance des acteurs dans certains cas. Dans la "démesure" évoquée plus haut, il y a de vraies trouvailles de tournage, et puis un dispositif impressionnant de décors, d'effets spéciaux, etc.

 

 

C'est notamment cet envers du décor qui est présenté à l'exposition à la Cinématèque, visitée juste après. Où l'on voit les peintures qui ont servi de décor, ainsi que de nombreuses photos du tournage, des costumes, des articles sur la réception du film...

 

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On approfondit également les informations sur l'histoire des versions du film. Car Metropolis a subi de nombreuses modifications dès avant sa distribution. De nombreuses "éditions" peuvent être retrouvées, dans les archives allemandes, russes, etc. Dans les années 1980, un réalisateur s'est même amusé à coloriser le film et à lui adjoindre une bande-son pop-rock... Au début des années 2000, une restauration numérique est lancée, avec la conscience que 25-30 mn manquent par rapport à l'original. Et c'est en 2008 qu'en Argentine, une copie -très abîmée- de la version intégrale de 1926-1927 est retrouvée. Les scènes manquantes ont été ajoutées à la restauration numérique, le montage revu à partir de cette copie, de partitions de la bande-son, etc. Un travail à la fois rigoureux et qui, comme tout ce qui est scientifique, pourrait n'être que "provisoire", car une "copie abîmée" de l'original n'est pas "la" (bon, il y en avait plusieurs) pellicule d'origine !

 

Une exposition bien conçue donc, avec des extraits du film; on se sent d'un coup un peu moins ignorant face à ce monument de l'histoire du septième art, qui marque, même inconsciemment, nos cultures visuelles.

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Published by davveld - dans Cinéma
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