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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 23:21

Dimanche 11 septembre

Paris 1, UGC Ciné Cité Les Halles

 

HABEMUS PAPAM
De Nanni Moretti (Italie, 2011)

 

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TELERAMA

 

Deuxième cinéma ce week-end, et celui-ci mérite le qualificatif de "choc". Bien sûr, la dramaturgie vaticane porte, par sa nature, de nombreux éléments très visuels qui sont autant de pain béni pour le cinéma: lieu de pouvoir, lieu de représentation (les sociologues ont aussi de quoi se régaler)... La mort d'un pape est l'occasion d'un conclave, huis-clos de messieurs venus des quatre coins du monde, aux tenues chatoyantes et aux fonctions lourdes de responsabilités. Je me répète, mais quels ingrédients pour un film !

 

Alors nous retrouvons ces sages de l'Eglise catholique, graves, sérieux, mais aussi blagueurs, face à un choix. Quand l'élection du nouveau pontife prend tournure, Nanni Moretti sort du spectacle pour toucher l'humain, le très humain. Michel Piccoli, qui interprète le cardinal Melville, l'élu, passe par une série d'émotions, d'états d'esprit qui tranchent avec les habitudes vaticanes. On en vient même à introduire un psychanalyste qui apportera un brin de folie dans la vénérable assemblée. Folie, ou fantaisie. Car la folie, elle est déjà là. Non pas venant des hommes, mais plutôt d'éléments (institutionnels, mais pas seulement) qui dépassent, complètement, nos religieux.

 

Critique du Pape en tant qu'homme ? C'est tout le contraire. De la fonction ? De l'Eglise catholique ? Le protestant que je suis pourrait pencher pour cette hypothèse, mais c'est plus compliqué et moins démagogique que cela. Alors que les temps changent, quelles sont les attentes, les besoins, des croyants ? Quel est le profil d'un guide spirituel ?

 

Ce sont ces questions que Moretti aborde à la manière d'une farce (le terme choisi par Télérama correspond bien), portée à merveille par un Michel Piccoli extrêmement touchant d'hésitation, de mystère. Une farce, oui, car il y a du burlesque, de l'absurde. Mais ne vous y trompez pas, Habemus Papam résonne bien plus que quelques éclats de rire. Heureusement, car le sujet mérite d'être traité avec sérieux, intelligence et même une certaine gravité. Moretti y est parvenu, on peut lui en être reconnaissant.

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Published by davveld - dans Cinéma
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