C'est l'un des romans mettant en scène le commissaire Maigret parmi les plus connus. Je l'ai déjà lu probablement une bonne dizaine de fois.
J'avais besoin, il y a quelques jours, d'une intrigue bien ficelée sans soixante personnages. En fait, je venais d'abandonner la lecture de
L'orbite déchiquetée, de
John
Brunner (la suite de
Tous à Zanzibar, un classique de la SF que j'avais bien aimé il y a quelques années, par le même
auteur). Je n'arrivais pas à entrer dans le roman, qui alterne de très courts chapitres correspondant à une multitude de personnages que je ne parvenais ni à identifier, ni à suivre. Ce sera
pour une autre fois, quand je serais plus concentré.
Donc Maigret dans l'Affaire Saint-Fiacre, une enquête qui n'en est pas vraiment une, parce qu'il n'y a pas de dépôt de plainte. Le commissaire, intrigué par une lettre annonçant un meurtre dans
son village d'enfance, se rend sur les lieux et assiste en effet à la mort de la comtesse, la notable du lieu. Une mort presque naturelle. Autour de cette représentante de l'aristocratie de
province quasiment ruinée tournent plusieurs héritiers: le fils, le "secrétaire", le régisseur, le fils du régisseur... La déchéance de ce que représentait la comtesse (une noblesse, une époque
révolue de l'enfance de Maigret, une dignité, etc.) attriste Maigret, qui se charge naturellement de poser quelques questions, et d'essayer dissiper une tenace impression de malaise. Une
enquête sans moyens, un peu comme Hercule Poirot, les cheveux tirés de la résolution de l'intrigue en moins.
Il n'y a que Simenon pour décrire ces atmosphères d'un autre temps, sans envolées lyriques, mais avec un enracinement fort dans l'humain. Le commissaire ne juge pas. Jamais. Il fait son boulot,
sans oublier ce qu'est un homme, une femme, avec ses fiertés, avec ses faiblesses. Atmosphère inimitable et très grande humanité des personnages, c'est pour ça que j'aime les romans de Simenon
et en particulier du commissaire Maigret.
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