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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 22:01

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Le titre et la couverture donnent le ton. Oui, il s'agit d'une lecture pour les cours ! J'ai fait une note de lecture sur la première moitié de ce livre pour notre cours de philosophie qui avait pour thème "métaphysique et théologie". Alors, comme (1) je ne diffuse pas mes devoirs sur Internet; (2) je suis bien attaché à garder à chaque support sa spécificité; (3) je risque d'être ennuyeux (quoique les échanges sur le sujet via Facebook montrent un intérêt certain hors du cercle des étudiants en théologie)... alors donc, je vous livre l'essentiel et quelques impressions de lecture.

 

André Gounelle (ancien professeur à la faculté de théologie protestante de Montpellier - soeur de celle de Paris où j'étudie) utilise un style très pédagogique qui plaît beaucoup à ses lecteurs pour "vulgariser" des théories, des doctrines, des dogmes parfois assez alambiqués, complexes, etc. Ici, il veut rendre accessible la philosophie et la théologie du Process, qui ont émergé aux Etats-Unis dans le sillage du scientifique et philosophe Whitehead. Comme son nom l'indique, le Process est une pensée du mouvement, une pensée qui considère que la réalité est constituée d'entités actuelles définies bien sûr par le passé, mais aussi par les décisions du présent, celles-ci s'insérant dans une vision du futur donnée. Dit comme ça, ça n'a rien de bouleversant.

Mais pour les penseurs du Process, ce réel ne serait possible sans Dieu: Dieu serait l'entité proposant une série de possibles, parmi lesquelles nous ferions des choix; et Dieu chercherait à orienter - sans forcer - ces choix pour accomplir sa volonté. Car Dieu n'est pas tout-puissant (malgré ce qu'affirme le Symbole des apôtres, commun à toutes les églises chrétiennes depuis de très nombreux siècles)... et qu'il a besoin des êtres - et des êtres humains en particulier ! - pour agir et faire bouger le monde.

Je vous l'avais dit, cette question de la toute-puissance de Dieu me tracassait depuis que, pendant un cours, je me rende compte que c'était une question pertinente ! Et il fallait plus qu'une affirmation un peu rapide d'un enseignant pour que je puisse discerner une certaine logique dans ce raisonnement. Gounelle a été assez efficace, puisqu'il me conduit même à me poser la question de l'échec final de Dieu (pas de sa mort), qui ne serait plus en mesure donc de proposer aux êtres plusieurs possibles, dont certains qui contribueraient au rapprochement de son Royaume. Eh oui, Dieu serait bien embêté si nous disparaissions dans un dérèglement écologique majeur ou une guerre nucléaire totale, deux hypothèses explicitement mentionnées par le théologien.

Bien sûr, un Dieu limité (il n'y a pas que la question de la puissance: il n'est pas omniscient non plus, selon le Process) est plus proche de nos mentalités du vingt-et-unième siècle. Il conserve néanmoins des caractéristiques divines certaines; de son côté, l'être humain a une responsabilité majeure non seulement pour ses contemporains et ses descendants, mais aussi dans le plan de Dieu. Mais Dieu se déjoue bien des systèmes, aussi bien huilé que le soit celui du Process. Alors... alors tout reste ouvert, justement.

 


 

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Published by davveld - dans Livres
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