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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 22:25

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Avec les études reviennent aussi les "lectures imposées". Lecture et plaisir sont très souvent indissociables chez moi. Malheureusement, cette fois-ci, les deux concepts ne se superposent pas complètement.

 

Gerd Theissen, un des grands noms de la théologie protestante contemporaine, qui a donné la leçon inaugurale à l'Institut il y a pile un mois (le 4 octobre dernier, j'en parlais ici), est notamment "célèbre" pour ses travaux sur le "Jésus historique". Avec les outils scientifiques modernes de l'histoire, mais aussi d'autres sciences sociales, il apporte ce qui se veut des clés alternatives de compréhension du personnage et de l'enseignement de Jésus. Dans L'Ombre du Galiléen, publié en 1986, Gerd Theissen met en scène ces recherches: il ne s'agit pas, et c'est remarquable, d'un manuel ou d'un traité, mais bien d'un "récit historique", presqu'un roman. Où un personnage imaginaire, André, est chargé par Pilate d'en savoir plus sur les différents mouvements palestiniens de l'époque, y compris Jésus. Chaque chapitre est clos par une lettre de l'auteur à un autre personnage imaginaire, un professeur d'histoire/théologie contemporain cette fois-ci, sorte de dialogue sur les choix stylistiques et scientifiques de Theissen.

 

L'idée est donc plutôt originale, et puis de la science qui se veut "abordable", c'est louable. Oui mais voilà, je n'ai pas pris de plaisir à le lire, car le style est, par la force des choses, assez lourd: les dialogues imaginés sont chargés d'informations invraisemblables (l'idée est chaque interlocuteur énonce explicitement ce qu'il sait mais ce que le lecteur des vingtième et vingt-et-unième siècles ne peut pas savoir), ce qui nuit à la qualité littéraire du texte. Je ne peux pas vérifier si le texte allemand d'origine est "mieux" écrit, mais la traduction n'améliore probablement pas la lisibilité. Et puis il y a ces anachronismes lexicaux (Pilate parle de "terroristes") déconcertants, et qui m'inspirent beaucoup de réserves.

 

Pour le 12 novembre, je dois faire, comme tous mes petits camarades, une fiche de lecture de ce livre en le mettant en dialogue avec d'autres auteurs. Je vais tenter d'approfondir la démarche de Theissen quant à l'utilisation de sciences nées au dix-neuvième siècle (je pense à la sociologie) appliquées à des sujets de l'histoire antique (peut-on vraiment, comme on en décèle les traces chez Theissen -marqué d'ailleurs par les années 60-, appliquer une grille de lecture marxiste de lutte des classes au "Jésus" des textes évangéliques ?). La bibliothèque de l'Institut m'a fourni, à ma grande joie, deux ouvrages en anglais, et un petit livre d'Ellul, pour aborder ces axes de réflexion... Et je ne boude pas mon plaisir à l'idée de ré-utiliser des outils découverts à Sciences Po sur des sujets qui me parlent vraiment !

 


 

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Published by davveld - dans Livres
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