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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 16:31

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Je ne recense pas sur ce blog toutes les bandes dessinées que je lis, mais ces Chroniques de Jérusalem sont, de par leur ampleur (plus de 300 pages) et leur sujet, un peu différentes des autres BD que je peux lire pour me détendre. On est un peu dans la même situation que pour Le photographe, autour d'une mission de Médecins sans frontières (MSF), avec un personnage/narrateur au statut d'observateur.

 

Il ne s'agit pas ici de l'Afghanistan de la fin du vingtième siècle, mais du Proche-Orient du début du vingt-et-unième siècle. Pas grand'chose de comparable entre une situation de guérilla dans les déserts des montagnes afghanes et les alternances entre détente et épisodes violents de conflits éclairs et assez disproportionnés en zone densément peuplée...D'ailleurs on ne se focalise pas beaucoup sur la mission de l'ONG médicale dans les Chroniques de Jérusalem. Le "héros" est dessinateur, originaire du Canada (oui, c'est autobiographique). Il s'installe avec sa femme (qui, elle, travaille pour MSF) et ses enfants à proximité de Jérusalem. Après avoir "couvert" la Birmanie et la Corée du Nord, notre dessinateur découvre d'autres modalités de l'absurde. Il est fasciné par le mur érigé autour des enclaves qu'Israël laisse aux Palestiniens. Il raconte sa vie "d'homme au foyer", d'expatrié, et son travail de dessinateur, à la fois artiste, intervenant dans des établissements d'enseignement, observateur parfois touriste et parfois journaliste...

 

Il ne s'agit pas de prendre parti, mais il y a bien une "loi du plus fort" qui est à l'oeuvre, et les espoirs de résolution des conflits ainsi que d'une coexistence pacifique entre les différents peuples et religions ne sont pas vraiment confortés par les comportements des extrémistes des deux bords. Les Chroniques de Jérusalem témoignent de façon dépassionnée, ce qui est méritoire, de la vie quotidienne dans un tel contexte. Souvent avec humour, parce que l'absurde, omniprésent, peut prêter à sourire quand des vies ne sont pas en jeu. Toujours avec respect. On en ressort perplexe, en se demandant comment garder (quand on vient d'ailleurs) la tête sur les épaules, et retrouver (quand on est acteur) un peu de raison avec un objectif de "vivre ensemble"... 

 

Le livre a reçu le Prix du meilleur album du dernier festival d'Angoulême.

 


 

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Published by davveld - dans Livres
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commentaires

mélie 19/04/2012 22:41


Je crois que tu résumes assez bien ce que j'ai pu ressentir en lisant Chroniques birmanes du même auteur. Si tu as l'occasion ! Bises.

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