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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 17:19

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C'est donc la suite de Spin, du même auteur, que j'ai relu il y a peu. Changement de lieu, on est au-delà de l'Arc que franchissent les héros à la fin de Spin, justement. Sur un nouveau continent - Equatoria -, une autre planète, où des êtres humains s'installent. Pas un Eldorado, plutôt un Far West même si les Nations Unies essaient de donner un semblant d'organisation à Port Magellan, la capitale. Alors que la Terre est en mauvais état, que quelques technologies développées en temps accéléré sur Mars (notamment une prolongation de l'espérance de vie, en devenant ce qu'on appelle un "Quatrième Âge") font l'objet de combats (des agences gouvernementales luttent contre la prolifération, alors que des groupuscules clandestins cherchent à s'en servir), l'humanité n'a pas beaucoup avancé sur cette entité qui agit autour de la Terre, de Mars, et de ce nouveau monde. Cette entité, les Hypothétiques, est-elle animé par une volonté ? Comment entre-t-elle en relation avec certains individus ? Et à quel prix ?

 

Entre survie face à un monde hostile et des phénomènes toujours plus déroutants, et quête quasi-mystique, les différents personnages (on fait allusion aux principaux de Spin, mais seule Diane se retrouve vraiment dans cet opus) évoluent sur Equatoria... mais ce n'est que tardivement dans le livre que l'on saisit ce qui les réunit. J'aurais bien aimé que le rythme assez prenant des 150 dernières pages commence un peu plus tôt... Robert Charles Wilson prend son temps pour déployer l'univers assez intéressant qu'il a imaginé, ce qui annonce une certaine ambition. Il paraît d'ailleurs qu'il y a au moins un autre titre à la saga: Vortex. A suivre donc...

 

"Et plus loin dans le texte, ceci:

Nous sommes comme un patient qui sort d'un coma aussi long que la vie d'une étoile. Ce dont nous ne pouvons nous souvenir, nous devons le redécouvrir.

Elle souligna ce passage deux fois. Elle aurait voulu pouvoir l'envoyer à sa mère, l'imprimer sur un étendard pour l'agiter sous le nez de Brian. C'était tout ce qu'elle avait toujours voulu leur dire: une réponse à leurs silences affectés, à l'élision presque chirurgicale de Robert Adams de la vie de ses survivants, aux expressions cette-pauvre-Lise légèrement inquiètes sur leurs visages chaque fois qu'elle tenait à parler de son père disparu. C'était comme si Robert Adams venait de sortir de l'obscurité pour lui murmurer un mot de réconfort. Ce dont nous ne pouvons nous souvenir, nous devons le redécouvrir."

(pages 148-149)

 

"Au dîner, Isaac remarqua que, lorsqu'ils discutaient de la chute de cendres ou de ses origines, les adultes avaient tendance à poser leurs questions à Sulean Moï. Cela le surprit, car il supposait depuis des années que les gens avec lesquels il vivait savaient à peu près tout.

Ils en savaient indubitablement bien davantage que les personnes ordinaires. Il ne pouvait l'exprimer par expérience directe, n'ayant jamais connu la moindre personne ordinaire, mais il en avait vu sur les vidéos et croisé dans ses lectures. Les gens ordinaires avaient rarement des sujets de conversation intéressants et s'infligeaient souvent des souffrances brutales les uns aux autres. Ici, dans la colonie, si les discussions étaient parfois très animées, jamais les différends ne faisaient couleur de sang. Tout le monde était sage (ou en avait l'air), tout le monde restait calme (ou s'efforçait d'en donner l'impression), et tout le monde, à part Isaac, était vieux."

(page 156)

 

"Il entrouvrit la porte de deux ou trois centimètres, et comme rien ne se précipitait pour entrer, il risqua un coup d'oeil à l'extérieur.

De l'air frais lui effleura le visage. La puanteur sulfurique de la chute de cendres avait disparu. Les cendres aussi. Elles s'étaient entièrement transformées en forêt technicolor. Comparées à cela, les pousses vues à Bustee avaient été des jonquilles en train de fâner dans un vent froid. Ceci était le coeur de l'été. Une sorte d'Eden des Hypothétiques.

Il ouvrit la porte tout grand et attendit. Lise et le Dr Dvali se bousculèrent derrière lui.

Les cendres étaient devenues une forêt de tiges portant des fruits globuleux au lieu de feuilles. Ces tiges, de plusieurs couleurs parmi lesquelles dominait toutefois un bleu cyanose, montaient à huit ou neuf mètres, à intervalles si resserrés qu'on ne pourrait passer entre elles que de profil. La taille des globes formant la cime allait de celle d'un bocal à poisson rouge ou d'un ballon de plage à quelque chose dans lequel un homme pourrait entrer se tenir debout sans se cogner la tête. Ils se pressaient les uns contre les autres, fléchissant légèrement aux endroits où ils entraient en contact, pour former une masse presque solide, mais translucide. Le soleil brillait à travers, faible et d'une iridescence mouvante."

(page 428)

 


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Published by davveld - dans Livres
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