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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 17:53

Le récit se déroule dans une petite ville à proximité de la Black River et du massif des Adirondacks (décidément, des lieux habituels), entre la fin des années 70 et le début des années 2000. En 1983, Zoe Kruller, ancienne employée de la laiterie Honeystone réputée pour ses glaces, chanteuse sexy dans un groupe local de bluegrass, a été sauvagement tuée. C'est son fils Aaron qui a découvert le crime. Zoe, mariée à Delray, issu des réserves des Native Americans, était aussi connue comme ayant plusieurs hommes dans sa vie. Les enquêteurs portent leurs soupçons vers deux hommes en particulier: Eddy Diehl, qui a passé la soirée précédant le meurtre avec Zoe, et Delray Kruller, car "Indien", alcoolique, et potentiellement violent s'il devait être jaloux. Si les indices manquent, empêchant d'inculper ou de disculper quiconque, une certitude demeure pour l'épouse d'Eddy Diehl: la trahison dont son mariage a été victime. La famille Diehl se décompose: Ben, le fils aîné, prend le parti de sa mère, alors que Krista, l'une des narratrices du roman, continue d'aimer son père.
Petit oiseau du ciel raconte dans le désordre (heureusement les chapitres comportent des dates, qui aident à s'y repérer), à travers les yeux de Krista, puis d'Aaron, comment les deux adolescents au moment des faits ont vu leurs vies évoluer, de la fin de l'enfance au début de leur vie adulte, en passant par les années lycées. Comment le poids des origines (des pères soupçonnés de meurtres) et des préjugés (en particulier pour Aaron) contribue à déséquilibrer le développement de jeunes êtres humains ordinaires.

Du fait de la construction non chronologique et d'une lecture très fragmentée de la première partie du livre, j'ai d'abord eu un peu de mal à percevoir le projet de Joyce Carol Oates, le premier tiers me paraissant progresser peu entre de nombreuses répétitions. Mais avec de meilleures conditions de lecture pour la suite, j'ai pu retrouver les qualités de l'auteur: au plus proche de ses personnages, avec empathie et bienveillance, elle donne de l'épaisseur à ces vies relativement banales. Invitation à ne pas céder au fatalisme, le roman rappelle la résilience possible, sans minimiser de façon angélique ses difficultés. Comme d'habitude donc, ce sont de beaux portraits d'êtres humains, blessés mais debout, que nous propose Joyce Carol Oates.

Pour en savoir plus:

Petit oiseau du ciel, de Joyce Carol Oates

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Published by davveld - dans Livres
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