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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 23:52


C'est grâce à Télérama que je me suis intéressé à ce roman, parce que l'austérité de sa couverture et son titre n'auraient probablement pas retenu mon attention dans cette caverne d'Ali Baba qu'est ma librairie. Et ç'aurait été dommage, parce que ce livre est assez particulier.

J'ai été bercé/passionné pendant des années par les récits d'aventures style Jules Verne, à travers les océans et les continents, avec des personnages picaresques et quelques éléments d'une (petite) part d'invraisemblable. Eh bien, cette "traversée du Mozambique par temps calme" utilise certain des codes de ces épopées, mais ne se prend pas complètement au sérieux, puisque l'auteur intervient dans le texte s'il le juge nécessaire.

Exemple:
"Nos trois chercheurs d'or entrent en sautant la queue, Géo possède un passe prioritaire leur épargnant des heures d'ennui et à nous plusieurs pages de description d'une file d'attente - même si trois heures de queue peuvent se résumer en une phrase." (chapitre 54)
Ou, après le départ d'un pigeon voyageur: "Trop tard: Hug-Gluq espérait lui demander le jour et l'heure de la prochaine levée pour répondre à son frère; ils risquent de perdre le contact à la veille de moments importants pour tous les deux (Negook va faire fortune, se marier; Hug-Gluq disparaîtra  dans une chute d'eau vertigineuse au chapitre 49 de ce livre, en réchappera indemne et retrouvera la sortie de la jungle seul)." (chapitre 38)

La fantaisie se même aux aventures de l'expédition menée par le capitaine Belalcazar, à la recherche, vous l'aurez compris, d'un Eldorado en Amérique du Sud. Comme l'auteur, le lecteur s'amuse, retrouvant ces moments d'enfance, avec comme saveur complémentaire, un humour qui renouvelle les rebondissements à une époque où on ne peut plus rêver de "grandes découvertes" sur notre planète.



Pour en savoir plus:
L'auteur sur Wikipedia
Le livre sur Wikipedia
Le livre sur Télérama
Marre du site du Seuil, qui ne permet pas de mettre des liens (pas très commerçant, ça...)

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Published by davveld - dans Livres
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Dinama 25/11/2008 20:38


Fort de critiques plutôt élogieuses, je me suis procuré le roman de Patrice Pluyette « La traversée du Mozambique par temps calme ». Bien mal m’en a pris ! Cette traversée, pour moi du moins, s’est vite muée en grand calme plat dans les plus mornes des sargasses. Pour le dire platement, je ne me souviens pas de m’être emmerdée à ce point durant une lecture. Un salmigondis de péripéties gratuites, faux coups de théâtre téléphonés, descriptions et narrations foireuses entrecoupées de platitudes pseudo-philosophiques. Malgré de louables tentatives de créer l’écriture à géométrie variable que requiert ce genre d’ouvrage, pas un seul instant la magie du verbe n'agit. L’auteur lui-même a dû se barber à rédiger ce balourd pensum, qu’un tapage médiatique voudrait nous faire prendre pour une divertissante parodie du roman d’aventures mais qui nous assène dès les premières pages la juxtaposition de cerises insipides sur un bâton informe. Je l’imagine poussant un « Ouf ! » de soulagement à l'écriture du mot "Fin". « Yes, I could ! ».
Bien sûr, puisque c'est paru chez un « grand », les thuriféraires appointés ne manquent pas de coller à ce magma informe le qualificatif tellement galvaudé, d’ "initiatique". Je les engage à relire London, Melville et Swift pour retrouver, s’ils en sont capables, le sens de ce terme associé au roman d’aventures, réelles ou fantastiques. Pour une fervente de lectures, c’est un crève-cœur de constater dans quel bourbier mercantile patauge aujourd'hui une édition française – pardon, un book-bizness parisien – qui nous a donné Chateaubriand, Hugo, Balzac, Zola, Proust, pour ne citer que de grands anciens…
 
Mais il y a pire : dès les premières pages, m’a envahie un sentiment de déjà-lu. Et un titre m’est revenu à l’esprit : « Mes Grandvoyages à travers le vaste monde », de Françoise Pirart, paru en 2000 aux éditions Luce Wilquin. J’ai repris l’ouvrage et des similitudes aussi nombreuses qu’étonnantes m’ont sauté aux yeux. Passons sur les anachronismes voulus, un mélange de primitivisme et de modernité, les villes abracadabrantes, les précisions géographiques fantaisistes, les peuplades aux mœurs grotesques pastichant les nôtres, les noms locaux rappelant notre quotidien technologique, le passage sans transition des banquises aux forêts tropicales, des  incendies aux inondations, plus tous les moyens de transport imaginables, y compris montgolfière et radeau : ils font partie de la panoplie inhérente à ce genre d’ouvrage, et leur ressemblance peut être l’effet du hasard (quoique, avec une telle accumulation… !)
Par contre, la proximité de certains personnages sidère. Le capitaine Belalcazar de Pluyette évoque l'Onc' de Pirart, la Fontaine de l’un les accompagnatrices de l’autre… Chez les deux, des personnages apparaissent et disparaissent sans raison pour reparaître plus tard de façon tout aussi aléatoire (mais, avec chez Pirart, une cohérence interne du récit qui fait défaut à Pluyette). Surtout, le Jean-Philippe de “La traversée” est une copie conforme du Gâlafron mâtinée du Comte des “Grandvoyages” : changements de taille, tantôt “bon” et tantôt “méchant”, cadavre transporté qui ressuscite de but en blanc, découverte de sa propre voie en fin de périple…
Interpellent également la construction identique, parodique « à l’ancienne », en chapitres avec leurs titres pseudo-descriptifs souvent loufoques, les digressions, les discours pseudo-scientifiques, les ruptures stylistiques, les énumérations… Jusqu’à une énigme avec solution à l'envers, comme dans les revues pour jeunes, que l’on trouve à la page 85 des “Grandvoyages”, à la page 247 de la “Traversée”.
Mais alors que les changements perpétuels de style, chez Pirart, collent parfaitement au côté pataphysicien de son road-movie, avec une unité d’inspiration jouissive, sans que jamais l'idée de "gratuité" ne vienne à l'esprit, tout me semble aléatoire et fabriqué chez Pluyette, comme s'il devait trouver n'importe quoi pour faire avancer le schmilblick jusqu'au terme des trois cents pages fixées, sans la moindre nécessité interne.
Bref, je suis intimement convaincue de ce que « La traversée du Mozambique par temps calme », sans être à proprement parler un plagiat de « Mes Grandvoyages à travers le vaste monde », en est à tout le moins une – mauvaise – resucée. À chacun de se faire une opinion, mais il me paraît impossible de se prononcer sur l’un sans avoir lu aussi l’autre. 

davveld 21/12/2008 16:29



J'avais préparé une réponse il y a quelques semaines, et puis OverBlog a planté avant que je ne la sauvergarde... Bon, je vais essayer de résumer ce que j'avais préparé:

- Je n'ai pas lu les ouvrages qui auraient "inspiré" Pluyette, c'est probablement dommage car je ne peux pas juger en connaissance de cause; mais je peux rattraper cette lacune !

- Je me méfie généralement du tapage médiatique autour d'un livre. Singué sabour, le dernier Goncourt, figurait dans ma liste de livres qui m'avaient interpellé dans ma
librairie, bien avant l'attribution du prix. Depuis qu'il a reçu le prix, j'ai beaucoup moins envie de le lire. Je suis d'accord, les succès de ventes en librairie sont fortement conditionnés par
la couverture médiatique, dont l'indépendance est relative quand on sait les intérêts financiers en présence. Malheureusement (?), je ne connais pas assez bien les rouages de l'édition française
pour acheter et lire (ou non) un livre en fonction de critères autres que l'histoire qu'on me propose et l'écriture supposée de l'auteur...

Bref, je ne dispose pas assez d'éléments pour m'engager dans ce débat, qui peut ne pas être gratuit dans la mesure où il permet de parler du livre (et d'autres)...

Néanmoins, et pour élargir le débat au-delà de ces quelques ouvrages et styles littéraires mentionnés, est-il aujourd'hui possible de créer quelque chose de nouveau ? Depuis des millénaires,
l'être humain retranscrit ses émotions, ses imaginations, ses raisonnements, et ce tout autour de la planète.  Que reste-t-il à imaginer qui ne l'ait déjà été, même au stade d'ébauche ?



Mélie 14/11/2008 10:32

Han, j'adore les interventions de l'auteur ^^ Ca a l'air chouette ! dans un coin de ma tête :)Ce que je suis en train de lire devrait te plaire aussi, mais je t'en reparle quand je l'ai terminé !Bon we !

davveld 22/11/2008 19:02



OK... On n'a pas fini de se conseiller des livres !



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