On dit que... les Parisiens sont râleurs. Deux jours de grève dans les transports, et pour l'instant, je les trouve plutôt philosophes et assez pragmatiques, plaisantant même plus qu'à l'ordinaire,
même avec une densité de 6 usagers au m2 dans le métro.
On dit que... les otages souffrent d'un syndrome dit de Stockholm qui les ferait sympathiser avec les causes de leurs "tortionnaires". Deux jours de grève, quelques discussions, et je me prends à
espérer que les syndicats réaliseront vite
(1) que personne ou presque ne les soutient;
(2) que leur combat est voué à l'échec.
Un sondage (du Figaro, donc bon, on peut s'en méfier, mais quand même) rappelait ce matin que 67% des sondés souhaitaient que le gouvernement maintienne sa position. Et, les mouvements qui
persistent et se durcissent n'ont (à mon avis, mais une étude plus approfondie ne ferait pas de mal) pas tendance à faire augmenter le soutien de l'"opinion publique" (avec tous les guillemets que
je mets autour de cette notion, en ayant lu Bourdieu et Blondiaux, notamment) envers les grévistes.
Alors bien sûr, je ne veux pas rentrer dans cette logique que Sarkozy souhaiterait que l'on adopte, en désignant du doigt et en stigmatisant des "privilégiés individualistes sans aucun sens de
l'intérêt général" (d'ailleurs, Sarkozy n'a aucune légitimité à invoquer, directement ou non, un quelconque intérêt général). Mais des formes alternatives de mobilisation, ça existe. Qui ne
prennent pas en otage ceux qui n'y peuvent rien. Mais bon, allez savoir, des syndicats qui suivent
l'actu de la CEDH, ça doit encore être de l'idéalisme.
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