Rechercher

Archives

26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 22:10

book_107.jpg

 

On continue avec les livres achetés aux Journées de vente et d'amitié de la paroisse, avec un deuxième (il y en a trois) Joyce Carol Oates (la recension du premier est là). La fille du fossoyeur, c'est Rebecca Schwart. Elle naît à quelques mètres d'Ellis Island, quand sa famille arrive à New York après avoir fui l'Allemagne nazie (nous sommes en 1936). Le père, ancien professeur, doit trouver un toit pour sa famille, et il accepte le poste de fossoyeur dans une petite ville de l'Etat de New-York. Solution provisoire, pensent-ils tous. Mais pas moyen d'améliorer leur sort. La mère se terre dans la masure, les deux frères de Rebecca font les quatre cent coups... A Halloween, les jeunes de la ville tourmentent le fossoyeur. Aigri, perdant peu à peu la raison, il s'arme, puis un drame survient.

Rebecca doit débuter dans la vie, à treize ans, sans aucun atout. Pupille de l'Etat, elle gagne son autonomie, puis épouse le séduisant mais mystérieux Niles Tignor. Après une fausse couche et la naissance de Niles Junior, histoire classique de violences conjugales. Rebecca tient, puis craque, et s'enfuit. Nouvelle période d'errances, où notre héroïne fait preuve d'un courage et d'une dignité incroyables.

Et puis, dans une ville où, devenue Hazel Jones, elle est ouvreuse pour un cinéma, un des clients n'est autre que le pianiste de jazz du bar où Rebecca s'accorde un peu de détente. Mais est-elle prête à vivre une nouvelle histoire, à prendre le risque d'une relation durable, à donner toutes ses chances à son fils Zach qui semble avoir un don particulier pour le piano ? Ses démons pourraient la rattraper...

 

La fille du fossoyeur (j'ai bien aimé les mouvements de recul de ceux qui voulaient savoir ce que j'étais en train de lire) n'est certes pas un recueil de blagues. Mais ce n'est pas non plus un mélo-drame avec violons larmoyants et publicités pour des mouchoirs en papier, ni un roman macabre. C'est l'invention d'un destin, c'est la vie d'une Américaine de la deuxième moitié du vingtième siècle, avec des thématiques éternelles (être à la marge, s'instruire, être séduit(e), se marier, avoir un enfant, se reconstruire après une épreuve, se façonner des identités en fonction des circonstances, etc.). Joyce Carol Oates excelle dans cette narration à la fois au plus près d'un personnage, et suffisamment distanciée pour éviter le pathos. Ca se lit, comme les deux précédents, avec besoin de tourner les pages les unes après les autres. C'est sans prétention, et pourtant ça mérite d'être lu et relu.

 


 

Pour en savoir plus:

Partager cet article

Repost 0
Published by davveld - dans Livres
commenter cet article

commentaires

En Savoir Plus

Catégories