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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:36

 


J'aurais sûrement hésité longtemps, voire jamais choisi, avant d'acheter ce livre à ma librairie. C'est le "prix France Culture - Télérama" qui m'a décidé. Et je ne le regrette pas.

Lancelot (conscient par ailleurs de la difficulté de porter un tel prénom) apprend qu'Irina, sa femme, vient d'être victime de ce qui semble être un accident. Elle est tombée d'un pont en voiture. Oui mais voilà, non seulement elle était censée être à l'aéroport, mais en plus il ne s'agit pas de sa voiture. Pour Lancelot, comme pour la police, l'enquête commence: mais qui était vraiment Irina ? L'enquête policière n'est pas l'enjeu du livre. On suit plutôt le cheminement de Lancelot, qui, assommé ou complètement shooté par les anti-dépresseurs, revoit le moment de sa rencontre avec Irina (cause de séparation avec sa première épouse), mais aussi les silences de la militante pour le respect des animaux, et il fait également la découverte de personnages mystérieux mais pas étrangers à la vie de sa femme.

C'est très bien écrit, avec une économie d'indications (le discours direct n'est pas indiqué, ni par des guillemets, ni par des tirets, à peine une majuscule en début de phrase) qui ne nuit pas à la compréhension, qui fait un peu partager les introspections plus ou moins hallucinées du héros. Economie d'indications sur les lieux; j'ai tendance (mais ce sont peut-être mes préparatifs qui en sont la cause) à situer l'action en Amérique du Nord, mais ça ne tient pas la route non plus. On est déconcertés (mais pas perdus), donc sur la route de Lancelot, qui lui a de quoi se poser des questions.

Un très bon livre. J'allais oublier... Deux extraits (chapitre 6 et chapitre 31):

"Des piles de livres et des paires de chaussures, toutes avec des talons si hauts qu'elles existaient sans les pieds qui les chaussaient - les mocassins plats ont toujours un air abandonné, incomplet et pitoyable, les chaussures à talons aiguilles vivent leur vie de conte de fées sans le soutien de qui que ce soit, elles peuvent gésir à terre, sur un lino douteux, elles conservent une grâce miraculeuse et une splendeur distante."

"Une ombre vit sur le visage de ceux qui ont perdu quelqu'un. L'ombre d'une plante grimpante. Elle croît à leur insu et, quand ils pensent que personne ne les surveille, elle baigne leurs traits d'absence, de gravité et de perplexité. C'est un démon discret qui habite leur visage. Il se cache dès que quelqu'un le regarde."

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Published by davveld - dans Livres
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