Rechercher

Archives

31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 20:41

Samedi 31 mai
Paris 14, Sept Parnassiens

DEUX JOURS ET UNE NUIT

De Jean-Pierre et Luc Dardenne (France-Belgique, 2014)

Les frères Dardenne sont réputés pour leurs sujets "sociétaux", et ce dernier film, en compétition à Cannes (reparti sans récompense) répond bien à ce qu'on peut attendre d'une oeuvre naturaliste (je pense à Zola, bien sûr). Sandra sort de dépression et s'apprête à reprendre son travail dans une petite entreprise de panneaux solaires. Mais la crise est là, l'entreprise doit faire des choix. Le vendredi, les employés ont dû voter: le retour de Sandra ou... leurs primes ! Le week-end commence donc mal pour Sandra, licenciée... jusqu'à ce qu'une collègue et son mari la convainquent de lutter. La première bataille, obtenir un deuxième vote lundi, est remportée. Ne reste plus qu'à convaincre ses futurs-exs collègues de réfléchir voire de revenir sur leur vote... Sandra va les visiter, un à un, pendant le week-end...

Situation irréaliste selon certains, chantage affreux mais banal selon les autres, l'intrigue me paraît malheureusement très crédible. Combien d'employés ont dû accepter de travailler plus pour le même salaire, plutôt que de voir leur emploi supprimé ? Combien se voient proposer de suivre la délocalisation de leur usine, bref de partir travailler à l'étranger, avec un salaire moindre, là encore parce qu'on veut sauver les apparences ? Alors que le chômage explose, qu'il est facile d'opposer entre eux les faibles... Rien n'a changé depuis presqu'un siècle, par exemple ce qui a servi de trame aux Raisins de la colère.

Marion Cotillard est excellente dans le rôle titre, malgré sa difficulté (une anonyme ordinaire, c'est paradoxalement très exigeant). Très bon jeu aussi des autres acteurs. Quand aux réalisateurs, ils ne jugent pas leurs personnages, et c'est tant mieux. La répétition des rencontres entre Sandra et chacun de ses collègues comporte assez de suspense pour ne pas être trop fastidieuse, mais il n'en aurait pas fallu beaucoup plus. Car il y a peu de franches bouffées d'oxygène dans ce film, ce qui était prévisible, mais est aussi sa limite. Deux jours et une nuit, c'est un drame subtil, un regard lucide sur certains travers de nos sociétés contemporaines. Sans remède apparent.

Déjà vu des frères Dardenne: Le silence de Lorna

Affiche officielle du film

Affiche officielle du film

Bande-annonce officielle du film

Partager cet article

Repost 0
Published by davveld - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

En Savoir Plus

Catégories