Comme tout aux Etats-Unis, l’espace ne pose pas de problème ; pas de hauts bâtiments, mais une prison qui s’étend sur des kilomètres carrés. A l’entrée, presque comme à l’aéroport : on montre notre ID (driving license pour les autochtones, passeport pour moi) et on est tamponné à l’encre invisible (marrant). Puis portique de sécurité où on enlève les chaussures et on a droit à la fouille. Nous passons ensuite une série de trois portes (chacune ne s’ouvrant évidemment que si la précédente est fermée) avec une gardienne et l’aumônier, très décontractés. Et nous voilà en détention ! Pour rappel, dans la prison centrale que j’ai visité en France, il fallait franchir huit portes ou grilles avant d’en arriver au même point. Nous nous dirigeons ensuite vers le gymnase qui, comme celui que j’avais vu en France, est récent. La propreté nous surprend. Les tenues des prisonniers également : pas de tenue orange comme on en voit partout, ou rayée. Les vêtements sont kakis et blancs. Comme annoncé, je reviendrais sur ce qui s’est déroulé dans le gymnase. Mais là aussi, tout semble se passer dans une ambiance bon enfant. A peine une demi-douzaine de gardes pour plus de cent prisonniers, et pas de vidéo-surveillance apparente… En France, on aurait eu au moins trois fois plus de gardiens ! A la fin de l’après-midi, quand nous quittons le gymnase, nous croisons des files de détenus qui doivent aller ar réfectoire pour le dîner. Et comme dans la salle, c’est très décontracté.
Et, surtout, contrairement aux livres et articles, les prisonniers que j’ai vu sont à 90% Blancs.
Plusieurs hypothèses donc : soit les données des livres et médias sont complètement fausses (j’en doute), soit il n’y a pas beaucoup d’Africains-Américains dans cette prison, et là à nouveau plusieurs explications possibles, qui ne sont pas forcément incompatibles :
- il y a peu d’Africains-Américains dans l’Indiana (c’est très plausible) ;
- les Afro-Américains sont souvent en détention « préventive » mais le système judiciaire est efficace et corrige le travail policier ce qui fait que peu de Noirs se retrouvent « condamnés » ;
- il y a peu d’Africains-Américains coupables de crimes sexuels ;
- il y a d’autres prisons où c’est l’inverse (une gestion « raciale » des populations carcérales ?)
Bref, cette (courte) incursion en milieu pénitentiaire étatsunien, par définition très parcellaire et peu représentative, n’a pas été une immersion dans un monde hostile, ultra-violent, etc. Mais ça valait le coup quand même !
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