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Mardi 22 avril 2008
Je vous l’avais annoncé, j’ai eu l’opportunité d’entrer (et de re-sortir, ce qui est parfois plus difficile) dans une prison états-unienne. C’était dimanche après-midi, pour la clôture d’une session d’évangélisation des prisonniers par un groupe du nom de Kairos (je reviendrais sur cette session). Dean et Bob me prennent en charge pas loin de l’église où j’ai assisté au début du culte. Nous partons dans un SUV monstrueux (par sa taille) en direction d’Indianapolis. Une heure de route plus tard, nous voici à proximité de l’aéroport d’Indianapolis. Il y a plein d’autres prisons dans l’Etat, certaines bien plus proches de Daleville, mais nous nous rendons à Plainfield Correctional Center (site internet), ce qu’on appellerait en France une maison centrale (uniquement des condamnés, ici plus spécifiquement des sexual offenders).

Comme tout aux Etats-Unis, l’espace ne pose pas de problème ; pas de hauts bâtiments, mais une prison qui s’étend sur des kilomètres carrés. A l’entrée, presque comme à l’aéroport : on montre notre ID (driving license pour les autochtones, passeport pour moi) et on est tamponné à l’encre invisible (marrant). Puis portique de sécurité où on enlève les chaussures et on a droit à la fouille. Nous passons ensuite une série de trois portes (chacune ne s’ouvrant évidemment que si la précédente est fermée) avec une gardienne et l’aumônier, très décontractés. Et nous voilà en détention ! Pour rappel, dans la prison centrale que j’ai visité en France, il fallait franchir huit portes ou grilles avant d’en arriver au même point. Nous nous dirigeons ensuite vers le gymnase qui, comme celui que j’avais vu en France, est récent. La propreté nous surprend. Les tenues des prisonniers également : pas de tenue orange comme on en voit partout, ou rayée. Les vêtements sont kakis et blancs. Comme annoncé, je reviendrais sur ce qui s’est déroulé dans le gymnase. Mais là aussi, tout semble se passer dans une ambiance bon enfant. A peine une demi-douzaine de gardes pour plus de cent prisonniers, et pas de vidéo-surveillance apparente… En France, on aurait eu au moins trois fois plus de gardiens ! A la fin de l’après-midi, quand nous quittons le gymnase, nous croisons des files de détenus qui doivent aller ar réfectoire pour le dîner. Et comme dans la salle, c’est très décontracté.

Et, surtout, contrairement aux livres et articles, les prisonniers que j’ai vu sont à 90% Blancs.
Plusieurs hypothèses donc : soit les données des livres et médias sont complètement fausses (j’en doute), soit il n’y a pas beaucoup d’Africains-Américains dans cette prison, et là à nouveau plusieurs explications possibles, qui ne sont pas forcément incompatibles :
- il y a peu d’Africains-Américains dans l’Indiana (c’est très plausible) ;
- les Afro-Américains sont souvent en détention « préventive » mais le système judiciaire est efficace et corrige le travail policier ce qui fait que peu de Noirs se retrouvent « condamnés » ;
- il y a peu d’Africains-Américains coupables de crimes sexuels ;
- il y a d’autres prisons où c’est l’inverse (une gestion « raciale » des populations carcérales ?) 

Bref, cette (courte) incursion en milieu pénitentiaire étatsunien, par définition très parcellaire et peu représentative, n’a pas été une immersion dans un monde hostile, ultra-violent, etc. Mais ça valait le coup quand même !
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Samedi 19 avril 2008
Ce vendredi donc, c’était la Prom pour les lycéens étudiants à domicile, dont la plus jeune des filles de la famille qui m’héberge. Ca faisait plusieurs jours qu’il fallait tout prévoir pour le jour J. Dans la matinée, je m’y suis mis moi aussi, en préparant des brochettes de fruits (j’ai donc été « cuisinier » quelques instants).

Le mot de l’après-midi, c’est hystérie (tiens…). Celle des filles se préparant (la salle de bain est un champ de bataille) évidemment, celle des filles se complimentant en voyant les robes des unes et des autres et prenant des dizaines de photos, celle des filles quand leurs cavaliers arrivent (dans des voitures de sport ou de très gros 4X4)…

Quand les couples partent dîner au restaurant, les « chaperons » (quelques parents et autres adultes, dont moi !) convergeons vers la salle où aura lieu la soirée. A une bonne demi-heure en voiture quand même (j’imagine au moins 30 kilomètres). Un petit briefing (avec des questions comme « comment faire si certains dansent de façon ‘inappropriate’ ? » mais aussi « à quelle heure peuvent-ils entrer ? » etc.) ; et c’est parti à 20h. Oui, 20h. La soixantaine de participants est très ponctuelle.

Ce qui me surprend et m’impressionne, ce sont les robes des participantes. Très colorées, mais surtout très « robes de soirée ». J’essaie d’imaginer les gens que je connaissais au lycée portant de telles robes… Bon bien sûr, danse oblige, 90% des filles retirent leurs chaussures et vont pieds nus.

Parmi les différents temps de la soirée, il y a eu le « senior toast » (avec une espèce de Champomy, non à base de pommes, mais de raisins), les desserts – que j’ai aidé à servir (hop ! on ajoute à ma liste de métiers serveur) – (les garçons prenant très majoritairement des cheesecakes, et les filles des desserts à base de fruits), le concours de danse (20$ à gagner pour le gagnant masculin et féminin ; évalué par un des couples de « chaperons », remporté notamment par la fille de la famille ; hilarant d’ingéniosité et d’absence de prise au sérieux), les photos devant un fond imprimé de coucher de soleil.

Fin des festivités à minuit précises (eh oui derechef). L’équipe de chaperons s’active alors pour tout remettre en ordre (je deviens technicien de surface).

Pas une goutte d’alcool, pas un seul bisou (ou sinon très discret), très (trop ?) WASP en somme. Mais rappelez-vous, il y avait des parents (dont un pasteur) dans la salle (amies lectrices, vous auriez aimé avoir votre père assistant à vos soirées au lycée ?)… J’apprécie vraiment ce voyage dans le « typiquement Américain » et différent de nos habitudes françaises !
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Samedi 19 avril 2008


Wikipedia sur l’auteurSite éditeur

 

Son vrai nom importe peu. L’héroïne, la narratrice, se joue des identités. Normal, elle est née dans un univers d’apparences, un cirque. Un père colérique mais tolérant, une mère ne prenant rien au sérieux, difficile de ne pas avoir des goûts de liberté ! De sa très tendre enfance (deux ans et demi) à bien plus loin (l’internat, le mariage, l’installation à Paris), l’héroïne nous emporte dans un tourbillon, un refus des conventions, une vraie vie bohème. Pas bobo, juste bohème ! Comme un feu follet, par exemple. Insaisissable et donc tellement vivant et attachant. J’ai beaucoup aimé.

Pour la petite histoire, le livre était rangé dans le même compartiment de sac à dos qu’une bouteille de dos qui a méchamment décidé de s’ouvrir pendant que j’étais dans le métro de Chicago. Il a fallu attendre que le livre sèche avant de lire les 50 dernières pages… (Je fais pas le fier !)

Quelques extraits du livre :

« Passer des heures à contempler le feu couvant dans les yeux d’un loup, c’est aller jusqu’au bout du monde. Aujourd’hui encore, dans cette petite chambre aux murs blancs, si je veux voyager, je m’approche de la fenêtre et je regarde le ciel longtemps, le plus longtemps possible, jusqu’à y reconnaître quelque chose de la brûlure et de la douceur d’un loup. Les visages de mes amants, je les regardais comme ce morceau de ciel. J’y cherchais la même chose : c’est le loup qui me rassure chez l’homme. Je sais ce qui s’est passé en Pologne dans les années mille neuf cent quarante, mille neuf cent quarante-cinq. Ma grand-mère me l’a raconté : à chacun ses contes de nourrice, à chacun ses Barbe-Bleue. Ce qu’on a fait aux juifs, aux tziganes, aux homosexuels et aux autres, je le sais et que c’est une chose humaine dont aucun loup n’aurait jamais été capable. »

« Sa folie lui vient d’Italie, son premier pays. En Italie, ce qui est dedans, ils le mettent dehors. Leur linge à sécher et leur cœur à laver, ils mettent tout à la rue sur un fil entre deux fenêtres, et ils font l’inventaire plusieurs fois par jour, devant les voisins, dans un interminable opéra de cris et de rire. En apparence c’est gai – en apparence seulement. Les Italiens sont tristes, ils imitent trop la vie pour l’aimer réellement, ils sentent la mort et le théâtre : c’est mon père qui dit ça quand il veut mettre ma mère en rage. Le pays de mon père, j’ignore comment il s’appelle. Le pays de mon père, c’est le silence. Mon père c’est tous les hommes quand ils rentrent le soir à la maison. Des taciturnes. Des sans-mot. Mon père est comme un loup : le feu qui coule dans ses veines remonte aux yeux, et rien pour les lèvres.»

« L’amour fait un cercle comme celui du cirque, tapissé de sciure, doux aux pieds nus, lumineux sous la toile rouge gonflée de vent. Le cercle est simple : plus vous êtes aimée et plus on vous aimera. Le truc c’est au départ, pour être aimée une première fois. Il faut surtout n’y pas penser, ne pas le rechercher, ne pas le vouloir. Etre folle, se contenter d’être folle, de rire en pleurant, de pleurer en riant, les hommes finissent par arriver, attirés par la clairière de folie, séduits par celle qui n’a même pas souci de plaire. Après c’est joué, vous tournez et dansez dans le cercle d’amour, un mari à vos bras pour ne pas perdre l’équilibre, un mari qui roule des yeux partout en silence. »

« Elle ne croyait pas au monde, ma mère, et là-dessus je suis bien sa fille. Elle ne croyait qu’à l’amour et quand on ne croit qu’à l’amour, on n’a pas d’humeur matinale, on reste entre les draps parce que l’amour est là. Ou parce qu’il manque. »

« Je ne risque rien à donner cette adresse : j’ai remarqué que presque toutes les villes ont une avenue Leclerc. Je me demande ce qu’il a fit pour ça, Leclerc. Je ne sais pas si j’aimerais avoir une rue à mon nom. Il faudrait que ce soit une rue qui donne sur la campagne, dans les faubourgs, là où les maisons se détachent les unes des autres et fondent dans la nature comme un sucre dans l’eau. »

 

Et maintenant, je m’attaque à un pavé (en fait deux, car il y a deux tomes d’environ 800 pages chacun, en format poche), Un garçon convenable de Vikram Seth. Ca devrait me tenir occupé pendant quelques semaines !

par David Veldhuizen publié dans : Livres
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Vendredi 18 avril 2008

Daleville se trouve donc à une heure en voiture à l’est d’Indianapolis, pas loin de la « frontière » entre Indiana et Ohio. Les routes sont aussi larges que des autoroutes, sauf les voies secondaires. Pour arriver à la maison de la famille qui m’héberge, on doit slalomer entre des nids de poule impressionnants. Il n’y a pas de ville ou village, ou regroupements importants de maisons ; tout est dispersé et rend vraiment indispensable la voiture.

« Une autre planète » titrais-je précédemment… mais pourquoi ?

  • Parce que c’est la pleine campagne, avec ses conséquences (évoquées plus haut, y compris la connexion Internet bas débit)
  • Parce qu’il y fait très beau, qu’on se croit en juin (à quelques degrés près), ce qui change des premiers jours à Chicago, quasiment hivernaux
  • Parce qu’on y voit, bien plus qu’à Chicago, des drapeaux partout, et sur beaucoup de plaques minéralogiques le « In God we trust » (aussi sur les billets, donc ils ne sont pas plus fanatiques que ça), mais, curieusement, pas sur celles des voitures de la famille où je suis (pourtant le père est pasteur…). Faudra que j’éclaircisse ce mystère !
  • Parce que les voitures et les maisons ne sont pas fermées à clé (comme au Canada dans Bowling for Columbine de Michael Moore) ; ça surprend !
  • Parce que j’y ai bossé comme fleuriste, ce jeudi matin (voir les photos), un truc que je n’aurais jamais imaginé faire en France !
  • Parce que j’ai assisté cet après-midi à un match de baseball entre deux équipes de high schools (les « Broncos » locaux ayant écrasé les « Union » 17 à 0), sur des terrains-campus immenses
  • Parce que ce vendredi soir, c’est « Prom’ night » pour les jeunes suivant les cours à domicile (l’américain étant bien plus simple, utilise le terme « home school ») ; la famille est mobilisée pour l’événement !
  • Parce que je devrais pouvoir « visiter » la prison d’Indianapolis dimanche, avec une équipe de l’église locale qui visite les prisonniers (ça aussi, ça promet d’être exceptionnel)

Tout ça, c’est « une autre planète » par rapport à Chicago (et NYC sûrement), mais c’est aussi typiquement américain, et ça me plait beaucoup de voir ces différents aspects des Etats-Unis !

Le magasin temporaire de fleurs… A quatre, nous avons déchargé des containers de fleurs pour les disposer sur les étals de 7h45 (eh oui…) à 12h30.



par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Vendredi 18 avril 2008

Grâce à l’actualisation régulière de mon « status » sur Facebook, Tom m’a contacté. Tom, on s’est connu quand on était au collège Jean Moulin, à Alès. Je suis arrivé en 4ème, il est parti après la 4ème. C’était en… 1996-1997 ! Nous ne nous étions pas revus depuis, mais geeks assumés, on s’était plus ou moins suivis par Internet.

Bref, Tom travaille au Canada, mais aime passer ses vacances aux Etats-Unis et à Chicago en particulier. C’est donc en préparant son passage chicago-ien qu’il voit que j’y suis aussi. Ce serait trop bête de se manquer ! Rendez-vous est pris mardi soir. Entre deux promenades dans Chicago-by-night (décidément, c’est une ville pour les piétons !), nous prenons le temps de partager une « small pizza » à la Pizzeria Due, l’une des bonnes adresses pour cette spécialité dont je vous ai déjà parlé. On était d’ailleurs parti pour une « medium », mais le serveur, sûrement mis en éveil par la finesse de nos silhouettes (c’est joliment dit, je suis content de moi), nous conseille plutôt la « small ». Ayant déjà dîné avec les « Jesus People », je suis sensible au conseil, qui se révèlera excellent. Le temps de se raconter nos dix dernières années respectives, et voilà la soirée qui s’achève. Mais il est possible qu’on se retrouve à New York dans deux semaines… Oui, parce que se voir une fois tous les dix ans, c’est pas assez !


Mercredi, c’était le départ, comme prévu (donc hors sujet vu le titre du billet) pour Indianapolis avec une compagnie de bus low cost. Le trajet Chicago-Indianapolis était à moins de 30$ (17€ pour être exact), ce qui, ai-je appris, est une excellente affaire ! Bus neuf, clim’ excessive (mais je suis aux States, donc…) ; c’est tout ce qu’il y a à raconter !
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Vendredi 18 avril 2008

Dans la série de reportages publiés par Réforme avant les élections présidentielles américaines de 2004, il y avait l’interview de Kathy Kelly, des Voices for Creative Non-Violence. Il y avait également un reportage sur les « Jesus People USA », une communauté vraiment originale basée à Chicago. Je suis allé les rencontrer.

Dans la partie Nord de Chicago, dans le quartier vietnamien, à quelques centaines de mètres de la plage sur le Lac Michigan (je m’y suis même rendu, et, sans le vent, on aurait pu se croire en plein été !) se dresse un ancien hôtel qui avait été abandonné. Les « Jesus People » en ont pris possession. Ils sont environ 500, tous âges confondus, à se partager les neuf étages du bâtiment. Tous âges confondus, ça va des enfants (nombreux, ils ont une école spécifique), aux retraités (les étages 7 à 9 étant en fait une maison de retraite gérée par les « Jesus People »). « Se partager » et « communauté » sont à prendre au sens fort : les chambres sont relativement petites (bon, j’ai la même place à Paris, mais d’une part aux Etats-Unis c’est vraiment étroit par rapport au reste, et d’autre part ils y vivent à plusieurs – les familles ayant un peu plus de place quand même), et nombre de choses se font en commun : les repas, les réunions de prière, etc. Les quelques voitures sont partagées en fonction des besoins. Les membres de la communauté travaillent pour des « filiales » de la communauté : un label musical, une imprimerie, des abris pour sans-papiers, l’école, etc.

Mardi après-midi donc, j’ai passé quelques heures avec eux ; j’ai discuté avec une petite dizaine d’entre eux, j’ai dîné avec eux (à 17h, ça fait bizarre). Extraits des discussions.

James est de permanence au bureau. C’est lui qui m’accueille, il semble le Coordinateur que j’avais contacté ait eu un empêchement. Il vient du Canada et est arrivé il y a trois ans environ, d’abord juste pour une nuit, et il est resté. Sa femme adore les antiquités, c’est pourquoi leur « appartement » est décoré de tableaux anciens et de nombreux meubles en bois.

Arrivé dans la même période, A (je ne me rappelle plus son prénom, juste qu’il est tatoué de partout…) est lui aussi resté. Aujourd’hui, il s’occupe de la « réception » de l’hôtel et salue tous les membres qui entrent et sortent. Il m’explique, sans beaucoup articuler ce qui ne m’aide pas, que la communauté arrive à bien fonctionner du fait de sa taille, qui oblige à trouver des solutions, et des huit pasteurs qui en ont la charge. Je n’arriverais pas à savoir pourquoi il faut autant de pasteurs !

Je discute aussi avec une pensionnaire de la maison de retraite, d’origine catholique. Elle est admirative du fait que je voyage « on my own », elle qui me confie ne pas oser traverser la rue ! Bavarde, elle taquine les autres seniors qui passent. Elle m’explique qu’avec les « Jesus people », il y a des médecins, et que les frais médicaux sont couverts si Medicare ne le fait pas. Elle plaisante sur les « défauts » des « Jesus people », qui ne compteraient aucun bon cuisinier dans leurs rangs, et qui s’obstinent à lui servir un plat qu’elle n’aime vraiment pas !

C’est par son mari que Sarah, deux enfants, est arrivée dans la communauté. Elle s’occupe de la cantine pour les enfants de l’école.

Tom a tout plaqué. Il travaillait dans l’informatique quand il a « rencontré Jésus ». Il continuait à suivre le « modèle » US de « money, car, house », mais ça ne lui apportait pas satisfaction. Il a cherché plusieurs mois avant d’entendre parler des « Jesus people ». Il n’a plus besoin d’avoir une voiture et une maison toujours plus grandes !

Joby ressemble à un geek  des annees 80s : longue barbe, casquette et lunettes. Lui cherchait un moyen de vivre dans une communauté, où certaines choses seraient partagées. Il entend ensuite parler des « Jesus People », exactement ce qu’il cherchait. Il donne des cours de sciences dans l’école de la communauté.

Pour en savoir plus, le site web des « Jesus People » !

par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Jeudi 17 avril 2008
Je suis arrive hier soir a Daleville, a une heure d'Indianapolis. Et avec une heure de difference avec Chicago: je n'ai plus que 6 heures de decalage avec la France !

Alors quelques news: la connexion est bas debit et je n'ai pas prepare ce message sur mon ordi, donc vite le clavier qwerty ! J'ai pu transferer la video qui posait probleme sur mon ordi, mais j'attendrais une connexion haut debit pour la mettre en ligne ! Dans les "billets" en differe: la rencontre avec les Jesus People, mardi apres-midi; compte-rendu de lecture sur "La folle allure", et puis mes premieres aventures a Daleville.

Tiens d'ailleurs, essayez de deviner quel job j'ai exerce ce jeudi matin: cuisinier, fleuriste, ou mecanicien ?
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Mercredi 16 avril 2008
Je suis allé dimanche après-midi et mardi matin à la Chicago Public Library, à 20 mètres de l'auberge de jeunesse (vous imaginez mon bonheur), histoire de me documenter un peu sur le sujet des prisons aux Etats-Unis, un sujet que je souhaite approfondir pendant ce séjour.

J'ai parcouru trois livres, tous passionnants et très "scientifiques", car s'appuyant sur de nombreuses statistiques.


Prisons
Library in a book

Jeffrey Ferro (BA, University of Michigan, UCLA Program, Senior Paralegal with the Los Angeles County Office of the Public Defender)
Facts on File, Inc., 2006 -
Site éditeur
Une Bible: statistiques de base, textes législatifs, jurisprudence, chapitre de bibliographie, de liens Internet, annuaire des organisations travaillant sur le sujet... Une porte d'entrée qui semble extrêmement complète, et plutôt à jour.

Prison, Inc.
A Convict Exposes Life Inside A Private Prison

By K.C. Carceral, edited by Thomas J. Bernard (Professor of Criminal Justice and Sociology, Pennsylvania State University)
New York University Press, 2006 -
Site éditeur
Un ancien prisonnier raconte la dégradation subite de ses conditions de détention, et l'augmentation de la violence, quand il a été transféré d'une prison gérée par l'Etat à une prison privée, comme beaucoup d'autres. L'argument de la privatisation ? "On fait mieux et moins cher". Dans les faits ? Ils font moins cher à court terme, mais tellement moins bien que l'Etat (qui n'est déjà pas terrible), qu'à terme ça va coûter plus cher, notamment au contribuable US (qui, comme chacun sait, aime bien les économies). Des gardiens recrutés sans formation, payés trois fois rien, des prisons construites en quelques mois et donc ne répondant pas aux contraintes spécifiques de la prison, le bilan est accablant.

Punishment and inequality in America
Bruce Western (Professor of Sociology and Faculty Associate of the Office of Population Research at Princeton University)
Russell Sage Foundation, New York, 2006 -
Site éditeur
Avec de très nombreuses statistiques, l'auteur analyse les très fortes sur-représentations des Africains-Américains dans les prisons américaines (et dans une moindre mesure des Hispaniques); croisant ces données avec le niveau de diplômes, la stabilité conjugale, le nombre d'enfants, et encore d'autres éléments, l'universitaire montre, si besoin en était, l'effet dévastateur du système sur certaines communautés.

par David Veldhuizen publié dans : Livres
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Mercredi 16 avril 2008
En attendant que j'arrive à transférer la vidéo de mon appareil photo vers mon ordinateur (ce qui a pour l'instant mystérieusement échoué)...

Vous pouvez aller consulter le site de Voices for Creative Non-Violence ici.

Dans l'interview, réalisée lundi après-midi dans la maison particulière qui sert de local à l'association (je suis reçu dans la cuisine...), Dan explique ce qu'est VCNV, leur combat contre la guerre en Iraq, il répond à ma question "que feriez-vous si les VCNV étaient demain à la Maison-Blanche ?", il raconte les actions passées du réseau et le projet de marche entre Chicago et St-Paul, avant la convention républicaine du 1er septembre.

Dans le pire des cas, vous n'aurez que la traduction condensée de la vidéo. Mais j'espère vous mettre et la vidéo, et la traduction !
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Mardi 15 avril 2008
Ce lundi matin, direction le musée d'histoire de Chicago, gratuit les lundis. Beaucoup de scolaires, mais comme le musée n'est pas "linéaire" (au sens d'un parcours fléché avec un début et une fin), on ne fait que se croiser. Musée très pédagogique, des origines amérindiennes (les rares rues diagonales sont "exceptionnellement nombreuses à Chicago, elles suivent les anciens sentiers des Indiens" ai-je appris), aux chasseurs de peaux français, puis les Anglais, les Américains avec la mort du président Lincoln, et les autres grands événements du 19ème siècle: le grand incendie, l'exposition colombienne de 1893 (fêtant les trois siècles de l'expédition de C. Colomb). Au vingtième siècle, l'exposition universelle des années 30, les problèmes récurrents de droits pour les Afro-Américains, les émeutes d'avril à août 1968 (40 ans donc)... Sans oublier des thématiques moins événementielles comme les différentes vagues d'immigration, le développement des transports, l'extension de la ville aux dépens de mode de vies plus ruraux, le blues et le jazz, les percées architecturales et scientifiques (la pilule, par exemple), etc.

Une maquette du grand incendie

Un wagon du premier "L"

Des passagers de l'époque du premier "L"

Tour d'horizon très varié, avec des méthodes toujours différentes, on ressort de ce musée moins bête qu'on y est entré !

Pour finir, un peu de teasing... Prochainement (ça dépend un peu d'une question technique), une vidéo de ma rencontre ce lundi après-midi avec Dan, des Voices for Creative Non Violence, un mouvement contre la guerre en Irak.

par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Lundi 14 avril 2008
Dimanche 13
Chicago, AMC River East

JUNO
De Jason Reitman (USA, 2007)

Rien de prévu dimanche soir... Pourquoi pas un cinéma ? Le choix n'étant pas particulièrement alléchant, je me décide pour revoir Juno, cette fois-ci sans sous-titres et sans trop de problèmes, vu que je connaissais l'essentiel des dialogues. Je n'ai pas regretté de le revoir, il est vraiment excellent !

Un "petit" multiplexe (une vingtaine de salles) pour les Etats-Unis, ça m'a fait penser au Kinépolis de Lomme. Les spectateurs sont par contre très expansifs, un peu trop à mon goût: mon voisin n'a pu s'empêcher de s'exclamer très fortement, par exemple quand la "mère" de Juno "casse" l'infirmière du sonogramme...

Voir mon premier billet sur le film

par David Veldhuizen publié dans : Cinéma
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Lundi 14 avril 2008
Près de l'Art Institute, une douzaine de manifestants brandissent des pancartes, appelant à l'impeachment. Intrigué, j'interroge l'un d'eux. Retranscription de la conversation, de mémoire:

Moi: Vous vous opposez à la guerre en Irak ?

Lui: Oui, mais pas seulement, c'est contre tout ce système que je manifeste.
Moi: C'est-à-dire ?
Lui, me montrant les gratte-ciels avoisinants, tous des bureaux de très grandes entreprises: Contre tout ce système, ces sociétés...
Moi: Vous pensez que les prochaines élections vont permettre de changer des choses ?
Lui: Non, tous les candidats sont liés à ces entreprises, et n'écoutent pas la volonté des gens, juste celle des chefs d'entreprise. Ron Paul est une exception.
Moi: Vous pensez qu'un candidat indépendant a ses chances ?
Lui: Non, bien sûr, sans argent il ne peut rien faire, et vous savez où est l'argent...

Moi: Donc comment faire, pour que les choses changent ?
Lui: Moi et quelques autres particuliers - on vient individuellement - demandons aux gens de demander un impeachment.
Moi: Je vous l'ai dit, je suis Français, et je ne sais pas trop comment fonctionne l'impeachment.
Lui: On convoque les personnes que l'on veut impeacher pour des auditions devant le Congrès, et après on les impeache.
Moi: Devant le Congrès ? Mais n'est-il pas composé de politiciens ?
Lui: Si, bien sûr.
Moi: Et vous pensez qu'il y a une chance que ça marche ? Vraiment ?
Lui: Je n'y crois pas beaucoup, mais déjà si on pouvait arriver à faire réfléchir les gens par eux-mêmes, les choses commenceraient à changer.
Moi: Merci pour vos réponses, et... bonne chance !

par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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