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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 23:58
Samedi 26 décembre
Paris 19, MK2 Quai de Seine
LES CHATS PERSANS
De B. Ghobadi (Iran, 2009)


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Mon appréciation: 8/10


Mystérieux et déroutant Iran... D'un côté, l'actualité la plus sombre, avec la réélection d'Ahmadinejad, et la détention de Clotilde Reiss. De l'autre, l'art et la culture qui donnent à voir une société bien plus "grise" que "toute noire" comme on est amené à le penser. Chez votre libraire, vous pouvez demander les nouvelles et les romans de Zoyâ Pirzâd. Au cinéma, je vous recommande (ainsi que Télérama, Courrier International et probablement d'autres) Les chats persans, de Bahman Ghobadi, en salles depuis le 23 décembre.

Dans un Téhéran vu alternativement comme un décor de clip de MTV et comme un reportage d'une chaîne tout-info style CNN ou Al-Jazeera sur les bidonvilles de nos mégalopoles, deux jeunes musiciens rêvent de... faire de la musique. Un plaisir simple, un besoin vital pour certains (personnellement, j'ai souvent besoin de musique pour me concentrer ou me détendre, me motiver ou m'apaiser...), mais un interdit dans le régime iranien. Comment répéter sans se faire repérer par les voisins ? Comment décrocher une autorisation pour sortir un album ? Comment éviter la prison pour un simple concert ? Et surtout, comment obtenir les passeports et visas indispensables à une tournée à l'étranger ? Ca c'est pour le contexte "législatif".

Les chats persans
, c'est avant tout une plongée dans l'effervescence de la musique underground (au sens littéral) iranienne; la bande-son joue un rôle fondamental dans la réussite du film, alternant mélodies traditionnelles, "indie rock", rap et électro. Impressionnant de vivacité et de qualité. Très loin des clichés que je mentionnais au début de ce billet.

Impressionnantes également, les prises de risque de ces Iraniens, musiciens ou non, qui contournent quotidiennement les barrières du régime. Faux papiers, tchatche face aux censeurs, même le fait que la (mignonne) Negar Shaghaghi conduise, réponde aux policiers, ne soit pas "enfermée" chez elle (ou avec sa famille, thématique quasi-absente du film) ou même derrière un voile...

Les chats persans ? Le cri d'une génération, qui pourrait bien (et c'est tout le bien qu'on lui souhaite) permettre à tout un pays de respirer à nouveau. Parce que, même si c'est souvent sous l'oppression que la créativité est la plus forte, de tels talents (acteurs, équipes techniques, et puis cette scène musicale underground) sont des révélations qui ne demandent qu'à s'épanouir hors du carcan...

 

 

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Published by davveld - dans Cinéma
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commentaires

Baptiste 28/01/2010 15:06


J'ai vu ce film... Super!!!


davveld 30/01/2010 23:41


C'est marrant, une des bénévoles au boulot a trouvé le film déprimant, alors que moi j'avais été épaté par l'impression d'énergie sur le point de devenir incontrôlable et donc sur la note
d'espérance...

Le groupe qui a servi d'histoire/d'acteurs pour le film, Take it easy hospital, vient de sortir un album, notamment téléchargeable sur iTunes. Ils sont en concert à Paris le dimanche 31 janvier,
mais je ne pourrais y être :(


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