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Vendredi 13 octobre 2006
Pour la première fois depuis le collège, cela fait plus de quatre mois que je n'ai pas mis le pied dans une bibliothèque. Je ne sais même pas où est située la bibliothèque la plus proche de chez moi. Mais comme je passe beaucoup (trop) de temps à lire la presse (je vais d'ailleurs me limiter à ce niveau), j'avance plus doucement dans les livres. Qu'à cela ne tienne. J'arrive bientôt au bout du cycle de Fondation, et pour éviter la pénurie, je suis allé jeudi à ma librairie préférée, le Comptoir des Mots. J'y ai acheté Le complot contre l'Amérique de Philip Roth, que la libraire m'avait recommandé avant l'été et dont le commentaire enthousiaste de Télérama avait fini de me convaincre. Je ne l'ai pas encore commencé, il y a encore quelques dizaines de pages d'Asimov qui m'attendent !

C'est lors de ce passage à la librairie que j'ai vu un flyer: le lendemain (donc aujourd'hui vendredi) avait lieu au même endroit une rencontre et présentation d'ouvrages sur la situation des minorités dans les pays d'Europe du Sud-est (le terme "Balkans" n'est pas très apprécié). Animé par la coordinatrice Europe du Sud-est d'Amnesty France, la "mini-conférence" a évoqué le cas des Roms en Roumanie (avec une bénévole du CCFD), et les très complexes questions de minorités en Serbie et Kosovo (avec un chercheur au CERI et militant au Comité Kosovo). Comme toujours sur le sujet, il faut être attentif, on parle de groupes sociaux aux identités fluctuantes, aux marqueurs communautaires à géométrie variable, avec des imbrications paradoxales du fait de l'histoire européenne... Heureusement bien sensibilisé à la thématique grâce aux cours de Nadège Ragaru (ça y ressemblait un peu...) et à la lecture (moins fréquente qu'il y a quelques années) du Courrier des Balkans. J'ai appris plusieurs choses (c'est bien, hein !) ce soir, parmi lesquelles:
- Les Roms, originaires d'Inde, ont séjourné dans une région de Grèce appelé la "Petite Egypte"; dans leurs migrations ultérieures, ils étaient donc des "Egyptiens"... des Gypsies !
- Les Roms de Roumanie se sédentarisent mais ne profitent pas du "boom économique" qui va se poursuivre dans le processus d'intégration à l'Union européenne; on se pose des questions comme "scolariser les enfants roms avec les Roumains malgré les brimades", ou "les scolariser dans des écoles 'communautaires' "?
- Un "deal" serait envisagé par les Serbes; en échange du Kosovo qui gagnerait son indépendance, la Serbie "intégrerait" la République Serbe de Bosnie (au moins 40% de la Bosnie actuelle) !
- Etre d'une minorité au Kosovo est une difficulté supplémentaire, mais la Serbie a intérêt à qu'un maximum de minorités soient reconnues pour que le désir d'indépendance des Albanais du Kosovo soit minorés. Du coup, la Serbie devient la protectrice des minorités, même si celles-ci commenceraient à prendre leurs distances.
- Des solutions "raisonnables", prônant le multi-ethnisme (base de la prévention de futurs conflits), peuvent être mises en place; elles existent, mais pas la volonté politique. Les efforts des pays comme les Etats-Unis, la Russie, la France et l'Allemagne en particulier ne visent pas les mêmes objectifs, et du coup c'est la prime à ceux qui jouent la politique du pire: seules les crises font avancer les choses... donc provoquons une crise...
Et plein d'autres choses qu'il serait fastidieux de raconter, et que je vais sûrement oublier vu que je n'ai pas pris de notes (eh, oh, j'ai fini les cours, moi !).
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Mercredi 11 octobre 2006
Mercredi 11 octobre 17h30
Parvis de Notre-Dame de Paris
Hommage à Anna Politovskaya
(Reporters Sans Frontières, Etudes Sans Frontières, Association des journalistes France-Russie, etc.)

Robert Ménard de Reporters Sans Frontières (à gauche, Michel Barnier)


Pour une commission d'enquête indépendante...

Milana Terlovea
étudiante tchétchène parrainée par Etudes Sans Frontières,
à l'école de journalisme de Sciences Po Paris
(son témoignage vient d'être publié)

Jane Birkin lit Anna Politovskaya

Catherine Deneuve lit Anna Politovskaya


Hommage à Anna Politovskaya
Vidéo envoyée par davveld
L'appel à la mobilisation de Bernard-Henri Lévy

"Avec Anna, la Russie perd son âme."

"Anna, j'ai mal à la Russie"
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Lundi 9 octobre 2006
La bonne nouvelle, c'est qu'après des années de tabagisme passif et donc d'empoisonnement contraint, je vais enfin pouvoir avoir la loi de mon côté concernant le tabac. On en parle depuis des mois, mais la décision semble prise malgré le contexte électoral. Plus de tabac dans les lieux publics dès le 1er février, à part des dérogations. Les Français sondés sur le sujet se disent majoritairement "pour" cette interdiction. Mais je suis sûr qu'ils continueront à fumer comme avant, à moins que la police ait des instructions et fasse son boulot, c'est-à-dire punir ceux qui ne respectent pas la législation. Irlandais, Italiens, Britanniques s'y sont fait. Alors, "exception française" ou fin de l'hypocrysie et de la fumée ? Et quels lobbys vont gagner (j'ai promis un "post" sur le lobbying, je ne l'oublie pas !) ? Réponse en février ;)
Articles sur le sujet: BBC NEWS - LE MONDE - NEW YORK TIMES

La mauvaise nouvelle, c'est le test nucléaire nord-coréen de ce lundi matin. Le monde est de moins en moins sûr. Je me demande comment les Nations Unies vont pouvoir réagir, au-delà des condamnations indignées... Parce qu'il n'y a pas grand'chose à faire face à un adversaire qui ne serait pas touché par des sanctions et qui a de quoi se défendre, et même attaquer. Sale temps sur la planète...
Articles sur le sujet: BBC NEWS - GUARDIANLIBERATION (pour changer...) - YAHOO Actualités

Suite de la dernière "actu": V. Poutine promet une enquête sérieuse et dénonce l'assassinat d'Anna Politovskaya; la réaction des différents Etats le pousse à faire semblant à faire comme s'il n'y était pour rien. En attendant, les Parisiens pourront manifester leur soutien pour une Russie plus démocratique mercredi:

"Etudes sans Frontières  
Reporters sans frontières 
Association des Journalistes France-Russie 
Et les amis d'Anna Politkovskaia 
 
Organisent un rassemblement à Paris, pour rendre hommage à la journaliste assassinée. 
Mercredi 11 octobre à 17h30, sur le parvis de Notre-Dame, 
En présence de nombreuses personnalités.
--
Merci de diffuser ce message autour de vous."
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Dimanche 8 octobre 2006
La nouvelle est tombée ce samedi après-midi. Anna Politovskaya, l'une des rares journalistes russes réputée pour ses investigations et ses critiques de la Russie de Poutine, a été retrouvée abattue de plusieurs balles dans son immeuble moscovite.

Heureusement, on peut compter sur la célérité et l'impartialité de la police et de la justice russes pour faire toute la lumière sur cette affaire. On imagine que Vladimir Poutine va mettre toute son expérience et ses réseaux de l'ancien KGB au service de la recherche des commanditaires, sans aucune complaisance, et que la Russie honorera sa longue tradition de démocratie et de respect des droits humains. De leur côté, les Etats "occidentaux" (en premier lieu la France) vont condamner vigoureusement cet acte, et en fonction des informations dont ils disposent et des quelques cellules grises qu'ils peuvent utiliser, boycotter voire sanctionner les commanditaires réels (et non les boucs émissaires) à la hauteur de l'attachement que ces mêmes Etats occidentaux portent pour la liberté de la presse. On n'oubliera pas au passage de soutenir les peuples tchétchènes et géorgiens dans leur lutte pour la liberté (tout court celle-ci), sans se laisser impressionner par ceux qui disent que les méchants ce sont les autres...

J'ai commencé il y a plusieurs mois à lire la traduction française de "La Russie selon Poutine" (lien Amazon); vrai livre d'investigation, il prend le temps de recueillir des témoignages bouleversants sur des drames qui continuent à hanter la Russie, sans que l'opinion publique locale ne réagisse massivement, et sans que la communauté internationale ne tire les conséquences (diplomatiques et autres) de ces états de fait.

par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Jeudi 5 octobre 2006
Le fonctionnement de la justice concerne chaque citoyen. Même le plus innocent d'entre eux peut être victime, ou inculpé avant d'être disculpé. La justice a pour vocation de nous aider à mieux vivre en société, donc si on en a peur, c'est qu'elle ne remplit pas son rôle. On peut très bien se désintéresser du sujet pendant des années, mais la vigilance envers nos instances judiciaires est cruciale le jour où on est concerné. Dans le même esprit que Reporters Sans Frontières (la liberté de la presse ne s'use que si on ne s'en sert pas), je dirais "la justice n'est garantie que si la société civile exerce son contrôle citoyen".

Ce petit "sermon" pour introduire l'enquête passionnante du Monde du 6 octobre:

En Afrique, nombre des problèmes évoqués ici sont multipliés par cent ou mille, de toutes façons il n'y a pas de moyens pour établir des statistiques des imperfections, voire des dysfonctionnements des systèmes judiciaires. Mon stage à PRSF et le séminaire de formation auquel j'ai assisté au Niger (qui avait pour but de trouver des solutions contre la détention préventive abusive) m'ont évidemment particulièrement sensibilisé sur le sujet. Mais j'espère avoir convaincu les lecteurs de ce blog (qui ne l'étaient pas avant) de l'importance de se tenir informer sur les questions judiciaires. Des citoyens vigilants peuvent exiger des responsables politiques (prétendants ou en poste) des garanties. Parce qu'il n'y a jamais de fatalité, et qu'une démocratie, c'est aussi des contre-pouvoirs et des recours face aux autorités (politiques ou judiciaires) en place. Sans ces garde-fous, pas de démocratie.

(Au fait, j'ai découvert sur Google un site recensant plein d'allégories de la Justice... ce qui sera le lien "insolite" de ce post !)
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Mardi 3 octobre 2006
Le site de l'IEP n'a pas joué correctement son rôle, et n'a pas publié dans l'ordre d'arrivée les candidatures pour le poste de directeur, dont je parlais hier. Résultat j'ai découvert aujourd'hui que nous avons aussi deux candidatures "externes". Les programmes s'appuient sur les axes de M. Mathiot (on voit bien les enjeux des débats), on semble avoir des gestionnaires (ce que j'approuve), mais leur connaissance de l'IEP me paraît à démontrer. Bref, cette surprise mérite des approfondissements !
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Lundi 2 octobre 2006
La rue de Trévise à Lille est un champ de mines, et ce jusqu'au 14 octobre au moins... Je n'aime pas souvent les oppositions binaires, quasiment toujours caricaturales, mais la réalité semble s'y prêter.

L'objectif à atteindre: le siège du bureau B4.8 du 84 de la rue de Trévise, avec un bail de 5 ans (éventuellement renouvelable, mais on n'en est pas encore là).

Les étapes stratégiques: les membres du Conseil d'administration de l'Institut d'études politiques, étudiants, professeurs, personnels administratifs, etc., qui décideront le jour fatidique qui sera directeur du même Institut (sous réserve d'approbation par le Gouvernement).

Les adversaires: comme au PS, il y avait ceux qui étaient annoncés depuis plus d'un an, mais qui ne ce sont finalement pas jeté dans la bataille (en échange de quoi ? parce qu'à la pré-rentrée, il y a dix jours, le même était en campagne ouverte...); il y a celui "de l'autre bout de la rue de Trévise" (de la fac, quoi), le meilleur ennemi du directeur actuel; et enfin le "troisième homme", longtemps caché, et dont la candidature se veut être celle "de l'intérieur" (sans que je comprenne pourquoi c'est lui qu'on envoie au casse-pipe et pas le premier). Donc deux en lice, chacun étant "basé" à un bout de la rue de Trévise... d'où le parcours miné.

L'objectif Celui qui n'est pas candidat Le "méchant" du bout de la rue
(Je n'ai trouvé aucune photo du second candidat déclaré, d'où son absence...)


Car la campagne s'annonce... dure, peut-être sale (l'enseignement supérieur est un mileu bien plus cruel qu'il n'en a l'air). Tout avait pourtant bien commencé par les procédures exigées par les représentants étudiants au CA (merci à eux, ils le méritent), qui instaurent des règles favorisant la transparence sur les candidatures et la procédure de sélection (voir le site de l'IEP). Le premier candidat a bien joué le jeu, publié son programme en avance (avec d'ailleurs plein de bons éléments). La riposte corporatiste a mis du temps à se manifester, par le retrait du candidat pressenti depuis des mois et le parachutage (en tous cas ça y ressemble) du "troisième homme". Son programme ? La forme reprend celle de l'ennemi numéro 1, son contenu alterne paraphrases du même texte et mesures qui sont proposées "en opposition" au premier... Bref, on continue la Guerre froide (le directeur sortant hésite d'ailleurs souvent et il lui arrive de parler d'Union soviétique en parlant de la Russie post-1990), et ce n'est que la partie "visible" des batailles qui se jouent actuellement. Les tractations entre professeurs, les rencontres avec les étudiants, les promesses en tous genres vont se multiplier dans les jours qui viennent. Pour le meilleur ?

N'étant pas encore diplômé, dépendant des deux extrémités de la rue de Trévise à ce sujet, et étant engagé dans plusieurs associations des deux côtés du front, il est de mon devoir d'annoncer que mon (léger) parti-pris n'engage que moi, et que ne prenant pas part au vote, mon avis n'a aucune conséquence ni pour l'un ni pour l'autre (je ne pense pas encore être prescripteur d'opinion)... L'IEP va (finalement) changer de directeur, et beaucoup de choses vont changer en conséquence. J'espère juste que la campagne ne divisera pas durablement les forces de l'Institut, qui n'en a pas besoin.
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Dimanche 17 septembre 2006
Quatre articles ont attiré mon attention.

1. Des experts critiquent la politique d'aide au développement de la France
LE MONDE | 15 septembre 2006 | Maguy Day
Il y a de quoi critiquer... surtout quand nos dirigeants insistent sur notre rôle de "grand défenseur de l'aide au développement", on se dit qu'il est temps de se débarrasser des mêmes dirigeants. Mais l'article a comme conséquence collatérale de nuancer mon avis (notamment exprimé ici) sur l'Agence Française de Développement, que je considérais comme exécutante de bonne volonté de cette politique d'aide au développement. Selon la journaliste, c'est cconcernant la "bonne volonté" de l'AFD que je me trompe. En effet, l'agence serait "limitée" (comprendre "handicapée") par sa tutelle. Ca méritera d'y revenir...

2. Darfour : en attendant la guerre totale
LE MONDE | 15 septembre 2006 | Catherine Simon, envoyée spéciale au Darfour sud
Le Darfour est une zone où être occidental (humanitaire, journaliste...) est un risque mortel. Pourtant, il semblerait qu'après trois ans, et selon un hidden agenda qui m'échappe, les journalistes et une certaine opinion (cf. la journée de mobilisation aujourd'hui, et ce papier de BBC NEWS) décident de re-parler de ce drame. Pourquoi maintenant et pas il y a six mois ?
Des réfugiés dans le camp de déplacés de Gereida (sud du Darfour), le 7 mai 2006. | AFP/JONAH FISHER
Des réfugiés dans le camp de déplacés de Gereida (sud du Darfour), le 7 mai 2006. / AFP/JONAH FISHER

On n'avait pas demandé à Hitler si on pouvait débarquer en Europe et aller jusqu'aux camps, alors que maintenant on sollicite une autorisation au gouvernement de Khartoum ("un peu" impliqué dans les exactions, même si cela est en train de changer comme le montre le reportage de Catherine Simon)... Idem, pour le Rwanda, le génocide avait été préparé pendant des mois, donc quand il a commencé, il a été très rapide, ce qui faisait qu'"évidemment" on n'avait rien pu faire (des signes avant-coureurs, où ça ?); pour le Darfour, on attend que trois ans s'écoulent pour être bien sûr qu'il se passe quelque chose là-bas. Vous ne trouvez pas que la civilisation progresse et tire des leçons du passé ? Mais que vous faut-il ? (...)
Certes, l'Union africaine est sur place (j'ai fait plusieurs exposés et dossiers sur le sujet), mais ne peut être efficace faute de moyens, et d'habitude dans les opérations multinationales (en général, ce sont les autres continents qui apprennent à travailler ensemble pour intervenir en Afrique, et pas l'inverse; or, coordonner des unités militaires de nationalités, de langues, d'équipements, de cultures différentes ne s'improvise pas en quelques jours, qui plus est sur un territoire grand comme la France, face à des adversaires ultra-mobiles). Donc des Casques Bleus sont prévus depuis le 31 août (résolution 1706 du Conseil de Sécurité) mais ils ne sont pas prêts d'être déployés. On attend combien de morts pour y aller ?

3. Une histoire parmi tant d’autres
BONDY BLOG | 15 septembre 2006
Où on espère que la police et/ou les élus locaux ont des "services presse" compétents qui relaieront l'information et mettront fin à ce genre d'histoire, malheureusement banale, mais tellement bête... et indigne de la France.

4. La critique et la contestation citoyennes ont-elles viré à la défiance systématique ?
TELERAMA | 13 septembre 2006 | Interview de Pierre Rosanvallon par Olivier Pascal-Moussellard
Malheureusement pas sur Internet (c'est nul, j'en conviens, mais j'y peux rien), une analyse de la défiance envers le politique et ce qui touche à la démocratie représentative, au profit d'une "contre-démocratie" de protestation et d'abstention, pas anti-démocratique mais "non institutionnalisée, réactive, expression directe des attentes et des déceptions de la société". Parce que si dire que la démocratie est en crise relève de l'enfonçage de portes ouvertes, proposer une analyse et esquisser des solutions (rendre les enjeux sociaux et politiques intelligibles, créer des lieux de synthèse et des moments de cristallisation des opinions) est plus rare et mérite d'être salué.
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Dimanche 3 septembre 2006
Le thème du journaliste sur le terrain de la souffrance, désireux d'aider, mais commençant par en informer une opinion publique blasée, pendant que certains meurent, me passionne depuis deux-trois ans. L'été a été riche en apports à cette réflexion, ça en devient une série, qui avait commencé par un extrait de ce post, concernant le portrait d'un photo-reporter dans le Monde; et se poursuivait hier par la fiche de lecture d'un ouvrage écrit par un journaliste sur la Somalie...

Aujourd'hui, nouveau portrait dans Le Monde:
Laurent Van der Stockt, un photoreporter hors clichés (LE MONDE | 1 septembre 2006 | Michel Guerrin | 1027 mots)

Mais surtout un excellent article dans le New York Times (dans la version compilée chaque semaine par Le Monde), que je vous recommande vivement (malheureusement déjà payant...):
THE WORLD: HAND OUT; To Fill Notebooks, And Then a Few Bellies (August 27, 2006 -   - Week in Review - News - 1179 words)
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Samedi 26 août 2006
Point de vue
Vive l'Italie, Monsieur !, par Alain Minc

LE MONDE | 25.08.06

<<On a oublié le temps où dans une France altruiste, un journaliste, Charles Floquet, apostrophait le tsar Nicolas II en visite à Paris (1896) par un "Vive la Pologne, Monsieur !" provocateur. Aujourd'hui c'est un "Vive l'Italie" qui brûle les lèvres.

Habitués à regarder au-delà des Alpes avec condescendance et mépris, comment admirerions-nous un président du conseil terne, peu éloquent, effacé, sincèrement modeste ? Comment pourrions-nous admettre que Romano Prodi incarne, avec son allure de petit-bourgeois de province, le courage politique ? Courage de rappeler que la bonne gouvernance commence par la réduction des déficits publics. Courage de se déclarer viscéralement européen au moment où l'Europe a mauvaise presse. Courage de régulariser d'innombrables sans-papiers quitte à braver les quolibets des nationalistes de tous acabits. Courage d'appliquer brutalement aux professions protégées - taxis, avocats, assureurs, pharmaciens... - les remèdes préconisés en France en 1958 par le rapport Rueff-Armand et jamais mis en pratique chez nous. Courage, de la part d'un gouvernement de gauche, de proclamer sa foi dans le libre jeu de la concurrence pour le plus grand bien des consommateurs. Courage enfin, sans prendre la pose d'une grande puissance, d'échapper au lobby des généraux, au syndrome de la guerre à zéro mort et de porter haut au Liban le drapeau de l'Europe que la France, après avoir fait des moulinets diplomatiques a, par pusillanimité ou inconséquence, laissé tomber !

La gauche française peut aller apprendre du côté de Rome le réalisme et le bon sens économiques ; la droite y découvrir les principes d'une politique d'immigration raisonnable ; et notre diplomatie se convaincre que l'absence de prétention et la capacité d'agir donnent au monde une meilleure image d'un pays que le verbe gratuit, la morgue inutile et à l'arrivée la faiblesse de caractère.>>

Tout à fait d'accord avec Alain Minc. Qu'en pensez-vous ?

J'ai plein d'idées de posts mais je manque de temps pour les faire proprement... Quelques jours bien remplis doivent encore passer, et ça devrait aller mieux après. Merci de votre fidélité !
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Mardi 22 août 2006
Coup de gueule...

200 hommes... la France envoie 200 hommes au Liban (50 y sont déjà, nous apprend-on avec fierté) en tant que nation leader de la force d'interposition entre Tsahal et le Hezbollah. Comme tout le monde (cf. Où est passée la France ? ; European press review, EDITORIAL; Waiting for Jacques), les bras m'en tombent.

Et j'espère vivement que nos dirigeants vont multiplier rapidement ce chiffre ou démissionner, car quand on a de telles responsabilités, ce n'est pas juste des paroles, mais des actes qui sont nécessaires. La France n'est certes pas une super-puissance, et comme toute nation, sa politique étrangère peut être sensiblement améliorée. Ici, on déploie des trésors de diplomatie (enfin façon de parler vu le ministre), et au moment où on suscite le respect et où notre rôle médiateur est apprécié, on dit qu'on n'a pas les moyens.

Alors bien sûr, on nous dit aussi que le mandat de l'ONU est trop flou (cf. notamment Liban : la mission de désarmement de la Finul serait très limitée) Mais toutes les puissances semblent d'accord pour dire que le mandat doit être fort et clair (tirant pour une fois les leçons de nombreuses erreurs du passé, ce qui est rassurant), donc au lieu de dire que le mandat est faible, profitons du consensus et "dopons-le" !

Arrivée des premiers renforts français à la Finul au Liban sud, le 19 août 2006. | REUTERS/AMMAR AWAD

Arrivée des premiers renforts français à la Finul au Liban sud, le 19 août 2006. (REUTERS/AMMAR AWAD)

Petite remarque aussi: 200 hommes seront à pied d'oeuvre début septembre. Six semaines après le début du conflit. Soit on se fout de nous (j'espère (?) presque que c'est le cas), soit la France n'est même plus digne d'être appelée une puissance. On vend des armes à plein de régimes et groupes plus ou moins recommandables, et on se retrouve incapables de projeter quelques milliers d'hommes rapidement au Proche-Orient (une zone où il paraît évident que des plans voire des prépositionnements soient prévus) ?

Si ça continue, je vais écrire une lettre au gouvernement luxembourgeois: s'il a besoin de troupes françaises vers 2085, qu'il nous prévienne tout de suite, on aura peut-être deux gardes champêtres qui pourront l'aider en 2103.

Nuancé... (Edit 24/08)
Jacques Chirac a annoncé jeudi à la télévision que les conditions étant remplies, Paris enverra 1 600 hommes au Liban en plus des 400 déjà déployés. La France est prête à garder le commandement de la Finul.
Finalement... Encore une fois, la France essaie de sauver la face, mais maintenant, ça fait un peu "ah oui mais on veut être les chefs donc si pour ça il faut envoyer plus de soldats, on enverra plus de soldats", au lieu de "on se démène pour obtenir un accord et on se donne les moyens de le faire respecter, en gens responsables". On a un chef d'Etat sénile et puéril... (Je profite d'être en France, car en Pologne, je risquerais trois ans de prison pour dire cela, comme le montre cet article de BBC News).
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Jeudi 3 août 2006
Les journaux pliés s'accumulent, les marque-pages aussi... Il est temps de vous faire partager quelques commentaires sur des articles plus ou moins récents !



Don McCullin Photographe de guerre en quête de paix
LE MONDE | 16 juillet 2006 | Claire Guillot
Des phrases qui disent tellement pourquoi j'ai changé de vocation: un journaliste peut (trop rarement) démultiplier l'aide envers ceux qui souffrent, un humanitaire les aide directement beaucoup plus souvent même si ce n'est que modeste et imparfait. Je cite l'article:" Partout où l'homme massacrait son prochain, il prenait des images insoutenables pour les jeter à la face de l'Occident. Chypre, Congo, guerre des six jours, Cambodge, Irlande du Nord... « Une guerre par an minimum. » Mais ce sont surtout ses photos du Vietnam, avec ses soldats pleurant comme des gosses après la bataille de Hué, en 1968, qui ont choqué l'Amérique et sont restées gravées dans les mémoires. « J'essayais d'être le plus près possible. Quand j'appuyais sur le déclencheur, je ne pensais qu'à botter le cul de ceux qui ouvriraient leur Sunday Times Magazine au petit déjeuner. Pour qu'ils voient la réalité bien en face. Je voulais réveiller le monde. J'étais naïf. » (...) « J'ai risqué ma vie, j'ai eu des tas de récompenses, j'ai publié des livres, mais mes images n'ont rien changé du tout », constate-t-il." Et une interpellation envers nous, lecteurs, auditeurs, téléspectacteurs: que nous faut-il pour dire "stop" et exiger de nos élus qu'ils fassent leur boulot ?

Un conflit sans fin mais pas sans solution
LE MONDE | 19 juillet 2006 | Daniel Vernet
"Le paradoxe du conflit israélo-palestinien, dont le regain de violence menace de plonger tout le Proche-Orient dans le chaos, est que la solution existe. Elle est contenue dans divers documents qui s'appellent « les paramètres de Clinton », les accords de Taba, ou encore « l'accord de Genève », négocié « à titre privé » par des représentants palestiniens et israéliens. (...) En 2000, Bill Clinton a échoué dans la recherche d'un accord, en grande partie parce qu'il a attendu d'être sur le départ pour s'engager. George W. Bush a moins de deux ans pour méditer ce précédent."
Pourvu qu'il médite vite... Parce que si solution il y a, il y aura aussi responsabilité pour toutes les victimes de l'attente, des hésitations etc. des dirigeants concernés !

L'Europe des cafés 2. Vienne café Leopold Hawelka
LE MONDE | 19 juillet 2006 | Michel Braudeau
Le Monde publie cet été des articles sur une double page, pendant une semaine (on a eu "L'Europe des cafés" d'où vient l'article mis en valeur, "Archives englouties" et on a maintenant "Les montagnes magiques"), à chaque fois très bien écrits et en général très intéressants (les autres rubriques "été" m'indiffèrent en revanche totalement, donc à chaque fois ça fait 3-4 pages inutiles). Dans cet article sur les cafés de Vienne , on rappelle que les "viennoiseries" (du calme Antoine D. !) et surtout le croissant ont été créées suite à la victoire contre l'Empire ottoman (le croissant de l'islam...) en 1683. Les Polonais insistent sur leur rôle décisif dans la bataille, mais cet article m'apprend aussi que non contents d'avoir contribué à la victoire, ils y laissent un de leurs hommes (du nom de Kolschitzky pour être complet) qui ouvrira l'un des premiers cafés de Vienne... et créera le croissant ! Les Polonais eux-mêmes ont oublié l'anecdote vu que pour eux le croissant est typiquement français... (Ce qui m'a permis de parler positivement de la Pologne et de l'actu... quand je disais que ces articles du Monde étaient très forts !).

Libanais et Israéliens dialoguent sur le Web
LE MONDE.FR | 19 juillet 2006
Je n'ai pas parcouru les blogs présentés par cet article, mais pour une fois, les médias papiers réagissent vite et renvoient à Internet dès les premiers jours. Jusqu'à présent, j'avais l'impression qu'un tel article ne surviendrait qu'au bout d'au moins un mois d'hostilités. Et comme il s'agit ici de maintenir le dialogue quand tombent les bombes et/ou les missiles, on ne peut que saluer la démarche. Dont acte.

Jean-Luc Dehaene s'apprête à quitter la scène européenne
LE MONDE | 3 août 2006
... mais la construction européenne va bien, paraît-il.  Peu importe si "le vote des Français, comme celui des Néerlandais, n'a pas permis de savoir pourquoi un "non diffus" l'avait emporté. Et (Jean-Luc Dehaene, ancien Premier ministre belge et ancien vice-président de la Convention qui mit au point le projet de traité constitutionnel européen) estime que les deux scrutins n'ont fourni aucune indication quant à ce qu'il fallait faire pour que le oui l'emporte un jour. "Je suis un homme politique d'un autre siècle", conclut M. Dehaene." 
J'ai du mal à savoir qui est dans quel siècle. Malgré notre différence d'âge (!), j'imagine être plus du siècle de Jean-Luc Dehaene que de celui de ceux (dont beaucoup de mon âge) qui ont voté non. Plus d'un an après, l'incompréhension continue à régner.

Maintenant deux excellents posts en provenance du Bondy Blog:
Visite à l’Assemblée Nationale
« Comme ils ne peuvent pas le faire à l’assemblée, ils l’ont fait sur TF1 »

Timothy Garton Ash est un grand nom des Relations internationales. Je viens de découvrir qu'il est chroniqueur au Guardian à travers cet article:
Timothy Garton Ash: We Europeans must never forget that we created the Middle East conflict Vous pouvez lire d'autres textes du même auteur sur son site.

Dans les conflits "sous silence", vous rappeliez-vous qu'en Somalie c'est l'escalade ? Que le Darfour attend toujours sa force de maintien de la paix ? Que la Tchétchénie est un territoire où il arrive que l'on meurt violemment plus souvent qu'ailleurs ? Et je dois en oublier...

Pour finir sur une note plus "souriante", deux papiers sur des "insolites français" vus par les Anglo-Saxons: d'abord le New York Times
(Paris Journal: French Beach Requires Full Coverage, From Top to Bottom By Elaine Sciolino), et ensuite le Guardian (Zidane headbutt single storms the French charts).
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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