Mercredi 3 septembre 2008
Suite de la plongée dans le monde de la littérature africaine francophone. Nous sommes ici au Bénin. Le Bénin, c'est l'un des pays d'intervention de l'ONG où je bosse. Je connais donc, à travers
des rapports, des récits, des photos. Autant dire que je ne connais pas, même si des noms ne sont pas totalement étrangers à mes yeux ;)
Le Bénin, c'est le pays du vaudou. Et la plupart des nouvelles de ce recueil sont marqués par ce mélange entre religion, croyance, superstition, tradition, etc. Ce qui est sûr, c'est que nombre des
contraintes imposées par le vaudou et ses griots sont révoltantes pour le lecteur français baignant dans l'esprit des Lumières. Mais aussi pour l'auteur, qui, sans s'impliquer dans la narration,
met au grand jour des pratiques et des coutumes particulièrement cruelles envers les femmes et les enfants (le trafic d'enfants est un très gros problème au Bénin; certains sont accusés de
sorcellerie et sont tous simplement exclus, martyrisés, voire "éliminés"). Face à ces problèmes (particulièrement choquant dans notre culture occidentale contemporaine avec la place de l'enfant
résumée par la formule de l'enfant-roi), les solutions manquent...
Le Bénin de Florent Couao-Zotti, c'est aussi celui des petits contrebandiers, du royaume de la débrouille. J'ai beaucoup aimé l'une des rares nouvelles plus "légères", celle où le narrateur est une
voiture qui raconte les troisième, quatrième, cinquième vies que ses propriétaires successifs lui destinent. Les autres nouvelles sont aussi bien construites et écrites, mais dégagent, à force, une
impression de fatalité (malgré les rébellions de quelques-uns), une impression que le chemin vers plus de respect de chaque être humain sera extrêmement long...
Par David Veldhuizen
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Publié dans : Livres
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