Vendredi 13 octobre 2006
Pour la première fois depuis le collège, cela fait plus de quatre mois que je n'ai pas mis le pied dans une bibliothèque. Je ne sais même pas où est située la bibliothèque la plus proche de chez moi. Mais comme je passe beaucoup (trop) de temps à lire la presse (je vais d'ailleurs me limiter à ce niveau), j'avance plus doucement dans les livres. Qu'à cela ne tienne. J'arrive bientôt au bout du cycle de Fondation, et pour éviter la pénurie, je suis allé jeudi à ma librairie préférée, le Comptoir des Mots. J'y ai acheté Le complot contre l'Amérique de Philip Roth, que la libraire m'avait recommandé avant l'été et dont le commentaire enthousiaste de Télérama avait fini de me convaincre. Je ne l'ai pas encore commencé, il y a encore quelques dizaines de pages d'Asimov qui m'attendent !
C'est lors de ce passage à la librairie que j'ai vu un flyer: le lendemain (donc aujourd'hui vendredi) avait lieu au même endroit une rencontre et présentation d'ouvrages sur la situation des minorités dans les pays d'Europe du Sud-est (le terme "Balkans" n'est pas très apprécié). Animé par la coordinatrice Europe du Sud-est d'Amnesty France, la "mini-conférence" a évoqué le cas des Roms en Roumanie (avec une bénévole du CCFD), et les très complexes questions de minorités en Serbie et Kosovo (avec un chercheur au CERI et militant au Comité Kosovo). Comme toujours sur le sujet, il faut être attentif, on parle de groupes sociaux aux identités fluctuantes, aux marqueurs communautaires à géométrie variable, avec des imbrications paradoxales du fait de l'histoire européenne... Heureusement bien sensibilisé à la thématique grâce aux cours de Nadège Ragaru (ça y ressemblait un peu...) et à la lecture (moins fréquente qu'il y a quelques années) du Courrier des Balkans. J'ai appris plusieurs choses (c'est bien, hein !) ce soir, parmi lesquelles:
- Les Roms, originaires d'Inde, ont séjourné dans une région de Grèce appelé la "Petite Egypte"; dans leurs migrations ultérieures, ils étaient donc des "Egyptiens"... des Gypsies !
- Les Roms de Roumanie se sédentarisent mais ne profitent pas du "boom économique" qui va se poursuivre dans le processus d'intégration à l'Union européenne; on se pose des questions comme "scolariser les enfants roms avec les Roumains malgré les brimades", ou "les scolariser dans des écoles 'communautaires' "?
- Un "deal" serait envisagé par les Serbes; en échange du Kosovo qui gagnerait son indépendance, la Serbie "intégrerait" la République Serbe de Bosnie (au moins 40% de la Bosnie actuelle) !
- Etre d'une minorité au Kosovo est une difficulté supplémentaire, mais la Serbie a intérêt à qu'un maximum de minorités soient reconnues pour que le désir d'indépendance des Albanais du Kosovo soit minorés. Du coup, la Serbie devient la protectrice des minorités, même si celles-ci commenceraient à prendre leurs distances.
- Des solutions "raisonnables", prônant le multi-ethnisme (base de la prévention de futurs conflits), peuvent être mises en place; elles existent, mais pas la volonté politique. Les efforts des pays comme les Etats-Unis, la Russie, la France et l'Allemagne en particulier ne visent pas les mêmes objectifs, et du coup c'est la prime à ceux qui jouent la politique du pire: seules les crises font avancer les choses... donc provoquons une crise...
Et plein d'autres choses qu'il serait fastidieux de raconter, et que je vais sûrement oublier vu que je n'ai pas pris de notes (eh, oh, j'ai fini les cours, moi !).
C'est lors de ce passage à la librairie que j'ai vu un flyer: le lendemain (donc aujourd'hui vendredi) avait lieu au même endroit une rencontre et présentation d'ouvrages sur la situation des minorités dans les pays d'Europe du Sud-est (le terme "Balkans" n'est pas très apprécié). Animé par la coordinatrice Europe du Sud-est d'Amnesty France, la "mini-conférence" a évoqué le cas des Roms en Roumanie (avec une bénévole du CCFD), et les très complexes questions de minorités en Serbie et Kosovo (avec un chercheur au CERI et militant au Comité Kosovo). Comme toujours sur le sujet, il faut être attentif, on parle de groupes sociaux aux identités fluctuantes, aux marqueurs communautaires à géométrie variable, avec des imbrications paradoxales du fait de l'histoire européenne... Heureusement bien sensibilisé à la thématique grâce aux cours de Nadège Ragaru (ça y ressemblait un peu...) et à la lecture (moins fréquente qu'il y a quelques années) du Courrier des Balkans. J'ai appris plusieurs choses (c'est bien, hein !) ce soir, parmi lesquelles:
- Les Roms, originaires d'Inde, ont séjourné dans une région de Grèce appelé la "Petite Egypte"; dans leurs migrations ultérieures, ils étaient donc des "Egyptiens"... des Gypsies !
- Les Roms de Roumanie se sédentarisent mais ne profitent pas du "boom économique" qui va se poursuivre dans le processus d'intégration à l'Union européenne; on se pose des questions comme "scolariser les enfants roms avec les Roumains malgré les brimades", ou "les scolariser dans des écoles 'communautaires' "?
- Un "deal" serait envisagé par les Serbes; en échange du Kosovo qui gagnerait son indépendance, la Serbie "intégrerait" la République Serbe de Bosnie (au moins 40% de la Bosnie actuelle) !
- Etre d'une minorité au Kosovo est une difficulté supplémentaire, mais la Serbie a intérêt à qu'un maximum de minorités soient reconnues pour que le désir d'indépendance des Albanais du Kosovo soit minorés. Du coup, la Serbie devient la protectrice des minorités, même si celles-ci commenceraient à prendre leurs distances.
- Des solutions "raisonnables", prônant le multi-ethnisme (base de la prévention de futurs conflits), peuvent être mises en place; elles existent, mais pas la volonté politique. Les efforts des pays comme les Etats-Unis, la Russie, la France et l'Allemagne en particulier ne visent pas les mêmes objectifs, et du coup c'est la prime à ceux qui jouent la politique du pire: seules les crises font avancer les choses... donc provoquons une crise...
Et plein d'autres choses qu'il serait fastidieux de raconter, et que je vais sûrement oublier vu que je n'ai pas pris de notes (eh, oh, j'ai fini les cours, moi !).
par David Veldhuizen
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Robert Ménard de
Pour une commission d'enquête indépendante...
Milana Terlovea
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L'appel à la mobilisation de Bernard-Henri Lévy
"Avec Anna, la Russie perd son âme."
"Anna, j'ai mal à la Russie"
La bonne nouvelle, c'est qu'après des années de tabagisme passif et donc d'empoisonnement contraint, je vais enfin pouvoir avoir la loi de mon côté concernant le tabac. On en parle depuis des mois, mais la décision semble prise malgré le contexte électoral. Plus de tabac dans les lieux publics dès le 1er février, à part des dérogations. Les Français sondés sur le sujet se disent majoritairement "pour" cette interdiction. Mais je suis sûr qu'ils continueront à fumer comme avant, à moins que la police ait des instructions et fasse son boulot, c'est-à-dire punir ceux qui ne respectent pas la législation. Irlandais, Italiens, Britanniques s'y sont fait. Alors, "exception française" ou fin de l'hypocrysie et de la fumée ? Et quels lobbys vont gagner (j'ai promis un "post" sur le lobbying, je ne l'oublie pas !) ? Réponse en février ;)
La mauvaise nouvelle, c'est le test nucléaire nord-coréen de ce lundi matin. Le monde est de moins en moins sûr. Je me demande comment les Nations Unies vont pouvoir réagir, au-delà des condamnations indignées... Parce qu'il n'y a pas grand'chose à faire face à un adversaire qui ne serait pas touché par des sanctions et qui a de quoi se défendre, et même attaquer. Sale temps sur la planète...
La nouvelle est tombée ce samedi après-midi. Anna Politovskaya, l'une des rares journalistes russes réputée pour ses investigations et ses critiques de la Russie de Poutine, a été retrouvée abattue de plusieurs balles dans son immeuble moscovite.
J'ai commencé il y a plusieurs mois à lire la traduction française de "La Russie selon Poutine" (
Ce petit "sermon" pour introduire l'enquête passionnante du Monde du 6 octobre:
Le 



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