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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 17:13

Samedi 14 juin
Paris 14, Sept Parnassiens

BIRD PEOPLE

De Pascale Ferran (France, 2014)

Le minois d'Anaïs Demoustier (apprécié dans Les grandes personnes, un film que j'avais beaucoup aimé), la bande-annonce et la critique dithyrambique dans Télérama (voir lien plus bas) ont été les arguments en faveur de cette sortie cinéma. Un peu comme dans Deux jours et une nuit, la destination de l'évasion n'est autre que notre aujourd'hui européen. Nous ne sommes pas dans une petite entreprise belge, mais autour de la ruche Roissy-Charles-de-Gaulle, premier aéroport français, deuxième européen, huitième mondial. Le monde s'y croise, sans se regarder. Il y a Gary, cadre américain, toujours en transit, et qui, à la veille de s'envoler pour une énième réunion de travail à Dubaï, se rend compte qu'il étouffe dans sa vie. Et qui envisage un changement radical. Il y a Audrey, plus ou moins étudiante, qui gagne sa vie, faute de mieux, comme femme de chambre dans un hôtel de Roissy, celui où est descendu Gary. Qui, comme tant d'autres, passe plus de dix heures par semaine à "commuter" en RER. Et qui se plaît à deviner quelques facettes de la vie des clients dont elle nettoie les chambres.

Le film, quasi documentaire sociétal, prend le temps de l'observation, puis de la contemplation dans un basculement soudain, fantaisiste, peut-être poétique. Tout d'un coup en effet, la perspective change. Mais la parenthèse se fait longue, avant les dernières minutes, que certains reprocheront sûrement à Pascale Ferran, mais que j'ai trouvé nécessaires pour ne pas ressortir déçu de la salle. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, en tous cas pas à cette deuxième partie de film.

Du coup, bilan mitigé pour Bird People. Les personnages sont intéressants (et bien interprétés) mais on voudrait en savoir plus sur eux (ils sont deux, et la pellicule durait deux heures !). Le "regard" de la réalisatrice, remarqué au Festival de Cannes, est sensible, et montre très bien plusieurs choses, bien différentes: la solitude moderne, la tentation de laisser de côté ses responsabilités (égoïsme d'une crise de la quarantaine, ou autre chose ?), la magie et la poésie paradoxale de ces lieux atypiques... Plus ambivalente, la discussion proposée sur la lâcheté (de Gary ?) et le courage (de nos travailleurs précaires, de nos rêveurs...), tout cela dans un film peu bavard. Un reproche, aussi, le nombre de cigarettes à l'écran, affolant. Un film qui ne laisse pas indifférent, qui peut en fait aussi bien beaucoup plaire que profondément ennuyer.

Affiche du film

Affiche du film

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Published by davveld - dans Cinéma
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