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Vendredi 21 mars 2008

Hier soir, ciné oblige, je n'étais pas devant ma télé en prime-time. Mais j'avais programmé l'enregistrement (une chose que je n'avais pas faite depuis des années, parce que j'ai accumulé dans le passé tellement d'enregistrements que je n'ai toujours pas fini de regarder que j'avais fait le choix de ne plus enregistrer). Car France 5 diffusait Les clés de l'orchestre, une déclinaison de La leçon de musique de Jean-François Zygel. Ce jeudi, c'est la Symphonie du Nouveau Monde d'Antonin Dvorak qui était disséquée. Une oeuvre au programme des cours de solfège que j'ai suivi au Conservatoire de Tours en 1995-96, absolument géniale. Je me suis donc tout de suite mis à regarder l'émission enregistrée, et elle était tout simplement magique. A frissonner. Le service public, quand il veut...

par David Veldhuizen publié dans : TV et séries
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Jeudi 20 mars 2008

Jeudi 20

Paris 13, MK2 Bibliothèque

 

A BORD DU DARJEELING LIMITED

De Wes Anderson (USA, 2007)

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TELERAMA

 

Mon appréciation: 6/10

J'avais vu et revu la bande-annonce, et le film s'annonçait coloré (comme souvent quand on évoque l'Inde), et humoristique, autour du trio d'acteurs Wilson - Brody - Schwartzmann. Wes Anderson (pas le même Anderson que celui de There will be blood) avait aussi pour lui une réputation de films avec leur univers spécifique et visuellement identifiable. Ainsi, je me souviens encore des affiches pour La vie aquatique, dans le métro, à Roubaix (film que je n'ai pas vu). Il était temps de se rendre compte par soi-même... en fait avec Stefan et Sabrina, d'où le rendez-vous sur la dalle très venteuse de la Bibliothèque François Mitterrand.

Alors oui, on navigue dans un univers très particulier. Un prologue de quelques minutes à Paris (je suis un peu déçu, on m'avait fait croire que Natalie Portman y brillait, ce qui ne m'est pas apparu) puis un générique, ça déconcerte. A la toute fin, et même si la musique était le reste du temps plutôt très très bien choisie, retentissent Aux Champs-Elysées, venus de nulle part.

Entre les deux, il y a des très bonnes scènes, un comique de répétition, comme cette façon de monter dans le train, ces bagages (au propre comme au figuré) qui encombrent nos trois frères, ces caricatures vivantes de l'Inde (on se disait avant que si on avait dû imaginer le steward en chef, on ne l'aurait pas décrit autrement !), etc.

Mais les frères ne savent pas trop comment cohabiter dans le train, ni se mettre d'accord sur l'essentiel (alors que sur les détails, ils sont pluôt bons). Les personnages, le réalisateur, les spectateurs, on a l'impression que personne ne sait où l'on va. Une quête  qui dure un peu, en somme.

L'univers de Wes Anderson existe bien, mais je ne suis pas sûr de m'y sentir bien à l'aise...

par David Veldhuizen publié dans : Cinéma
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Mardi 18 mars 2008
Ce n'est pas pour la polémique que j'y suis allé. Ni pour les livres, parce que pour moi, une librairie géante de plusieurs milliers de m2, c'est bien plus dangereux qu'un casino car potentiellement aussi ruineux en étant moins ennuyeux. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit à Géraldine et Nathalie, de ma librairie préférée (l'ai-je assez dit ? c'est Le Comptoir des Mots, au 239 de la rue des Pyrénées, dans le 20ème), qui se sont déplacées pour tenir le stand d'un éditeur. Elles venaient de me féliciter pour ma résistance à la tentation et pour ma fidélité à leur librairie (pas la peine de biaiser), quand je remarque, au stand d'en face, l'affiche annonçant la séance de dédicaces de Bernard Werber pour 19h. Il était 18h40, une douzaine de personnes commençaient à former une file d'attente. Bernard Werber ? Je n'hésite pas longtemps (malgré mes légères déceptions pour certains de ses livres et son film); j'achète Les Thanatonautes (qui manquait à ma collection, et qui ouvre le cycle des Anges puis des Dieux).

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Après 20 minutes de retard, le voilà qui arrive, et, surprise, il ressemble vraiment aux photos publiées sur les couvertures ! Malheureusement pour le public, une caméra attend Bernard Werber, qui répond pendant 10 bonnes minutes à l'équipe de télé. La séance de dédicaces commence alors. Il prend quand même le temps d'échanger quelques mots avec chacun; je lui explique que je n'avais pas encore lu les Thanatonautes à cause de son titre (aaah... la mort comme sujet, c'est peu vendeur, même si c'est universel) et de la quatrième de couverture, qu'il relit pour se remémorer...  Armé de la dédicace, et curieux de "ce qui précède" après avoir lu les autres opus du cycle, nul doute que je vais bientôt m'y mettre.
J'ai ensuite rejoint ma soeur, véritable raison de mon passage au Salon, pour aller dîner.
par David Veldhuizen publié dans : Livres
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Dimanche 16 mars 2008
Dimanche 16
Paris 20, MK2 Gambetta

SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ (BE KIND REWIND)
De Michel Gondry (USA, 2008)

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Mon appréciation: 7/10

Il y a quelques jours, quelqu'un me parle de "There will be blood" en disant "Ca va saigner". J'ai mis quelques secondes à faire le rapprochement. Là, le titre a été traduit. Mais est nettement moins catchy que "Be kind rewind", plus incisif, et pas plus compliqué à dire par des français que "blood"... Pourquoi certains titres sont-ils traduits et d'autres pas ? Et pourquoi cela tombe-t-il souvent mal ?

Aurélie et Télérama m'avaient fait "comprendre" que Michel Gondry méritait d'être vu. Bon. L'idée de départ est intéressante. Dans un vidéo-club vraiment pourri (ce qui fait son charme selon Gondry), un des employés, saboteur de centrales électriques à ses heures perdues, efface toutes les VHS du stock (tout le catalogue, en somme, vu qu'il n'y a que de la VHS). Mais on ne peut pas décevoir la clientèle. Il faut donc refaire les films, avec les moyens du bord. Des versions "suédées" (et comme la Suède c'est loin, la location est plus chère...), qui rencontrent rapidement un succès qui dépassent les deux apprentis cinéastes, alors que de méchants promoteurs immobiliers veulent détruire le vidéo-club pour agrandir la résidence mitoyenne.

C'est une fable, bien sûr, autour de l'idée que ce qu'on fait soi-même a plus de valeur que ce qu'on achète, parce qu'on y a mis une partie de soi. Des séquences très marrantes de remakes, des acteurs qui contribuent beaucoup à la réussite du film, c'est donc une bonne occasion d'aller au ciné (jusque mardi, il y a le Printemps du Cinéma, toutes les places à 3,5€, pour ceux qui n'ont pas de carte illimitée). Mais je ne classerais pas le film dans les incontournables de l'année...
par David Veldhuizen publié dans : Cinéma
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Samedi 15 mars 2008
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7 à la maison (7th Heaven, en VO américaine), c'est le quotidien d'une famille: un père pasteur, une mère au foyer, cinq enfants (deux garçons, trois filles)... Ca ne vous rappelle rien ??? Moi, si. Il y a la réalité, et puis la série américaine, longue de onze saisons pour le moment, créée en 1996 et diffusée depuis 1999 sur TF1. Quand j'étais (un (tout petit)) plus jeune, j'en ai regardé quelques épisodes avec mes soeurs et frère. C'était à Roubaix.

Parce que si ça ne vous rappelle rien, nous, on était bien obligés de faire le lien ;) Ne serait-ce que pour affirmer que la série n'a rien à voir avec notre vécu !

Donc quand une de mes soeurs avait trouvé le coffret de la saison 1 en DVD, et moi celui de la saison 2, je n'ai pas hésité à m'y mettre de façon suivie. Je viens de finir la saison 2.
  • Il y a d'abord l'argument du DVD. Une série télé, ça se regarde mieux quand on choisit l'horaire, qu'on peut faire une pause, qu'on peut regarder autant d'épisodes qu'on le veut à la suite. C'est mieux sans publicité. C'est mieux en VO.
  • Il y a l'argument "série reposante", dans le sens qu'à la différence de 24, Lost, et autres excellentes séries dont je suis accro, on peut regarder des épisodes sans craindre de laisser notre imagination nous jouer des tours une fois l'épisode fini (alors que des scènes de tortures dans 24, avant de se coucher, c'est pas terrible, en tous cas en ce qui me concerne). Ca fait du bien de changer. Pour mieux replonger après, bien entendu ;)
  • Je peux aussi identifier un argument "nostalgie"; voir les premières saisons me rappelle quelques épisodes vus quand j'étais plus jeune, avec un autre ressenti bien entendu.
  • Impossible de nier un argument "plaisir", des personnages auxquels on a envie de s'identifier, ne serait-ce qu'un peu. A se rêver à leur place. Le côté "addiction" des séries, bien connu.
  • Enfin, une des raisons est, pour le dire noblement, d'ordre "sociologique". Cette série, d'un esprit moral (moralisant, voire moralisateur) est perçue d'une certaine façon dans la France (parfois ultra-)laïque du vingt-et-unième siècle. Ce n'est pas par hasard qu'elle est diffusée sur TF1. C'est dans la même veine que le 13h de Pernaut (ce qui est loin d'être un compliment !!!). Parmi mes amis, majoritairement de centre-gauche (je pense), 7 à la maison est sûrement perçue comme une série représentative des Etats-Unis des années Bush, que ne renierait pas notre président, etc... Et c'est vrai que les situations décrites sont assez caricaturales (des problèmes -certains vraiment ridicules, d'autres vraiment sérieux- présentés comme dramatiques qui trouvent tous des résolutions quasi-miraculaires au bout des 40 mn de l'épisode), que les "bons sentiments" rendent quelques scènes "dégoulinantes" de mièvrerie, et que le comportement idéal de chacun est établi de façon vraiment très très stricte (rapport aux relations filles/garçons, politesse, résultats scolaires, sans parler de l'alcool, du tabac, de la drogue...). Le pasteur et sa famille sont supposés être parfaits, des modèles pour leur entourage et au-delà. De même, un peu à l'image de l'idéologie néo-conservatrice de l'entourage de Bush Jr, on n'aide que ceux qui commencent par s'aider eux-mêmes, et le font par des groupes de parole dans une église. On le voit, les messages de la série s'inscrivent dans un terreau spécifique loin d'être consensuel.
Je ne regarde donc pas la série de la même façon qu'il y a sept ou huit ans. Elle a le mérite de poser un certain nombre de questions, et de proposer des réponses (cohérentes dans le cadre d'un mode de pensée, mais quand on n'est pas à l'aise avec ce mode de pensée c'est une autre histoire). J'espère que j'aurais l'occasion d'en parler avec quelques Américains...
par David Veldhuizen publié dans : TV et séries
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Jeudi 13 mars 2008
Jeudi 13
Paris 6, MK2 Odéon

MODERN LOVE
De Stéphane Kazandjian (F, 2007)

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Mon appréciation: 6/10

J'avais proposé There Will Be Blood (que j'ai donc vu mardi), et Soyez sympas rembobinez. Sophie avait pensé à MR73, mais après There Will Be Blood, j'avais envie de quelque chose de pas trop sombre. C'est donc un troisième quatrième choix que nous aurons vu, Modern Love ("je n'osais pas" "oui, c'est un film de filles. Et alors ? Y'a Bérénice Béjo, ça peut me suffire comme raison"). Finalement, c'était un excellent compromis, puisque le film était très bien !

Il y a deux ans, j'avais déjà vu un film avec Pierre-François Martin-Laval, Essaye-moi, une autre comédie plutôt légère. Il y a beaucoup moins longtemps, Paupières bleues proposait une séquence de mise en abyme (un couple se forme à l'écran devant les héros, spectateurs d'un faux film dans le vrai film). Donc des histoires de coeur, des quiproquos, mais on garde tous les clichés de la comédie romantique pour "le film dans le film", en forçant le trait, et en détournant gentiment le genre. Modern Love, c'est une comédie romantique capable d'auto-dérision. Une bonne idée, plutôt bien exploitée. Comme j'ai coutume de dire, sans prétention, mais qui permet de passer un bon moment.

Et puis, comme je lui disais, il y avait Bérénice Béjo (que j'avais trouvé craquante dans OSS 117 Le Caire nid d'espions) ;)  Toujours question acteurs, je ne peux m'empêcher de trouver à Stéphane Debac (qui joue Jérôme) un air de Frédéric Diefenthal. Sophie m'a expliqué: "c'est ses yeux".

Il ne faut donc pas s'arrêter à cette apparence de "film de filles" (c'est de toute façon un raisonnement un peu simpliste); il y a quelque chose de plus dans Modern Love.
par David Veldhuizen publié dans : Cinéma
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Mercredi 12 mars 2008
J'avais déjà évoqué les tensions qui existent dans la paroisse que je fréquente (rappel des "convictions du protestant réformé" ici). Elles ne vont pas en s'apaisant, au contraire. Les paroisses (et les pasteurs) sont comme tous les groupes de femmes et d'hommes (comme toutes les femmes et tous les hommes). Le message d'amour, fondamental, qui crée la communauté, est mis à mal par une succession d'incidents qui font honte à beaucoup de monde (mais pas à ceux qui en sont responsables, bien sûr).

Du coup, le dilemme revient violemment sur le devant de la scène: fuir vers un ailleurs pas forcément meilleur en "abandonnant" la communauté, ou accepter de devoir se battre pour qu'à terme, l'annonce de la Bonne nouvelle soit plus sereine ?

C'est en-dehors des "cadres" habituels du culte que ces quinze derniers jours nourrissent le plus ma réflexion et ma foi. Des discussions passionnantes et très enrichissantes avec quelques uns (également concernés par le problème), des questions pleines de sens posées par d'autres sur mes convictions (questions qui entretiennent aussi la démarche personnelle de chrétien)... Cela me fait du bien, beaucoup de bien.

Parce que ma foi, même si je ne la brandis pas comme un drapeau, est quelque chose qui touche, évidemment, à l'intime. Souffrir dans l'expression de sa foi est  douloureux. Je crois profondément que la situation se résoudra. Comment ? Peu importe, seul Lui là-haut le sait. Il n'empêche, avoir des convictions ne simplifie pas les choses. Des choix importants vont devoir être faits. Que ceux qui croyaient le contraire se détrompent, la vie d'un chrétien, ou d'une communauté chrétienne, n'est pas sans obstacles, paradoxes et douleurs.
par David Veldhuizen publié dans : Chronique
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Mardi 11 mars 2008
Mardi 11
Paris 20, MK2 Gambetta

THERE WILL BE BLOOD
De  Paul Thomas Anderson (USA, 2007)

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Mon appréciation: 4/10

Quel dommage, cette bande-son, envahissante, stressante, inappropriée ! Supporter pendant près de deux heures et demi ces sirènes dignes d'une attaque de Stukas (bombardiers en piqué allemand pendant la deuxième guerre mondiale, célèbres pour leur bruit terrifiant -et donc leur impact psychologique-), ces ensembles à cordes interprétant des partitions dissonnantes, ces rythmes martelés sans lien avec l'image... a été vraiment difficile. La "sombritude" de l'histoire et de la très grande majorité des images (on respire quand on a quelques couleurs, et qu'on ne tombe pas dans la surexposition solaire) contribuent à rendre le film vraiment difficile.

There will be blood est "sauvé", si l'on peut dire, par l'interprétation de Daniel Day Lewis, vraiment formidable, et puis quand même par le thème traité, ce 20ème siècle qui découvre le pétrole (et ses dangers). Deux-trois scènes d'anthologies, les confrontations entre Eli, l'illuminé de l'Eglise de la Troisième Révélation, et Daniel, le "oilman" sans aucun scrupules (le baptême et la scène finale en particulier). Mais ça ne suffit pas à faire supporter la bande-son (d'habitude je suis plutôt sympa avec la musique, les bruitages, tout ça; il fallait une exception, la voilà).
par David Veldhuizen publié dans : Cinéma
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Lundi 10 mars 2008
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L'auteur sur Wikipedia - Le commissaire Maigret sur Wikipedia - Site éditeur

C'est l'un des romans mettant en scène le commissaire Maigret parmi les plus connus. Je l'ai déjà lu probablement une bonne dizaine de fois.

J'avais besoin, il y a quelques jours, d'une intrigue bien ficelée sans soixante personnages. En fait, je venais d'abandonner la lecture de L'orbite déchiquetée, de John Brunner (la suite de Tous à Zanzibar, un classique de la SF que j'avais bien aimé il y a quelques années, par le même auteur). Je n'arrivais pas à entrer dans le roman, qui alterne de très courts chapitres correspondant à une multitude de personnages que je ne parvenais ni à identifier, ni à suivre. Ce sera pour une autre fois, quand je serais plus concentré.

Donc Maigret dans l'Affaire Saint-Fiacre, une enquête qui n'en est pas vraiment une, parce qu'il n'y a pas de dépôt de plainte. Le commissaire, intrigué par une lettre annonçant un meurtre dans son village d'enfance, se rend sur les lieux et assiste en effet à la mort de la comtesse, la notable du lieu. Une mort presque naturelle. Autour de cette représentante de l'aristocratie de province quasiment ruinée tournent plusieurs héritiers: le fils, le "secrétaire", le régisseur, le fils du régisseur... La déchéance de ce que représentait la comtesse (une noblesse, une époque révolue de l'enfance de Maigret, une dignité, etc.) attriste Maigret, qui se charge naturellement de poser quelques questions, et d'essayer dissiper une tenace impression de malaise. Une enquête sans moyens, un peu comme Hercule Poirot, les cheveux tirés de la résolution de l'intrigue en moins.

Il n'y a que Simenon pour décrire ces atmosphères d'un autre temps, sans envolées lyriques, mais avec un enracinement fort dans l'humain. Le commissaire ne juge pas. Jamais. Il fait son boulot, sans oublier ce qu'est un homme, une femme, avec ses fiertés, avec ses faiblesses. Atmosphère inimitable et très grande humanité des personnages, c'est pour ça que j'aime les romans de Simenon et en particulier du commissaire Maigret.
par David Veldhuizen publié dans : Livres
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Samedi 8 mars 2008
La semaine précédente avait été très remplie, y compris les périodes d'afterwork. Pas de quoi se plaindre, sauf que j'ai accumulé un peu de fatigue. Cette semaine, qui devait être franchement plus calme, ne l'a été que depuis mercredi. Si je n'ai pas de marge le matin pour mon heure de lever (vraiment pas, à moins de zapper douche, petit déj', ce qui peut se révéler néfaste pour mon humeur), on pourrait penser que je pourrais me coucher plus tôt, et donc dormir plus (pour travailler plus, bien sûr). Enfin je me contenterais d'un dormir plus pour se sentir mieux.  Pour éviter, comme hier, de manquer ma station de métro (ça ne m'était encore jamais arrivé à Paris).

Mais voilà, je suis accro à Internet en général, et à certains sites en particulier. Arrêt sur images, pour faire sérieux, mais aussi Facebook. Et depuis quelques jours (jeudi, en fait, ça colle avec mon temps "libre" le soir, que je pourrais utiliser à dormir), je "sonde" Facebook à la recherche de mes anciens camarades de lycée. Le lycée, c'est 1998-2000 à Alès et 2000-2001 à Lille, autant dire un retour dans le précédent millénaire. Grâce aux photos de classe soigneusement légendées (j'avais bien fait, à l'époque), les noms et surtout leurs orthographes me reviennent.

Cela fait très plaisir de trouver les profils d'anciens élèves, complètement perdus de vue depuis 6 ou 7 ans. De constater que j'aurais pu en croiser plusieurs, à Lille, à Paris, ou ailleurs. De lire ce que les autres "sont devenus", selon l'expression consacrée. D'échanger quelques nouvelles, comme si finalement ça ne faisait que quelques semaines que nous ne nous étions pas vus.

Normal que je sois très impliqué dans l'Association des Anciens de Sciences Po Lille. Je dois aimer de savoir ce que deviennent ceux qui ont suivi les mêmes cours que moi, subi les mêmes enseignants... "Subi" est d'ailleurs sûrement méchant au regard des bonnes nouvelles des uns et des autres. A moins qu'on ait tous été particulièrement bons pour surmonter si bien les épreuves ;)

D'où un début d'explication "sociologisante" ou "psychologisante" de mon "addiction": savoir ce que deviennent les uns et les autres, c'est d'abord affirmer l'existence d'un (plusieurs) collectif(s) dans lequel je suis inséré; c'est ensuite permettre une base de comparaison (la fameuse "évaluation par les pairs"); et enfin, si cette comparaison/évaluation est positive, construire un sentiment (diffus, mais quand même) d'appartenance à un collectif valorisé et valorisant. Bon, c'est de l'explication digne du Café du commerce, sans aucune prétention scientifique.

Ce soir, c'est sûr, je me couche tôt.

Et je le ferais.

J'espère.
par David Veldhuizen publié dans : Internet
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Mercredi 5 mars 2008
Ca y est, les dates que j'avais proposé aux responsables de PRSF ont été acceptées. Je viens donc de prendre mes billets d'avion pour les Etats-Unis (vous savez, c'est mon projet de l'année)... Et ça arrive très vite !

Départ le jeudi 10 avril pour Chicago
Retour le 8 mai (9 mai à Paris) de New York


Il n'y a que ça de sûr pour le moment (et cela date de mardi soir). Ah si, mon passeport aussi est prêt (mais ça fait six mois). Plus qu'à fixer les étapes, prévoir l'hébergement, déterminer des rencontres, faire un programme de visites qui m'intéressent (pour moi, aucune attraction touristique n'est "incontournable": ce n'est pas parce que "c'est à voir" que je le verrais, au moins lors de ce séjour)...

Au fait, pour rester sur des sujets américains, et même "politique", sans pour autant commenter les (passionnantes) primaires pour les présidentielles, une dépêche a attiré mon attention récemment:

Plus d'un adulte sur cent derrière les barreaux aux Etats-Unis

LEMONDE.FR | 29.02.08 | © Le Monde.fr

En voici un extrait qui glace le sang (enfin le mien, et j'espère aussi le vôtre):
Les statistiques sont particulièrement frappantes parmi les minorités : alors qu'un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c'est un Hispanique sur 36 et un Afro-Américain sur 15 qui sont en prison. Dans la tranche d'âge de 20 à 34 ans, c'est un jeune Noir sur 9 qui est derrière les barreaux.

Plus de news au fur et à mesure dans cette nouvelle "catégorie" (USA 2008) de mon blog !
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Mardi 4 mars 2008
Mardi 4 mars
Paris 19, MK2 Quai de Seine

NANKING
Documentaire de B. Guttentag et D. Sturman (USA, 2007)
dans le cadre des Mardis de Courrier International

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(EDIT: voir aussi le site de Télérama)

Après la bonne expérience de Toro si te, en février, c'est avec un a priori positif que j'ai répondu présent à l'invitation facebookienne d'Hamdam pour cette projection inédite/unique en France. J'ai même convaincu Antoine de venir. Bon, d'un autre côté, je lui ai parlé de guerre sino-japonaise, de Nankin (le "g" est américain), et ça a suffit pour le motiver.

Moi en revanche, je ne connais rien à l'histoire de l'Asie, à peine quelques bribes pour la deuxième moitié du vingtième siècle. Le sac de Nankin ? Oui, j'ai entendu l'expression. Sans plus. Mais ce n'est pas parce qu'on ignore tout de quelque chose qu'on ne peut pas s'y intéresser.

J'ai donc beaucoup appris sur ces événements de 1937, quand le Japon (déjà allié de l'Allemagne), s'attaque à la Chine, et commet des exactions sans nom, qui feront l'objet des procès de Tokyo à la fin de la guerre. Massacres, viols innombrables, pillages, destruction de villes... la soldatesque japonaise a été particulièrement efficace et inhumaine. Dans ce documentaire, un petit air de Liste de Schindler. Car dans la tourmente de la guerre (bien plus rapide que le processus d'exclusion puis d'élimination des Juifs en Europe, par exemple), une poignée d'Occidentaux (Danois, Américains, et même quelques Allemands appartenant au parti nazi) ne fuit pas et reste pour protéger des dizaines de milliers de civils (et militaires déserteurs) chinois coincés par l'armée impériale, qui n'attend que de les massacrer. Etonnant comment à quelques-uns ils ont su préserver une "zone neutre" (malheureusement pas complètement étanche) et sauver des milliers de vies.

mardiCI.jpgLe documentaire, alternant des images tournées par certains de ces Occidentaux (et admirablement conservées et/ou restaurées), témoignages de survivants, et lecture des écrits des Occidentaux par des acteurs, parvient à ne pas être manichéen. Il reste très "américain": les sauveurs sont complètement héroïsés, et on a du mal à sortir du registre émotionnel face à leur courage, leur humanité, leur foi aussi.

Le débat s'engage ensuite sur la sensibilité des questions historiques, tant en Chine qu'au Japon, entre enjeux de propagande, relents nationalistes pour faire diversion, etc. On évoque parfois le travail considérable de repentance accompli par la nation allemande après guerre, en soulignant qu'en Asie, les réalités sont bien différentes. "L'infâmie japonaise" de la "bonne pensée" de la gauche japonaise face aux récupérations nationalistes de droite en période de difficultés économiques, les bombes atomiques qui "permettent" au Japon de se poser en victime, les bouleversements du communisme à la chinoise, la course à la croissance, autant de raisons qui expliquent un travail historique et scientifique peu visible même s'il existe.

C'était donc une soirée qui contribue à me rendre moins bête. Pas rassuré sur la nature humaine, mais moins ignorant. C'est déjà ça. Le mois prochain, le documentaire traitera des militaires désobéissants ou déserteurs.
par David Veldhuizen publié dans : Cinéma
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