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Lundi 28 avril 2008
Le mot "histoire" apparaît beaucoup dans mes billets sur Philadelphie... c'est la ville qui veut ça !

Donc à l'Indépendance, certains des grands hommes déjà évoqués dans mes précédents billets (Franklin par exemple), s'intéresse à la question des prisons. Les immigrés d'Europe ont encore imprégnés dans leurs souvenirs des images de geôles inhumaines, des anecdotes d'arbitraire carcéral, etc. Pourtant, il faut faire régner l'ordre, et pour cela, dissuader avant de devoir punir. Et quand il faut punir, le faire dans l'optique (religieuse, quaker) de la repentance.

Après des voyages d'études et un concours d'architecture (eh oui), une prison modèle va être bâtie à Philadelphie. Une prison d'un nouveau genre, un "pénitencier". Il s'agit, bien entendu, de priver de liberté les personnes qui y sont incarcérées, mais aussi, et c'est nouveau, de les soumettre à un isolement total. Yeux bandés en arrivant, cellules individuelles, "cours" de promenade individuelle (environ 9-10m2 dans chaque cas) avec horaires distincts des promenades des cellules voisines (pour éviter toute communication), gardiens couvrant leurs chaussures pour que leurs pas ne soient pas entendus... L'idée est de laisser le condamné face à lui-même (et à Dieu, dans l'esprit des fondateurs), de l'amener à la pénitence (d'où le "pénitencier").

Problème, cela coûte excessivement cher. D'ailleurs, entre 1829 (ouverture du pénitencier de Philadelphie) et le milieu du 19ème siècle, l'Eastern State Penitentiary (son nom) sera le bâtiment public le plus imposant, et le plus cher, des Etats-Unis. Intéressant, non ?

Autre problème, cet isolement (qui constitue maintenant une sorte de torture), peut avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des personnes qui le subissent. C'est d'ailleurs ce qu'écrira le jeune Charles Dickens, en voyage aux States (il avait deux objectifs durant son séjour, l'un étant ce pénitencier).

Plus grave, comme l'illustre d'ailleurs le voyage de Dickens, ce pénitencier "différent" attire les foules. De la région, c'est normal (on aime frisonner). Du monde entier... pour être copié. La prison de la Santé, celle de Marseille, et des dizaines d'autres sur les cinq continents ont imité ce modèle, avec ses inconvénients et ses insuffisances.

Le concept, contestable donc, est rapidement dévoyé. Dans l'Eastern State Penitentiary, pourtant immense, on ne peut prendre en charge "que" 256 prisonniers dans le respect des principes que j'ai évoqué. La population carcérale augmentant plus vite que les constructions de prison, on est rapidement obligé de renoncer à l'encellullement individuel, de construire de nouveaux étages (donc SANS cour de promenade), bref, de se rapprocher de l'autre "modèle" pénitentiaire, celui de New York (Sing-Sing, etc.). Les "pénitenciers" de ce modèle, c'est ceux des Dalton dans Lucky Luke. Une forteresse certes, mais des cellules collectives, des ateliers de travail en commun. Avec un "voeu" de silence, mais évidemment tous les "dangers" que le modèle pennsylvanien devait éviter (évasions, violence...).

Aujourd'hui donc, le modèle pennsylvanien n'est plus réaliste. Mais les prisons (françaises, notamment) fonctionnent encore (ou sont architecturalement conçues) sur cet "idéal" théorique... A Philadelphie, le pénitencier a fermé en 1971. En ruines, il se visite. C'est ce que j'ai fait dimanche après-midi.

Photos et d'autres infos encore, dans le prochain billet !

(Ceci était un billet à vocation pédagogique. Objectif atteint ?)
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Lundi 28 avril 2008
Après la visite des Independence & Congress Hall, il est juste temps de me diriger vers la Old Pine Street, où se trouve l'église presbytérienne la plus proche (merci Google !), pour arriver à 10h30 au culte. Comme en France cette fois-ci, le temple est au trois quarts vide (une affluence normale, apprendrais-je après. Chicago était une exception). Un pasteur femme, un pasteur stagiaire femme également. Le cantique principal, c'est une mélodie de la Réforme, donc que je connais par coeur (avec d'autres paroles en France); je n'ai qu'à me concentrer sur les paroles pour participer. Liturgie très carrée et quasi-identique à celle de l'ERF en France, je ne suis pas perdu.

J'ai beaucoup aimé la "Lesson for Young Christians": la pasteure rassemble la dizaine d'enfants avant l'école du dimanche, et leur fait un petit cours
"Est-ce qu'à l'école (ie en semaine) il y a des gens que tu n'aimes pas ? Oui ? Pourquoi ? Des raisons, sans raison... Est-ce que tu crois que Dieu les aime ? Oui ? Moi aussi, et ça me rassure de savoir que Dieu peut faire des choses que je ne peux pas faire. Mais tu sais, ils peuvent changer. Et toi aussi, tu pourras les aimer. Et toi aussi, tu peux changer. Dieu aime ceux que tu n'aimes pas, et il t'aime, toi aussi."

Le sermon, en revanche, ne me parle pas beaucoup. A partir d'Actes 17, la pasteure s'interroge: pourquoi même essayer de parler de Dieu à ceux qui semblent impossibles à convaincre ? Les élites athéniennes au temps de l'apôtre Paul. Aujourd'hui, tellement de monde... On tourne en rond avec cette interrogation, pour une réponse finalement pas assez approfondie à mon sens (parce que Dieu veut sauver tout le monde...).

Accompagnement à l'orgue, chorale excellente (quasi-professionnelle). Un culte efficace comme je les aime !


A la fin, accueil très chaleureux autour de home-made cookies et de café (les cookies font étatsuniens, sinon c'est comme en France) ! Il n'y a pas à dire, les Américains ont le contact facile. Quelque chose de précieux. Vraiment.

En sortant, deux photos du temple (j'aurais entre temps appris que c'est le plus vieux temple presbytérien de la ville, qui date de 1768, quand la Pennsylvanie n'était encore qu'une colonie britannique !). Très joli cimetière autour de l'édifice (encore et toujours ces arbres en fleurs).



par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Lundi 28 avril 2008
J'ai parcouru le Independence Mall, bordé de l'Independence Hall, de la Liberty Bell, de l'Independence Visitor Center, du National Constitution Museum, de l'US Mint (je ne sais pas ce que c'est mais peu importe), d'une ancienne Bourse, etc. Ca, c'était samedi. Photos.

Oui, à Philly, le ciel est gris. Depuis mon arrivée, et probablement jusqu'à mon départ ! ;)


Dimanche, je me lève tôt pour pouvoir être dans le premier groupe de visiteurs d'Independence Hall. Où ont été signées la Déclaration d'Indépendance (1776) et la Constitution (1787). Il y a une fouille des sacs à l'entrée, les meubles sont des reconstitutions, les guides sont des "Rangers" comme dans un parc national, mais nous sommes dans un lieu chargé d'histoire... (Les photos extérieures sont de samedi)



Il y a 13 tables vertes, autant que de colonies-devenues-Etats.

Juste à côté, Congress Hall, où siégeait le Congrès (quelle surprise...) pendant les dernières années du 18ème siècle (les 1790s, en quelque sorte), quand Philadelphie était la capitale des 13 Etats fédérés.


Tableau de Louis XVI, plus apprécié des révolutionnaires américains que français...

Dans le secteur, il y a aussi une exposition des "Great Essentials": des originaux (et fac-similés) des documents mentionnés plus tôt. D'autres copies et originaux sont entreposées à Washington.


Dimanche après le culte, je tombe par hasard sur le Kosciuszko Memorial. Kosciuszko, c'est un héros polonais, qui a notamment son "kopiec" (tertre, ou colline artificielle) à Cracovie, pour avoir mené l'une des insurrections polonaises contre ses "grands frères" envahissants (ici, la Russie tsariste de la fin du 18ème siècle). Ce que je ne savais pas, c'est qu'il s'est aussi illustré dans la guerre d'Indépendance américaine, et que les nouveaux Etats-Unis lui réservèrent un triomphe quand il remit le pied aux States après avoir été chassé de Pologne. Un petit film donne les grandes lignes de son apport à l'indépendance américaine: ses connaissances en art de la guerre, en ingénierie des fortifications, son courage au combat ont permis à la jeune nation de vaincre l'Angleterre. Bref, un très grand monsieur !


Il y a des Polonais (dont Kosciuszko), des Français (La Fayette, entre autres)...
La Révolution US est déjà un melting-pot !



par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Dimanche 27 avril 2008
Suite de mes compte-rendus sur Philly. Zoom sur des bâtiments historiques, qui impressionnent 'achement les Américains (forcément, quand un bâtiment a plus de 100 ans, pour eux, c'est un musée). Nous avons ici Elfreth's Alley, du nom d'un de ses habitants (ça ne me disait rien, comme nom, mais c'est normal, comme le confirme ce lien vers Wikipedia, comme d'hab').


Il y a aussi la Christ Church, église anglicane qui a compté nombre de personnalités parmi ses fidèles (Washington, par exemple).  


Le musée de Benjamin Franklin, que je connaissais surtout pour ses inventions, moins pour son apport décisif à l'indépendance US. Un film de Walt Disney (eh...), comme à l'ancienne époque (style Robin des bois version dessin animé, ou Merlin l'enchanteur) retrace la vie de B. Franklin. Génial ! Le musée m'a globalement donné l'envie de lire d'urgence des bouquins de et/ou sur ce personnage, enterré à quelques blocs de Christ Church.

Franklin ramena de France (Sedan, pour être précis) la première chaise à porteur des Etats-Unis naissants.



Pour finir, à deux pas de Franklin Court, l'un des premiers bureaux de poste des Etats-Unis... utilisé par de nombreuses personnalités donc !


par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Dimanche 27 avril 2008
Ce samedi, départ pour Philadelphie, ou "Philly". En Greyhound, parce que ce n'est pas cher. Avec moins d'entrain que la veille à Broadway, fatigue oblige. M'enfin, me voilà dans l'une des villes les plus importantes pour l'histoire des Etats-Unis. Déclaration d'indépendance, Constitution, et d'autres encore, c'est à Philly que ça s'est passé. Du coup, tout s'appelle "Independence" quelque chose. Hum, j'exagère. 

Comme mes pérégrinations dans la ville, ce week-end, n'étaient pas très ordonnées et "optimisées" en terme de déplacements ET de thèmes, je reconstruis a posteriori une cohérence au travers des billets (nombreux) qui vont suivre.

Pour commencer ces billets "thématiques", je vous propose un billet fourre-tout. Bah oui. Y'a des trucs que je veux partager mais qui ne vont pas rentrer dans les autres cases, donc voici les "miscellaneous".

En route vers le Reading Terminal Market, c'est Chinatown.  


Le Reading Terminal Market est, comme son nom l'indique, un marché. Permanent, couvert, extraordinaire. S'y croisent Amish (oui, Philly est en Pennsylvanie, le pays des Amish et autres sectes protestantes) et jeunes Américaines vitrines-victimes (?) vivantes de l'industrie de la beauté (et parfois, de la chirurgie esthétique), Vietnamiens et Afro-Américains... Indescriptible, et vraiment très sympa ! Pas de photos des Amish, c'est contraire à leur croyance (dixit le Routard).



Pour finir ces premières impressions, une rue dans le quartier historique de Philly, ça n'est pas vraiment une rue américaine, mais plutôt une importation d'origine européenne. La preuve.

par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Samedi 26 avril 2008
Montclair, c'est une petite ville du New Jersey. A une demi-heure de "New Jersey Transit" (une sorte de RER) de la gare principale de New York. Ca semble pourtant à des centaines de kilomètres, tellement c'est "provincial". Le centre-ville est extrêmement agréable: terrasses, enfants qui jouent, etc. D'ailleurs, Vienna Teng en parlera pendant le concert, et annonce que cela lui confirme son envie d'écrire une chanson sur ces trains de banlieue (avec un petit discours s'interrogeant sur la place de la voiture aux Etats-Unis... ce qui n'est pas déplaisant) ! Pour clore sur ce chapitre transport, j'ai dû manquer une ou deux chansons de la fin du concert, pour ne pas rater le dernier train pour New York City. A 22h30. Mais j'ai été consolé par la qualité du concert.

Il était organisé par une association de Montclair, et "hébergé" par une église qui s'affiche très libérale (égalité des mariages, ie pour les homos, actions sociales, etc.). Comme souvent aux States, le bâtiment est relativement neuf mais imite de l'ancien ! Accueil très sympathique. Comme je le disais, il s'agit d'une organisation "associative", ce qui signifie en l'occurence bénévole. A part une sono un peu trop forte, il n'y avait rien à y redire. La sobriété des artistes a facilité les choses.

Première partie, Stéphanie White, une très belle voix, mais elle "crie" un peu trop... Elle rappelle un peu Dayna Kurtz, par exemple.



Et ensuite, Vienna Teng. Que vous connaissez, grâce à ce billet. C'était tout simplement génial. Pas de jeu de scène, c'est juste l'artiste et le piano. Ce qui permet de se concentrer sur les très beaux textes (de ses différents albums, et deux inédits en cours d'enregistrement pour son futur album), sur les petites anecdotes d'intermèdes (très sincères), et sur les accords au piano. Il n'y a pas besoin de beaucoup pour toucher.
Quelques photos, et, si la connexion le permet, une vidéo !





ViennaTeng
envoyé par davveld
évidemment désolé pour le son ;)

par David Veldhuizen publié dans : Musique
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Vendredi 25 avril 2008
Un peu de teasing, je n'ai pas le temps de poster tout de suite la douzaine de photos prises entre le n°1 et le n°1500 de Broadway, ce qui correspond à ma "promenade" pédestre partant près de Ground Zero, de Wall Street, à travers Union Square, Madison Square, et s'achevant à Times Square.
(EDIT: Conséquences de la balade: une ampoule, des courbatures, et une énergie un peu moins grande pour marcher à Philadelphie, heureusement moins étendue).

Oui, au n°1, il y a une plaque. Cultivez-vous !

Nous sommes toujours au tout début de Broadway, direction, le Nord.

Et un attrape-touriste, un !

Euh... je ne suis pas sûr, mais ça pourrait être City Hall Park.
Oui, ça va encore faire des jaloux.
Le printemps est décidément trop beau !

Quelques escaliers métalliques new-yorkais, comme dans les films.
Dans les kilomètres parcourus, plusieurs atmosphères, plusieurs mondes...
c'est New York, tout simplement.

A Union Square (BEAUCOUP plus loin), je me retourne vers le sud.
Pour la photo.
Je continue ensuite ma quête du Septentrion !

Union Square, donc.

Madison Square (la statue n'est pas liée, mais j'aime les tulipes roses)

On se retourne pour regarder vers le sud, à Madison Square.
A noter le Flatiron Building.
Vous l'aviez déjà sûrement vu ailleurs.

On avance vers Times Square.

Là, c'est relativement calme.
Mais Broadway, dans ce coin, c'est une ruche.
Stressant. Au moins un peu.

Et... Times Square, sûrement plus impressionnant de nuit avec les néons et les textes défilants.
Moi, j'étais claqué, je me suis engouffré dans la bouche de métro la plus proche.

EDIT / BONUS : une vidéo des rues de NY
les taxis, les gens, la sirène d'ambulance, Times Square, beaucoup y est !


usa-20080425
envoyé par davveld

par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Vendredi 25 avril 2008
Oui, les deux dans un même billet... vu que l'église est à une extrémité de Wall Street ! Deux temples, assez différents...

En fait, avant de chercher Trinity Church, j'ai suivi un escalier vers de la verdure, qui s'est ensuite avéré être le cimetière de cette église. A noter, dans la catégorie record, il m'a fallu 15 jours de "tourisme" pour mettre les pieds dans une église catholique (d'habitude il s'agit plus d'heures que de jours !). Admirez les arbres en fleurs... c'est beau le printemps !

Le New York Stock Exchange ne se visite plus depuis le 11 septembre.






par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Vendredi 25 avril 2008
La matinée n'avait pas très bien commencé: à 6h, de nouveaux arrivants dans le dortoir (de 10 lits, c'est beaucoup) se mettent au lit et entament aussitôt un concert de ronflements. A 9h, pas de petit déj'. J'avais oublié qu'il n'était pas inclus dans le prix (il pourrait...), et il n'y a qu'une petite boutique dans l'AJ qui vend quelques muffins et autres. Dans le métro, ce sera mon pass journalier qui se démagnitesera en quelques instants, ce qui m'oblige à demander l'ouverture du portillon à un agent de la MTA à chaque fois (les pass de l'AJ, comme ceux de l'AJ de Chicago, se démagnétisent aussi deux fois par jour...) (à moins que je sois "magnétisé", comme dans Be Kind Rewind...). A la gare Amtrak & NJT (il s'agit de trains) et à la gare routière (les bus Greyhound), des files d'attente... qui heureusement progressent correctement. Je peux quand même acheter mes billets pour les prochains trajets sur la côte Est, ce qui a aussi pour conséquence de "cadrer" un peu mon planning.

Les billets achetés, je prends le métro jusqu'à Ground Zero. Après en avoir fait le tour, je grignote sur Liberty Park, avec ses joueurs d'échecs. Photos !








par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Jeudi 24 avril 2008
Après une bombe lacrymogène dans le terminal Greyhound à Columbus (Ohio), des arrêts un peu trop fréquents (toutes les 4-5 heures, il faut faire le plein; donc tous les passagers doivent descendre du bus et attendre le "re-board"), une nuit sans sommeil (un bus plein, même avec quelques centimètres de plus que dans les bus européens pour les jambes, c'est pas évident), arrivée, ponctuelle (incroyable vue la distance), à New York City.

Là, la fatigue aidant, le parcours en métro est un peu chaotique. J'arrive d'abord à Queens, ce qui n'était pas du tout souhaité. Le second métro me ramène à Manhattan, mais pas encore dans la bonne direction pour rejoindre l'auberge de jeunesse. Mais j'y arrive finalement, je mets à jour mes réservations, je dépose ma valise dans la consigne (il est encore trop tôt pour le "check in"), et direction Central Park, où je passerais une très grande partie de la journée. Je suis déjà jaloux des New-Yorkais et de ce superbe parc. Il fait plus de 25°C, je vais finir par être vraiment bronzé ! Entre somnolence, fin de lecture du guide de New York et établissement des priorités à visiter, c'est vraiment agréable. Arrive le temps du check-in à l'AJ et d'une douche (indispensable !), et me voilà derrière mon ordi. Le WiFi n'est pas très rapide, mais bon... on s'en contentera pour rattraper le retard accumulé !

Demain vendredi, je vais essayer de profiter du beau temps dans la journée (donc pas de musée), et le soir, c'est le concert de Vienna Teng. Samedi, départ pour Philadelphie. Mardi, c'est Washington DC. Et jeudi 30, retour à New York jusqu'à mon vol de retour à Paris. Ca fera une bonne semaine, mais à lire le Guide du Routard sur NYC, je pourrais y passer six mois sans encore avoir tout vu...
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Jeudi 24 avril 2008
Mardi soir, je suis allé à la réunion du groupe d'études bibliques de la Tabor Baptist Church. Ca se passe au domicile des participants. Ce jour-là, pas grand-monde, car les familles sont occupées à droite à gauche. Le groupe étudie l'évangile de Marc, et ce soir-là, ce sont les premiers versets du chapitre 10 dont il est question. Le divorce. Un texte intéressant, parce qu'il (me) rappelle certains éléments théologiques sur les questions de société, que je "tiédis" d'habitude avec l'argument du "autre temps, autres moeurs". Bon, l'étude en elle-même est assez molle, je regrette celles des clubs bibliques lycéens, quand j'étais au lycée (!), bien plus dynamiques et enrichissantes !

Mercredi matin, direction Indianapolis. Je rencontre (avec préméditation !) Bob Shebeck, un autre pasteur, qui m'avait été recommandé par la rédaction de Réforme. Il travaille pour l'église Disciples of Christ, une église "historique", et donc vieillissante, et dans le cadre de Global Ministries, qui fait le lien entre ces églises américaines et des partenaires dans le monde entier. Il a été pasteur en France, ce qui fait qu'avec une de ses collègues, qui se concentre sur les partenariats en Afrique, nous avons discuté en français. Ca fait bizarre après quelques jours où je me rends compte que c'est bon, maintenant, je construis mes phrases en anglais, sans passer par le français.

Mercredi, 14h. Départ du Greyhound pour New York... plus dans le prochain post !
par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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Mardi 22 avril 2008

(UPDATED 25/04)


Tabor Baptist Church
site web

Dimanche matin, on se lève tôt. Normal, nous sommes dans la famille du pasteur. Et le dimanche, il n’y a pas que le culte (à 10h45) à la Tabor Baptist Church. Il y a l’école du dimanche, avant et pendant le culte. J’assiste, à 9h45, à une session de formation des personnes voulant devenir membres de la communauté de la TBC. Une dizaine, avec le pasteur comme animateur. On commence par une prière, quelques témoignages, et puis c’est un petit cours par le pasteur, sur la vie du chrétien, à partir d’un extrait de l’épître aux Romains (que je lis par ailleurs avec mon guide de lecture quotidienne de la Bible, et épître qui sera aussi utilisée pour la prédication du culte qui suit).

Le culte me rappelle un peu ceux de mon enfance, quand mon père était un pasteur baptiste. On commence par des prières d’intercession pour les autres membres de la communauté, les annonces des autres rencontres de la semaine. Suit un moment de louange (je connais l’un des chants), et la prédication. C’est au milieu de celle-ci que je pars pour rejoindre Bob et Dean pour aller à la prison.


Kairos
site web

Kairos, c’est le nom du « ministry » (on n’a pas d’équivalent français pour ça, à mon avis), qui fait de l’évangélisation en prison. Je n’en avais pas entendu parler avant d’arriver à la prison. Le dimanche après-midi s’apparente finalement à une cérémonie de remise de prix. Il y avait beaucoup d’applaudissements, de larmes, de remerciements, d’émotion. A la droite du gymnase, les prisonniers ayant participé à la session Kairos il y a six mois.

A gauche, ceux qui ont assisté à la session de jeudi à dimanche. Après un chant (pour le coup, un classique, je le connaissais), chaque sous-groupe de prisonniers lit un petit texte pour expliquer ce que la session leur a fait. Ils peuvent ensuite s’exprimer individuellement. Une trentaine le feront. Entre et pendant chaque témoignage, des applaudissements nourris. Mais la salle résonne, et entre les applaudissements et les accents des uns et des autres, il faut parfois faire un effort pour comprendre ce que racontent les uns et les autres. La trame est toujours la même : « j’étais perdu, je suis venu par hasard à Kairos, j’avais entendu parler de leurs bons cookies (sic), je suis sauvé ». Une trentaine comme ça, avec des pleurs des prisonniers (et des volontaires ayant assuré la session), les applaudissements incessants… vous savez quoi ? Je n’ai pas beaucoup aimé.

L’aumônier (ne faisant pas partie de Kairos), nous expliquait sur le chemin du retour vers le bâtiment des visiteurs que dans les jours qui suivent, des gens qui n’avaient jamais ouvert une Bible s’y mettent, et que l’atmosphère dans la prison change vraiment. Je veux bien le croire. A Kairos, ils sont convaincus de vraiment « sauver » des âmes, et indirectement, de favoriser la réinsertion et réduire la récidive. Sceptique comme je suis, je ne fais qu’espérer qu’en effet, le message transmis favorisera la réinsertion de quelques-uns. Mais les 60 born-again de ce dimanche après-midi ont encore devant eux de très longues années de détention… Une session de trois-quatre jours peut-elle suffire à changer une vie ?

Il paraît qu’il y aura un petit suivi, tous les quelques mois. Tout ça c’est très bien, mais je m’interroge aussi sur les prisonniers déjà pratiquants, notamment d’une autre religion. Au hasard, des Musulmans. On les laisse sans aide ?
Dean, avec qui je suis venu, se définit comme « radical conservateur » ; durant les trajets, nous avons pas mal discuté. Nous ne sommes pas d’accord, évidemment. Il pense que l’Irak d’aujourd’hui est meilleur que celui d’avant l’invasion américaine, que la vie y est plus agréable. Quand je lui dis que j’ai sûrement plus en commun avec un musulman modéré qu’avec un agnostique ou un fondamentaliste, il me répond qu’il pense que l’Islam est par définition violent. Quand je lui dis qu’en France, on apprécie Barack Obama, il me dit qu’il a été musulman. Quand on parle changement climatique, Bob (qui participe aussi à la conversation) dit que les images de fonte des glaciers du film d’Al Gore ont été faites par ordinateur.


Cedarville University
site web

Lundi soir, la fille aînée de la famille où j’habite avait une mini-soutenance de mémoire. Nous partons pour l’Ohio, pas très loin (enfin, deux heures d’autoroute quand même), pour y assister. Elle et sa sœur étudient à Cedarville University, une université chrétienne, qui publie notamment un excellent magazine (que j’avais feuilleté à Daleville). La séance de six présentations commence donc par une prière.

La première présentation a pour thème le post-postmodernisme (sic) de G. Saunders (ou un nom approchant). Le post-modernisme, m’explique-t-on, est un vrai challenge pour le christianisme.

La seconde présentation est celle que nous attendions et a pour titre « see the invisible » ; il s’agit d’examiner l’obsession d’un artiste et pasteur britannique du 17ème siècle pour l’art visuel des églises à travers son recueil de poèmes (certains n’étant que des brouillons), The Temple.

Le troisième étudiant nous parle de La Casa Grande, par un écrivain et journaliste sur un massacre survenu en Colombie dans les années 1920 et en quoi ce roman est une œuvre post-traumatique et de réconciliation.

La quatrième présente Une journée d'Ivan Denissovitch de Soljenystine et s’intéresse à l’image de l’homme et de l’art comme Créations (au sens divin du terme) avec le héros qui considère que le mur qu’il doit construire en tant que prisonnier est une œuvre d’art.

Nous partons à l’issue de cette présentation, pour manger une deep dish pizza (au fait, il y avait un buffet dans la salle des soutenances, où nous pouvions nous approvisionner entre chaque présentation, comme quoi on mange tout le temps dans ce pays), il faut encore prendre le chemin du retour. Mais deux remarques sur ces soutenances : je suis impressionné, même si j’avais été prévenu, par l’aisance des étudiants américains à l’oral (nous devrions en prendre de la graine) ; et deuxièmement, les perpétuelles références religieuses dans les présentations, naturelles pour eux et encore plus dans le cadre de cette université, semblent inconcevables en France.

par David Veldhuizen publié dans : USA 2008
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