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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 20:49

 

Wikipedia sur l’auteurSite éditeur

 

Son vrai nom importe peu. L’héroïne, la narratrice, se joue des identités. Normal, elle est née dans un univers d’apparences, un cirque. Un père colérique mais tolérant, une mère ne prenant rien au sérieux, difficile de ne pas avoir des goûts de liberté ! De sa très tendre enfance (deux ans et demi) à bien plus loin (l’internat, le mariage, l’installation à Paris), l’héroïne nous emporte dans un tourbillon, un refus des conventions, une vraie vie bohème. Pas bobo, juste bohème ! Comme un feu follet, par exemple. Insaisissable et donc tellement vivant et attachant. J’ai beaucoup aimé.

Pour la petite histoire, le livre était rangé dans le même compartiment de sac à dos qu’une bouteille de dos qui a méchamment décidé de s’ouvrir pendant que j’étais dans le métro de Chicago. Il a fallu attendre que le livre sèche avant de lire les 50 dernières pages… (Je fais pas le fier !)

Quelques extraits du livre :

« Passer des heures à contempler le feu couvant dans les yeux d’un loup, c’est aller jusqu’au bout du monde. Aujourd’hui encore, dans cette petite chambre aux murs blancs, si je veux voyager, je m’approche de la fenêtre et je regarde le ciel longtemps, le plus longtemps possible, jusqu’à y reconnaître quelque chose de la brûlure et de la douceur d’un loup. Les visages de mes amants, je les regardais comme ce morceau de ciel. J’y cherchais la même chose : c’est le loup qui me rassure chez l’homme. Je sais ce qui s’est passé en Pologne dans les années mille neuf cent quarante, mille neuf cent quarante-cinq. Ma grand-mère me l’a raconté : à chacun ses contes de nourrice, à chacun ses Barbe-Bleue. Ce qu’on a fait aux juifs, aux tziganes, aux homosexuels et aux autres, je le sais et que c’est une chose humaine dont aucun loup n’aurait jamais été capable. »

« Sa folie lui vient d’Italie, son premier pays. En Italie, ce qui est dedans, ils le mettent dehors. Leur linge à sécher et leur cœur à laver, ils mettent tout à la rue sur un fil entre deux fenêtres, et ils font l’inventaire plusieurs fois par jour, devant les voisins, dans un interminable opéra de cris et de rire. En apparence c’est gai – en apparence seulement. Les Italiens sont tristes, ils imitent trop la vie pour l’aimer réellement, ils sentent la mort et le théâtre : c’est mon père qui dit ça quand il veut mettre ma mère en rage. Le pays de mon père, j’ignore comment il s’appelle. Le pays de mon père, c’est le silence. Mon père c’est tous les hommes quand ils rentrent le soir à la maison. Des taciturnes. Des sans-mot. Mon père est comme un loup : le feu qui coule dans ses veines remonte aux yeux, et rien pour les lèvres.»

« L’amour fait un cercle comme celui du cirque, tapissé de sciure, doux aux pieds nus, lumineux sous la toile rouge gonflée de vent. Le cercle est simple : plus vous êtes aimée et plus on vous aimera. Le truc c’est au départ, pour être aimée une première fois. Il faut surtout n’y pas penser, ne pas le rechercher, ne pas le vouloir. Etre folle, se contenter d’être folle, de rire en pleurant, de pleurer en riant, les hommes finissent par arriver, attirés par la clairière de folie, séduits par celle qui n’a même pas souci de plaire. Après c’est joué, vous tournez et dansez dans le cercle d’amour, un mari à vos bras pour ne pas perdre l’équilibre, un mari qui roule des yeux partout en silence. »

« Elle ne croyait pas au monde, ma mère, et là-dessus je suis bien sa fille. Elle ne croyait qu’à l’amour et quand on ne croit qu’à l’amour, on n’a pas d’humeur matinale, on reste entre les draps parce que l’amour est là. Ou parce qu’il manque. »

« Je ne risque rien à donner cette adresse : j’ai remarqué que presque toutes les villes ont une avenue Leclerc. Je me demande ce qu’il a fit pour ça, Leclerc. Je ne sais pas si j’aimerais avoir une rue à mon nom. Il faudrait que ce soit une rue qui donne sur la campagne, dans les faubourgs, là où les maisons se détachent les unes des autres et fondent dans la nature comme un sucre dans l’eau. »

 

Et maintenant, je m’attaque à un pavé (en fait deux, car il y a deux tomes d’environ 800 pages chacun, en format poche), Un garçon convenable de Vikram Seth. Ca devrait me tenir occupé pendant quelques semaines !

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Published by davveld - dans Livres
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commentaires

l'islandais 25/04/2008 11:45

Merci pour votre commentaire sur ce livre; cela m'a donné envie de le lire. Vous semblez savoir parler des choses que vous aimez; c'est un talent rare de nos jours; surtout en cette époque d'égotisme échevelé.Je souhaitais seulement vous le dire.Très bonne journée à vous.

davveld 25/04/2008 22:45



Et merci pour vos compliments...



Melie 22/04/2008 00:05

Héhé, contente que tu aies aimé.Et j'aime bien voir ce que les autres retiennent des livres. Nous avons quelques passages en commun :)

davveld 22/04/2008 20:44



Tiens donc... Desole pour la mise en page du billet, ca ira mieux quand je rejoindrais la "civilisation" sur la cote Est, a la fin de la semaine.



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