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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 22:43
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"Cette année, je prends un abonnement au Théâtre National de la Colline": cela m'avait permis d'apprécier Notre Terreur. Ce soir, je continue avec les pièces à caractère historico-sociologique. Direction une ville de l'ex-République démocratique d'Allemagne (RDA), en 1993. Une grand-mère, une mère, une fille emménagent. La grand-mère réintègre la maison qu'elle avait achetée avec son mari, en 1935, alors que les précédents propriétaires, juifs, avaient dû quitter le pays. Après la guerre, la maison, épargnée par les bombardements, est abandonnée par la mère, qui fuit à l'Ouest. Après la chute du Mur, du fait des lois de restitutions, toute la lignée récupère les lieux. Mais les fantômes de la famille juive de 1935 et des familles qui se sont succédées pendant la partition de l'Allemagne ne sont pas tout à fait loin.

lapierre02.jpgLa pièce, d'un peu plus d'1h15, multiplie les sauts dans le temps (des néons indiquent, en hauteur, la date de l'action), brouillant un temps les repères. Marius von Mayenburg explore en fait le décalage entre le "souvenir", le "raconté", et puis une "réalité" plus complexe qu'unique. Allemand né dans les années 1970, il s'intéresse aux constructions personnelles, puis familiales, et bien entendu à l'échelle sociétale qui écrivent l'histoire, l'Histoire. Quant au metteur en scène, aux choix judicieux, Bernard Sobel, il explique dans le livret-programme qu'il revisite quant à lui tout ce que l'idéologie (communiste, en ce qui le concerne, pendant de nombreuses années) ne mettait pas en valeur. Le propos est bien entendu universel, il interroge donc sur le souvenir, l'histoire, mais aussi ce qu'on s'approprie et ce qu'on souhaite défendre. A l'heure où l'on amalgame identité nationale et immigration, les parallèles sont éclatants. En-dehors de notre microcosme hexagonal et de la thématique inégalités Nord/Sud, la pièce peut aussi trouver des résonances très riches dans la tourmente proche-orientale ("la pierre", référence à un caillou jeté contre une maison juive, gardé comme symbole d'une résistance à une persécution...).

Je suis donc content d'avoir choisi, un peu aveuglément, cette pièce dans le cadre de mon abonnement. Seul regret, mais il est de mon fait, c'est celui de ne pas réussir à rester attentif face à une scène plutôt statique (au cinéma, le rythme de l'image et la luminosité de l'écran captent et retiennent le regard)...



lapierre03.jpgPour en savoir plus:


Photos extraites du livret-programme.

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Published by davveld - dans Sorties
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