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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 20:40

Encore un billet pour plusieurs lectures, mais entre un déménagement et un début de stage, le temps de bloguer a un peu manqué... Les occasions de lecture moins, heureusement !

J'ai d'abord lu Bouvard et Pécuchet (texte intégral sur Wikisource), de Gustave Flaubert (fiche Wikipedia). Pourquoi le souvenir du film inspiré de ce roman, film vu dans ces derniers jours de classe en... troisième (eh oui), m'est revenu, mystère. Mais le film était associé à un certain comique, celui de la maladresse des deux héros, et j'ai pensé que le roman de Flaubert méritait d'être découvert. J'ai notamment appris qu'il était inachevé, malgré sa longueur. En fait, Flaubert se proposait de faire un état des lieux de la connaissance dans de très nombreuses disciplines à travers les expérimentations de ses deux héros. Mais qui sont-ils ? Petits employés faisant connaissance à Paris, ils sympathisent, et décident d'être maîtres de leurs vies en emménageant en Normandie. Bouvard et Pécuchet s'intéressent à un sujet (l'agriculture, la botanique, la politique, la religion, et tant d'autres), consultent sans méthode la littérature correspondante, et dilapident leur capital à force d'erreurs dans la mise en pratique de ce qu'ils ont consulté (et qui s'avère souvent contradictoire). La lecture du roman est du coup un peu fastidieuse, et le comique de répétition devient lassant. Pour Flaubert, tant les sciences que les efforts des hommes sont bêtises, vanités peut-être. Pas très réjouissant...

"Bêtise" titrais-je. Les quatre autres livres lus tournent autour de ce monument d'absurdité qu'est la Première Guerre Mondiale, dont nous commémorons les 100 ans du commencement. Premier ouvrage, Le fusillé innocent, intéressante enquête historique de Didier Callabre et Gilles Vauclair (site éditeur) sur Eugène Bouret, blessé dans les Vosges après quelques jours de combat, et fusillé début septembre 1914 pour abandon de poste devant l'ennemi, alors qu'il était en état de choc après sa blessure. Le livre montre bien en quoi le commandement, dérouté par le recul des troupes, et observant quelques cas de mutilations volontaires pour éviter le front, a voulu faire des exemples, sans que les principes élémentaires de justice ne puissent être appliqués. Le soldat originaire de Dijon ne sera pas oublié, car après cette erreur judiciaire, son cas sera défendu par un député socialiste et d'autres, qui obtiendront sa réhabilitation (posthume) en 1917, c'est-à-dire très tôt par rapport à d'autres cas proches.

Ce premier titre m'a fait ressentir le besoin de me replonger dans les grandes lignes du conflit (les cours d'histoire sur le sujet datent un peu en ce qui me concerne...). Le petit livre de la Grande Guerre, de Jean-Yves Le Naour (site éditeur), a parfaitement répondu à cet objectif. En quelques dizaines de pages, l'essentiel de l'engrenage, des combats, de la vie à l'arrière, et de l'après sont évoqués. Je n'aurais plus qu'à vérifier dans une littérature plus scientifique si les jugements de l'auteur sur les erreurs de l'état-major et du haut commandement, en particulier de Joffre, sont partagées ou au contraire discutées.

Après ces deux approches, place au témoignage. Celui de Louis Pergaud, prix Goncourt 1911 et auteur, notamment, du livre La guerre des boutons (fiche Wikipedia). Ici, il s'agit de son Carnet de guerre (site éditeur). Mobilisé, comme Eugène Bouret, en août 1914, il est envoyé dans le secteur de Verdun. Il n'est pas concerné par la guerre de mouvements, mais voit le début de celle des tranchées. Il disparaît en avril 1915, sans que son corps ne soit retrouvé, mais laissant donc son Carnet, sorte de journal où il consigne dans un style souvent télégraphique ses impressions, ses rencontres, un certain nombre de menus, mais aussi les mesquineries de la vie militaire. Témoignage de première main, le Carnet reste assez sobre et peu descriptif du début des tranchées. Il donne à voir un état d'esprit, permet de prendre conscience de la correspondance extrêmement soutenue entretenue par certains soldats avec ceux restés plus loin du front, mais maintient une distance importante avec le lecteur d'aujourd'hui.

C'est moins le cas du roman déjà lu et relu A l'ouest rien de nouveau, d'Erich Maria Remarque (site éditeur - fiche Wikipedia). Publié en 1929, on suit Paul, jeune Allemand appelé avec sa classe dans les tranchées alors que la guerre a déjà bien commencé. Le héros du roman tiendra jusqu'en octobre 1918, et décrit de beaucoup plus près (ce qui est normal, chronologiquement), l'enfer des tranchées, en dépit de la camaraderie des situations extrêmes. Je ne regrette pas de l'avoir encore relu, car les absurdités qui y sont dénoncées le sont en considérant que dans ce drame, il ne pouvait y avoir de vainqueur, mais qu'une humanité pulvérisée et marquée à jamais par l'innommable. Un innommable qui ne pouvait, de fait, pas avoir dit son dernier mot. Glaçant.

Lectures sur la bêtise humaine
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Published by davveld - dans Livres
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