Rechercher

Archives

17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:39

Ce jeudi soir, peu avant que l'équipe de France de football ne se fasse éliminer (ou tout comme) de la Coupe du Monde, il y avait foule au Musée d'Orsay, pour l'un des derniers jeudis de l'exposition "Crime et châtiment", voulue par Robert Badinter et originellement prévue pour le Louvre apprendra-t-on par la suite. Jeudi c'est nocturne, et c'est aussi le seul créneau "hors horaires de bureau" pour la visite avec conférencier. L'occasion d'une sortie entre collègues de PRSF et quelques amis, qu'on a réussi à organiser et c'était vraiment une bonne chose !

 

crimechatiment-copie-1.jpg

Image extraite du site du Musée d'Orsay

 

Pendant 90 mn, la conférencière nous éclaire tant sur le thème que sur les oeuvres, sans oublier la muséographie, et c'est tant mieux car pour les visiteurs individuels sans guide, les explications sont sybillines ou pour le moins vraiment concises.

Aurait-on remarqué que face à une Crucifixion (qui avait elle-même une tonalité "souffrance" plus que "rédemption") était accroché un tableau représentant Hitler aux enfers, pour montrer le référentiel religieux difficilement évitable ?

Aurait-on saisi les enjeux derrière les figures de "la" criminelle, avec les attributs variés de la sorcière, de la femme fatale, de l'hystérique ?

Aurait-on su que la guillotine exposée avait disparu des mémoires et qu'il a failli falloir ressortir une des guillotines démontées et ultra-marines du Musée national des prisons de Fontainebleau ?

Aurait-on prêté autant d'attention à ces dessins de Victor Hugo où la tête d'un guillotiné rebondit et percute le spectateur, à l'image d'un ballon de foot allemand ou mexicain contre les filets du but adverse ?

Aurait-on su qu'à l'origine de la chaise électrique instrument de mise à mort ET du verbe "galvaniser", il y a l'invention d'un certain Galvani censé guérir via l'électricité ?

Aurait-on autant frissonné devant une machine inspirée de l'imagination de Franz Kafka, d'une sophistication malheureusement toujours plus grande dans "la mise à mort dans la souffrance" ?

L'exposition comprend également des tableaux de Géricault, David, Munch, Picasso; la porte d'une cellule de condamnés à mort; des textes de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas; des installations y compris une de Warhol, des archives de journaux (la thématique du lien entre presse de masse et crime est étourdissante de perspectives; il en est de même pour les liaisons dangereuses entre science et crime)...

 

Au final, on est encore plus convaincu de la complexité de la notion de justice entre êtres humains. En conséquence, de l'absurdité de la peine de mort. Son abolition est un acquis fragile à préserver, et surtout à partager.

 


Quelques liens intéressants:

Partager cet article

Repost 0
Published by davveld - dans Sorties
commenter cet article

commentaires

En Savoir Plus

Catégories